Sorties Dvd-Blu-Ray

Natura : Se perdre pour renaître

S'il est de coutume de penser que la beauté est intérieure, "Natura" nous invite à une tout autre mise en perspective : celle d'un environnement naturel à la fois hostile et sublime, qui finit par agir comme un miroir. Une traversée du massif vosgien qui tient à la fois du conte et de la survie, où une femme cherche, dans l'épaisseur de la forêt, quelque chose qui ressemble à une seconde naissance. Mickael Perret réussit à explorer ce décor dans ce qu'il a de plus brut et de plus étrange. Un premier film audacieux et ambitieux, porteur de grandes promesses.

Sirāt : l’odyssée des damnés

Prix du jury au Festival de Cannes 2025, Oliver Laxe prolonge son cinéma de l’épreuve et de la foi dans un road-trip halluciné au cœur du désert. Entre communauté de teufeurs, deuil intime et bascule métaphysique, "Sirāt" interroge l’errance contemporaine dans un monde vidé de repères. Une expérience sensorielle radicale, portée par les corps, la musique et un monde au bord de l’effondrement.

Once upon a time in Gaza : l’Espoir, le Vice et la Trahison

"Once Upon a Time in Gaza" des frères Nasser est une tragi-comédie saisissante mêlant fraternité contrariée, satire sociale et résistance artistique. Entre fable noire et cinéma engagé, le film dresse un portrait poignant et absurde de la vie à Gaza, où chaque geste devient un acte de survie sous un ciel d’oppression.

« Le Salaire du Diable » : la justice cannibalisée par le pouvoir

Rimini Éditions propose en combo DVD/bluray Le Salaire du Diable, de Jack Arnold. À mi-chemin entre le western et le film noir, le long métrage, qui met en scène Orson Welles et Jeff Chandler, interroge l'éthique de conviction et de responsabilité d'un shérif en butte aux puissances financières locales.

Échec au porteur, un polar humain et singulier de Gilles Grangier en DVD

Pathé continue son œuvre de restauration de films issus du patrimoine français avec Échec au porteur, un film policier singulier et très réussi avec Serge Reggiani, Jeanne Moreau, Paul Meurisse et Gert Froebe.

Le Cid (1961) d’Anthony Mann : l’épitome du cinéma épique

Casting international de stars (Charlton Heston et Sophia Loren en tête), alternance de scènes intimes et de séquences de combats mobilisant une myriade de figurants, décors majestueux, pompe et solennité : Le Cid répond à tous les canons du genre, sans pour autant que la personnalité du metteur en scène ne s’efface totalement derrière le gigantisme de la mise en scène. Sa réussite prouve enfin que, des séries B à petit budget aux récits bigger than life, en passant par la complexité des enjeux caractérisant ses westerns, Anthony Mann fut un artiste caméléon, dont le génie s’exprima dans des contextes pour le moins variés.

La Nuit des rois : le conte au coeur de l’irréel

La MACA, comme on l'appelle, est le royaume de Barbe-Noire, un chef de bande qui règne sur les détenus, au sein des larges couloirs de la prison où les cellules semblent avoir disparu. Lorsqu'un jeune homme est nouvellement amené, Barbe-Noire le désigne comme "Roman" celui qui doit raconter une histoire toute la nuit de la lune rouge, sous peine d'être mis à mort. Commence alors sous nos yeux une succession de scènes toutes plus étranges les unes que les autres.

Eugénie Grandet : des longueurs pour l’adaptation du roman de Balzac par Marc Dugain

Le mois de février nous permet de découvrir en DVD le film Eugénie Grandet, qu'on avait pu voir au cinéma en 2021. Le réalisateur Marc Dugain a choisi d'adapter ce très célèbre roman d'Honoré de Balzac (1833-34). L'adaptation, très classique, laisse finalement l'impression de n'être qu'une retranscription à l'écran d'un roman, sans véritable utilisation du médium cinématographique. 

Temps sans pitié, de Joseph Losey

Superbe film noir de Joseph Losey, Temps sans pitié raconte la course contre d'un père pour sauver son fils de la potence. Avec Michael Redgrave dans le rôle du père et un Leo McKern mémorable dans celui du méchant.

Johnny Guitare (1954) de Nicholas Ray : le sommet du western au féminin

Johnny Guitare est un opéra mélodramatique qui se joue des conventions et surprend le spectateur de la première à la dernière minute. Couleurs, costumes, décors, dramaturgie, interprétation, musique : tout concourt au génie insolite du film. C’est le cinéma qui sort vainqueur de ce duel à mort entre deux femmes au caractère volcanique. Une sortie incontournable, donc, d’autant plus que Sidonis/Calysta l’a agrémentée de suppléments à la hauteur de l’événement !

Le Passage du canyon (1946) de Jacques Tourneur : regard européen sur l’épopée de l’Ouest

Tourné en 1946 par Jacques Tourneur, davantage célébré pour ses œuvres fantastiques et ses films noirs, ce western basé sur un roman d’Ernest Haycox fut qualifié par feu Bertrand Tavernier de « premier western moderne de l’histoire du cinéma ». Si Tourneur pèche par un évitement un peu trop systématique de l’action spectaculaire et par une direction d’acteurs discutable, force est de reconnaître que son premier long-métrage en couleurs est une splendeur visuelle rompant avec les codes prévisibles du genre…

Newsletter

À ne pas manquer

« Le vent dans les saules » : suspendre le temps

Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.

« Monet en quête de lumière » : la vie intime d’un génie pictural

Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.

« Censure & cinéma » : une collection mise à l’honneur

De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.

« Les Saiyans (Full Color, Tome 2) » : le moment où tout bascule

Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.

« Mortépi » : autopsie d’un artiste qui voulait exister

Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.