« Mais le cauchemar revint cette nuit-là. Il y avait des mois que je n’avais pas rêvé de l’exécution de la reine Anne, mais la vue du cadavre de Singleton me remit tout en mémoire. Par une belle matinée de printemps j’étais de nouveau sur le Tower Green (la partie ouest de la cour intérieure de la Tour où l’on décapitait les condamnés de sang royal et les nobles), parmi l’énorme foule entourant l’échafaud recouvert de paille. J’étais au premier rang, lord Cromwell ayant ordonné à tous ses protégés d’être présents afin qu’ils soient liés à la chute de la reine. Il se trouvait à deux pas, au premier rang lui aussi. Bien qu’il ait dû son ascension à son appartenance au groupe d’Anne Boleyn, c’était lui qui avait préparé l’accusation d’adultère ayant causé sa perte. Il avait l’air sévère et renfrogné, incarnation du courroux de la justice. »
« A l’époque de son mariage, c’était une toute jeune fille, à peine âgée de quatorze ans. Mais, à la suite de la mort de ses beaux-parents, elle s’était vite retrouvée seule à la tête de cette grande demeure, aidée alors uniquement dans sa tâche par une femme âgée qui la quittait à la tombée de la nuit pour aller dormir dans le réduit du four à pain, à l’autre bout de la cour, l’abandonnant au monde des ténèbres peuplé d’esprits et de spectres, tantôt s’assoupissant, tantôt cherchant le sommeil jusqu’à ce que revienne son vénérable mari de ses interminables sorties. »
« Lana ponctue la plupart de ses phrases d’un éclat de rire, comme si la légèreté était la seule réponse à son addiction au cannabis, à son mariage malheureux, à ses difficultés avec ses enfants, à son échec scolaire passé, à son ennui présent. »
Mémoires Vives du lanceur d'alerte américain Edward Snowden raconte ce qui l'a poussé à dénoncer le système de surveillance de masse mis en place par la NSA, et c'est un livre d'utilité publique.
Paru en URSS dans les années 60, Il est difficile d'être un dieu est devenu un roman culte de la science-fiction soviétique, à l'instar de l'autre grand roman des frères Strougatski, Stalker. Adapté deux fois au cinéma mais aussi en jeu vidéo, il nous plonge dans un passionnant roman d'aventures, doublé d'une réflexion vertigineuse sur l'histoire et les mécanismes historiques.
Dernier roman publié par Romain Gary avant son suicide en 1980, « Les Cerfs-Volants » raconte l'histoire d'un amour compliqué entre un garçon normand et une jeune aristocrate polonaise. Amour rendu carrément impossible par une guerre mondiale qui n'a que faire des passions adolescentes. Mais rien n'est écrit à l'avance, ni leur histoire d'amour, ni la grande Histoire. Elles se font, avec leurs grandes joies et leurs grandes peines, leurs espoirs et leurs désillusions. Romain Gary n'épargne pas grand chose à ses personnages, justement parce qu'il les aime. Et nous voilà bien forcés des les aimer avec lui.
La Route est longue et Table avec tapis et carafe au milieu : ce sont deux courts récits d'une centaine de pages chacun, signés de l'écrivain russe Vladimir Makanine, que Gallimard a publiés en un volume. Deux textes politiques et philosophiques qui interrogent le rapport de l'individu face à un état qui emploie violence et mensonge.
Chevy Stevens a connu un vif succès dès son premier roman, "Séquestrée". Après une première trilogie placée sous le sceau de la psychanalyse, ses obsessions se font déjà jour : la famille et ses failles, le deuil, les coupables insoupçonnables, les héroïnes... Analyse.
C'est en 1991 qu'arrive pour la première fois le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg dans le roman L'Homme aux cercles bleus. Policier décalé aux méthodes pour le moins atypiques, il permet à la romancière Fred Vargas de faire preuve de tout son talent aussi bien en psychologie, en énigme qu'en humour. Portrait d'un "pelleteur de nuages".
Avec Le Signal, son 25ème roman, un de ses plus longs (750 pages), Maxime Chattam nous entraîne sur les traces de Stephen King et H. P. Lovecraft à travers une petite ville de Nouvelle Angleterre, Mahingan Falls, dans laquelle se déroulent d'étranges et horribles événements.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.