« A force de vouloir contenter tout le monde, on fait de la purée… Ils ont tellement peur de se faire tomber dessus par les communautés qu’ils évacuent tout ce qui pourrait rayer le parquet. On remplace l’universel par l’anecdotique, le particulier. Le moindre fait devient l’égal d’un concept. Et le pire, c’est que ça marche. »
« En réalité, je ne suis pas sûre d’avoir compris le terme de « jouer » en japonais. Comme en coréen, il s’applique autant à une sortie entre salariés qu’à un jeu d’enfant. J’ai presque trente ans, je n’ai pas l’habitude des enfants, je n’ai aucune idée de ce qui peut les distraire à cet âge, et commence à regretter d’avoir répondu à l’annonce. Je l’avais trouvée depuis Genève, sur le site de la faculté de des lettres de l’université Sophia, Tokyo. « Cherche répétitrice de langue maternelle française pour enfant de dix ans pendant les vacances d’été, à Tokyo. » J’allais justement y passer le mois d’août auprès de mes grands-parents, en vue du voyage en Corée que nous avions prévu d’effectuer début septembre, et je craignais de rester oisive à la maison. »
« …, comme si chaque décapitation et chaque corps dissous dans un baril d’acide ne ramenait pas la civilisation au temps des cavernes, parce qu’on en est sorti, peut-être ?, est-ce qu’on ne s’entre-tue pas pour un rien ?, comme si les choses progressaient, s’amélioraient, que le passé et le présent, la vie et la mort, n’étaient pas la même chose, comme si on ne tournait pas tout le temps en rond dans le désert, dans une illusion de semi-remorque réfrigéré, une ombre de notre cerveau… »
Ce roman de Mélodie Ducoeur porte un titre énigmatique : Le Royaume de Séraphin. Décliné en plusieurs formats, son récit se veut être un support, une aide à toutes les générations concernées par la mort d'un être cher. Grâce à son univers enchanteur, l'auteure réussit à donner du baume au cœur à tous les lecteurs.
« On prône les progrès de la technique, et on a beau en connaître les dangers, on continue, sous prétexte de développer l’économie ou je ne sais quoi, on multiplie les risques, tant et si bien qu’à force tout finit par exploser. »
Le roman de Valérie Perrin, Trois, raconte une histoire d'amitié sur trente ans, racontée par un mystérieux narrateur qui de son aveu est lié au trio : "je m'appelle Virginie. Aujourd'hui, de Nina, Adrien et Etienne, seul Adrien me parle encore". Son regard sur ces trois amis fait le lien entre passé et présent, avec les lots de drames qui ont eu raison d'une amitié adolescente pourtant solide. Après tout Nina le sait, elle a quelque part au monde deux amis qui auront toujours "une voiture neuve et le plein d'essence"... Trois est paru en avril 2021 et son succès a été immédiat.
« L’ouvrier pendu au bout du câble avait un drôle de teint. De la bave s’écoulait de ses lèvres crispées, cadavériques. Quand le menuisier redescendit de l’endroit où il travaillait, il vit le contremaître en train d’uriner dans la mer depuis le pont, dans une position peu naturelle, une épaule relevée, une bûchette coincée dans la ceinture. Le regard du menuisier passa sur la bûchette. « Alors c’est donc avec ça qu’il l’a frappé. » A chaque bourrasque, l’urine frappait en chuintant le bord du pont et rebondissait en gerbes. »
L'air du monde est un roman dramatique, qui suit le parcours d'un protagoniste souffrant de dépression. Au cours de plusieurs chapitres, le personnage principal se souvient d'anecdotes et histoires, qui l'ont forgé. Habitant dans un appartement au confort spartiate, sa seule issue semble être cette fenêtre, où il peut observer les enfants jouer.
Comment deux Français se sont-ils approprié l'une des sagas d'horreur les plus iconiques d'Hollywood ? Sébastien Vaniček et Florent Bernard reviennent sur la genèse de "Evil Dead Burn", ses partis pris narratifs et techniques, et la place qu'il occupe dans une franchise qui avance, plus que jamais, à tâtons.
Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.
Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.
Actrice aux multiples visages et réalisatrice audacieuse, Zabou Breitman revient avec Le Garçon, un objet filmique inclassable entre enquête documentaire et fiction. À l’occasion du festival Ciné Mania, elle se confie sur ce projet atypique, sa méthode intuitive et son attachement au Québec, dans un entretien à cœur ouvert.
Dans un premier long-métrage poignant, "L’âge imminent", le collectif Col·lectiu Vigília explore avec une rare sensibilité les thèmes de la dépendance et des relations intergénérationnelles, dans une approche presque documentaire. Rencontre avec ses créateurs.