S'il est de coutume de penser que la beauté est intérieure, "Natura" nous invite à une tout autre mise en perspective : celle d'un environnement naturel à la fois hostile et sublime, qui finit par agir comme un miroir. Une traversée du massif vosgien qui tient à la fois du conte et de la survie, où une femme cherche, dans l'épaisseur de la forêt, quelque chose qui ressemble à une seconde naissance. Mickael Perret réussit à explorer ce décor dans ce qu'il a de plus brut et de plus étrange. Un premier film audacieux et ambitieux, porteur de grandes promesses.
Prix du jury au Festival de Cannes 2025, Oliver Laxe prolonge son cinéma de l’épreuve et de la foi dans un road-trip halluciné au cœur du désert. Entre communauté de teufeurs, deuil intime et bascule métaphysique, "Sirāt" interroge l’errance contemporaine dans un monde vidé de repères. Une expérience sensorielle radicale, portée par les corps, la musique et un monde au bord de l’effondrement.
"Once Upon a Time in Gaza" des frères Nasser est une tragi-comédie saisissante mêlant fraternité contrariée, satire sociale et résistance artistique. Entre fable noire et cinéma engagé, le film dresse un portrait poignant et absurde de la vie à Gaza, où chaque geste devient un acte de survie sous un ciel d’oppression.
Cette édition du Professeur par Pathé est un vrai événement. Elle permet en effet de sortir d’un oubli relatif non seulement ce film remarquable, mais aussi son metteur en scène Valerio Zurlini, ainsi qu’une des meilleures prestations d’Alain Delon dans une décennie 1970 pourtant riche en œuvres essentielles. Le professeur (La prima notte de quiete) est une œuvre crépusculaire et profonde, dans laquelle le héros tragique, qui semble avoir définitivement baissé les bras, retrouve goût à la vie malgré l’impossibilité de ses rêves. Quel plaisir de découvrir aujourd’hui le montage plus long de Zurlini de ce joyau italien méconnu !
Yalda, la nuit du pardon est un film dramatique réalisé par Massoud Bakshi. Sorti en salles en 2019, il est à redécouvrir en DVD depuis janvier. Il nous fait part de l'histoire tragique de Maryam Komijani, jeune femme condamnée à mort pour le meurtre de son mari, en Iran. La seule personne pouvant lui sauver la vie est Mona Zia, fille unique de son défunt mari. Ce pardon éventuel aura lieu pendant une émission de télé-réalité en direct, diffusée le soir de la fête iranienne de Yalda (solstice d'hiver).
La règle du jeu, qui dit tellement de son contexte historique tragique (le film est sorti en juillet 1939) en n’y faisant pourtant aucune allusion explicite, demeure ce grand classique du cinéma français, un indispensable parmi les indispensables. Sa légèreté apparente annonce la fin d’un monde mais aussi, pour le cinéaste, la conclusion d’une période particulièrement inspirée. On ne peut par contre qu’être déçus en constatant le manque d’intérêt de cette nouvelle sortie dépourvue de surprises et de suppléments.
Dans un de ses tout derniers longs-métrages, le maître italien retrouve son comédien fétiche, Vittorio Gassman, dans une comédie mélancolique et poétique. Le metteur en scène y refuse malicieusement de choisir un style bien précis, passant avec légèreté du drame familial au bonbon sucré, en passant par les excès de la comédie à l’italienne. Si le film se situe bien loin des chefs-d’œuvre de Risi, il donne au moins l’occasion à Gassman de nous rappeler, une fois de plus, quel immense comédien il fut.
Retour sur Expect the unexpected ainsi que sur son édition Blu-ray signée Spectrum Films. Le film est un volet nerveux et romantique du fameux studio hongkongais, Milkyway Images, dont le concept de l'inattendu constitue l'enjeu narratif.
Un an après le succès de Dracula et de Frankenstein (1931), grands classiques d’Universal Pictures ayant tous deux fixé les conventions et l'iconographie de l'horreur gothique, James Whale offre à l'immense Boris Karloff, icône de l'âge d'or des "Universal Monsters", le rôle d'un majordome patibulaire dans La Maison de la mort (The Old Dark House), autre chef-d’œuvre de l’épouvante typique de l'ère Laemmle Jr.
Retour sur Bio Zombie, premier film hongkongais du genre réalisé par Wilson Yip (la saga Ip Man), ainsi que sur son excellente édition Blu-ray signée Spectrum Films.
Pleine d’esprit, cette œuvre pétillante offre une vision particulièrement nuancée d’une génération d’adolescents qui, une décennie à peine après le second conflit mondial, évolue déjà dans une ère nouvelle. Malgré la patine du temps, Guendalina conserve ainsi une étonnante pertinence grâce au regard, passionné mais pas complaisant, qu’il pose sur son héroïne qui grandit et mûrit en à peine quelques semaines.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.