On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
« Il faut regarder l’envers du décor. Il faut lire entre les lignes. Il faut savoir remplir les blancs. Il faut combler les vides. Il faut entendre les sous-entendus. »
Avec Ari Richter, la mémoire ne se transmet pas : elle s’infiltre, se déforme, se débat contre ses falsifications. Dans "Plus jamais je ne visiterai Auschwitz", roman graphique d’une grande personnalité, l’artiste new-yorkais propose un témoignage familial qui se double de la radiographie d'un traumatisme collectif, le tout fouillé à la pelle du doute et de l’ironie. Entre l’ombre de Dachau et la lumière hésitante des États-Unis post-Trump, le livre se pose une question en tout point obsédante : que reste-t-il à hériter quand la mémoire devient spectacle ?
Avec "Le Lusitania" et "La Blanche Nef", les éditions Glénat inaugurent une nouvelle collection ambitieuse intitulée "Fortunes de mer". Sous la houlette de Jean-Yves Delitte, marin du trait et architecte du récit historique, ces deux premiers volumes jettent l’ancre à plusieurs siècles d’écart, mais racontent la même chose : la mer comme juge suprême des folies humaines, qu’elles soient impériales, dynastiques ou technologiques.
Dans "L’Oubliée du radeau de la Méduse" (Marabulles), Gilles Cazaux et Thierry Soufflard revisitent l’un des naufrages les plus célèbres de l’histoire maritime française, immortalisé par une peinture de Théodore Géricault. En redonnant chair et voix à la seule femme du radeau, les auteurs plongent le lecteur dans un huis clos maritime d’une intensité rare, où la survie se joue sur le fil du délire et du déni.
Cet automne, les éditions LettMotif publient trois ouvrages où le septième art se fait miroir, prétexte ou révélateur. "Directed by Stallone" de Jean-Christophe HJ Martin, "Thomas Liebmann" de Jérôme D’Estais et "Avat’aime" de Laurent Bonetti : trois livres très différents, mais un même geste, celui d’interroger notre rapport intime aux images et aux figures du cinéma.
Avec "La Nuit éternelle", Luana Vergari clôt la trilogie "Kundan" sur un ton crépusculaire, où la vengeance et le mythe s’enlacent dans une Inde coloniale rongée par la rancœur.
Avec "M is for Monster", Talia Dutton redonne vie au mythe de Frankenstein à travers une fable intime et sensorielle sur la perte, l’identité et la tolérance. Publié aux éditions Delcourt dans la collection "Waves", ce roman graphique de 224 pages aborde la science comme un langage de l’amour et du deuil, et rappelle que le véritable miracle n’est pas tant de recréer la vie mais plutôt d’accepter ce qu’elle devient.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.