Un homme sans volonté de Marc Desaubliaux

L’auteur Marc Desaubliaux présente sa septième parution chez « Des Auteurs Des Livres ». D’emblée, le titre de cet ouvrage annonce la couleur. Ainsi, le lecteur part à la rencontre d’Un homme sans volonté. Mais qui est-il ? Qu’est-ce qui a poussé ce personnage à sombrer de la sorte, dans les tréfonds d’une âme éternellement insatisfaite ?

Publié depuis le mois de janvier 2022, le roman est disponible à l’achat via le site de la maison d’édition. Derrière le livre se cache un artiste parisien, Marc Desaubliaux. Un nostalgique qui puise dans sa mémoire, pour en faire des histoires aux accents dramatiques. En effet, l’une des grandes qualités de ce roman est sans doute son réalisme. Par ailleurs, l’ouvrage a été entièrement rédigé à la première personne. Ainsi, le narrateur Louis Puissonier-Tavernier incarne un homme indécis, difficile à cerner. Le lecteur se sentira à la fois agacé et parfois compatissant quant à ses changements d’humeur. Dans ce journal intime hybride, ce protagoniste se remémore ses jeunes années, lors d’un évènement, dans la demeure familiale.

Un récit de vie où les pensées parasitaires sont souvent explicites

Très vite, la cible se rend complice, témoin de son mal-être profond. Une sensation qui permet de bousculer les habituelles lectures dites « de confort ». Ici, les chapitres ne sont pas numérotés. D’emblée, ce « héros » aux émotions fluctuantes est présenté comme privilégié. Il est né dans la bourgeoisie où tout se tait, surtout les secrets. Frustré, Louis ne se sent pas à sa place. Ses parents voulaient qu’il se lance dans une brillante carrière, mais chaque décision qu’il prend semble teintée de noir. Même enfant, Louis faisait partie de ces enfants doués pour une discipline, en l’occurrence la peinture.

Il souffle sur ce livre un vent de Musset ou de Proust, sans la madeleine…

Rares sont les passages où le lecteur sentira l’excitation du héros Louis, qui dissimule de vives colères. Avec un personnage désespérément mélancolique, le garçon se mue en adolescent qui se recroqueville. Un arrogant qui s’ennuie et cultive son malheur : voilà le portrait du jeune Louis. Sous la pression d’une communauté totalement clanique, il est hors de question de rêver de n’importe quoi, d’aimer n’importe qui. Emprisonné, mais exposé à tant d’occasions, il ne parvient pas à les saisir en plein vol. Qu’il s’agisse de sa propre carrière, de sa famille qui le délaisse ou bien de sentiments, l’ensemble des éléments qui composent sa vie se fragilisent. Impossible de prendre une décision, dans cet océan de choix, qui contient si peu de combustible pour lui, lui permettant ainsi de s’enflammer.

Mais peut-on vivre sans jamais choisir ?

En résulte une découverte éprouvante, où certaines touches d’humour laissent respirer le lecteur. Cet ouvrage rappelle d’ailleurs une autre publication de l’auteur au titre tout aussi cynique : Journal du désespoir, rédigé en 1978. Dans cette approche d’un monde sordide, aux protocoles étouffants, l’écrivain dénonce la pression qui gangrène la sphère bourgeoise. En réalité, il est difficile de ressentir de l’empathie pour ces personnes illustres, « bien nées », tombées dans des familles où l’or coule à flots. Et pourtant, cette opulence ne permet en rien d’accéder au bonheur de Louis. Comme prédestiné, depuis sa tendre enfance, à se sentir en décalage avec tous ceux qui croisent son chemin. L’ouvrage Un homme sans volonté offre une expérience immersive dans la France des années 70.

Un homme sans volonté, Marc Desaubliaux
Des Auteurs Des Livres, janvier 2022, 262 pages

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