Prenant le point de départ du Valeur sentimentale de Joachim Trier, l'histoire d'un cinéaste qui tente de renouer avec sa fille par l'intermédiaire d'un projet cinématographique, Rodrigo Sorogoyen propose une tout autre approche. L'intensité de sa mise en scène raconte le poids d'un passé qui vient perturber le tournage. Un abandon qui hante ce père comme sa fille. Analyse, en cinq scènes fortes.
Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.
Avec "Woman and Child", Saeed Roustaee trace le destin d'une femme déterminée à trouver les coupables du malheur qui l'accable pour les châtier. Le portrait poignant d'une Médée autant que d'une Méduse qui, impuissante à se venger, finira par choisir une autre voie. Magistralement mise en scène.
Souvent relégués au second plan, la lumière et les costumes sont pourtant essentiels dans la confection d’un film et ce, tout aussi bien dans un film d’époque que dans un film d’arts martiaux.
Dans Man on Fire, la moindre variation de l’humeur du personnage se répercute en une vibration synesthésique immédiate dans le corps de l’image. Tony Scott instaure ainsi un rapport quasi-charnel entre le support de représentation et le héros joué par un Denzel Washington idéalement monolithique. Le cadre exprime tout ce que le personnage ne sait plus exprimer, hurle ce qu’il ne peut communiquer aux autres, traduit son état d’esprit jusque dans ses paradoxes apparents.
Avec Le Chant du loup, Antonin Baudry, au-delà des qualités cinématographiques de son projet, parvient à gagner le pari de réunir des acteurs à priori opposés : Omar Sy, Mathieu Kassovitz, Reda Kateb et François Civil. Un pari que d'autres ont fait ces dernières années. Le film sort en salles le 20 février 2019.
A l'heure de la sortie de deux bons films français au cinéma la même semaine, La dernière folie de Claire Darling et Une intime conviction, et juste avant celle du Chant du loup le 20 février prochain, retour sur un art vivant qui tente de se maintenir hors de l'eau : le cinéma français.
Avec La Favorite, Yorgos Lanthimos signe son film le plus savoureux en dialogues et situations cocasses, mais peut-être le moins audacieux de sa carrière. Petite autopsie de l'audace au cinéma à l'heure des dérangeurs à la Haneke portés en vainqueurs jusqu'à Cannes, mais aussi au moment où François Ozon signe avec Grâce à Dieu, un film compliqué à financer de par son sujet (Canal Plus l'ayant lâché), dans la France de 2019... Alors c'est quoi l'audace au cinéma ? Réponse dans cet article, et au cinéma à partir du 6 février 2019.
Avec Une affaire de famille, Hirokazu Kore-eda a reçu une Palme d'or à Cannes et semble avoir franchi un cap dans sa filmographie tout en la portant à son paroxysme. L'occasion de revenir sur l'oeuvre du réalisateur japonais.
Avec Pupille, Jeanne Herry, raconte le plus beau des moments de cinéma entre une mère et son enfant : le premier regard échangé. Pourtant, mère et cinéma ne sont pas toujours synonymes de bienveillance. Petite analyse. Le film est en salles depuis le 5 décembre 2018.
Depuis 2010, la firme aux grandes oreilles s’attelle à un immense chantier : reproduire ses classiques en prises de vue réelles pour les sortir au cinéma. A travers l'exploitation de la nostalgie des spectateurs, Disney semble avoir trouvé le bon filon. Pourtant, derrière ces nouvelles versions du Roi Lion ou d'Aladdin semblent se terrer des considérations plus importantes. Capitalisme culturel, lobbying et histoires de copyright, qu'est-ce qui se cache derrière la nouvelle stratégie de Disney ?
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »