À quelques jours de la sortie d’Evil Dead Burn, sixième entrée d’une franchise vieille de 45 ans, nous nous sommes entretenus avec Sébastien Vaniček, réalisateur-scénariste, et Florent Bernard, également à l’écriture, sur les coulisses de ce nouvel opus de la saga d’horreur, entre héritage et regard personnel.
Quand Sam Raimi confie les clés du Necronomicon au cinéaste français révélé par Vermines, le pari ne porte pas seulement sur un nom : il porte sur une sensibilité. Celle d’un duo qui a déjà prouvé sa capacité à transformer la promiscuité et le déni collectif en matière à film de genre. Avec Evil Dead Burn, le duo Vaniček-Bernard retrouvent une famille acculée dans une demeure isolée, où les secrets enfouis pèsent autant que les Deadites qui finissent par les révéler.
À l’occasion de la sortie en salles, l’échange s’est concentré sur ce qu’ils ont eu le droit de toucher dans le lore, de ce que Souheila Yacoub a apporté au personnage d’Alice au-delà du scénario, du plaisir et des limites du tournage, d’un film pensé avant tout comme une expérience de salle, et de ce qui reste résolument français dans cette réunion de famille version Hollywood.
« Je me suis retrouvé comme quand tu étais petit et que tu allais chez un pote qui avait dix fois plus de jouets que toi […] Je suis allé chez un pote qui a plus de jouets que moi. »
Le Necronomicon fonctionne depuis le début comme un objet de règles et de rituels. Chaque film en ajoute, parfois au détriment des précédents. Quand vous avez commencé à écrire, est-ce que vous vous êtes imposés vos propres contraintes vis-à-vis du lore existant, ou est-ce que Sam Raimi et Rob Tapert vous ont fixé des limites précises sur ce que vous pouviez toucher ?
Sébastien : On n’a vraiment eu aucune contrainte. Justement, c’était même un peu trop libre qu’on s’est dit « ok, fixons des règles ». Et une des premières qu’on s’est dites, c’était de ne pas entrer dans cet univers en ignorant ou en dévaluant les films précédents. On voulait que chaque film existe dans notre univers, et essayer de créer quelque chose de consistant avec un bout de chaque film pour trouver un semblant de logique à cet univers qui est assez bordélique, parce que même les producteurs, ils sont un peu hésitants. Quand on leur pose des questions ils te disent « oui, bon, peut-être ». Ce qu’on voulait, c’était que ça tienne debout, sans se fermer de portes.
Florent : Là, typiquement, on ne fait pas vraiment revenir le Necronomicon : c’est plutôt les recherches de quelqu’un. Et comme l’a dit Sébastien, comme celui d’avant, Evil Dead Rise, laissait des Deadites dans la nature. On est quand même plus fans des anciens, mais il n’empêche que celui-ci est très apprécié des gens, et j’aurais détesté, en tant que public, qu’on ignore un film parce que Monsieur veut créer sa propre histoire. On a pris ça en compte pour éviter de passer les quarante premières minutes sur des personnages qui tombent sur le livre, hésitent à le lire, finissent par le lire, etc. Le public des films d’horreur aujourd’hui connaît ces codes-là, et si tu lui ressers la même chose, il va un peu s’ennuyer.
Est-ce que vous avez eu des discussions avec Raimi ou Francis Galluppi — qui prépare Evil Dead Wrath — pour savoir où vous pouviez emmener le lore sans fermer de portes aux suivants ? Ou est-ce que chaque réalisateur travaille vraiment en chambre close sur sa propre entrée ?
Sébastien : Il tenait à avoir des petites connexions, des easters-egg, comme ils connaissent bien leurs fans. Ils veulent que tout se réponde même si ce n’était pas une prérogative. Mais oui, on a rencontré Francis et on savait de quoi il allait parler. Il a inclus des petits éléments de notre film, et inversement. C’est plus de l’ordre du clin d’œil que d’enjeux dramaturgiques.
Florent : Wrath est une histoire très éloignée de la nôtre. Même s’il est américain, il est plus ou moins de notre génération. On a surtout échangé pour se poser des questions et se donner des conseils. Je sais qu’eux, ils ont tourné un peu autour avant de trouver le pitch du film, qui se passe dans les années 70. On a eu des échanges comme ça. Et on a hâte de voir son Evil Dead aussi.
Dans Vermines, le groupe existait déjà comme une mécanique de survie collective. Ici, la famille est d’emblée dysfonctionnelle, chaque membre est enfermé dans son propre déni. Est-ce que le scénario partait de cette idée, que les Deadites ne font que révéler ce qui était déjà là, ou est-ce que la dynamique familiale s’est construite autour des contraintes du genre ?
Sébastien : T’as répondu à la question. On a une famille dysfonctionnelle dans nos deux films. On parle de gens qui n’arrivent pas à communiquer les uns avec les autres. On met juste ça en exergue quand ils se transforment en Deadites : tous les secrets, leur part sombre. Les Deadites sont des créatures intelligentes, qui jouent avec ça, justement. Je crois qu’on est parti de l’idée du pire dîner possible avec la belle-famille, et de voir comment ça pourrait complètement se barrer en cacahuètes. C’était un bon point de départ.
Florent : Oui, je pense que ça fait un peu partie de notre ADN « français ». Genre, moi je pensais beaucoup au film Que la bête meure, de Claude Chabrol, avec Jean Yanne. Au tout début, quand on s’est demandé ce que serait notre Evil Dead, on est reparti de la base : c’est quoi, Evil Dead ? Et pas juste s’arrêter sur la tronçonneuse, les gags d’Evil Dead 2, etc. On s’est dit qu’il y avait un truc de possession : même dans Rise, on possède des gens « gentils », ce sont des démons qui rendent ces gens-là horribles. Et personne n’est moralement gentil à 100 %, donc on s’est demandé ce qui se passerait si les Deadites possédaient des personnes en apparence « gentilles ». Cette apparence gentille, dans les relations de belle-famille, on sait que c’est très visible. Et on trouvait ça intéressant de jouer avec ce truc de possession sur des gens qui ont énormément de parts sombres, très dark, cachées dans leur cave. Sans mauvais jeu de mot, car Evil Dead a toujours eu un rapport à la cave. Tous ces trucs-là, quand ça devient logique à l’écriture, souvent il faut aller par là. Quand il y a des choses qui s’emboîtent bien dans l’écriture, comme ce thème d’un côté avec ce truc horrifique de l’autre, ça avance bien, il faut y aller, comme le HLM dans Vermines. C’était l’idée de Sébastien : une grosse boîte dans laquelle sont enfermés les personnages, comme les araignées dans une boîte. Bon bah, vas-y : c’est d’une logique imparable, il faut aller là-dedans.
Souheila Yacoub construit Alice sur une tension entre fragilité et résistance : elle ne bascule jamais brutalement d’un état à l’autre, c’est presque imperceptible. Est-ce que cette progression était écrite dans le scénario ou construite avec elle au tournage ? Et qu’est-ce que sa singularité — une actrice française, étrangère aux codes du genre — a changé dans votre écriture du personnage, par rapport à ce que vous aviez imaginé sur le papier ?
Sébastien : On voulait surtout s’éloigner des clichés de final girl et apporter quelque chose de nouveau. On a créé une Française au milieu des Américains. On avait un peu en tête Alien, le huitième passager, mais du point de vue du huitième passager, du côté de « l’alien », l’étrangère qui est Alice. Et c’est vrai qu’on a voulu pousser un peu plus les traits de ce qui crée ce schisme entre les continents, du coup en lui donnant un peu de fragilité, mais en même temps elle est un peu bitchy, un peu ci, un peu ça. C’est ce qui la rend intéressante. On a vu beaucoup de films avec des personnages assez clichés, avec des fonctions, et on ne voulait pas tomber là-dedans. C’est vraiment un personnage complexe, et c’est ce que j’aime le plus chez elle, parce qu’elle est terrifiée par ce qui se passe ; elle agit de manière extrêmement humaine. Le spectateur peut aussi plus facilement s’identifier à elle, parce qu’elle est pleine de paradoxes. Et ça va être une final girl hyper originale. Ce n’est pas une vengeance qu’elle a à la fin, c’est quelque chose d’extrêmement cathartique, elle doit passer par là. Et c’est comme ça qu’elle va devoir avancer. Et je trouve que c’est une fin douce-amère : personne ne vit le final de notre Evil Dead comme un happy end. Et c’est là que je trouve que c’est un personnage réussi. C’est aussi beaucoup l’apport de Souheila quand elle l’a interprété, et quand on a commencé à parler du personnage. Elle est venue nous voir en écriture, avec Florent. Elle a apporté beaucoup d’elle. Elle se l’est appropriée. On en discutait quand elle jouait une scène. Pour moi, dès qu’on a écrit le scénario, c’est le fond qui compte. On essaie de le respecter. Et dans la forme, on peut mettre un mot ici, changer une façon d’exprimer quelque chose, parfois retirer une ligne de dialogue pour laisser le regard exprimer les choses. Je suis toujours ouvert à ces trucs-là. Le scénario est une première écriture, le tournage en est une deuxième.
Florent : Pour moi, pareil : on est moins dans une histoire de vengeance que de deuil. Il y a beaucoup de films d’horreur sur le deuil, et ce qui nous intéressait, c’est celui de quelqu’un de pas très net. Comment tu gères le deuil de quelqu’un que t’aimes plus et contre qui t’as la rage, quoi ? C’étaient des questionnements. Il y a des trucs qui nous font peur ou qui nous excitent à traiter. C’est ce que dit Suzanne (la belle-mère) à Alice : « Ton ombre sera toujours derrière toi. » C’est plutôt ce parcours-là qu’on voulait donner à Alice. Et c’est vraiment la question de l’apparence qui nous intéressait. Pour nous, c’est juste une femme normale qui en a chié. Mais parfois à l’écriture, les Américains me disent « ah, elle est vraiment un peu connasse au début », alors que pour nous, pas du tout. Ce sont des différences culturelles qu’on a mises. Dans un certain cinéma d’horreur, la final girl doit être « pure ». Mais nous, on voulait lui donner un peu de répondant dès le début. Bah oui, elle vient à un enterrement en baskets et en sweat, mais en même temps, elle a peut-être des raisons pour ça. Tout ça nous intéressait beaucoup, et puis là où l’apport de Souheila est super, c’est qu’elle ne regarde pas de films d’horreur, donc elle n’a jamais vu ce personnage comme une final girl, mais elle a vraiment travaillé pour le rendre crédible.
Il y avait aussi cette façon très particulière de traiter la promiscuité, la communauté sous pression, des préoccupations qui sonnaient très françaises dans leur rapport au social dans Vermines. Est-ce que vous reconnaissez quelque chose de cet héritage ici ? Y a-t-il des choses que vous n’avez pas pu mettre dans votre film précédent et qu’on retrouve dans Evil Dead Burn ? Et plus largement, qu’est-ce que vous avez glissé de vous et de français dans ce film ?
Florent : Un gars qui tombe. (rires)
Sébastien : C’est marrant, oui, il y a des petites idées comme ça, à droite, à gauche, qu’on a dû enlever de Vermines et qu’on retrouve ici. Mais sinon, en termes de narration pure, j’aime l’impression que, pour l’instant, comme on a très vite enchaîné entre les deux films, on n’est pas des êtres humains différents avec Florent, et je pense, pour reparler de sa carrière à lui, qu’on a des points communs énormes entre son premier film et le deuxième. C’est le cas aussi pour moi. Pour le moment, on fait des films très personnels, on parle de choses qui nous ressemblent, des personnages qu’on connaît. Du coup, on fait juste un peu évoluer l’analyse, comme si on était en psychanalyse depuis maintenant quatre ans. Les questions sont un peu différentes et s’étendent. Et comme tu l’as très bien dit depuis le début de l’interview, tu vois qu’il y a des traits communs entre les deux films. Et très honnêtement, je pense que c’est toujours ça qu’on a développé et fait évoluer, parce qu’on doit encore traiter ces informations. On n’est pas encore complètement débloqués sur autre chose. Mais après, c’est ce que je kiffe chez les cinéastes que j’aime : j’arrive à voir la direction que prennent leurs analyses. Film après film, je comprends ce qui les travaille, c’est plutôt cool.
Florent : Ouais, et quand tu bosses sur une grosse saga, si tu veux te l’approprier et que tu ne veux pas qu’elle t’échappe, t’es obligé, quoi qu’il arrive — et je pense ça de toutes les œuvres artistiques, mais encore plus pour des films comme ça — effectivement d’y aller avec énormément de sincérité, et de te dire comment tu peux être le plus proche de ce que tu as envie de raconter dans une histoire ou un film. Et d’ailleurs, c’est un Evil Dead, et on a fait très attention à respecter l’héritage. Mais si on change quelques trucs, ça pourrait être un film original : si on change les Deadites pour des vampires, ce serait un tout autre film. L’idée, c’était vraiment d’être sincère avec ce qu’on avait vraiment envie de raconter.
« Quelle meilleure saga que Evil Dead pour s’amuser avec une caméra. »
C’est aussi sur le plan technique que vous vous êtes appropriés cet Evil Dead. La mise en scène tranche parfois beaucoup avec ce qu’on a été habitué à voir dans la saga : vous réduisez les coupes au montage, vous jouez sur la focale pour laisser quelque chose vivre en arrière-plan, vous laissez les personnages occuper l’espace en temps réel, vous déployez un arsenal domestique à la Tchekhov dès l’ouverture. Qu’est-ce que vous avez aimé dans l’artisanat ? Qu’est-ce qui vous a procuré le plus de plaisir à tourner ?
Sébastien : J’avais plus de jouets, clairement. Je me suis retrouvé comme quand tu étais petit et que tu allais chez un pote qui avait dix fois plus de jouets que toi, ou des jeux complètement différents. Et ta créativité était exacerbée, c’est exactement la même chose version adulte. Je suis allé chez un pote qui a plus de jouets que moi.
Florent : La PS2. (rires)
Sébastien : D’un coup, j’ai envie de tout manger et de tout découvrir. Du coup, je prends ses Action Man et je fais des trucs de ouf, parce que lui avait celui avec le parachute.
Florent : Il a la voiture, il a l’avion.
Sébastien : Alors que moi, j’avais le petit Mighty Max, quoi. (rires) Du coup, dans la pré-production, je me retrouve avec zéro limite à ma créativité — au début, bien évidemment. Après, on entre dans des contraintes de budget. Il y avait quelques plans qui étaient déjà dans le scénario, puis j’en parle avec Florent : « Non, mais là, je veux faire comme ci, comme ça. » J’essaie d’orienter l’écriture. Par exemple, le plan-séquence, c’était écrit : « Ça ne coupe pas, on suit Alice. » Mais sinon, pour d’autres trucs, je me retrouve avec une Technocrane. Je sais quel type d’optique je veux. Et quelle meilleure saga qu’Evil Dead pour s’amuser avec une caméra. Sam Raimi a tout tracé pour nous : il avait 25 ans, il avait une motocross, il mettait une caméra au bout. J’avais aussi des idées comme ça quand je faisais mes courts-métrages. Le scénario est une excuse pour faire de la mise en scène. Je n’ai compris l’importance du scénario qu’ensuite, mais c’est vrai que mes premiers amours, ce sont l’image et le son avant tout, donc là, c’était le paradis.
Sur le plateau, comment avez-vous abordé le rapport entre artisanat et effets numériques ?
Sébastien : De toute manière, je dis un peu toujours la même chose. Quand on est sur un court-métrage à 250 euros avec une caméra DV, c’est la même chose que quand on est sur un plateau à 250 millions de dollars. Au final, on est derrière la caméra avec un acteur. Du coup, la façon de le cadrer, pourquoi faire un petit zoom in, c’est exactement la même chose. La réflexion derrière, c’est de se demander ce qui est le mieux pour raconter ce que je veux. C’est toujours de l’artisanat. On a les mains dans la boue. J’imagine que c’est pareil pour les gars qui font un Marvel à je ne sais pas combien. On a aussi des photos de Christopher Nolan où il est allongé par terre avec sa caméra IMAX. Ce sont des budgets stratosphériques, et on est toujours en train de se salir : « Attends, je vais t’enlever ça. Je t’arrache de l’herbe parce qu’elle est dans le champ. » À la fin, c’est toujours ça. Je me souviens que je le faisais quand j’avais 5 euros et une petite caméra de merde. C’est ça, le cinéma : plusieurs métiers artisanaux qui sont rassemblés pour faire quelque chose d’artistique.
On a aussi lu dernièrement que, pour ne pas dépasser le Rated R, il aurait fallu modifier des scènes ?
Sébastien : C’est marrant, je me suis fait engueuler par la production, par mail, à ce sujet, parce qu’il y a une interview qui est sortie qui dit : « Ouais, au cinéma, ce n’est pas ma version, mais ce serait la version DVD director’s cut. » Mais jamais je serais assez bête pour dire ça, que la vraie version, c’est le DVD. Je n’ai jamais dit ça. Mais après, c’est le jeu : je dois réduire, couper, mais la scène est là.
Florent : La scène a été réduite, pas coupée. C’était pareil sur Obsession : la scène avec la brique a été assombrie par la même contrainte. Ce n’est pas de la censure, et ça n’a pas abîmé le film.
Sébastien : Si je ne te disais pas quelle scène c’est, tu verrais qu’elle est restée violente quand même.
On n’a même pas plus besoin d’en savoir plus, en réalité, car beaucoup de scènes de violence se valent. Et parmi les plus méchantes esthétiquement, on les retrouve surtout au début et ensuite à la fin. Il n’y a pas vraiment de crescendo dans le rythme, d’ailleurs : vous nous poussez directement dans la mare.
Florent : Ouais c’est ça. (rires)
Sébastien : On essaie de te faire un rollercoaster, en te faisant commencer par l’accélération.
Florent : Puis la boucle.
Sébastien : Mais on apprend aussi de nos erreurs. On est en apprentissage constant sur ce film, de tout. On a les yeux grands ouverts, à regarder ce qui se fait partout, pour être les meilleurs possible.
Et qu’est-ce qu’Evil Dead Burn vous a appris que Vermines ne vous avait pas encore enseigné ?
Sébastien : C’était quand même très intéressant de bosser avec des Américains, et de voir qu’on ne tombait jamais trop loin de leurs attentes. En fait, ce que j’aime bien en bossant avec Florent, c’est que, quand on remet la main sur le premier document, qui est un séquencier, notre version finale n’est jamais hyper loin de ce document. On a quand même une idée de base avec trois actes et des chapitrages qui collent. Après, il faut voir comment c’est perçu en salle. J’ai très hâte d’avoir le retour du grand public. Pour l’instant, je suis trop content des retours presse. Il faut voir s’il y a une recette qui est en train de naître pour nous, et savoir, comme un chef dans un restaurant, quoi retirer ou ajouter d’un film à l’autre.
On sent justement que vous vous êtes beaucoup amusés. Qu’est-ce que vous gardez de cette expérience, pour la suite ?
Sébastien : C’était que ça, on veut continuer à s’amuser. Tous les projets qu’on développe, on les fait surtout parce qu’on kiffe les faire.
Florent : Et kiffer les voir. C’est un vrai truc de spectateur aussi. On veut voir ça au cinéma, donc on essaie de le retranscrire au mieux dans la fabrication.
Sébastien : Carrément. Dans l’écriture, dans un premier temps, puis dans la mise en scène, l’idée c’est de vouloir faire vivre quelque chose de fort et de physique au spectateur.
Florent : On pense vraiment à l’expérience de la salle, aussi. Genre, avec du pop-corn, du coca, et du « je vais m’en prendre plein de trucs dans la gueule pendant 1h45 ». Tout ce que tu as dit sur l’écriture, le social, les personnages… mais ça fait aussi partie de l’expérience globale pour nous, en fait. L’un n’empêche pas du tout l’autre.
Et c’est vraiment le cas, pour vous deux, que ce soit pour Vermines ou pour Nous, les Leroy, il y a un plaisir communicatif avec vos films.
Sébastien : On fait des films pour le public qu’on est, et je pense qu’on est un public plutôt lambda : on aime un peu tout. Et on veut kiffer en salle, et on veut faire des films pour ces gens-là.
Merci à Émilie Pitré d’avoir rendu cet entretien possible.
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