On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Dans ce deuxième tome de "La Mécanique", Kevan Stevens et Jef continuent de faire grincer les rouages d’un monde à bout de souffle. Le Major perd pied, les Invisibles affrontent la secte de Ganz, Saphir pactise avec les triades et Vananka est hanté par la disparition d’Isabelle. Tout s’emballe, tout s’épuise. La Mécanique, comme son titre l’indique, ne tourne plus rond.
Sous le vernis d’une aventure souterraine inspirée de Jules Verne, "Satanie" (rééditée chez Soleil dans la somptueuse collection Métamorphose) se révèle bien davantage qu’un simple voyage au centre de la Terre. Fabien Vehlmann et Kerascoët y creusent le mythe de l’enfer, mais surtout celui de l’âme humaine, dans une odyssée onirique et charnelle où la couleur devient langage et le vertige, une forme de révélation.
À mesure que Ruri découvre de nouveaux pouvoirs, elle se heurte à d’autres formes de turbulence : non plus celles, spectaculaires, de la métamorphose, mais celles, plus subtiles, des liens humains. Ce second volume de "Ruridragon" confirme la force tranquille d’un récit d’apprentissage où l’extraordinaire sert avant tout de loupe au quotidien.
En passant de Neptune, la géante des confins à Vénus, la fournaise acide, la collection "Système solaire" des éditions Glénat poursuit son voyage d’une planète à l’autre. Sous la plume de Bruno Lecigne, secondé par Federico Dallocchio, Afif Khaled et Xavier Dujardin, cette épopée graphique transforme la vulgarisation scientifique en odyssée métaphysique. Deux tomes, deux mondes : l’un bleu de froid, l’autre jaune de brûlure – et, entre les deux, le même vertige de l’esprit humain face à l’univers.
Dans ce préquel de sa série culte, Lapuss’ remonte aux origines du mal, c’est-à-dire au moment précis où un chat a ouvert les yeux sur le monde, s’est rendu compte que sa mère était "une vraie mocheté", et que l’humanité tout entière méritait d’être dominée. Avec son humour féroce et sa tendresse vacharde, "Putain de chat" rejoue la création du monde version litière et sarcasme.
On croyait tout connaître du monde cubique de Minecraft : ses blocs, ses biomes, ses dragons, ses créatures hostiles… jusqu’à ce que "MOBS" vienne, album après album, en renverser la perspective. Sous la plume complice de Frigiel et Piratesourcil, et le trait facétieux de Pierre Waltch, les monstres, ces silhouettes que l’on massacre distraitement à coups d’épée, se découvrent une vie intérieure, un humour, et même un cœur…
Avec ce onzième tome haut en couleurs de "Dragon Ball SD", les éditions Glénat nous replongent dans l’un des arcs les plus fascinants et inquiétants de la saga : celui des cyborgs. À travers le regard espiègle et condensé de Naho Ohishi, l’œuvre originelle d’Akira Toriyama revit ici sous une forme ludique mais non moins dense, où la menace du futur s’invite brutalement dans le présent. L’arrivée de Trunks, la maladie de Goku, le réveil du docteur Géro : tout concourt à faire basculer Dragon Ball dans une tonalité plus sombre, presque dystopique.
Il fut un temps où rire tenait lieu d’acte politique. Où un dessin gribouillé sur une nappe, un mot trop cru dans une légende, valaient une convocation au tribunal. Où un journal entier, bricolé dans l’urgence et l’ivresse de liberté, pouvait menacer "l’ordre moral" d’un pays tout entier. Ce temps, c’est celui de Hara-Kiri, né en 1960, "journal bête et méchant" dont la sottise autoproclamée cachait une formidable intelligence du désordre.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.