Sorties Dvd-Blu-Ray

A Prairie Home Companion (2006), de Robert Altman : adieu d’un maître, élégie du Midwest

Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.

Fureur apache (1972), de Robert Aldrich : le cimetière des mythes

Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…

La trilogie du « Docteur Mabuse » de Fritz Lang : quarante ans d’une saga criminelle allemande

Réunis dans un magnifique coffret, les trois films que l’immense Fritz Lang a consacrés au génie du crime permettent de réaliser à quel point ils furent le reflet de leurs époques troublées respectives. Car ces œuvres ne sont pas seulement des films noirs paranoïaques qui inspireront une multitude de cinéastes – jusqu’à aujourd’hui. Ils traduisent l’idée que le chaos génère le mal et que, s’il adopte bien des visages, le mal n’en demeure pas moins intemporel.

La Nuit des rois : le conte au coeur de l’irréel

La MACA, comme on l'appelle, est le royaume de Barbe-Noire, un chef de bande qui règne sur les détenus, au sein des larges couloirs de la prison où les cellules semblent avoir disparu. Lorsqu'un jeune homme est nouvellement amené, Barbe-Noire le désigne comme "Roman" celui qui doit raconter une histoire toute la nuit de la lune rouge, sous peine d'être mis à mort. Commence alors sous nos yeux une succession de scènes toutes plus étranges les unes que les autres.

Eugénie Grandet : des longueurs pour l’adaptation du roman de Balzac par Marc Dugain

Le mois de février nous permet de découvrir en DVD le film Eugénie Grandet, qu'on avait pu voir au cinéma en 2021. Le réalisateur Marc Dugain a choisi d'adapter ce très célèbre roman d'Honoré de Balzac (1833-34). L'adaptation, très classique, laisse finalement l'impression de n'être qu'une retranscription à l'écran d'un roman, sans véritable utilisation du médium cinématographique. 

Temps sans pitié, de Joseph Losey

Superbe film noir de Joseph Losey, Temps sans pitié raconte la course contre d'un père pour sauver son fils de la potence. Avec Michael Redgrave dans le rôle du père et un Leo McKern mémorable dans celui du méchant.

Johnny Guitare (1954) de Nicholas Ray : le sommet du western au féminin

Johnny Guitare est un opéra mélodramatique qui se joue des conventions et surprend le spectateur de la première à la dernière minute. Couleurs, costumes, décors, dramaturgie, interprétation, musique : tout concourt au génie insolite du film. C’est le cinéma qui sort vainqueur de ce duel à mort entre deux femmes au caractère volcanique. Une sortie incontournable, donc, d’autant plus que Sidonis/Calysta l’a agrémentée de suppléments à la hauteur de l’événement !

Le Passage du canyon (1946) de Jacques Tourneur : regard européen sur l’épopée de l’Ouest

Tourné en 1946 par Jacques Tourneur, davantage célébré pour ses œuvres fantastiques et ses films noirs, ce western basé sur un roman d’Ernest Haycox fut qualifié par feu Bertrand Tavernier de « premier western moderne de l’histoire du cinéma ». Si Tourneur pèche par un évitement un peu trop systématique de l’action spectaculaire et par une direction d’acteurs discutable, force est de reconnaître que son premier long-métrage en couleurs est une splendeur visuelle rompant avec les codes prévisibles du genre…

Out of the Blue (1980) de Dennis Hopper : …and into the black

Dennis Hopper mérite une reconnaissance bien plus large que celle obtenue par son mythique film de motards, sa carrière de cinéaste (du moins jusqu’à la fin des années 80) se révélant remarquable. Il existe heureusement des passionnés qui ne comptent pas leurs efforts pour lui redonner vie, ce dont témoigne la restauration de son troisième opus Out of the Blue, réalisé près de dix ans après la descente en flammes de The Last Movie. Elle est accompagnée de suppléments tout simplement indispensables dans cette édition signée Potemkine.

Alamo (1960) de John Wayne : la geste texane

Parce qu’il s’agit d’un événement fondateur, mais aussi parce que ce dernier est l’occasion pour le Duke d’exprimer son positionnement politique et une certaine idée de l’Amérique, Alamo mobilise des moyens considérables et un casting costaud pour un métrage initial excédant les trois heures. Depuis sa sortie, l’œuvre a été vertement critiquée par les spécialistes pour ses qualités de document historique. Qu’importe ! Il nous reste un western épique impeccablement mis en scène, qu’on prend énormément de plaisir à revoir et qui témoigne d’un indéniable talent de Wayne derrière la caméra.

L’Aveu (1970) et Etat de siège (1972) de Costa-Gavras : la Guerre froide sous différentes latitudes

L’Aveu et Etat de siège représentent le versant le plus frontal du cinéma politique de leur auteur, les faits relatés n’étant pas encadrés par un procédé narratif que l’on pourrait qualifier de « divertissant ». Remarquablement documentés, écrits, mis en scène et interprétés, les deux œuvres éclairent ainsi une époque révolue. En négatif, ils exacerbent aussi la faiblesse consensuelle du cinéma « engagé » actuel. Côté édition, en revanche, le spectateur devra se contenter de miettes…

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