« Les êtres sauvages, commença-t-il. Ça m’a toujours paru un peu erroné de dire ça d’eux. Ils ne sont pas sauvages. En tout cas, pas comme la plupart des gens le conçoivent. Observez-les. Voyez comment ils sont les uns envers les autres. Ils sont plus dociles que nous. Je crois que c’est parce qu’ils savent d’emblée comment aimer et que nous, nous devons l’apprendre. Je vois cela en eux. Comment l’amour les rend dociles. Pas seulement entre eux. La nature. Son mystère. L’attraction de la lune. Le ciel. Toute l’atmosphère qui s’en dégage. C’est ce qui m’attire. Cette grande ouverture qu’ils offrent. C’est ce que j’essaie de ressentir quand je suis avec eux. Ce que j’essaie de voir et de saisir, si j’ai de la chance. Cette authenticité. »
« Il a produit de sa poche gauche un paquet de Soleil Levant. Ce que le ravitaillement nous réserve de temps à autre, ce sont des Milan d’or, et pour ce qui est de ces Soleil Levant, à cause de la présence de feuilles de grande renouée, je ne pourrais affirmer qu’elles sont bonnes, avec la meilleure volonté du monde ; cependant, une bouffée de leur fumée me procure une sensation de nicotine jusqu’au bout des doigts et un agréable fourmillement gagne tout mon corps. C’est bien là la plus grande jouissance du fumeur. Je sais comment m’en procurer. Il suffit de bourrer de riz perlé un paquet vide de ces Soleil Levant puis d’aller se tenir devant le débit de tabac du coin, d’attendre le moment où les passants ont disparu pour mettre prestement le paquet sous le nez de la buraliste. La seconde d’après le riz a été escamoté au profit de tabac. »
« Mais le cauchemar revint cette nuit-là. Il y avait des mois que je n’avais pas rêvé de l’exécution de la reine Anne, mais la vue du cadavre de Singleton me remit tout en mémoire. Par une belle matinée de printemps j’étais de nouveau sur le Tower Green (la partie ouest de la cour intérieure de la Tour où l’on décapitait les condamnés de sang royal et les nobles), parmi l’énorme foule entourant l’échafaud recouvert de paille. J’étais au premier rang, lord Cromwell ayant ordonné à tous ses protégés d’être présents afin qu’ils soient liés à la chute de la reine. Il se trouvait à deux pas, au premier rang lui aussi. Bien qu’il ait dû son ascension à son appartenance au groupe d’Anne Boleyn, c’était lui qui avait préparé l’accusation d’adultère ayant causé sa perte. Il avait l’air sévère et renfrogné, incarnation du courroux de la justice. »
« Ce qui me frappait toujours face à des truands de bas étage de la Mafia était ces expressions insipides, à croire qu’on leur avait ciré le visage au suif, ainsi que ces modèles de discours inertes et passe-partout dont ils croyaient que c’était une marque de recherche et de sophistication. »
En plus d'être la cathédrale gothique la plus célèbre de France, Notre-Dame de Paris est aussi un roman majeur de Victor Hugo. Publié en 1831, il nous conte l'histoire de Quasimodo, Esmeralda, Frollo et Phoebus. Histoire d'amour, de haine et d'indifférence, histoire de passion aussi, dont les péripéties sont surtout connues pour les nombreuses adaptations, plus que pour le texte lui-même.
Avec ses 940 pages, l'ouvrage délivre une qualité littéraire exceptionnelle, comme une récompense, au lecteur qui ouvrira les pages de Notre-Dame de Paris, sans doute l'un des plus beaux romans jamais écrits en langue française.
Parmi les quelques oeuvres en prose de Pouchkine (qui sont chez nous plus connues que ses poésies), La Fille du Capitaine se démarque. Bref récit d'un amour situé en plein coeur de la révolte de Pougatchev, La Fille du Capitaine est devenu un modèle de roman historique qui permet à son auteur de livrer, en plus d'une histoire romantique, une vision désabusée du pouvoir.
En plus d’être un des poèmes les plus connus de la littérature russe, Le Cavalier de Bronze offre aussi un portrait ambigu et saisissant de Saint-Pétersbourg, loin de la littérature officielle. Une oeuvre majeure.
«Ceci est l'histoire de ma mère, la princesse Selma, née dans un palais d'Istanbul...» Ce sont les premiers mots du livre, qui n'a rien d'une fiction, et ils donnent le ton de ce récit extraordinaire et pourtant vrai. Kénizé Mourad nous raconte l'histoire de sa mère, l'une des dernières princesses ottomanes qui doit fuir au Liban lorsque le sultanat est renversé. Sa vie se poursuit ensuite en Inde, puis à Paris, en pleine Seconde Guerre mondiale. Découverte d'un récit époustouflant.
En ce début d'années 1870, Fedor Dostoievski est dans une période faste. Il vient d'achever Crime et Châtiment, Le Joueur, L'Idiot et L'éternel mari, avant d'enchaîner avec un roman politique d'une violence rare, Les Démons. Description brutale du chaos qui s'abat sur une petite ville de province, Les Démons est surtout le portait sans fard de personnages dont l'unique but semble être l'effondrement de la société, pour le simple plaisir de la destruction.
Il aura fallu pratiquement 40 ans de travail au traducteur René R. Khawam pour établir un texte des Mille et Une Nuits débarrassé de tous ses ajouts postérieurs et pour en donner une traduction nouvelle. Le résultat est une oeuvre formidable, irrévérencieuse, merveilleuse, parfois sombre ou violente, mais lançant toujours un immense appel à profiter des plaisirs de la vie.
« Revenons à nos moutons : avoir trop d’argent n’est pas une bonne chose. L’argent peut changer l’homme. Sur ce point le chef de district avait longuement réfléchi. »
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »