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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

Mon parrain la bonne fée (Somewhere, over the rainbow)

« Et l’amour, c’est pas comme une tarte. T’en as pas un stock limité. C’est… C’est plus… Un peu comme les masques à oxygène, ceux qui tombent du plafond des avions quand ils doivent atterrir en extrême urgence : tu ne peux pas aider les autres si tu n’as pas respiré dans le tien avant. »

« Lawmen of the West » : loi et violence dans l’Ouest sauvage

"Lawmen of the West", dirigé par Tiburce Oger, est le dernier volet en date d'une série d’anthologies graphiques retraçant l’histoire tumultueuse du Far West américain. À travers quatorze récits authentiques, cet album nous plonge dans l’univers brutal de ceux qui ont tenté d’imposer la loi dans une terre hostile où justice rimait souvent avec violence. 

« Wes Anderson, la totale » : un architecte du cinéma contemporain

Wes Anderson est un réalisateur singulier, dont le style inimitable implique un alliage subtil entre nostalgie et modernité. Dans "Wes Anderson, la totale", paru aux éditions EPA, Christophe Narbonne explore les aspects fondamentaux de l'œuvre du cinéaste texan. L'homme est à la fois l'architecte d'un cinéma hyper-stylisé et un auteur profondément influencé par ses expériences personnelles, ses collaborations fidèles et ses sources d'inspiration variées, dont la littérature et la France. 

« Tchesmé » : chronique de guerre

Avec "Tchesmé", Jean-Yves Delitte revisite l'une des plus grandes batailles navales du XVIIIe siècle, mettant en lumière l'imprévisible défaite ottomane face à la flotte russe. L'auteur décrit les rouages d'une guerre inattendue, marquée par des alliances précaires, des stratégies complexes et une surprenante maîtrise maritime russe. 

« Projecteurs & Caméras »: au service du cinéma

"Projecteurs & Caméras" retrace la riche histoire technologique de la société Pathé, en explorant près de 90 années d'innovations dans le domaine cinématographique. L'ouvrage, richement illustré, met en lumière l'évolution des dispositifs Pathé, non seulement dans leur aspect technique, mais aussi à l'égard de leur influence culturelle et sociale. Par le biais d'une présentation détaillée, il donne à voir un généreux panorama des formats, des machines et des enjeux qui ont façonné le cinéma amateur et professionnel.

« Clémentine » : un second tome de grande qualité

Avec le second tome de "Clémentine", Tillie Walden renoue avec l'univers impitoyable de Walking Dead. Ce nouvel opus, publié aux éditions Delcourt, nous emmène au cœur d'une aventure post-apocalyptique où l'espoir et le désespoir, en lutte, se mêlent constamment. Clémentine et ses deux amies, Ricca et Olivia, sont trois adolescentes qui n'ont connu qu'un monde en ruines, loin des conventions de la civilisation telle que nous la connaissons. Ensemble, elles tentent de survivre face à une double menace : les zombies et les survivants, souvent prêts à tout pour s'approprier les maigres ressources disponibles.

« The Kong Crew : Central Dark » : apocalypse clanique

Avec "Central Dark", Éric Hérenguel nous entraîne dans une Manhattan ravagée, où la nature a repris ses droits, s’est vengée des hommes, et où les anciens repères sont perdus. New York est désormais caractérisée par l’écrasante présence de Kong, des Amazones et d’un bestiaire préhistorique d’une violence sauvage. Dans ce nouvel opus de The Kong Crew, les personnages évoluent dans un Central Park devenu une jungle hostile, où le chaos est roi et les alliances se trament, se trahissent et s'effondrent.

Conversations entre amis : Frances se cherche

« Alors je lui ai dit que j’étais marié, a poursuivi Nick. Tu devais tout de même bien avoir une idée de ce qu’elle te voulait, a dit Derek. Non, je t’assure, a dit Nick. Les gens prennent tout le temps des cafés ensemble, alors non, ça ne m’a pas traversé l’esprit. Ça ferait une bonne histoire à raconter dans un magazine, ça, a dit Evelyn. Si tu avais eu une aventure avec elle. Elle était jolie ? a demandé Bobbi. Nick a ri en montrant ses paumes, l’air de dire, qu’est-ce que tu crois ? Ravissante, a-t-il répondu. Melissa a ri, et il a souri la tête baissée, comme s’il était content de l’avoir distraite. Sous la table, je m’écrasais les orteils avec mon talon. Elle était aussi terriblement jeune, non ? a dit Derek. Vingt-trois ou quelque chose comme ça. Peut-être qu’elle savait que tu étais marié, a dit Evelyn. Il y a des femmes qui aiment les hommes mariés. Pou elles, c’est une sorte de défi. Je m’écrasais le pied si fort que la douleur est remontée dans ma jambe et que j’ai dû me mordre la lèvre pour m’empêcher de crier. En levant le talon, j’ai senti mes orteils palpiter. Je ne crois pas, a dit Nick. Elle avait l’air très déçu quand je le lui ai dit. »

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.