Accueil Blog Page 813

The Borgias vs Borgia ? Rivalité franco-américaine à la sauce romaine…

The Borgias vs Borgia ? Rivalité franco-américaine ou deux mêmes visions d’une réalité historique?

Synopsis : La série narre l’histoire de la famille Borgia, une dynastie italienne d’origine espagnole, durant l’une des époques les plus fastes, la Renaissance, et relate comment le cardinal espagnol Rodrigo Borgia devient le pape Alexandre VI en 1492. Le scénario se concentre sur les intrigues, complots et guerres menées par ou contre les Borgia, cherchant à survivre dans une Italie où leur famille se confronte aux autres familles richissimes de Rome.

Borgia est une série franco-allemande créée par Tom Fontana pour les chaînes Canal+ et ZDF, diffusée depuis le 10 octobre 2011. Actuellement la saison 2 est diffusée sur Canal + depuis le 18 Mars 2013.

Ainsi deux chaînes de télévision l’une, américaine « Showtime », cherchant à remplacer sa série culte « Tudors », l’autre est une chaine française Canal + diffusent à quelques jours près la 2ème saison pour l’un Borgia et pour l’autre The Borgias, réalisée par Neil Jordandeux. Une 3eme saison est prévue pour le 14 avril 2013. La chaine vient d’ailleurs de dévoiler une bande-annonce intitulée « A New Pope », nous rappelant à une actualité récente puisque le Vatican vient d’élire un nouveau Pape.

Deux séries consacrées au même sujet ce qui bien entendu ne peut qu’engendrer un désir de comparaison : pouvons nous vraiment qu’il existe un Borgia vs The Borgias ?

Visuellement, The Borgias nous en offre plein la vue, c’est somptueux, les costumes sont magnifiques : on se croirait dans un tableau de la Renaissance. Borgia la série française semble plus solennelle. La bande son est à souligner, ainsi que l’ajout de samples électroacoustiques dans la bande originale dans la saison 1.Dans la série américaine, on nous offre une vision d’un pape presque infantile, capricieux, on a du mal à voir du machiavélisme dans le personnage interprété par Jeremy Irons, alors que le pape Français joué parJohn Doman porte en lui une ambition dévorante ; il se montre sans aucun scrupule ni culpabilité. Alors que Borgia nous montre la rivalité des grandes familles Romaines, The Borgias lui est plus tourné vers l’action, vers l’aventure, les grandes chevauchées et les scènes de batailles. L’esthétisme de la série américaine est évident, décors, costumes, musique sont juste incroyables : c’est la Renaissance dans toute sa grandeur.

Les deux séries réunissent des qualités. Dans la série diffusée sur Canal +, on peut trouver une plus grande authenticité, une justesse historique alors que dans la version américaine, on trouve beauté et dynamisme. Pour se faire un avis je dirais que le mieux est de regarder les deux séries…, car il est difficile de trancher dans un sens ou dans l’autre.

Les Croods : Musique du film

Les Croods : Émerveillement et mélodie

Une famille, les Croods à l’ère préhistorique, part en voyage vers un monde fait de merveilles, d’inconnu et de fantastique, sur une musique composée par Alan Silvestri, qui a déjà travaillé entre autres sur Forrest Gump, The Avengers…L’album comprend une chanson originale par Owl City, le nom de scène d’Adam Young, comme vous pouvez le voir ci-dessous :Musique originale composée par Alan Silvestri

Toute la musique du film

1.Shine Your Way – Yuna, Owl City
2. Prologue
3. Smash and Grab – Le cheval de Troie fanfare de USC, Alan Silvestri
4. Ours Owl échapper
5. EEP et le Warthog
6. Enseigner feu à Tiger Fille
7. Explorer de nouveaux dangers
8. Piranhakeets
9. Fire and Corn
10. Turquie Follies de poisson
11. Going Way Guys
12. Heure du conte
13. Maze familiale
14. Étoile Canopy
15. Grug Flips Son couvercle
16. Planète Réduire
17. Nous allons mourir si nous restons ici 18 ans. Peinture rupestre
19. Big Idea
20. Epilogue
21. Peinture rupestre Thème
22. Les Croods du thème de la famille
23. Cantina Croods

© Motion Picture Title, Artwork & Photos © 2013 DreamWorks Animation L.L.C

 

Les Croods : et si nous partions tous pour « demain » ?

3

Pendant longtemps, Dreamworks est resté dans l’ombre de Pixar. Mais depuis quelques années le public a réellement changé son regard que sur ce studio, depuis Dragons (2010) exactement, film plébiscité autant par la critique que par le public, puis Les Cinq légendes (2012) et aujourd’hui avec Les Croods. Il faut dire que John Cleese (Monty Python) a participé à l’écriture de l’histoire, et que l’on retrouve aux commandes Chris Sanders, accompagné de Kirk DeMicco. Une nouvelle fois, cette équipe démontre l’étendue de son talent pour réaliser un très bon film d’animation.

Dernier né des studios Dreamworks après Fourmiz (1998), Kung-Fu Panda (2008) ou encore Madagascar (2005, 2008, 2012)), le vingt-sixième film de l’écurie nous ramène ainsi à l’âge de pierre pour une aventure colorée, envolée, burlesque mais également touchante et profonde. Le moteur graphique est saisissant, la mise en scène est ambitieuse, la réalisation de toute beauté. Nous suivons avec joie les pérégrinations des Croods, une sorte de road movie servi par une 3D en relief réussie, à travers un monde préhistorique luxuriant aux décors majestueux, aux paysages très colorés (qui rappellent Avatar), peuplés de créatures extraordinaires et surtout inédites telles qu’un tigre à dents de sabre vert, un ours-hibou, des oiseaux-piranhas, des souris-éléphant ou encore des crocodiles-chiens. Le spectateur est amené à s’attacher à cette savoureuse galerie de personnages déjantés, que ce soit le père hyper-protecteur, la fille aventureuse, le fils un peu simplet, le bébé féroce ou la grand-mère rigolote qui refuse de mourir. On a envie de faire partie de cette famille des cavernes. Dès le début du film, la scène de chasse menée tonnerre battant par les Croods comme un match de rugby explosif, est hilarante. Plusieurs anachronismes malins sont très amusants également, tels la chaussure, le parapluie ou encore les lunettes de soleil et se mélangent astucieusement avec quelques allusions historiques, telles la découverte du feu, la création de Lascaux, voire de la photographie ou du cinéma. Le générique de fin, quant à lui, propose une chanson rock du groupe Owl City, parfaitement en résonance avec l’ambiance pop des Croods.

Mais ce film est bien plus qu’une animation pour enfants[iii]. Les réalisateurs démontrent également leur volonté de transformer cette odyssée préhistorique en fable philosophique, en rite initiatique : les personnages migrant face à une nature qui se modifie et devient dangereuse rappelle L’Âge de glace 2 et bien entendu L’Âge de glace 4, dans lequel les personnages sont également confrontés à la séparation des continents et doivent trouver un endroit plus sûr. Les Croods sont au final la première famille moderne : la Terre n’attend pas pour évoluer ; Les Croods prennent rapidement conscience que s’ils n’évoluent pas, ils appartiendront à l’Histoire. Grug pense au départ que tout ce qui est nouveau est un danger pour sa famille. La rencontre de l’autre, de Guy, le contraint d’évoluer et de changer les habitudes de toute sa famille. Le jeune guide va non seulement leur apprendre de nouvelles choses utiles comme le feu, les chaussures, les pièges ou encore manger la poule et non l’œuf, mais également à vivre au lieu de survivre, nouant ainsi une relation amoureuse avec la fille Croods, Eep, éprise de liberté… Au contact de l’autre, les Croods apprennent à ne plus avoir peur, à sortir de la grotte pour aller vers la lumière, et à apprivoiser la nature qui les entoure aussi dangereuse soit-elle. Les Croods, c’est nous à l’aube de notre vie : l’homme doit évoluer sans cesse, s’habituer à la nouveauté, à la différence, se confronter à la peur de l’inconnu ou de la mort, prendre confiance. Les Croods découvrent ainsi le sens de la vie, ses dangers, ses joies et ses peines, non sans transmettre une émotion sincère au spectateur. L’adulte à travers cette interrogation existentielle se retrouvera, lui aussi.

Avec Les Croods, Dreamworks propose un bijou d’animation, un divertissement remarquable qui ravira tant les enfants que les parents. Pour toute les familles du Pierrafeu 2013 !

https://vimeo.com/225227498

Synopsis : la famille Croods, dernière représentante de son espèce, menée par Grug, père ultra-protecteur, tente de survivre dans le monde hostile qui l’entoure. Vivant la majeure partie du temps enfermée dans une sombre caverne, la petite famille ne sort que pour se nourrir. Face à ce quotidien morose, Eep, la fille aînée s’ennuie ferme. L’arrivée de la fin du monde et du très évolué Guy et son hilarant paresseux Brassé, va changer la donne. Suite à la destruction de la précieuse caverne, le sympathique clan d’Homo sapiens est contraint pour survivre de  passer de l’ère paléolithique à l’ère néolithique à travers de nombreuses péripéties et la découverte d’un nouveau monde merveilleux. (A partir de 6 ans)
coup2coeurNote CSM : 4/5

[i] Chris Sanders, animateur, acteur, scénariste et réalisateur américain, né le 12 mars 1962 au Colorado, travaille tout d’abord pour le compte de Walt Disney Pictures entre 1984 et 2007, puis chez Dreamworks : on lui doit notamment Lilo et Stitch (2002), ou encore Dragons (2010).

Kirk DeMicco, producteur, scénariste et réalisateur américain, qui travaille pour Dreamworks. On lui doit Les chimpanzés de l’espace (2008).

[iii]  Il ne faut d’ailleurs pas s’arrêter ni sur la bande-annonce, ni sur l’affiche, qui ne rendent pas la véritable dimension de ce film.

Oblivion ou l’échec d’une SF renouvelée

0

Joseph Kosinski, n’ayant pas connu le succès escompté avec Tron : L’Héritage (2010), adapte ici son propre roman graphique Oblivion, un projet nettement plus personnel, un récit de science-fiction écrit de sa main.

Synopsis: En 2077, Jack Harper en station sur la Terre devenue hautement radioactive suite à une guerre avec une race extra-terrestre, est en charge de la réparation de drones et de la surveillance des plateformes d’extraction des dernières ressources disponibles. Sa mission touche à sa fin. Bientôt il rejoindra la colonie de survivants sur Titan, via une station orbitale, le « Tet », gigantesque tétraèdre flottant dans l’espace. Mais un jour, il est témoin du crash d’un vaisseau spatial et sauve l’un des membres de l’équipage, Julia, ce qui le bouleverse et le confronte à certains éléments de son passé pourtant effacés de sa mémoire.

Le point fort d’Oblivion est sans nul doute, son esthétisme, la création d’un univers de sensations. Graphiquement, le film est une merveille, due en grande partie aux décors épurés (notamment à celui de la station perchée et dotée d’une piscine céleste) ou aux paysages splendides d’Islande qui après le mauvais Prometheus (2012) de Ridley Scott, demeure malgré tout un paradis pour les films de SF. Les paysages désertiques et post-apocalyptiques sont très réussis, les effets spéciaux subtils, difficiles à distinguer des prises de vues réelles. La beauté plastique réside également en une mise en scène élégante et aérienne; le design de la technologie, à la fois sobre et travaillé, évoque l’univers d’Apple ou du jeu Portal. La photographie est somptueuse et certainement renforcée par l’absence de 3D, qui s’avère un choix courageux et efficace du réalisateur. Kosinski en grand maître plasticien, a ainsi su créer un univers, une ambiance, un visuel fort et d’une grande beauté qui rappelle une science-fiction à l’ancienne avec un habillage sonore remarquable et une bande-son épique du groupe M83. Pour une fois, l’action n’est pas le maître-mot du film ; La technique sert uniquement le récit et non le contraire ; la mise en scène joue davantage avec les errances géographiques, amoureuses et psychiques du héros. Les amateurs de SF noteront également, sans être exhaustif, les clins d’œil du film à Total Recall (1990), La Guerre des Mondes (2005), ou encore au vaisseau mère d’Independance Day (1996). Le spectateur appréciera aussi les drones rigolos de Portal ou leur efficacité de combat, les terres désolées de Fallout, la petite plante de Wall-E (2008), la course-poursuite dans le canyon rappelant celle de l’Étoile de la Mort dans Star Wars et certaines idées sympathiques, comme le mystère entourant l’identité des chacals.

Toutefois, Oblivion pêche par son casting. Certes, le jeu d’acteur de Tom Cruise, malgré ses 50 ans, est indiscutable et apporte une grande profondeur au personnage. C’est d’ailleurs lui qui porte le film sur ses épaules. Omniprésent, il occulte complètement le rôle des acteurs secondaires dans le film, qui malgré leurs efforts restent totalement effacés : Andrea Riseborough, apporte une tendresse cruelle à son personnage blafard mais sur-joue parfois, et reste discrète par rapport à son compagnon de cabine. Olga Kurylenko, ne transmet aucune émotion, et plombe la dimension sentimentale du film, qui passe totalement aux oubliettes. Quant à Morgan Freeman, acteur dont le talent n’est plus à démontrer, la quinzaine de minutes qui lui est accordée dans le film ne permet pas d’octroyer une véritable ampleur à son personnage.

En outre, le scénario reste en grande partie prévisible. On peut regretter l’absence de forts enjeux dramatiques et le manque de rythme de l’intrigue. Le film reprend quelques motifs connus pour tout connaisseur de SF : l’homme face à la machine, le clonage déjà abordé par Le Meilleur des Mondes (1998) ou Matrix (1999), l’idée récurrente de l’implantation des souvenirs et l’effacement de la mémoire de Blade Runner (1982) ou Total Recall, l’intelligence artificielle néfaste qui se fait passer pour ce qu’elle n’est pas (HAL dans 2001 l’Odyssée de l’Espace)…. Mais le réalisateur se perd dans un scénario retors sans réellement apporter un renouveau, une véritable piste de réflexion pour le spectateur. Plus regrettable encore est qu’Oblivion s’inspire grandement du film Moon (2010) de Duncan Jones avec Sam Rockwell, mais n’en est qu’une pâle copie plus politiquement correcte et se conclue par un dénouement ridicule : le retour improbable d’un clone aux émotions renouvelées à la terre paradisiaque.

Fort d’un budget de 120 millions de dollars, le film malgré un renouveau esthétique certain, se noie dans un scénario complexe, un casting en demi-teinte, une absence de construction. Ceci est regrettable car Oblivion aurait pu tenir ses promesses…

 

 

Effets secondaires, un thriller de Steven Soderbergh

3

Thriller médical au scénario intelligent, Effets secondaires de Steven Soderberghpart d’un bon sujet, très actuel : le traitement de la dépression et les effets secondaires des médicaments.

Il évoque aussi le conflit inhérent des labos pharmaceutiques entre la volonté mercantile de faire fructifier leurs molécules coûte que coûte, et celle de soigner. La première partie est une merveille de suspense, à la tension psychologique permanente : fascinante et inquiétante à la fois, elle plonge le spectateur dans un monde où tout est magouille et pots de vin. Elle a aussi l’ambition de poser une question essentielle : jusqu’où la responsabilité du psychiatre est-elle impliquée lors de la prescription d’un anxiolytique?

Du « brouillard empoisonné » au jeu de masques hitchcockien ! Jon Banks est un psychiatre ambitieux. une jeune femme, Emilie, le consulte pour dépression. Il lui prescrit un anxiolytique dernier cri. Ses réactions deviennent brusques, inquiétantes, jusqu’au meurtre sanglant de son mari. La réputation du docteur Banks est alors compromise. Va-t-il échapper à la culpabilité ?…Soderbergh signe un thriller psychologique évocateur de l’âge d’or du film noir, qui ne devrait pas décevoir les fans d’Hitchcock, car il impose un retour aux fondamentaux du cinéma : un scénario en béton, un casting somptueux, une réalisation sobre, et une mise en scène froide totalement acquise à la narration, évoquant souvent le grand De Palma. Soderbergh rappelle tout d’abord que la désorientation, ce « brouillard empoisonné », est avant tout un art, avant de faire volte-face et d’imposer en seconde partie un jeu de marionnettes hitchcockien. La bande annonce a elle a toujours aimé les femmesd’ailleurs le mérite de ne pas déflorer l’intrigue.

Ainsi, le suspense pharmaco policier nous tient en haleine jusqu’à son dénouement vengeur grâce à la fantastique brochette d’acteurs fidèles, castés et dirigés avec brio : le charismatique Jude Law, à travers un personnage opaque et agité, toujours porté par un instinct de survie, démontre que l’acteur se bonifie, se complexifie clairement avec les années ; Rooney Mara époustouflante de bout en bout, impressionnante de vérité, impose à travers un physique gracile et un regard intriguant, une palette de jeu remarquable et de plus en plus complexe. C’est elle l’épicentre ambivalent de l’histoire et elle ne dévisse pas. Catherine Zeta-Jones est également crédible en psychiatre perverse et hautaine…

elle a toujours aimé les femmes effect secondaireLe seul reproche que l’on peut faire au réalisateur est peut-être une ambition démesurée, celle de faire deux films en un. Le cinéma de Soderbergh est pluriel, sa carrière et ses réussites sont elles aussi fluctuantes. Le film n’a d’ailleurs pas eu un grand succès aux États-Unis en partie à cause de son réalisme. Ainsi, la première grosse demi-heure résolument intellectuelle semble limpide, ancrée dans le thème de la dépression et du drame lié à l’industrie pharmaceutique. Elle apparaîtra trop lente pour certains. Mais comment décrire un tel phénomène de société d’un point de vue sensationnaliste ?

Puis Sodebergh nous surprend à mi-chemin en transformant son récit en un thriller psychologique. D’autres, reprocheront une embrouille alambiquée, un jeu inutile du chat et de la souris, avec fausse victime, faux médicaments, personnages manipulateurs ou scène pseudo-saphique… Certes, la fin est un peu trop rapide. Il n’en demeure pas moins que Effets secondaires se révèle une étude glaciale de la nature humaine, un thriller psychologique bien construit, remarquablement maîtrisé, et magnifié par une mise en scène élégante : un pur moment de cinéma. Espérons que Soderbergh n’ait pas réellement décidé de mettre fin à sa carrière. Car lui aussi, se bonifie avec le temps.

Le premier plan est d’ailleurs une caméra qui s’avance vers la fenêtre d’un immeuble d’une grande ville, comme dans Psychose.

Rooney Mara, révélée dans The Social Network, s’est également distinguée pour son rôle de Lisbeth Salander dans le Millénium de David Fincher. Après son interprétation remarquable dans Effets secondaires, il faut désormais suivre cette actrice de près.

Oblivion : Le choix de l’esthétisme

1

Oblivion, est un film aux décors spectaculaires, novateur cinématographiquement, un événement visuel tourné dans une superbe résolution 4k numérique à travers les États-Unis et l’Islande.

Le réalisateur de Tron a encore une fois montré sa capacité à imaginer une Terre spectaculaire où un homme se confronte à son passé. La force du film réside dans le visuel agrémenté d’un esthétisme hors du commun et d’une bande originale sublime qui donne des frissons comme ce fut le cas pour Tron. Kozinski sait créer de bons univers futuristes uniques en leur genre, les décors sont tellement convaincants que l’on croirait qu’ils sont réels. L’une des machines volante de Tom Cruise, a un côté très kitsch, et la phrase « la Terre est un souvenir pour laquelle il faut se battre », fait penser à Mass Effect 3.

Les thèmes abordés dans ce film sont aussi très intéressants et largement exploités dans les livres d’anticipation et de fantastique : le clonage, la domination des machines, la survie dans les souterrains et l’effacement de la mémoire faisant penser aux histoires de Philip K. Dick et aux films comme Terminator, Total Recall etc… Et pour ceux qui adorent les jeux vidéos, une scène dans laquelle on voit Jack se battre dans son engin contre les drones ressemble à s’y méprendre à un de ses combats que l’on voit dans les jeux vidéos space opéra utilisant le même type de stratégie pour descendre un ennemi trop puissant.

Le synopsis peut se résumer ainsi : En 2077, la Terre est désormais une ruine, post-nucléaire suite à une guerre contre des aliens nommés Scavs, le dernier bastion de l’humanité a été évacué sur une lune de Saturne, Titan, Jack Haper, dont la mémoire est effacée tous les 5 ans, est un technicien vivant sur une tour dans le ciel. Il doit rester sur Terre pour veiller à l’entretien de drones, programmés à sauvegarder de gigantesques stations, pompant l’eau de mer pour s’en servir comme une source d’énergie nécessaire aux derniers humains.

Il vit avec Victoria, un agent de liaison, qui reçoit ses ordres d’une station spatiale du Têt où son patron Sally contrôle les opérations, mettant fin à chaque conversation par la même question « Êtes-vous une équipe efficace? ». C’est une question étrange mais Victoria est heureuse d’y répondre tel un perroquet : « Oui, nous sommes une équipe efficace ».

Quant à Jack, son sommeil est troublé par la vision d’une femme toujours la même, dans un New-York de notre époque, il rêve de Julia, à qui il rend visite chaque soir dans la cabane qu’il s’est construite sur cette Terre dévastée. Deux semaines avant le départ pour Titans l’arrivée d’une étrangère, interprétée par Olga Kurylenko, que la plupart d’entre nous connaissent comme la James Bond girl de Quantum of Solace, va remettre en question son existence…et l’emmènera dans un voyage de rédemption et de découverte qui placeront le destin de l’humanité entre ses mains.

Si on peut reprocher au film une certaine longueur, et une fin trop vite expédiée, le film reste bon, une photographie esthétisante, et un crescendo vers des révélations surprenante comme sur qui sont les Scavs. Reste à poser la question d’une science fiction renouvelée

D’ailleurs, le rédacteur en chef de l’Ecran Fantastique Alain Schlockoff s’enflamme pour le film Oblivion il dira : « J’ai ADORÉ LE FILM ! C’est, pour moi, non seulement un grand film de SF, mais l’un des meilleurs du genre, qui m’évoque parfois 2001, conjuguant ici à merveille action, suspense et émotion, soutenu par une B.O. exceptionnelle (de M.8.3., auquel on doit déjà celle de l’épatant Chronicle). Tom Cruise est formidable (même s’il n’est pas le seul à l’être….). J’ai craqué par ailleurs sur Olga Kurylenko, que j’avais trouvé quelconque dans Quantum of Solace, sans doute parce que je n’aime pas le film, mais qui est sublime ici. Les visuels (décors, engins, etc) sont juste à couper le souffle !! (de même que les SFX). Un détail, important en ce qui me concerne : moi qui déteste revoir un film (quel qu’il soit), je suis partant pour le revoir tout de suite ! »

Au final, un vrai bon film de SF à l’ancienne, bénéficiant d’un savoir-faire dernier cri qu’aimeront les amoureux du fantastique…sans parler d’une bande musicale originale à tomber !

 

Oblivion : Toute la musique du film

Oblivion Bande originale du film
Anthony Gonzalez & Joseph Trapanese
Titres utilisés dans la bande originale du film Oblivion :

1. Jack’s Dream
2. Waking Up
3. Tech 49
4. StarWaves
5. Odyssey Rescue
6. Earth 2077
7. Losing Control
8. Canyon Battle
9. Radiation Zone
10. You Can’t Save Her
11. Raven Rock)
12. I’m Sending You Away
13. Ashes Of Our Fathers
14. Temples Of Our Gods
15. Fearful Odds
16. Undimmed By Time, Unbound By Death
17. Oblivion (feat. Susanne Sundfor)

Back Lot Records, sortira la bande originale d’Oblivion le 19 avril 2013, et en partage avec nous la chanson principale du film Oblivion sur Soundcloud :
« StarWaves » – Oblivion : Original Motion Picture Soundtrack – Oblivion Soundtrack ( M83) – 20. Radiation Zone

 

 

Secret d’Etat : Thriller sur les jeux de Pouvoirs entre Gouvernements et Multinationales

Secret State : Conspiration dans les arcanes du pouvoir

Secret State est une série britannique en 4 parties qui est passé sur Channel 4 en 2012, un thriller explosif explorant les liens troubles entre le gouvernement britannique, les entreprises internationales, les médias et les services de renseignements.

Cette série qui n’est pas encore arrivée en France, a été diffusée en plein milieu d’une affaire incroyable, aboutissant à une  enquête sur les pratiques de la presse britannique et l’affaire Saville. Même le nouveau film de James Bond Skyfall, fait allusion à l’ère Leveson.

Secret State est une adaptation libre du roman de Chris Mullin, A Very British Coup. Notons pour l’anecdote, sa furtive apparition dans la mini-série. Son roman, est lui-même inspiré par l’affaire de la Lettre de Zinoviev de 1924, une fausse lettre utilisée pour déstabiliser le gouvernement de l’époque.

L’histoire commence par un grave accident provoquant la mort de 19 personnes dont des enfants, déstabilisant le pouvoir politique en place. S’ensuit une mort plus qu’étrange du Premier ministre dans un mystérieux accident d’avion. Toute la toile de fond de la série tourne autour de la valeur d’un vote face à des pouvoirs pour qui le mot même de démocratie n’a plus aucun sens. C’est un thriller plutôt bien fait, palpitant. Le portrait de nos démocraties s’apparentant plus à des systèmes d’oligarchies, y est dressé sans aucune concession.

L’un des reproches que l’on pourrait faire à cette série en 4 parties est de survoler différents thèmes, en ayant voulu s’attaquer à trop de sujets à la fois, la série se heurte au problème du temps, et peut donner au téléspectateur le sentiment d’un manque de profondeur.Dans cette série, on aborde un débat d’actualité, face aux pouvoirs financiers brisant les emplois pour baisser les salaires, les conditions de travail, on peut se poser la question de la résistance du politique face à la toute puissance de l’économique.

Cette idée de la résistance des politiques, de complot militaire, est l’un des thèmes les plus récurrents dans les séries britanniques et américaines. Ce thriller suit un politicien propulsé à la tête de la Grande-Bretagne, qui se heurte rapidement aux enjeux financiers et énergétiques.

PetroFex, un consortium texan, responsable du site où s’est déroulé l’accident à travers la voix d’un de ses représentants dira clairement au remplacent du 1er ministre, mort dans un accident étrange, qu’il a fait une faveur au gouvernement en acceptant de s’implanter en Grande-Bretagne plutôt qu’en Pologne, où les autorités sont moins regardantes sur les questions de sécurité.Les profits méga-gargantuesques de ces entreprises, leurs capacités à acheter, éliminer tous ceux qui se trouvent sur leur passage, est traité au cours de cette série : suite à la disparition de l’avion ramenant le Premier ministre britannique des États-Unis, le Vice-Ministre Tom Dawkins, vétéran de la guerre de Bosnie est alors contraint de prendre les rênes du pouvoir. Il va s’intéresser de très peu à l’affaire PetroFex, dans sa quête de recherche de la vérité il sera mis en face d’un système de lobbying, d’argent et de puissance d’action dont il n’avait probablement aucune idée.

La série sait aussi jouer sur les décors symboliques des tons grisâtres annonçant des drames, et les menaces à venir. Enfin, le casting est impressionnant, solide, on y retrouve Charles Dance, Games of Throne, Bleck House, Rupert Graves, Garrow’s Law, Sherlock, Stephen Dillane John Adams, et Gina McKee The Lost Prince. Le rôle de Tom Dawkins revient à Gabriel Byrne que l’on peut voir sur la chaine History dans The Vikings.

Son interprétation est à saluer : il fait de cet homme politique placé soudainement devant des responsabilités écrasantes, un personnage complexe, tout en nuance et finesse.En conclusion, c’est une série bien qu’ayant voulu aborder trop de thèmes, n’en reste pas moins un excellent thriller, plus que jamais d’actualité. En effet quel est le poids d’un vote face à des puissances qui se sont libérées des lois de la démocratie, amenant en parallèle la question de la résistance aussi bien pour les politiques que pour les peuples….

 

Mariage à l’Anglaise : Une comédie si peu « British »

La comédie romantique anglaise est devenue un genre cinématographique à part entière, depuis Quatre mariages et un enterrement (1994), Coup de Foudre à Notting Hill (1999), Bridget Jones (2001), ou Love Actually (2003).

Avec Mariage à l’anglaise, Dan Mazer, scénariste attitré de longue date de Sacha Baron Cohen (Ali G, Borat, The Dictator), signe son premier long-métrage et nous propose une comédie romantique à l’envers, une romcom : l’histoire part du mariage idyllique, d’un coup de foudre réciproque entre Josh, un écrivain en manque d’inspiration plutôt déjanté, et Nat, une working girl ambitieuse et déterminée.

Leurs différences de caractère, ne résisteront pas à la force du temps, surtout quand l’ex-petite amie de Josh, Chloe, et le séduisant client de Nat, Guy, décident de jouer les trouble-fête…Dans ce contexte, le spectateur était en droit de s’attendre à un renouveau du genre, à une comédie décapante, aux situations cocasses, une petite sucrerie acidulée à l’humour « so brithish ». Malheureusement la sauce ne prend pas.

Certes, il s’agit là d’une romcom franche, plutôt drôle, aux séquences souvent régressives comme celle du diaporama des photos du mariage en famille qui tourne en fiasco en raison de photos intempestives classées X. Certes, le quatuor d’acteur est frais et sympathique : Rafe Spall, en écrivain loufoque et parfois balourd ; Simon Baker, pour nombreux fans du Mentalist, en homme d’affaires charismatique et séduisant ; Rose Byrne, la sérieuse avocate de la série Damages, ici dans un registre plus léger ; mention spéciale pour l’éclectique Anna Ferris, réellement touchante en ex toujours amoureuse, qui apporte une fraicheur absolument nécessaire au film.

On peut également souligner l’effort en personnages secondaires de Stephen Merchant, en témoin du mariage aux blagues graveleuses ou d’Olivia Colman, en conseillère matrimoniale déjantée, dont la scène explicative avec la poupée est très réussie… Les acteurs semblaient bien choisis pour nous faire partager cette confusion généralisée des sentiments. Mais il manque au film un sens de l’équilibre et de la respiration, cette touche de subtilité toute britannique, ce jeu plus spontané, plus naturel que l’on retrouve dans Quatre mariages et un enterrement notamment.

Cette comédie bourgeoise voire collet monté, dilue trop souvent sa fantaisie bien réelle dans la persistance des clichés aussi bien narratifs que sociologiques. Le résultat est occasionnellement drôle, paresseux et sans saveur, la langue est vive mais trop souvent vulgaire; la romance quasi-inexistante ; les acteurs sont bons mais délibérément mal dirigés ; le final sur le quai de gare absolument téléphoné… Bref, toute la tonalité du film nous rapproche bien plus de la comédie américaine, que de la comédie anglaise; Mariage à l’anglaise n’est donc pas un chef d’œuvre du genre : un divertissement tout au plus.

The Mentalist : 9 Millions de fans sur TF1

The Mentalist est une série diffusée depuis 2010 sur TF1 depuis et depuis 2008 sur CBS. Elle met en scène une équipe d’investigation enquêtant sur des crimes comme celui du cas John le Rouge, Red John, tueur en série qui a assassiné sa femme et sa fille quelques années plus tôt… Il signe ses crimes par une binette dessinée avec le sang de ses victimes sur les murs. Patrick Jane interprété par Simon Backer est The mentalist, un consultant disposant d’un sens hors du commun du sens de l’observation, comme Sherlock Holmes. Dans le générique, on peut lire qu’un mentaliste est une : « personne qui utilise l’acuité mentale, l’hypnose et la suggestion. Maître de la manipulation. »

« La pensée n’est pas seulement intérieure mais s’irradie au travers de l’espace en y déterminant des répercutions conformes à sa teneur »

Paul Clement JAGOT.

Le mentalisme une philosophie cartésienne

Le terme mentaliste a été utilisé la première fois l’existence dans son principe dès l’Antiquité, 400 ans avant JC, voir les ouvrages sur l’Hermétisme, ou le Kybalyon. On peut voir sur ce site que comment le terme évolue au fil des époques.

En 1902, V. Segno démocratise le terme de Mentalisme comme étant « l’exploitation des capacités métaphysiques latentes de l’homme » dans son livre incontournable La Loi du Mentalisme.

À partir de 1935, le terme « Mentaliste » est repris par certains illusionnistes qui recréent les expériences des Mentalistes en utilisant des trucages de magiciens afin d’arriver à un résultat apparemment similaire dans les grandes lignes.

Notons que les gouvernements font appel à ses observateurs afin de démasquer des criminels et les multinationales pour former des négociateurs de contrats. Il a été observé chez ceux qui manipulent l’illusion un charisme exceptionnel, une capacité à détecter le mensonge, comme dans la série Lie to me.

Observons que l’esprit cartésien peut amener au refus de considérer qu’ils existent des phénomènes que l’on n’a toujours pas compris. Dans la série, Patrick Jane nie les phénomènes dit paranormaux. Sa formation l’amène à refuser de voir qu’il existe un autre monde, et il se sent donc fragilisé dans ses convictions face à des personnes douées de capacités que l’on ne s’explique pas encore, comme la télépathie, la prémonition, où encore la clairvoyance. Somme toute, au fil des épisodes, il se rend compte qu’il y a des choses que son savoir et ses capacités d’observation ne peuvent pas expliquer. Un bon mentaliste est avant tout un bon observateur, une capacité que possède les magiciens, prestidigitateurs et autres illusionnistes.

Sachant qu’une certaine confusion existe aussi entre le mentalisme et la magie, un art noble comme on peut le voir dans d’excellents films comme L’illusionniste et Le Prestige. La série, The Mentalist propose à travers Patrick Jane une idée du travail des mentalistes. Bien qu’elle soit incomplète elle permet d’élargir son champ de connaissance.

Au final, cette série plutôt bien faite connait un succès mérité. Elle plait en France même si au USA. Les audiences sont en berne en raison d’un changement d’horaire probablement. Elle a le mérite d’être une série policière oscillant entre actions et réflexions. Elle peut être très drôle comme dans l’épisode 19 de la saison 5 « Red Letter Day », diffusée le 14 Avril sur CBS : on voit l’équipe de tournage dans une ville touristique du « Wild West », aux pays des Cow-boys, où le propriétaire du saloon est retrouvé mort; on va se la jouer en mode Saloon et revolver.

Quant à John le Rouge on sait désormais que Robert Kirkland « Bob », un personnage qui apparaît pour la première fois dans l’Aube Rouge The Red Curtain, s’avère être un complice du tueur en série et peut être même le criminel lui-même. La confrontation promet d’être épique entre les deux protagonistes. On peut écouter le thème musical accompagnant la 1ère rencontre entre Patrick Jane et le possible tueur en série. En tout cas, une saison 6 a été annoncée par la chaîne qui a fait son choix sur les séries à renouveler pour une prochaine saison.

Grimm Saison 2 : Souvenirs de mythes antiques

Grimm est une série télévisée américaine créée par David Greenwalt et Jim Kouf, diffusée depuis le 28 octobre 2011 sur NBC1 aux États-Unis où humains et êtres surnaturels cohabitent ensemble, cette idée est développée notamment, dans plusieurs séries fantastiques, comme Lost, True Blood, une adaptation des romans de Charlaine Harris.

« Quand ils n’arrivent plus à se contrôler, leur masque tombe, et nous voyons leur véritable apparence »

Les frères Grimm à l’origine de 34 contes populaires racontent les derniers souvenirs de mythes antiques. Derrière ses histoires, se cachent d’anciennes croyances, de vieux rituels. Si on lit les textes originaux, ses contes ont pour but d’éduquer sur la nature de certains êtres humains.

La série de la chaîne américaine NBC remet au goût du jour les contes originels, dans leurs versions la plus sombre, pour en faire une série policière fantastique. Nous n’allons pas y trouver de princesses, de magnifiques châteaux, mais de la cruauté, cette dimension sauvage qui existe à l’origine dans les contes de Grimm. La série renoue en réalité avec les histoires originelles du conteur, sans mièvrerie et sans la féérie des histoires de notre enfance.

Nick Burckhard, interprété par David Giuntoli, est policier à Portland, dans l’Oregon. Il apprend par sa tante qu’il est un descendant des Grimm, une famille capable de voir les êtres fantastiques sous leurs réelles apparences tels les loups-garous, des vampires, des rats et autres créatures se cachant parmi les habitants de la ville. Il est aidé dans cette quête par Eddy Monroe, interprété par Silas Weir Mitchell, un ancien loup-garou féroce qui grâce à un savant mélange de médicaments, un régime et des séances de sport contrôle sa nature sauvage.

Chaque épisode commence par une citation, qui rappellera aux téléspectateurs des souvenirs comme celui d’une femme aux cheveux couleur blé, rentrant sans y être invitée dans une belle demeure, y mange et s’endort, avant de devenir prisonnière des propriétaires. Cette scène évoque le conte de Boucle d’Or et les Trois Ours.

Le décor de la ville est saturnien, brumeux et les crimes sont nombreux. Un prédateur enlève des jeunes filles, c’est un loup-garou… Le conte de fée va au-delà d’une simple histoire : il s’agit de montrer des êtres qui se révèlent être des violeurs, des cannibales… Ces personnages existent dans le monde réel; ils se dissimulent sournoisement; il se peut même qu’ils soient votre voisin de palier sympathique, mais derrière cette apparence humaine se cache une nature de rapaces pour leurs semblables.

Dans cette série, on ne rentre pas dans un conte. Si la dimension historique existe, nous n’avons pas de conteur mais un policier mis sur le même plan que les autres personnages du conte, créant ainsi une atmosphère d’épouvante, d’angoisse car tous sont les objets de l’histoire même. Cet aspect de la série ramène le conte à un niveau de fort réalisme. Il n’y a plus de contrôle, plus de conteur, juste un monde avec ses crimes et ses horreurs…, comme on peut le constater dans n’importe quelle ville du monde.

Nick Burckhardt se réfère à une encyclopédie laissée par sa tante, un héritage familial. Dans cet étrange livre, il  apprend à connaitre ses différentes créatures et comment les mettre hors d’état de nuire.

La mise en scène, faite de clairs-obscurs, suscite mystères et peurs. L’éclat de la lumière et la soudaine opacité des paysages, cette nature dense et inquiétante avec sa foret, torrent, vallée, fleuve, multiplient le sentiment de menace diffuse.

Probablement la série ne plaira pas à ceux qui n’aiment pas le Fantastique, mais elle plaira certainement à ceux qui connaissent les origines des contes Grimm. En effet, les amoureux des contes de fées apprécieront cette interprétation de leurs histoires préférées.

Real Humans : Une serie futuriste fascinante

Arte mise sur les fictions venues du Nord, après, Borgen, MilleniumThe Killing, la chaîne franco-allemande nous a proposé les deux premiers épisodes hier soir. La saison 1 de Real Humans est diffusée sur Arte, tous les jeudis à 20h50 du 4 avril au 2 mai.

Real Humans de Lars Lundström : « un miroir pour nos propres existences »

Cette série suédoise que les internautes adeptes du streaming, connaissent peut-être déjà, a été créée par Lars Lundström en 2012, sous le titre original : Äkta människor -les véritables humains.

Dans un monde parallèle proche du notre, cohabitent Humains et Hubots, « une contraction des mots Humain et Robot », programmés pour effectuer diverses taches domestiques, comme robot infirmier, ouvrier malléable et corvéable à merci, mais aussi robot servant d’esclave sexuel. Ces robots esclaves sont une métaphore exposant parfaitement les démons touchant nos sociétés occidentales. Ces dernières années, les romans nordiques exploitent parfaitement les tensions apparaissant dans les pays du Nord, rejoignant les préoccupations de l’Occident en général. La description toute en subtilité dans la série d’une pornoisation de la société, d’un quasi-esclavagisme en raison de procédures kafkaïennes tuant littéralement les relations humaines, sans parler des questions sur le multiculturalisme, l’émergence de partis extrêmes pouvant aboutir à des tueries comme celle d’Oslo.

Plantons le décor de cette série qui va au-delà des classiques de science-fiction pure et dure. Des humains côtoient des créatures aux grands yeux clairs, aux mouvements quelque peu raide, s’apparentant aux artistes mimes. Cette cohabitation avec des êtres façonnés à notre image va entraîner soit du rejet, soit le désir de les traiter comme de véritables personnes. Ces Hubots sont disponibles selon plusieurs modèles, cette marchandisation entraîne la création d’un marché noir, basé sur l’effacement de la mémoire et la mise en vente d’Hubots utilisés comme objets sexuels, faisant penser au film Existenz de David Cronenberg.On peut ainsi les mettre à la casse, les reprogrammer, les utiliser comme bon nous semble et cette vision dramatique est comme un miroir de notre propre monde, où justement on utilise aussi la mise à la casse d’employés, des personnes dépassant un certain âge etc..

Dans ce monde, la majorité des humains sont persuadés que les Hubots ne peuvent être que des machines élaborées; d’autres sentiront que ces robots sont bien plus.

Les Hublots sont tous programmés selon 3 lois de la robotique, formulées par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov . Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni rester passif et permettre qu’un être humain soit exposé au danger. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première loi. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième loi. »

Ces lois ne sont pas immuables et peuvent être crackés, comme on le verra dans la série, mais ses restrictions montrent que le créateur des Hublots David Eischer voulait donner une conscience à ses enfants, une loi que l’on trouve dans le film A.I de Spielberg.

Dans cette série, le décor est une petite ville en Suède où un groupe de robots décident de revendiquer ses droits. Il est illégal pour un Hublot de ne pas avoir de propriétaire, ce qui peut faire penser à la condition des esclaves. Deux leaders, Léo et Niska ont des approches pour se libérer de cet esclavagisme différentes : dans un des cas, l’idée est d’obliger les Humains car elle pense que ces derniers n’accorderont jamais des droits égaux et qu’il faudra donc arracher par la violence cette émancipation. Léo, quant à lui, est un modèle mystérieux : il aime une autre Hubot, Mimi, enlevée par des trafiquants de robots, reprogrammant le code afin de les revendre. Il part à sa recherche laissant Niska diriger, qui se fera tuée, lançant la police dans une longue traque des Hublots rebelles.

Cette série plonge dans la tête des personnages, Lennart, un homme âge, qui possède un ancien modèle d’Hubot, auxiliaire de vie. Dysfonctionnant, sa fille lui offre un nouveau modèle, un peu trop mégère, trop directif à son goût. Il partira à la recherche d’Odi pour le réactiver en secret. Un ado découvre son attirance pour une autre Hubot et ressent de la culpabilité. Deux femmes célibataires en quêtes d’amour opteront pour des modèles ressemblant à des Ken. Tous ses personnages exposent les contradictions d’une société, dans un moment de radicale transformation.

Une famille bourgeoise, les Engman possède Anita, une jolie Hubot, femme de ménage, qui se trouve être en réalité Mimi. Au fil des épisodes, on verra naître des relations de plus en plus ambiguës, ne sont ils vraiment que des robots ?

Dans Real Humans, la frontière entre l’humain et la robotique s’estompe. Ils sont aussi humains que nous, ils ressentent, pensent, ont des désirs, des rêves comme nous et leurs conditions reflètent la nôtre même si on n’en est pas si conscient. Nous aussi, nous pouvons voir tous les jours les dégâts d’un monde où mettre à la casse est d’une actualité brûlante.Le Fantastique dans cette série sert par touche à montrer les sentiments contradictoires qui traversent notre monde actuel. Real Humans est une série saisissante, et en effet « un miroir pour  nos propres existences ».

Dans une interview pour Arte à l’occasion de la diffusion de Real Humans, Lars Lundström dira : « La série est une superbe opportunité pour aborder de manière métaphorique ce qui arrive actuellement dans nos sociétés : les bouleversements politiques, le mariage homosexuel, l’immigration illégale… Si vous amenez ces sujets de manière littérale dans une série, cela peut vite devenir ennuyeux, alors que de cette manière, avec le « twist » de la fiction, cela devient passionnant. C’est plus divertissant – mais pas moins profond de cette façon. » Et pour notre plus grand plaisir nous aurons droit à une seconde saison, en attendant regardons une série européenne palpitante, suggestive et qui nous présente divers dilemmes et problèmes..