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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

« The New World » : Ales Kot et Tradd Moore à l’assaut d’une Amérique télévisée

Il y a des récits qui surgissent du futur, et d’autres qui le devancent. The New World relève des deux. HiComics offre aujourd’hui à cette œuvre visionnaire et dystopique une nouvelle édition française. Le monde qu’inventent Ales Kot, Tradd Moore et Heather Moore, entre reality-show sécuritaire, surveillance cognitive et amours impossibles, s’infiltre au cœur de notre présent le plus alarmant.

« Le Monde de Charline (tome 2) » : l’enfance en résistance

Aujourd'hui, on a parfois l'impression que l'enfance se voit sommée de grandir plus vite que jamais. Charline poursuit quant à elle sa résistance, rieuse et rusée, dans un deuxième tome aussi malicieux que tendrement lucide. Raoul Paoli déploie une nouvelle série de saynètes où le quotidien des enfants se mêle à l’extraordinaire d’une imagination en perpétuelle ébullition.

La face nord, la plus ardue

« Je pleure au cinéma. Parfois pour pas grand-chose, une réplique ou une scène suffisent.Je ne crois pourtant pas être plus sensible que la moyenne ; je ne me suis jamais retrouvé en larmes dans un musée ou une salle de concert, encore moins à la fin d’un roman. J’ai même parfois du mal aux enterrements. Mais, terré dans la pénombre d’une salle, le téléphone en « mode avion », le regard rivé à l’écran… Disons pour faire court que les cartes sont redistribuées. Une région de mon cerveau prend le dessus sur les autres, les assiège puis les soumet à sa loi. »

Le temps d’après et ses problématiques

« A cette époque-là, le nom que mes mères me donnaient la plupart du temps et me donnent encore, c’est Burl. Nell dit que c’est un nom qui me va bien, même si je n’arrive pas à voir pleinement le lien, puisque les burls sont les bosses qui se forment sur les troncs des arbres après qu’ils ont subi un genre de blessure, et que des arbres tout neufs poussent à partir des burls d’un vieil arbre. Je ne connais aucune blessure de laquelle j’ai grandi, et les seules choses qui poussent en moi, ce sont mes cheveux et mes poils. »

« Erkin Azat, lanceur d’alerte des camps ouïghours » : la mémoire dessinée d’un peuple en détention

Paru aux éditions Delcourt, l’album signé par Erkin Azat et la dessinatrice Luxi constitue un acte de transmission, de dénonciation et de résistance. À travers le parcours d’un ingénieur sino-kazakh devenu lanceur d’alerte, ce récit graphique éclaire l’une des tragédies humaines les plus silencieuses de notre époque : la répression massive des Ouïghours et autres minorités turcophones dans le Xinjiang.

« Constitution » : déconstruction et réinvention d’un pilier démocratique

Les éditions Anamosa publient un nouvel opus de leur collection "Le mot est faible". Eugénie Mérieau, constitutionnaliste reconnue, enseignante à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheuse à Sciences Po Paris, nous propose une réflexion très actuelle, nourrie par le contexte ouvert par la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024.

« Le Marin céleste » : dérèglements planétaires

Avec "Le Marin céleste", Rodolphe et Olivier Roman nous embarquent pour un nouveau voyage sur la mystérieuse planète Sprague. Cet album, publié aux éditions Daniel Maghen, constitue un récit autonome tout en étant étroitement lié à leur précédent opus. Davantage une plongée complémentaire qu'une suite, l'album permet d'affiner l'immersion proposée dans la fantasy rétro-futuriste et la science-fiction écologique.

« Les Enragés » : d’un noir charbonneux

Avec la ressortie en intégrale grand format de la série "Les Enragés", les éditions Delcourt nous offrent l'opportunité de redécouvrir l’une des œuvres les plus remarquables du polar graphique des années 1990. David Chauvel au scénario et Erwan Le Saëc au dessin signent ici une cavale noire, violente et désespérée à travers une Amérique brutale et sans pitié.

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Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.