À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »
À la fin de l’été, quand les plages se vident et que les parasols repliés laissent derrière eux un sentiment d'abandon, il reste parfois, dans certaines stations balnéaires, quelques lieux hors du temps où la fiction estivale se prolonge. Chez Vincent Turhan, c’est un vieux cinéma d’art et d’essai, tenu par Alma et Rio, couple au bord de l’essoufflement. Leurs gestes quotidiens, leurs espoirs érodés, leur passion contrariée gravitent autour d’un écran : ce rectangle lumineux où tout peut recommencer, où tout peut s’effondrer aussi…
Paru chez Marabulles, "Lily Renée", d'Arnaud Floch et Janis Do, retrace le destin exceptionnel d’une jeune autrichienne juive, passionnée de dessin, que le siècle a forcée à l’exil avant qu’elle ne trouve, à New York, un espace pour exprimer son art. Le récit est plus qu'une biographie illustrée. C’est une double fresque : d’un côté, le parcours intime d’une enfant déracinée par le nazisme, privée de ses repères et de ses parents ; de l’autre, la plongée dans un univers que l’on associe trop souvent aux super-héros virils, l’industrie des comics, où, en pleine guerre, les femmes ont occupé une place décisive.
L'énergie brute, la charge intime. Voilà les deux pôles de "Murder Falcon", signé Daniel Warren Johnson et réédité par Delcourt. Derrière ses airs de défouloir metal et d’actions spectaculaires, ce récit abrite en creux une réflexion sur la résilience, la maladie et la puissance cathartique de la musique.
On connaît Oskar Schindler à travers le prisme de Steven Spielberg, qui a porté au cinéma l'histoire de cet homme d'affaires nazi devenu héros humaniste. Mais derrière cette icône forgée dans l'acier hollywoodien se tenait une autre figure, tout aussi importante, bien que restée dans l’ombre : Émilie Schindler, son épouse, mais surtout son alliée dans l’entreprise de sauvetage qui a permis à plus de 1200 Juifs d’échapper à la déportation. C’est à elle, à ce duo tragique et fascinant, que Jean-Yves Le Naour et Christelle Galland consacrent ce volume de la série "Les Justes", nouvelle collection de récits graphiques.
Batman a toujours été un personnage enraciné dans l’ombre de Gotham : ses toits suintant de pluie, ses ruelles où s'exprime la corruption, son éternel face-à-face avec une humanité dévoyée. Or voici qu’avec "Batman Off-World", Jason Aaron et Doug Mahnke décident de l’arracher à son terrain de jeu naturel pour l’expédier, littéralement, aux confins de l’Univers. Une audace qui pourrait sembler artificielle – l’homme chauve-souris catapulté au milieu des étoiles – mais qui se révèle au contraire une formidable machine à réinterroger le mythe. L'album est à découvrir aux éditions Urban Comics.
Dix ans après la chute du "Valhalla Hotel", on croyait la page tournée, les délires nazis définitivement ensevelis sous les gravats et les flammes. Mais c’était mal connaître l’univers de Fabien Bedouel. Dans "Valhalla Bunker – Thunder and Lightning", l’auteur reprend seul le flambeau de cette histoire à la fois absurde, violente et délicieusement irrévérencieuse. Résultat : une bande dessinée qui s’assume comme une série B survoltée, entre hommage aux comics, clins d’œil rock et humour féroce.
En 1972, derrière une porte anonyme de l’université de Vincennes, Dominique Hé découvre par accident un atelier de bande dessinée. Jean Giraud, alias Moebius, en est le maître d’œuvre. Cette rencontre fortuite allait décider d’une vie entière. Cinquante ans plus tard, le principal concerné revient sur cette origine dans "La Porte ouverte" (Glénat), un récit autobiographique en 120 pages où l’auteur retrace ses débuts, ses tâtonnements et surtout l’effervescence d’un âge d’or de la bande dessinée française.
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »
En adaptant "Naïs" de Marcel Pagnol, Éric Stoffel et David Ratte redonnent vie à l'un des textes les plus denses de l'écrivain provençal. Derrière une romance contrariée se dessine en effet une réflexion sur le sacrifice, la différence et l'amour possessif, portée par une galerie de personnages d'une remarquable justesse.
Après "L'Étreinte", Jim et Laurent Bonneau se retrouvent pour un nouveau récit habité. Un simple road trip entre amis y fait figure de révélateur. Une traversée des silences, des absences et des liens invisibles qui continuent d'unir les vivants aux disparus. Les Adieux ne durent jamais confirme la singularité d'un duo qui préfère les émotions diffuses aux effets spectaculaires.