« Les êtres sauvages, commença-t-il. Ça m’a toujours paru un peu erroné de dire ça d’eux. Ils ne sont pas sauvages. En tout cas, pas comme la plupart des gens le conçoivent. Observez-les. Voyez comment ils sont les uns envers les autres. Ils sont plus dociles que nous. Je crois que c’est parce qu’ils savent d’emblée comment aimer et que nous, nous devons l’apprendre. Je vois cela en eux. Comment l’amour les rend dociles. Pas seulement entre eux. La nature. Son mystère. L’attraction de la lune. Le ciel. Toute l’atmosphère qui s’en dégage. C’est ce qui m’attire. Cette grande ouverture qu’ils offrent. C’est ce que j’essaie de ressentir quand je suis avec eux. Ce que j’essaie de voir et de saisir, si j’ai de la chance. Cette authenticité. »
« Il a produit de sa poche gauche un paquet de Soleil Levant. Ce que le ravitaillement nous réserve de temps à autre, ce sont des Milan d’or, et pour ce qui est de ces Soleil Levant, à cause de la présence de feuilles de grande renouée, je ne pourrais affirmer qu’elles sont bonnes, avec la meilleure volonté du monde ; cependant, une bouffée de leur fumée me procure une sensation de nicotine jusqu’au bout des doigts et un agréable fourmillement gagne tout mon corps. C’est bien là la plus grande jouissance du fumeur. Je sais comment m’en procurer. Il suffit de bourrer de riz perlé un paquet vide de ces Soleil Levant puis d’aller se tenir devant le débit de tabac du coin, d’attendre le moment où les passants ont disparu pour mettre prestement le paquet sous le nez de la buraliste. La seconde d’après le riz a été escamoté au profit de tabac. »
« Mais le cauchemar revint cette nuit-là. Il y avait des mois que je n’avais pas rêvé de l’exécution de la reine Anne, mais la vue du cadavre de Singleton me remit tout en mémoire. Par une belle matinée de printemps j’étais de nouveau sur le Tower Green (la partie ouest de la cour intérieure de la Tour où l’on décapitait les condamnés de sang royal et les nobles), parmi l’énorme foule entourant l’échafaud recouvert de paille. J’étais au premier rang, lord Cromwell ayant ordonné à tous ses protégés d’être présents afin qu’ils soient liés à la chute de la reine. Il se trouvait à deux pas, au premier rang lui aussi. Bien qu’il ait dû son ascension à son appartenance au groupe d’Anne Boleyn, c’était lui qui avait préparé l’accusation d’adultère ayant causé sa perte. Il avait l’air sévère et renfrogné, incarnation du courroux de la justice. »
Si les poèmes qui constituent Requiem ont été écrits entre 1935 et 1940, le recueil ne sera publié en URSS qu'en 1963. Cela n'empêche pas la voix d'Anna Akhmatova de crier toujours le désespoir et le deuil qui ont envahi le peuple russe opprimé par le régime totalitaire stalinien.
Mémoires Vives du lanceur d'alerte américain Edward Snowden raconte ce qui l'a poussé à dénoncer le système de surveillance de masse mis en place par la NSA, et c'est un livre d'utilité publique.
Paru en URSS dans les années 60, Il est difficile d'être un dieu est devenu un roman culte de la science-fiction soviétique, à l'instar de l'autre grand roman des frères Strougatski, Stalker. Adapté deux fois au cinéma mais aussi en jeu vidéo, il nous plonge dans un passionnant roman d'aventures, doublé d'une réflexion vertigineuse sur l'histoire et les mécanismes historiques.
Dernier roman publié par Romain Gary avant son suicide en 1980, « Les Cerfs-Volants » raconte l'histoire d'un amour compliqué entre un garçon normand et une jeune aristocrate polonaise. Amour rendu carrément impossible par une guerre mondiale qui n'a que faire des passions adolescentes. Mais rien n'est écrit à l'avance, ni leur histoire d'amour, ni la grande Histoire. Elles se font, avec leurs grandes joies et leurs grandes peines, leurs espoirs et leurs désillusions. Romain Gary n'épargne pas grand chose à ses personnages, justement parce qu'il les aime. Et nous voilà bien forcés des les aimer avec lui.
La Route est longue et Table avec tapis et carafe au milieu : ce sont deux courts récits d'une centaine de pages chacun, signés de l'écrivain russe Vladimir Makanine, que Gallimard a publiés en un volume. Deux textes politiques et philosophiques qui interrogent le rapport de l'individu face à un état qui emploie violence et mensonge.
Chevy Stevens a connu un vif succès dès son premier roman, "Séquestrée". Après une première trilogie placée sous le sceau de la psychanalyse, ses obsessions se font déjà jour : la famille et ses failles, le deuil, les coupables insoupçonnables, les héroïnes... Analyse.
C'est en 1991 qu'arrive pour la première fois le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg dans le roman L'Homme aux cercles bleus. Policier décalé aux méthodes pour le moins atypiques, il permet à la romancière Fred Vargas de faire preuve de tout son talent aussi bien en psychologie, en énigme qu'en humour. Portrait d'un "pelleteur de nuages".
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »