Philomena de Stephen Frears : Critique du film

Philomena de Stephen Frears : Une histoire à fleur de peau

Inspiré de faits réels, ce récit bouleversant réalisé par un grand S. Frears, dénonce des pratiques abominables en y mettant de la malice, de la drôlerie et de l’intelligence. Philomena Lee est un petit bijou, un croisement insolite de comédie dramatique engagée et de buddy movie, magnifié par le trio Dench-Coogan-Frears, mixant drôlerie et émotion.

Un petit mot sur le livre, « Philomena : the true story of a mother and the son she had to give away » de Martin Sixsmith est une histoire vraie, qui n’est pas sans rappeler la thématique du chef d’oeuvre « The Magdelene Sisters » (2001) de Peter Mullan, à savoir l’incroyable puissance de l’église et son pouvoir impitoyable sur la vie sexuelle des gens.

Quand la voiture s’éloigna, Philomena cria:
– Non! Non! Pas mon bébé! Ne les laissez pas me prendre mon bébé !
A cet instant-là, Anthony se retourna et s’agenouilla pour regarder par la vitre arrière. Il portait le short brun et le pull-over bleu que Philomena lui avait confectionnés et serrant dans sa main son avion en fer blanc.

La force de ce film n’est pas d’être une histoire vraie tragique, mais bien celle ne jamais tomber dans le mélo tout en évitant l’écueil du drame cul cul la praline et l’excès, le gavage sentimental. En effet Fears a su apporter une délicieuse malice, porté par un casting brillant, notamment Judi Dench (oui c’est, elle, M dans James Bond), impressionnante de justesse dans le rôle d’une adorable vieille dame partie à la recherche de son fils qui lui a été enlevé alors qu’il avait trois ans. Une prestation touchante, bouleversante, appuyée sur l’opposition entre les deux personnages, l’acteur Steve Coogan, également co-scénariste y incarne un journaliste, cynique, cultivé et méfiant.

La mise en scène met en avant avec finesse, drôlerie, cette opposition entre les 2 personnages principaux qui s’exprime à travers des dialogues savoureusement ciselés. Notons que le réalisateur y ajoute, comme dans (the Queen), une série britannique, réalisée par Stephen Frears, des images d’archives ainsi que cette touche d’humour british inimitable.

Philomena est un Magdalene Sisters mélancolique, interprété par l’excellent duo Judi/Dench contradictoire mais complémentaire. Philomena, un film poignant conté avec brio, conjuguant une belle écriture, une mise en scène élégante autour de magnifiques paysages anglais. Un film simple, beau et émouvant…

Synopsis : Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver. Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire. Ce dernier va entreprendre de l’aider, tenant là un bon article larmoyant qui aura sa place dans une certaine presse cynique spécialisée…

Fiche Technique : Philomena

Titre original : The Lost Child of Philomena Lee
Titre : Philomena
Réalisateur : Stephen Frears
Genre : Drame, Comédie Dramatique
Scénaristes : Steve Coogan, Jeff Pope, Martin Sixsmith
Casting : Judi Dench (Philomena Lee), Steve Coogan (Martin Sixmith), Sophie Kennedy Clark (Philomena jeune), Anna Maxwell Martin (Jane), Michelle Fairley (Sally), Peter Hermann (Peter Olsson), Barbara Jefford (soeur Hildegarde), Mare Winningham (Mary), Sean Mahon (Michael Hess)
Basé sur le livre : The True Story of a Mother and the Son She Had to Give Away signé Martin Sixmith
Date de Sortie : 08 Janvier 2014
Pays : Royaume-Uni
Durée du film : 1h38
Budget : 10 millions $

 

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