A Lire

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

« Le Prince », un penseur dans l’Italie du XVIème siècle

Comme Sun Tzu, Machiavel restitue un art dans "Le Prince" : celui de gouverner, de diviser pour mieux régner ("Divide et impera"), de manipuler les foules... Son traité à l'usage du Prince constitue l'essence même du machiavélisme tel qu'on l'entend aujourd'hui.

Une île lointaine, refuge du capitaine Drake

« Après tout, je n’ai rien à perdre, je ne survivrai pas à dix ans de bagne. »

Une joie féroce et Soif : deux romans férocement pétris d’humanité

"Car ce que mon père m'inflige témoigne d'un si profond mépris du corps qu'il en restera toujours quelque chose. Père, tu as juste été dépassé par ton invention. Tu pourrais être fier de ce constat, qui prouve ton génie créateur." (Soif, Amélie Nothomb, 2019)

Le Joker, un avatar du personnage de Gwynplaine dans L’Homme qui rit de Victor Hugo

Comment l'oeuvre hugolienne, avec notamment L'homme qui rit (1869) a-t-elle influencé les créateurs du comics Batman pour créer le personnage du Joker.

« Olive » : apnée sociale

Olive évolue dans deux réalités parallèles. À dix-sept ans, comme tous les jeunes de son âge, elle subit la dure loi scolaire : bulletins de notes, conventions sociales, stigmatisations inhérentes à l'adolescence... Elle a toutefois la particularité d'être repliée sur elle-même et de s'émanciper du monde réel en se réfugiant dans un univers intérieur fécond.

« L’Instant d’après » : là où frappe l’irrationnel…

"L'Instant d'après", avec Maltaite au dessin et Zidrou au scénario, s'apparente à une histoire aux frontières du réel. Riche en traits d'humour, nantie de vignettes somptueuses, peuplée d'antihéros attachants, cette bande dessinée à tout pour plaire.

Hokusai : Les Cents vues du Mont Fuji – Edition 2020

Le contenant est sublime, avec une reliure à la japonaise de couleur rouge. Le contenu l'est tout autant avec l'ensemble des compositions, fidèles à leur monochromie originelle ou avec un léger rose pâle, une fois gravées chez l'imprimeur. Un livret explicatif rédigé par Nelly Delay nous éclaire sur le tout.

La monstruosité dans les œuvres de Victor Hugo

"Quasimodo arrachant Esmeralda au bourreau, c'est le peuple qui "brise la force du roi", "avec la force de Dieu". Alors Quasimodo est "beau" sa tignasse se fait crinière et sa tête comme celle de Mirabeau, est la tête d'un lion. Le grotesque est devenu le formidable. (Pierre Albouy, La création mythologique de Victor Hugo, 1985)

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Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.