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R, le film sur l’univers carcéral qui saisit à la gorge : Critique

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« R », un Pusher en huis-clos, ravageur. violent, âpre, un film sans concession sur l’univers carcéral, à la mise en scène ultra immersive, porté par un trio d’acteurs magnétiques.

L’univers carcéral inspire les scénaristes aussi bien ceux du grand que du petit écran. Donner vie à ce microcosme qu’est une prison a été l’une des plus grandes réussites de la série légende Oz. Au cinéma on peut citer des films cultes films comme L’évadé d’Alcatraz, The Shawshank redemption, et du film de Jacques Audiard, Un prophète, révélant le comédien Tahar Rahim. Tourné en 2010, la même année que le film Un prophète, R vient s’inscrire dans la lignée des précédents de ses réalisateurs, Northwest pour Michael Noer et Hijacking pour Tobias Lindholm (scénariste de La chasse et Borgen), on y retrouve ce même niveau de réalisme immersive, brut, dur dont on ne ressort pas indemne.

R ou la machine à construire des morts-vivants

Le voisinage avec le film Un prophète est certain, le sujet traité est le même, celui d’un jeune délinquant tentant de survivre dans l’aquarium carcéral, toutefois, autant le film d’Audiard est parfois onirique, voir sombrement lyrique visant l’impressionnisme romanesque, autant celui du duo danois est d’un réalisme absolument glacial.R-Pilou-Asbaek-rune

R, un récit à mi-chemin entre documentaire façon Dardenne et fiction, une sensation d’authenticité renforcée par le lieu du tournage, une vraie prison et des acteurs, qui pour la plupart, sont d’ex-détenus.

R est un classique, tout y est, la drogue, les passages à tabac, les conflits entre les groupes et le rituel de vengeance connu sous le nom « café chaud » consistant à ébouillanter une balance avec de l’huile d’olive et du sucre. Un classique d’une extrême efficacité, l’esthétique avec ses jeux de couleurs dans les tons neutres, totalement « désaturée » porte sur le psychisme, créant un sentiment d’isolement, de crainte et d’oppression. La survie mais aussi la souffrance intense du personnage Rune joué par l’acteur Pilou Asbaek, passe à la fois par ce regard terrifié, ses yeux vigilants, ce visage figé, sans impression, impassible…R est un film viscéral, d’une brutalité nue, une approche de la vie en prison sans fioriture servit par une mise en scène sèche, nerveuse et une performance brillante de Pilou Asbæk.

Un film d’une rare authenticité ou R comme Rune et R comme Raschid (Dulfi Al-Jabouri), les deux jeunes détenus ne sont rien d’autre que de la viande pour le hachoir qu’est l’institution carcérale. La force des deux réalisateurs est d’avoir su créer une atmosphère et déplacer l’histoire dans ce huit clos autour des personnages servit par des dialogues sobres toute en capturant l’ambiance oppressante ou les sentiments de répulsion et même de terreur sont permanents.

Les deux jeunes détenus partagent cette lettre, R, mais aussi la descente aux enfers, l’avilissement, la destruction morale et physique ou la seule voie de survie est de céder à la violence, aux meurtres, pour s’adapter dans le monde hiérarchique de la prison. Il n’y rien de décent dans cet univers broyeur ou le final fait écho aux paroles prononcées plutôt par le parton de R, « Il n’y a pas de nous. » Un film profondément pessimiste, âpre et saisissant jusqu’au twist final fulgurant et sa dernière image très marquante. Un film d’une rare authenticité ou R comme Rune et R comme Raschid (Dulfi Al-Jabouri), les deux jeunes détenus ne sont rien d’autre que de la viande pour le hachoir qu’est l’institution carcérale. La force des deux réalisateurs est d’avoir su créer une atmosphère et déplacer l’histoire dans ce huit clos autour des personnages servit par des dialogues sobres toute en capturant l’ambiance oppressante ou les sentiments de répulsion et même de terreur sont permanents.

Les deux jeunes détenus partagent cette lettre, R, mais aussi la descente aux enfers, l’avilissement, la destruction morale et physique ou la seule voie de survie est de céder à la violence, aux meurtres, pour s’adapter dans le monde hiérarchique de la prison. Il n’y rien de décent dans cet univers broyeur ou le final fait écho aux paroles prononcées plutôt par le parton de R, « Il n’y a pas de nous. » Un film profondément pessimiste, âpre et saisissant jusqu’au twist final fulgurant et sa dernière image très marquante.

Synopsis : Rune est un jeune criminel qui vient d’arriver en prison. Il découvre ce nouveau monde régi par les codes et les missions à exécuter. Réduit à néant, il n’est désormais qu’un numéro, que la lettre R. Dans sa quête de survie, il rencontre Rachid, un jeune musulman, avec lequel il met en place un trafic qui lui permet d’être désormais respecté. Mais leur réussite suscite la convoitise d’autres détenus, qui ne tarderont pas à leur faire savoir. Le titre « R » se réfère bien entendu à la première initiale de Rune et Rashid. L’histoire tourne autour des deux R, expulsés du monde des vivants vers un autre monde, un enfer sans fin ou la seule chance de survie consiste à devenir une âme vide.

R – Bande-annonce

Fiche Technique R, un film de Tobias Lindholm et Michael Noer

Réalisateur(s) : Tobias Lindholm, Michael Noer
Scénariste(s) : Tobias Lindholm, Michael Noer
Acteurs : Pilou Asbaek (Rune), Dulfi Al-Jabouri (Rashid), Roland Moller (Mason), Jacob Gredsted (Carsten), Kim Winther (Prison Guard), Omar Shargawi (Bazhir) and Sune Norgaard (Sune)
Directeur de la photographie : Magnus Nordenhof Jonck
Pays : Danemark
Genre : Drame
Durée : 1h 39
Budget : 4 755 000 DKK

Date de sortie : 15 janvier 2014

Musique : Les Brasiers de la colère – la BO – Out of the Furnace

Musique : Les Brasiers de la colère – Out of the Furnace

Le compositeur britannique Dickon Hinchliffe est à l’origine de la musique du film Out of Furnace, (avec Christian Bale et Woody Harrelson), il associe banjo, la guitare et le piano avec un orchestre à cordes, créant un paysage émotionnel intime pour les habitants de la ville de Braddock.

Hinchliffe est un compositeur de formation classique qui a notamment composé les musiques pour des films indépendants fascinants, y compris le célèbre film Winter’s Bone de Debra Granik.

Le chanteur Eddie Vedder (du groupe Pearl Jam) réinterprète Release, une chanson tirée du premier album de son groupe. Elle est également utilisée dans la bande-annonce du film, pour l’’ouverture et la clôture du film les Brasiers de la colère.

Musique composée par Dickon Hinchliffe

Playlist Out of Furnace

1-Barley Hanging On

2- Let’s Go Get Us a Buck

3- Love You Bud

4- Prison Release

5- Liquid Dinner

6- Fixing Fights

7- Blankets

8- Rodney Prepares for Fight

9- Rodney & The Jackson Whites

10- Our Slate Ain’t Clean

11- Are You Ready for This?

12- Acceptance

13- Mainline

14- The Money’s Yours

15- Salmon Burger

16- Hear Them Birds?

17- Out of the Furnace

Les Brasiers de la Colère (Out of the Furnace) de Scott Cooper : Critique

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Les Brasiers de la Colère  : Un voyage au bout de l’enfer sans retour

Le tournage des Brasiers de la colère se fait dans la ville de Braddock, cette cité appartient véritablement à La Rust Belt («ceinture de la rouille») appelé Manufacturing Belt («ceinture des usines») jusque dans les années 1970, période glorieuse de l’industrie métallurgique. 

Les Brasiers de la colère fait ainsi référence aux fournaises de l’usine de métallurgie, Out Of The Furnace, pouvant se traduire littéralement par « Hors de la fournaise », une référence aux fournaises de l’aciérie de la ville dans laquelle travaille le personnage incarné par Christian Bale. Une métaphore empreinte de symbolisme sur la lutte d’une humanité désœuvrée qui tente de s’extraire de son enfer quotidien, rêvant d’un meilleur futur.

Après son premier long-métrage, Crazy Heart (qui valut un Oscar à Jeff Bridges pour son interprétation d’une ex-gloire de la country music en pleine errance alcoolisée), Scott Cooper continue d’explorer cette Amérique profonde, celles des laissés-pour-compte avec Les brasiers de la colère, il signe un thriller dramatique, d’une extrême noirceur, à la fois désenchanté et désespéré, Un « Voyage au bout de l’enfer » sans retour, porté par un Christian Bale saisissant et un Casey Affleck vibrant d’émotions dans le rôle de ce jeune soldat complètement brisé par les horreurs de la guerre.

DansLes brasiers de la colère fournaise des aciéries la lignée de Michael Cimino Les Brasiers de la Colère raconte la crise économique à travers les yeux de ses habitants. Le film dépeint cet univers soumis à la fatalité d’un destin ou la pauvreté et le manque de perspective transpirent dans leurs vies. Les âmes fracassées de cette bourgade au fin fond des Appalaches, dont la seule distraction est un bar, ou paris hippiques et combats à mains nus, sont organisés par un parrain local John Petty incarné par Willem Dafoe. Rodney (Casey Affleck), le jeune frère de Russel (Christian Bale), laminé par 4 enrôlements successifs en Irak, s’enfonce dans une spirale autodestructrice et finit par rencontrer le sociopathe Harlan DeGroat (Woody Harrelson), le chef d’une communauté, les Rednecks, vivant dans la partie montagneuse du New-Jersey.

Le film de Scott Cooper est une tragédie familiale, celle d’un amour fraternel à toute épreuve : un récit âpre relatant avec intelligence une Amérique qui souffre, dans un monde impitoyable ou le pain quotidien est haine et violence.

Brasiers de la colère Casey Affleck
Même si on peut reprocher à ce drame d’être trop lent, de manquer de rebondissements, d’être trop classique, de manquer d’audace, il n’est reste pas moins que l’impasse vers laquelle sont destinés ses vies brisées est parfaitement orchestré. Les brasiers de la colère est avant tout un film d’atmosphère développant les aspects psychologiques d’un groupe de personnes, et le quotidien sordide contrastant avec une nature majestueuse.Ajoutons à cela, une photographie granulée, de toute beauté à la fois éclatante et déprimante, dans un décor couleur sale et rouille, le tout sur une musique aux sons envoûtants. Notamment la musique d’ouverture et de clôture, interprétée par Eddie Vedder du groupe Pearl Jam intitulée Release, résumant parfaitement les différentes émotions et états que traversent le cœur des deux frères.

Une critique sociale acerbe réalisée à la manière d’un documentaire austère, avec une séquence d’introduction qui annonce la couleur… Scott Cooper brosse avec authenticité le délabrement social de la classe ouvrière, victime de la violence économique. Un drame aride, poisseux, porté par un casting impérial, Christian Bale est magistral en héros abîmé par la rouille, Casey Affleck, authentique et crédible. Le bad guy du film, interprété par Woody Harrelson brille par sa malveillance. Son jeu est à la fois effrayant et humain. Une galerie d’acteurs complétée par le vétéran acteur écrivain rebelle des années 70, Sam Shepard, Willem Dafoe, Forest Whitaker et une excellente Zoe Saldana interprétant le seul personnage féminin dans cet univers masculin.

Au final le réalisateur nous livre un opus assez réussi pour un second long-métrage, à voir bien entendu en version originale, pour la puissance de certaines répliques cinglantes.

Synopsis : À Braddock, une banlieue ouvrière américaine, la seule chose dont on hérite de ses parents, c’est la misère. Comme son père, Russell Baze (Christian Bale) travaille à l’usine, mais son jeune frère Rodney (Casey Affleck) a préféré s’engager dans l’armée, en espérant s’en sortir mieux. Pourtant, après quatre missions difficiles en Irak, Rodney revient brisé émotionnellement et physiquement. Lorsqu’un sale coup envoie Russell en prison, son frère cadet tente de survivre en pariant aux courses et en se vendant dans des combats de boxe. Endetté jusqu’au cou, Rodney se retrouve mêlé aux activités douteuses d’Harlan DeGroat (Woody Harrelson), un caïd local sociopathe et vicieux.
Peu après la libération de Russell, Rodney disparaît. Pour tenter de le sauver, Russell va devoir affronter DeGroat et sa bande. Il n’a pas peur. Il sait quoi faire. Et il va le faire, par amour pour son frère, pour sa famille, parce que c’est juste. Et tant pis si cela peut lui coûter la vie.

Fiche technique : Les Brasiers de la Colère

Titre original : Out of the Furnace
Réalisateur : Scott Cooper
Acteurs : Christian Bale (Russell Baze), Woody Harrelson (DeGroat), Casey Affleck (Rodney Baze), Zoe Saldana (Lena), Forest Whitaker (Barnes), Sam Shepard (Gerald Red Baze), Willem Dafoe (John Petty), Charles David Richards (Chaplain), Tom Bower (Dan Dugan)…
Date de Sortie : 15 janvier 2014
Nationalité : USA
Durée : 1h56
Budget : 22 millions $
Genre : Drame, Thriller
Scénariste : Brad Ingelsby, Scott Cooper
Compositeur : Dickon Hinchliffe
Directeur De La Photographie : Masanobu Takayanagi
Monteur : David Rosenbloom
Distributeur : Metropolitan Film Export

 

The Lunchbox de Ritesh Batra : Critique du film

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The Lunchbox de Ritesh Batra : Saveurs indiennes doucement épicées et romance épistolaire

Succès populaire et révélé lors de la Semaine de la critique à Canne (2013), The Lunchbox, le premier long-métrage de Ritesh Batra est une délicieuse friandise parfaitement maîtrisée, soutenue par un scénario simple mais d’une redoutable efficacité. A partir de la pratique traditionnelle des Dabbawalahs, la livraison quotidienne des déjeuners sur le lieu de travail des employés indiens, le réalisateur imagine une erreur d’aiguillage qui débouche sur une relation épistolaire entre deux êtres délaissés, une femme au foyer et un veuf solitaire. Cette correspondance lente, d’un autre temps, est une véritable bouffée d’oxygène dans notre monde instantané du numérique, et permet aux deux personnages si attachants, de se libérer de beaucoup de préjugés, d’obligations, de peurs. Le spectateur appréciera cette réalisation au plus près des émotions.

Loin des paillettes de Bollywood, The Lunchbox offre surtout au spectateur occidental à travers sa belle photographie, un voyage dépaysant, à la fois comique et nostalgique dans une Inde foisonnante et multicolore, un portrait de la vie quotidienne, des classes moyennes de Bombay, mégalopole à la vie grouillante, avec ses foules empruntant des rues bruyantes et bigarrées, des trains de banlieue vétustes et surchargés, contrastant avec l’isolement de beaucoup d’individus.

Ritesh Batra filme également avec une grande acuité les scènes de bureau, le rituel comique des fonctionnaires gratte-papiers qui gribouillent sur des registres avec comme seule outil une calculette. Mais la critique sociale est plus profonde. Le réalisateur porte un regard bienveillant et néanmoins vif sur la condition de la femme en Inde, celle d’Ila cloitrée à la maison, dont le seul dialogue est celui qu’elle entretient avec sa « Auntie », sa voisine du dessus, tour à tour hilarant et émouvant, mais également sur le marché du travail, l’importance de la famille et des traditions.

Les acteurs particulièrement attachants livrent une interprétation remarquable, toute en retenue : l’acteur Irrfan Khan (Saajan) de renommée internationale, interprète parfaitement le quinquagénaire veuf, qui se morfond dans une solitude affective presque raisonnée ; Nimrat Kaur (Ila) confère à son personnage une grande humanité, tandis que Nawazuddin Siddiqui (Shaikh), le successeur de Saajan, jeune travailleur orphelin ingénu et roublard, au bagout aussi énervant que drôle, est tour à tour hilarant et émouvant.

Sans se plier au modèle convenu du happy-end attendu, The Lunchbox est un film subtil et tendre, d’une grande humanité. Un joli conte épistolaire aux saveurs multiples, et universelles, qui confère à ses personnages une belle profondeur d’âme et révèle l’émergence d’un jeune cinéma indien indépendant. Rafraîchissant !

Synopsis : Chaque matin, Ila (Nimraut Kaur), une jeune femme au foyer délaissée par son mari, s’efforce de le reconquérir en lui préparant des plats variés et savoureux. Elle confie ensuite sa lunchbox au gigantesque service de livraison, assuré par les Dabbawallahs qui desservent toutes les entreprises de Bombay. Chaque soir, elle attend de son mari des compliments qui ne viennent pas. Ce qu’elle ignore, c’est que la lunchbox a été remise accidentellement à Saajan (Irrfan Khan), un veuf solitaire, proche de la retraite. Consciente de la méprise, Il a glisse alors dans la lunchbox un petit mot qui marque le début d’une relation épistolaire touchante et pleine de tendresse entre ces deux solitudes.

Fiche Technique : The Lunchbox

Titre original : Dabba
Réalisé par :  Ritesh Batra
Avec : Irrfan Khan , Nimrat Kaur , Nawazuddin Siddiqui …
Durée : 1h42min
Pays de production :  Inde
Année de production :  2013
Distributeur : Happiness Distribution

 

 

The Spectacular Now de James Ponsoldt : Critique du film

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 The Spectacular Now de James Ponsoldt, une douce romance des douleurs adolescentes

The Spectacular Now, le premier film de James Ponsoldt, a été révélé par le Festival de Sundance, et rencontra de nombreuses critiques élogieuses outre-Atlantique. Dès les premières images, une maturité et un réalisme se dégagent des images de ce récit sur l’éveil adolescent et le passage à l’âge adulte : les premiers émois amoureux, la naissance d’une relation, les premières dissonances… Il y a beaucoup de délicatesse et de sensibilité dans ce film, à travers une mise en scène subtile et pudique, comme la scène du premier baiser ou de la première fois, sobre et nuancée, telle une aquarelle.

James Ponsoldt filme avec justesse ces deux adolescents, qui ne sont pas aussi mièvres et transparents qu’il y paraît. Le réalisateur aborde certes, sans pathos ni complaisance, le problème délicat de l’alcool chez les adolescents. Mais ce n’est pas le sujet essentiel du film. The Spectacular Now aborde surtout des thématiques beaucoup plus complexes (voire philosophiques) que les standards rebattus du teen moovie classique : les difficultés liées aux relations parentales, la nécessité de la construction de soi-même, de s‘affirmer, d’imposer ses propres choix envers et contre tout…

Cette production indépendante, au scénario linéaire et classique, mais loin d’être simpliste, au rythme volontairement calme, celui du rite initiatique, est soutenu par l’interprétation toute en retenue de son duo d’acteurs : Miles Teller, aperçu dans Projet X et tête d’affiche dans 21 & over, se révèle véritablement dans The Spectacular Now. De l’adolescent fêtard, il atteint peu à peu une certaine maturité, où les choix de l’âge adulte doivent s’imposer naturellement. Shailene Woodley, découverte au cinéma dans The Descendants, et présente dans le prochain Gregg Araki, dans son rôle de jeune adolescente amoureuse et candide, s’affirme peu à peu pour assumer pleinement la tendresse nouvelle qu’elle éprouve. La mise en scène douce, juste, doublée d’un scénario simple mais bien écrit, et de dialogues ciselés, révèle la vraie alchimie de ses deux interprètes.

Sundance nous livre une nouvelle fois, un film sensible et intense, certes imparfait mais attachant, qui aborde sans fard les douleurs des interrogations adolescentes. Nous aimons tous ce cinéma vrai qui dévoile une beauté simple, qui dépeint avec finesse une romance universelle, la complexité de toute relation humaine. De ce cinéma sobre et nuancé, le spectateur ressort de la salle comme apaisé. Et c’est déjà en soi une belle prouesse ! Sundance nous livre une nouvelle fois, un film sensible et intense, certes imparfait mais attachant, qui aborde sans fard les douleurs des interrogations adolescentes. Nous aimons tous ce cinéma vrai qui dévoile une beauté simple, qui dépeint avec finesse une romance universelle, la complexité de toute relation humaine. De ce cinéma sobre et nuancé, le spectateur ressort de la salle comme apaisé. Et c’est déjà en soi une belle prouesse !

Synopsis : Sutter (Miles Teller) est un adolescent brillant, drôle, charmant et très porté sur la boisson. Son quotidien est chamboulé par sa rencontre avec la timide Aimee (Shailene Woodley), une jeune femme totalement différente de lui.

The Spectacular Now : Bande-annonce

Fiche Technique : The Spectacular Now

Titre : The Spectacular Now
Réalisateur(s) : James Ponsoldt
Casting : Miles Teller (Sutter Keely), Shailene Woodley (Aimee), Brie Larson (Cassidy), Jennifer Jason Leigh (Mme Keely), Kyle Chnadler (Mr Keely), Mary Elizabeth Winstead (Holly Keely), Bob Odenkirk (Dan),
Kaitlyn Dever (Krystal)…
Genre : Comédie, Drame
Durée :1h 35
Scénariste(s) : Scott Neustadter, Michael H. Weber
Date de sortie : 8 janvier 2014
Pays : États-Unis
Budget : 2 500 000 $

 

Philomena de Stephen Frears : Critique du film

Philomena de Stephen Frears : Une histoire à fleur de peau

Inspiré de faits réels, ce récit bouleversant réalisé par un grand S. Frears, dénonce des pratiques abominables en y mettant de la malice, de la drôlerie et de l’intelligence. Philomena Lee est un petit bijou, un croisement insolite de comédie dramatique engagée et de buddy movie, magnifié par le trio Dench-Coogan-Frears, mixant drôlerie et émotion.

Un petit mot sur le livre, « Philomena : the true story of a mother and the son she had to give away » de Martin Sixsmith est une histoire vraie, qui n’est pas sans rappeler la thématique du chef d’oeuvre « The Magdelene Sisters » (2001) de Peter Mullan, à savoir l’incroyable puissance de l’église et son pouvoir impitoyable sur la vie sexuelle des gens.

Quand la voiture s’éloigna, Philomena cria:
– Non! Non! Pas mon bébé! Ne les laissez pas me prendre mon bébé !
A cet instant-là, Anthony se retourna et s’agenouilla pour regarder par la vitre arrière. Il portait le short brun et le pull-over bleu que Philomena lui avait confectionnés et serrant dans sa main son avion en fer blanc.

La force de ce film n’est pas d’être une histoire vraie tragique, mais bien celle ne jamais tomber dans le mélo tout en évitant l’écueil du drame cul cul la praline et l’excès, le gavage sentimental. En effet Fears a su apporter une délicieuse malice, porté par un casting brillant, notamment Judi Dench (oui c’est, elle, M dans James Bond), impressionnante de justesse dans le rôle d’une adorable vieille dame partie à la recherche de son fils qui lui a été enlevé alors qu’il avait trois ans. Une prestation touchante, bouleversante, appuyée sur l’opposition entre les deux personnages, l’acteur Steve Coogan, également co-scénariste y incarne un journaliste, cynique, cultivé et méfiant.

La mise en scène met en avant avec finesse, drôlerie, cette opposition entre les 2 personnages principaux qui s’exprime à travers des dialogues savoureusement ciselés. Notons que le réalisateur y ajoute, comme dans (the Queen), une série britannique, réalisée par Stephen Frears, des images d’archives ainsi que cette touche d’humour british inimitable.

Philomena est un Magdalene Sisters mélancolique, interprété par l’excellent duo Judi/Dench contradictoire mais complémentaire. Philomena, un film poignant conté avec brio, conjuguant une belle écriture, une mise en scène élégante autour de magnifiques paysages anglais. Un film simple, beau et émouvant…

Synopsis : Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver. Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire. Ce dernier va entreprendre de l’aider, tenant là un bon article larmoyant qui aura sa place dans une certaine presse cynique spécialisée…

Fiche Technique : Philomena

Titre original : The Lost Child of Philomena Lee
Titre : Philomena
Réalisateur : Stephen Frears
Genre : Drame, Comédie Dramatique
Scénaristes : Steve Coogan, Jeff Pope, Martin Sixsmith
Casting : Judi Dench (Philomena Lee), Steve Coogan (Martin Sixmith), Sophie Kennedy Clark (Philomena jeune), Anna Maxwell Martin (Jane), Michelle Fairley (Sally), Peter Hermann (Peter Olsson), Barbara Jefford (soeur Hildegarde), Mare Winningham (Mary), Sean Mahon (Michael Hess)
Basé sur le livre : The True Story of a Mother and the Son She Had to Give Away signé Martin Sixmith
Date de Sortie : 08 Janvier 2014
Pays : Royaume-Uni
Durée du film : 1h38
Budget : 10 millions $

 

Cadences Obstinées, un film de Fanny Ardant : Critique

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Cinq ans après Cendres et SangFanny Ardant réalise Cadences obstinées.

Dans ce second long-métrage, Fanny Ardant, développe tout un univers autour du désenchantement, celui de Margo, « Asia Argento », violoncelliste, qui a abandonnée sa brillante carrière par amour. Un amour passionné, absolu, mais l’homme qu’elle aime l’a délaisse pour se consacrer à son travail. 

Dans Cadences Obstinées, on assiste à la déclinaison d’un amour dans une atmosphère oppressante. Un film mis en scène comme dans une pièce de théâtre contemporaine au point qu’il puisse paraitre désincarné.

Fanny Ardant réalise un film ou les ressentis des personnages sont traduits à travers des plans extrêmement bien travaillés, la lumière, le décor, dessine le désespoir, la dérive face à la perte et la lutte pour sortir de l’abîme dans lequel Margo plonge en réalisant que les fondations sur lesquelles, elle a bâtit son amour n’était que chimères…

« Les cadences du travail, les cadences musicales, les cadences du cœur »

Une tragédie pour cette violoncelliste à qui, un personnage du film dira « Je préfère détruire que m’habituer à la laideur ». Elle réalise alors que cette laideur est aussi sa trahison envers la musique, sa carrière et que son sacrifice, son désir de se remplir d’absolu à travers un sentiment pour un homme n’est autre qu’un déni de ses propres idéaux…

Cadences Obstinés marque la cadence du cœur de Margo, une femme qui porte en elle la culpabilité d’avoir trahi l’art pour l’amour. Noyée, pour ne pas avoir su se nourrir des deux mondes, elle cherche à s’échapper de la cage dans laquelle, elle-même s’est enfermée.

Des drames se nouent et se déjouent dans un huis clos ou se mêle tourbillons picturales et sonores sur un espace opératique. Cadences Obstinées sur une musique déclinée comme une obsession raconte l’histoire d’une femme à la recherche de sa part d’âme perdu. Au final un film ou l’on aurait souhaité s’attacher aux personnages si le jeu avait été plus convaincant, moins théâtrale. Un film décalé, une fresque d’un esthétisme ardent, mais qui malgré sa superbe photographie reste trop lointain.

Pour illustrer musicalement ce film Fanny Ardant retrouve le pianiste et compositeur attitré des musiques des films de Michel Gondry, Jean-Michel Bernard dont voici un extrait :

Pitch : Margo a abandonné sa brillante carrière de violoncelliste pour l’amour d’un homme. Mais cet homme, Furio (Nuno Lopes) en même temps qu’il devient possessif, il l’a délaisse pour un contrat à remplir : restaurer un hôtel de luxe pour un notable à la moralité douteuse. La jeune femme sent qu’elle est entrain de perdre cet amour dont elle se remplissait, gagnée par l’angoisse, elle sombre devant l’implosion de son couple. On n’aime jamais de la même façon et en même temps.

Fiche Technique : Cadences obstinées de Fanny Ardant

Réalisation : Fanny Ardant
Scénario : Fanny Ardant
Acteurs : Asia Argento, Nuno Lopes,Ricardo Pereira, Gérard Depardieu, Franco Nero
Date De Sortie : 08 Janvier 2014
Genre : Drame
Durée : 101 Min
Pays : France
Produit par Paulo Branco
Directeur de la photographie : André Szankowski
Chef monteuse : Julia Gregory
Directrice artistique : Isabel Branco
Son : Sylvain Malbrant, Nicolas Moreau, Ricardo Leal
Melissa Petitjean
Musique originale : Jean-Michel Bernard
Violoncelle : Sonia Wieder-Atherton
Directeurs de Production : Ana Pinhão Moura Et Raoul Peruzzi
Distributeur : Alfama Films

Critique : Yves Saint Laurent de Jalil Lespert

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Yves Saint Laurent, portrait dense d’un créateur tourmenté superbement interprété par un duo d’acteurs haute couture.

Premier film de l’année consacré à Yves Saint-Laurent et approuvé par Pierre Bergé, le biopic de Jalil Lespert a l’avantage de l’authenticité : il nous plonge au cœur des décors, des costumes et des dessins qui ont fait partie de l’univers du plus célèbre des couturiers français.

Yves Saint Laurent s’intéresse davantage à la vie de l’artiste, de l’homme Yves Saint Laurent, qu’à la création artistique elle-même. Le spectateur est ainsi le témoin privilégié de la passion amoureuse entre Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, de leur timide rencontre chez Dior à la fin des années cinquante jusqu’à la fin du couturier, perdu dans ses mystérieuses pensées. Pierre Bergé, qui a soutenu le film, n’est pas allé contre certains voiles levés. Jalil Lespert relate avec fidélité la part d’ombre du « petit prince de la haute culture », une personnalité complexe avec ses tourments, ses excès, mais surtout son génie artistique qui a révolutionné en 50 ans, non seulement le monde de la haute culture et de la mode, mais aussi le monde, en contribuant fortement à travers ses créations, à l’émancipation et à l’élégance de la femme moderne. Le film y gagne en force, en émotion et en sincérité.

« La création, c’est la douleur »

Charlotte-Le-Bon-Pierre-Niney-film-yves-saint-laurentYves Saint Laurent est également remarquable par son jeu d’acteurs. La Comédie Française choisit bien ses comédiens. Le jeune Pierre Niney nous prouve ici l’ampleur de son art. Il n’incarne pas Yves Saint Laurent. Il est Yves Saint Laurent, fragile, timide, complexe. La ressemblance physique est frappante bien sûr ; la diction, le phrasé, la gestuelle, les attitudes, cette timidité maladive propre à Yves Saint Laurent, tout y est ! Un jeu d’acteur impeccable et authentique qui annonce sans nul doute un flot de récompenses. Guillaume Gallienne, campe parfaitement Pierre Bergé, le mentor, mais aussi l’amant passionné, l’homme de l’ombre qui encourage, soutient, et pardonne, et surtout encadre le génie artistique, le rattrapant parfois au vol. Charlotte Le Bon signe enfin une prestation remarquable en interprétant le Mannequin Victoire, qui a tant inspiré le grand couturier.

Il y a beaucoup de force dans ce film, tant dans l’émotion, les silences, les ruptures et la démesure en tout genre. Jalil Lespert a su recréer l’esprit du Paris des années 60 et 70, avec ce qu’il comptait de soirées mondaines, d’excès, et de créatures parfaites. La réalisation et le montage sont impeccables, la mise en scène est subtile et fine, la musique très belle, la bande-originale superbe. Les décors sont authentiques, et les vêtements prêtés par la maison Yves Saint Laurent permettent au spectateur de revivre l’époque privilégiée des grands défilés.

Si le film de Jalil Lespert ne parvient pas à embrasser l’ampleur du mythe Yves Saint Laurent, s’intéressant essentiellement à ses jeunes années d’artiste en arrêtant sa biographie en 1976, à sa collection des Ballets Russes, si le processus de création, le travail dans les ateliers ne sont que des aspects effleurés, Yves Saint Laurent est à l’image de Saint Laurent lui même. Un bel hommage rempli de respect et d’élégance, un film sensible et émouvant.

Une version de Bertrand Bonello, sans doute moins consensuelle sortira en octobre 2014, avec Gaspard Ulliel. Il sera intéressant de comparer les deux œuvres et le jeu des deux comédiens.

Pierre Bergé a soutenu le long-métrage de Jalil Lespert, des costumes prêtés par la maison Yves Saint Laurent aux décors véritables jusqu’au logo de la prestigieuse maison de haute couture apposé sur l’affiche. Bergé a autorisé Jalil Lespert à tourner dans leur véritable appartement avenue Marceau, l’atelier du styliste et le jardin Majorelle de leur villa marocaine. En revanche, il s’oppose fermement au Saint Laurent de Bertrand Bonello.

On pourrait réaliser plusieurs films sur Yves Saint Laurent, tant il y a de choses à raconter sur cet être mystérieux, tant la trajectoire de ce génie artistique a accompagné la profonde révolution de la société française. On peut également mentionner le documentaire Yves Saint Laurent – Pierre Bergé, L’amour fou, sorti en 2010, où Pierre Bergé relate de manière consensuelle, sa vie avec Yves Saint Laurent et l’amour formidable qui les unissait.

Synopsis : Paris, 1957. A tout juste 21 ans, Yves Saint Laurent (Pierre Niney) est appelé à succédé à Christian Dior, à la tête de la prestigieuse maison de couture. Lors de son premier défilé, il fait la connaissance de Pierre Bergé (Guillaume Gallienne), rencontre qui va bouleverser sa vie. Amants passionnés et partenaires en affaires, les deux hommes s’associent trois ans plus tard pour créer la société Yves Saint Laurent. Malgré ses obsessions et ses démons intérieurs, Yves Saint Laurent s’apprête à révolutionner le monde de la mode avec son approche moderne et iconoclaste.

 Bande-annonce : Yves Saint Laurent

Fiche Technique : Yves Saint Laurent de Jalil Lespert

Réalisateur : Jalil Lespert
Scénariste : Jalil Lespert, Marie-Pierre Huster, Jacques Fieschi
Interprètes : Pierre Niney, Guillaume Gallienne, Charlotte Le Bon, Laura Smet, Marie de Villepin, Nikolai Kinski, Ruben Alves, Astrid Whettnall
Genre : Biopic, Drame
Nationalité : Français
Distributeur :  SND
Durée du film : 1 h 40
Date de sortie : 08/01/2014
Photographie : Thomas Hardmeier
Montage : François Gédigier
Musique : Ibrahim Maalouf
Costumes : Madeline Fontaine
Décors : Aline Bonetto
Producteur : Wassim Béji pour WY Productions
Distributeur : SND

 

Peaky Blinders : Musique de la série

Musique Peaky Blinders : Savourer ce son grave, majestueux, et écouter quelques morceaux sélectionnés de la saison 1 de cette série britannique au rock chic.

Créée par Steven Knight scénariste de « Eastern Promises » et du film d’espionnage « Closed Circuit », l’histoire de Peaky Blinders (voir notre article Peaky Blinders : un gangster drama à Birmingham) se situe dans un Birmingham des années 20. Au générique on retrouve Cillian Murphy, Sam Neill, Paul Anderson, Joe Cole, Helen McCrory, et Annabelle Wallis. Une seconde saison est en route pour cette série élégante, présentant de vrais gueules.
Pitch : En 1919, à Birmingham, soldats, révolutionnaires politiques et criminels combattent pour se faire une place dans le paysage industriel de l’après-Guerre. Le Parlement s’attend à une violente révolte, et Winston Churchill mobilise des forces spéciales pour contenir les menaces.

La famille Shelby compte parmi les membres les plus redoutables. Surnommés les « Peaky Blinders » en raison de l’utilisation de lames de rasoir cachées dans leurs casquettes, ils tirent principalement leur argent de paris et de vol. Tommy Shelby, le plus dangereux de tous, va devoir faire face à l’arrivée de Campbell, un impitoyable chef de la police qui a pour mission de nettoyer la ville. Ne doit-il pas se méfier tout autant la ravissante Grace Burgess ? Fraîchement installée dans le voisinage, celle-ci semble cacher un mystérieux passé et un dangereux secret.

La réalisation est particulièrement bien soignée offrant de magnifiques plans, poétique voir surréaliste accompagné d’une musique participant pleinement à l’esthétique d’une série à découvrir. Une vraie pépite dans ce monde des séries.

Une bande son qui détonne dans ville surnommée le Black Country en raison de la présence de nombreuses mines, ou le contexte social est balancé sans fard.

Loin d’être anachronique, cette musique rock peint de ses sons les conflits et la combativité d’un univers sombre et rarement entrevu du passé de l’Angleterre. Du rock n’roll contemporain à l’aube des années 20 pour une ambiance inattendue avec des morceaux de Nick Cave & the Bad Seeds : Red Right Hand mais aussi les White Stripes.

Je vous invite à écouter le générique de la série, un morceau de Nick Cave & the Bad Seeds : Red Right Hand (datant de l’album Let Love In, 1994). Une musique qui swing évoquant les chevaux, créant une ambiance western adaptée à Birmingham. Peaky Blinders : une musique à la couleur sonore décalée, que vous ne pourrez qu’apprécier. Cette musique peint des sentiments, donne une identité propre à une série à l’aura à la fois sombre et lumineuse.

Peaky Blinders : Musique 

Love is Blindness – Jack White

The White Stripes – St James Infirmary Blues

Wicked Game – Gemma Hayes

Lana Del Rey – Off to the Races

https://www.youtube.com/watch?v=noDGOzao9iU

Sinister Kid The Black Keys

Refrain :  well, the crooks are out
and the streets are gray
you know I wouldn’t have it
any other way

Paroles : Sinister kid The Black Keys » Well, the crooks are out And the streets are gray You know I wouldn’t have it Any other way Your mother’s words They’re ringing still But your mother don’t Pay our bills A sinister kid is a kid who Runs to meet his Maker A drop dead sprint from the day he’s born Straight into his Maker’s arms And that’s me, that’s me The boy with the broken halo That’s me, that’s me The devil won’t let me be I got a tortured mind And my blade is sharp A bad combination In the dark If I kill a man In the first degree Baby would you Flee with me? A sinister kid is a kid who Runs to meet his Maker A drop dead sprint from the day he’s born Straight into his Maker’s arms And that’s me, that’s me The boy with the broken halo That’s me, that’s me The devil won’t let me be

Mandela : Un long chemin vers la liberté de Justin Chadwick

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Adapté de l’autobiographie éponyme de Nelson Mandela sortie en 1995, qui a souhaité que le film soit de nationalité sud-africaine en apportant ses mémoires au producteur Anant Singh, refusant ainsi toutes les propositions alléchantes d’Hollywood, Mandela, un long chemin vers la Liberté de Justin Chadwick, est un biopic classique [i], qui relate le combat de toute une vie, le courage d’un homme qui a toujours gardé sa dignité et fait preuve d’une détermination inébranlable dans son combat contre l’oppression [ii], et ce même quand l’espoir était au plus bas. Doté d’un scénario fiable et de conviction de William Nicholson, à qui l’on doit Gladiator (2000) et Elisabeth l’âge d’or (2007) entre autres, l’importance humaine et historique de Mandela est ici bien dépeinte : le réalisateur anglais, Justin Chadwick [iii] dépassionne le propos et et livre un portrait intime qui rend justice au grand homme, sans jamais déraper dans l’hagiographie, mettant au contraire en exergue ses faiblesses.

Madiba : la force du combat, le pouvoir de dire « Non! »

Ce film est d’abord porté par un duo d’acteurs admirable qui livre une prestation très juste: Idris Elba, que l’on n’attendait pas forcément dans ce registre, confère à ce personnage charismatique, une force et une authenticité bouleversante, tandis que Naomie Harris est tout aussi époustouflante et émouvante dans le rôle de Winnie.

Si la première partie du film élude certains faits d’importance et constitue une forme de zapping empêchant réellement de comprendre le basculement de Mandela vers une lutte plus violente et de se rendre parfaitement compte des conditions de vie horribles du peuple noir à cette époque répressive et violente qu’était l’apartheid, le film trouve son vrai souffle dès que Mandela, le militant, est en prison, relatant son calvaire, mais surtout le cheminement intérieur de l’homme vers la stature d’homme d’Etat et son choix pour la paix. A cela se rajoute une musique magnifique, des prises de vues fort belles, et un générique de fin qui rend hommage au vrai Madiba.Mandela-CSM-image4

Certes, Mandela, un long chemin vers la Liberté, demeure un biopic à la sauce internationale, sans doute trop consensuel. Il manque une fougue et une certaine dimension politique pour atteindre le souffle épique que pouvait avoir le Gandhi de Richard Attenborough (1982). Ce long-métrage souffre par son ambition démesurée de relater la vie du grand homme en près de 2h30. On aurait apprécié davantage de scènes sur son combat politique, peut-être un peu moins sur sa vie amoureuse. Mais son avantage réel est que le spectateur ressort de la salle avec une envie d’en apprendre davantage et d’ouvrir quelques livres sur Mandela et l’Apartheid. L’histoire du leader de l’Afrique du Sud est suffisamment forte et le jeu d’acteur juste, pour faire tenir l’édifice dans son ensemble.

« J’ai parcouru un long chemin vers la liberté. Ce fut une route solitaire et ce n’est pas fini. Personne ne naît en haïssant son prochain à cause de sa couleur de peau ou de son passé, ou de sa religion. Les hommes apprennent à haïr. On peut leur apprendre à aimer. »

Mandela, un long chemin vers la Liberté de Justin Chadwick demeure une épopée émouvante, une ode à l’antiracisme et la non-violence, un témoignage optimiste pour l’humanité : chaque combat n’est jamais perdu d’avance ; « penser c’est dire non » comme l’affirmait le philosophe Alain, et la résistance à l’oppression est un combat intemporel.

Synopsis : Né et élevé à la campagne, dans la famille royale des Thembus, Nelson Mandela (Idris Elba) gagne Johannesburg où il va ouvrir le premier cabinet d’avocats noirs et devenir un des leaders de l’ANC. Son arrestation le sépare de Winnie (Naomie Harris), l’amour de sa vie qui le soutiendra pendant ses longues années de captivité et deviendra à son tour une des figures actives de l’ANC. À travers la clandestinité, la lutte armée, l’emprisonnement durant 27 ans, sa vie se confond plus que jamais avec un combat hors norme pour la liberté et la paix, lui conférant peu à peu une dimension mythique, faisant de lui l’homme clef pour sortir son pays, l’Afrique du Sud, de l’impasse où l’ont enfermé quarante ans d’apartheid. Il sera le premier Président Sud-Africain élu démocratiquement.

Fiche technique : Mandela : Un long chemin vers la liberté de Justin Chadwick

Titre : Mandela : Un long chemin vers la liberté
Réalisateur(s) : Justin Chadwick
Scénariste(s) : William Nicholson
Acteurs : Idris Elba, Naomie Harris, Fana Mokoena
Titre original : Mandela: Long Walk to Freedom
Date de sortie :18 décembre 2013
Pays : Royaume-Uni, Afrique du Sud
Budget: 35 000 000 $
Genre : Biopic, Drame, Histoire
Durée : 2h 26


[i] Clint Eastwood dans son film Invictus (2009) avait déjà relaté la vie du grand homme en ne prenant qu’une partie de son existence. J’avoue être un adept non seulement de Clint Eastwood mais aussi de Morgan Freeman…

[ii] Ce film s’inscrit dans un certain courant qui veut mettre en lumière le combat contre la ségrégation. Cela a commencé avec La Couleur Des Sentiments (2011), Django Unchained (2012), Le Majordome (2013) et maintenant Mandela, Un Long Chemin Vers La Liberté, avant de découvrir l’année prochaine, 12 Years A Slave de Steve McQueen, l’un des favoris des Oscar 2014.

[iii] Réalisateur de Deux Sœurs Pour Un Roi (2008), le réalisateur Justin Chadwick s’intéresse ici à l’histoire contemporaine en adaptant l’autobiographie de Nelson Mandela. Son précédent film inédit en France The First Grader (2010) lui a servi un peu d’échauffement, puisqu’il se déroulait déjà en Afrique avec quelques uns des acteurs secondaires choisis pour ce biopic.

Fruitvale Station : la critique du film de Ryan Coogler

Fruitvale Station : Chronique d’une mort annoncée

Fruitvale Station n’est pas un brûlot rageur mais un film pudique toute en finesse. Le néo-realisateur Ryan Googler a eu l’intelligence de s’écarter des sentiers des raisins de la colère, pour présenter avec une caméra qui ne lâche pas Michael B. Jordan(Chronicle) le portrait d’un jeune homme au destin tragique.

Un film toute en douceur, le réalisateur prend le temps de camper les personnages et les liens qui les unissent, il nous montre la façon dont il s’occupe de sa fille âgée de 5 ans, l’aide qu’il apporte à une femme blanche qui achète du poisson dans un supermarché et qu’il met en contact avec sa grand-mère, spécialiste du poisson frit : des épisodes d’une tranche de vie sur 24h avant le drame.

Un témoignage noble, simple d’un jeune homme qui après avoir fait de la prison décide à 22 ans de se construire une vie rangée. On voit un jeune homme, avec ses défauts, ses doutes, ses qualités, sa joie et ses peurs de la précarité prêt à prendre son destin en main. Ce drame, tourné caméra à l’épaule permet de s’attacher aux personnages et même si la fin est inéluctable, on se surprend à espérer un autre destin pour Oscar Grant.

Fruitvale Station est une chronique poignante, un fait divers raconté avec sobriété. Un film sincère, à la mise en scène intimiste, qui nous emporte dans une histoire bouleversante à la fin terrifiante.

On peut reprocher à cette production indépendante soutenue par le comédien Forest Whitaker d’être trop porté sur le pathos, d’avoir utilisé les véritables images du meurtre d’Oscar Grant par un policier à la gâchette facile. Pourtant Fruitvale Station est un premier film emprunt d’humanisme, un bon début pour Googler, un réalisateur prometteur, à suivre…

Un film porté par des acteurs à l’interprétation magnifique, Octavia Spencer et Melonie Diaz sont excellentes. Quant à Michael B. Jordan que l’on a pu voir dans la série (Friday Night Lights et le film Chronicle), il est vraiment durant cette chronique d’une mort annoncée, Oscar Grant, un acteur magnétique, talentueux qui fera certainement parler de lui dans un futur proche.

Synopsis : Fruitvale Station fut la sensation, du dernier Festival de Sundance, où il remporta le prestigieux Prix du Jury ainsi que le Prix du Public. Fruitvale Station marque les premiers pas dans le long-métrage du jeune réalisateur Ryan Coogler, 27 ans, qui s’empare d’un authentique fait divers survenu à Oakland en 2009. Le soir du réveillon, le jeune Oscar Grant et ses amis croisent la route d’un gang vindicatif dans le métro. La situation dégénère, les policiers interviennent. Une bavure plus tard, la vidéo filmée par des passagers tourne à plein régime sur les réseaux sociaux et la ville est en émoi autant qu’en colère. Pour aborder cette histoire terrible, le jeune réalisateur Ryan Coogler, opte pour un point de vue mettant la dimension humaine au centre de ce tragique épisode, mêlant images fictionnelles et réelles.

Fruitvale Station : Bande-annonce

Fiche Technique : Fruitvale Station

Titre original : Fruitvale Station
Réalisation : Ryan Coogler
Scénario et dialogues : Ryan Coogler
Casting : Michael B. Jordan (Oscar Grant), Melonie Diaz (Sophina), Octavia Spencer (Wanda), Kevin Durand (Officier Caruso), Chad Michael Murray (Officier Ingram), Ahna O’Reilly (Katie), Ariana Neal (Tatiana)…
Date de sortie : 1er janvier 2014
Nationalité : USA
Durée : 1h25
Budget : 900 000 $
Décors : Hannah Beachler
Costumes : Aggie Rodgers
Image : Rachel Morrison
Montage : Michael P. Shawyer
Directeur de la photographie : Rachel Morrison
Musique : Ludwig Gôransson
Produit par Nina Yang Bongiovi et Forest Whitaker

 

 

Du sang et des larmes : Critique du film de Peter Berg

Du sang et des larmes « Lone Survivor » : Immersion Violente dans une guerre ultra réaliste

Basé sur une histoire vraie, le deuxième de la semaine avec Fruitvale Station, Du sang et des larmes est adapté du livre de Marcus Luttrell (interprété par Wahlberg) « Lone Survivor » qui retrace les événements survenus lors d’une mission qui s’est déroulé le 28 juin 2005…

Du sang et des larmes, titre français paraphrasant Churchill, qui lors d’un discours devant la chambre des Communes dira « Je n’ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur. » Ce film à petit budget réalisé par Peter Berg, loin d’être un film de propagande, est avant tout un hommage au Navy Seals. Un film de guerre dans la plus noble tradition du genre, très réaliste même trop pour ce genre.

Après le très bourrin « Battleship » (2012), un film mal compris, un passage super héros avec « Hancock » (2008), Peter Berg revient avec un film dans  la lignée du du Royaume « 2007 ».

Avec Du sang et des larmes, il vise directement au plexus, l’immersion violente, sans détours, désarçonnant le spectateur par cette vision de la guerre ultra réaliste, déchirante. Un récit simple, incisif, à l’impact émotionnel saisissant. La guerre ce n’est pas comme dans Call of Duty : c’est un déluge dévastateur, brutal et violent.du sang et des larmes peter berg

Du sang et des larmes c’est l’enfer couché sur une pellicule qui vous fait sentir le goût du sang dans la bouche, la peur qui vous prend aux tripes, les larmes dans les yeux. Ces soldats en bavent, cette réalité sanglante, cette poussière qui vous enflamme la gorge happe le spectateur frontalement dans une tragédie prenante, un cauchemar apocalyptique. Un film ou l’on ressent chaque chute, chaque blessure, chaque tir grâce à une réalisation soignée explorant intelligemment les décors naturels avec pour finalité un enchaînement de séquences terribles.
du sang et des larmes movie film

Du sang et des larmes n’est pas que l’expérience traumatisante d’une guerre sale, cruelle, barbare, c’est aussi un véritable hommage au peuple afghan. Quand le chef de village pachtoune protège Marcus blessé, au péril de sa propre vie, s’ébauche une transformation chez ce soldat façonné par une certaine idéologie.

Évidemment, Du Sang et des larmes rend hommage aux frères d’armes tombés au combat, tout en dressant le portrait de cette relation entre 4 frères de sang, plongés dans une situation qui leur échappe. Peter Berg ne cherche pas à savoir qui sont les marchands de chaos, ceux qui profitent des guerres. Son film montre ceux qui sont sur le terrain sans pour autant tenter d’analyser la psychologie de ces soldats.

C’est le portrait d’une fraternité d’hommes, loin de toutes idéologies, ce n’est pas une invitation à s’engager dans les Navy Seals, ni un éloge pornographique de la guerre à travers de gros plans de visages ensanglantés. C’est un vibrant hommage à des hommes tout simplement, jusqu’au générique de fin bouleversant.

Du sang et des larmes est une immersion totale dans un univers, un vrai film de guerre touchant, poignant, d’un réalisme époustouflant, articulé autour d’un casting haut de gamme et d’une photographie sublime. Un film authentique, épique, furieux mais profondément humain. Un survival dopé à l’adrénaline dont certaines scènes d’héroïsme rappellent « La chute du Faucon Noir », » Black Hawk Down » (2001) de Ridley Scott.

Synopsis : Le 28 juin 2005, un commando de quatre Navy Seals prend part à l’opération baptisé « Red Wing », qui a pour but de localiser et d’éliminer un dangereux chef taliban Ahmad Shah repéré dans un petit village reculé niché près des montagnes. Mais rapidement repérés et encerclés, les quatre soldats vont se retrouver pris au piège.

Fiche technique : Du sang et des larmes

Titre original : Lone Survivor
Interdit aux moins de 12 ans
Réalisateur : Berg Peter
Acteurs : Mark Wahlberg, Eric Bana, Taylor Kitsch, Emile Hirsh
Genre : Biopic, Film de guerre
Date de sortie : 01 janvier 2014
Durée : 2h01mn
Production : Emmett/Furla Films, Films 44
Casting : Mark Wahlberg, Taylor Kitsch, Emile Hirsch, Ben Foster, Eric
Bana, Ali Suliman, Alexander Ludwig, Yousuf Azami, Sammy Sheik
Scenario : Peter Berg, basé sur le livre “Lone Survivor: An
Eyewitness Account of Operation Redwing and the Lost Heroes of SEAL
Team 10” by Marcus Luttrell with Patrick Robinson
Producteurs : Peter Berg, Sarah Aubrey, Randall Emmett, Norman Herrick,
Barry Spikings, Akiva Goldsman, Mark Wahlberg, Stephen Levinson,
Vitaly Grigoriants
Producteurs exécutive : George Furla, Simon Fawcett, Braden Aftergood,
Louis G. Friedman, Remington Chase, Stepan Martirosyn, Adi Shankar,
Spencer Silna, Mark Damon, Brandt Andersen, Jeff Rice
Directeur de la photographie : Tobias A. Schliessler
Monteur : Colby Parker Jr.
Compositeur : Steve Jablonsky
Budget : $ 50 000 000