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Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron : Critique

Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?  une comédie au rythme infernal avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Ary Abittan, Medi Sadoun, Frédérique Bel

Claude et Marie Verneuil, issus de la grande bourgeoisie catholique provinciale sont des parents plutôt « vieille France ». Mais ils se sont toujours obligés à faire preuve d’ouverture d’esprit…Les pilules furent cependant bien difficiles à avaler quand leur première fille épousa un musulman, leur seconde un juif et leur troisième un chinois. Leurs espoirs de voir enfin l’une d’elles se marier à l’église se cristallisent donc sur la cadette, qui, alléluia, vient de rencontrer un bon catholique.

Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? est une vraie bonne surprise, un film au rythme soutenu, scénarisé par Guy Laurent, sans cette pointe misérabiliste que l’on trouve dans beaucoup de films parlant de ceux qui ont des origines. Cette comédie caustique se sert des préjugés et des clichés avec humour tout en évidant le ton moralisateur et les blagues trop lourdes.

Une comédie hilarante aux répliques cocasses, portée par des acteurs exceptionnels : le couple formé par Christian Clavier et Chantal Lauby est parfait en parents conservateurs, dépassés par l’irruption de cette mixité culturelle, au point de mettre tous leurs espoirs dans la cadette, qui vient de rencontrer un catholique. Seulement ce dernier est noir et sa famille est tout aussi soumise aux préjugés que les parents Verneuil…

Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? traite de la peur de l’autre avec bienveillance, en jouant intelligemment avec nos idées reçues tout en restant une comédie légère. Un film ou tout le monde en prend pour son grade, ce qui permet de n’offusquer personne, tout en s’amusant de nos pires travers et pensées pas toujours très catholiques justement…

Ce film apporte un vent de fraîcheur. On rit de bon cœur. Certaines scènes comme celle de l’enterrement du prépuce ou encore celle de la Marseillaise invitent finement le spectateur à la réflexion sur ses préjugés.

Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? est à ranger dans la case du bon divertissement : une comédie française populaire plutôt bien ficelée, servie par un bon casting dans l’ensemble et des dialogues qui font mouches…

Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? : Bande-annonce

Fiche technique : Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?

Réalisation : Philippe de Chauveron
Casting: Christian Clavier : Claude Verneuil, Chantal Lauby : Marie Verneuil, Ary Abittan : David Benichou, Medi Sadoun : Rachid Benassem, Frédéric Chau : Chao Ling, Noom Diawara : Charles Koffi, Elodie Fontan : Laure Verneuil, Frédérique Bel : Isabelle Verneuil…
Genre : Comédie
Nationalité : Français
Distributeur : UGC Distribution
Durée : 1h37min
Date de sortie : 16 avril 2014

Helix : Critique de la série SyFy Saison 1

Ronald D. Moore, créateur de Battlestar Galactica produit Helix, diffusée sur l’excellente chaîne du câble SyFy, cette série à mi-chemin entre The Thing et Resident Evil vient d’être renouvelée pour une seconde saison.

Ce thriller raconte l’histoire d’un groupe d’experts en virologie du CDC (Centers for Disease Control and Prevention), envoyé dans un laboratoire du complexe « Artic Bio-system », situé en zone internationale, conduit par le Dr. Alan Farragut (Billy Campbell) et son ex-femme, le Dr. Julia Walker (Kyra Zagorsky).

Dans cette mystérieuse base en plein Arctique, le frère d’Alan, Neil Napier (Dr. Peter Farragut), est l’une des victimes du virus dévastateur… A la tête de cette base, on retrouve l’énigmatique scientifique, Hiroshi Hatake incarné par Hiroyuki Sanada (Revenge, Lost, Le Dernier samouraï, Sunshine, Lost, Wolverine : le combat de l’immortel…), un homme aux multiples secrets, très intéressé par Julia, l’une des scientifiques…

Cette série apporte une certaine diversité dans le paysage télévisuel, en abordant le thème des zombies et autres vampires sous l’angle d’un virus nommé Narvik, un agent mutagène d’une agressivité incroyable. La première saison laisse une impression mitigée, bien que le mélange thriller et science-fiction fonctionne plutôt assez bien. Les intrigues mettent du temps à se développer, une lenteur dommageable pour une série comprenant quelques bonnes idées, comme ce cimetière de singes aux visages déformés par la peur, pétrifiés dans la glace…helix serie singes petrifies

Des effets assez réussis avec des mystères et un côté Lost, où chaque découverte, semi-vérité amène encore plus de questions… Une série où les personnages confinés dans un espace clos, révèlent des secrets de familles, avec des triangles amoureux, des trahisons, le tout sur fond de conspiration…

Au niveau ambiance, la série joue sur l’atmosphère claustrophobie, oppressante avec des immortels aux yeux d’argent, un virus capable d’éradiquer l’humanité et une mystérieuse organisation nommée Ilaria. C’est d’ailleurs sur une réunion de cette corporation d’Immortels que le dernier épisode de la saison 1 intitulée Dans l’ombre s’arrête…

En effet, après la destruction de la base, Alan part à Paris à la recherche de Julia, qui semble être maintenant la PDG d’Ilaria. Un épisode qui laisse la porte ouverte à toutes sortes de questions : que sont devenus les autres protagonistes et le frère d’Alan est-il de connivence avec la corporation ??

Côté musique, ce final se termine sur une chanson interprétée par Françoise Hardy, Le Temps de L’Amour, une musique décalée tout au long d’une série marquée par un manque de rythme et de cohérences. Le final montre un changement de décor. Espérons que la saison 2 corrigera les éléments négatifs l’empêchant d’être la grande série qu’elle aurait pu être…

Fiche technique : Hélix

Diffusée sur : SyFy
Créée par : Cameron Porsandeh, Ronald D. Moore (2014)
Avec : Billy Campbell (Dr. Alan Farragut), Hiroyuki Sanada (Dr. Hiroshi Hatake), Kyra Zagorsky (Dr. Julia Walker), Mark Ghanimé (Major Sergio Balleseros), Jordan Hayes (Dr. Sarah Jordan), Neil Napier (Dr. Peter Farragut), Meegwun Fairbrother (Daniel Aerov), Catherine Lemieux (Dr. Doreen Boyle)
Nationalité : Américaine
Genre : Drame, Science-fiction
Statut : En production
Nombre d’épisodes : 13
Format : 42 minutes

Rio 2 : Critique du film

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Rio 2, un film d’animation fun, vif et coloré 

Après, les tribulations d’un mammouth dans L’Age de glace 1, 2 et 3, Carlos Saldanha, le cinéaste brésilien nous entraîne dans ce nouvel opus Rio 2 au cœur de l’Amazonie pour suivre les aventures mouvementées de Blu et ses acolytes !

Les Aras bleus Blu, Perla et leurs 3 enfants Bia, Tiago et Carla vivent dans une réserve à Rio de Janeiro avec le tout confort moderne : ils se brossent les dents, cuisinent des crêpes, regardent la télévision, écoutent de la musique sur leurs ipod…Apprenant l’existence d’autres Aras bleus, nos citadins aux comportements très humains entreprennent le voyage pour découvrir une nature plus sauvage, un choc culturel pour Blu, habitué à la vie des humains et la technologie high-tech.

Dans cette suite, nous retrouvons les amis de Blu, Nico, Pedro, Rafael et Luiz, la grenouille rose Gabi toujours aussi amoureuse et machiavélique accompagnée du cacatoès Nigel courant après sa vengeance mais aussi d’autres personnages comme le père de Perla, Eduardo, le chef de la tribu des Aras sauvages portant fièrement la crête militaire ou encore Roberto un apollon charmeur qui donne des complexes à Blu qui se promène avec son GPS et son couteau suisse…

Rio 2 est aussi porteur d’un message écologique, comme dans la majorité des animations des Studios Blue Sky dont Epic : La Bataille du Royaume Secret. Cet opus cherche à nous sensibiliser, à la déforestation et la protection de la biodiversité…

A travers un univers animé, le réalisateur tente de faire prendre conscience d’un vaste sujet sensible, sans rendre pour autant la sensibilisation lourde. Le message n’est pas envahissant… Rio 2 est d’abord une animation joyeuse, drôle, époustouflante visuellement mâtinée de scènes d’humours qui fonctionnent à merveille. Une réussite graphique aux couleurs chatoyantes, un feu d’artifice mené sur le rythme endiablé de samba et de bosa nova digne des ambiances de Carnaval de Rio.

Une excellente suite avec des personnages attachants voir cocasses, comme ce canari avec une capsule de bouteille sur la tête… Rio 2 est une farandole de couleurs vives, une explosion d’acrobaties aériennes bleues, un beau tableau magique à croquer avec plaisir…

Synopsis : Blu a pris son envol et se sent désormais chez lui à Rio de Janeiro, aux côtés de Perla et de leurs trois enfants. Mais la vie de perroquet ne s’apprend pas en ville et Perla insiste pour que la famille s’installe dans la forêt amazonienne alors qu’ils découvrent que d’autres aras bleus y vivent.

Fiche technique : Rio 2

Réalisation : Carlos Saldanha
Scénario : Jenny Bicks, Carlos Kotkin, Don Rhymer, Jenny Bicks
Interprétation : Jesse Eisenberg/Lorant Deutsch (Blu), Anne Hathaway/Laëtitia Casta(Perla)Jemaine Clement ( Hector), Kristin Chenoweth (Gabi), Rodrigo Santoro (Tulio),Rita Moreno (Tante Mimi), Tracy Morgan (Luiz), Jake T. Austin (Fernando), Andy Garcia (Eduardo), Jamie Foxx (Nico), Rachel Crow (Carla), Leslie Mann (Linda),George Lopez (Rafael), Bruno Mars(Roberto)…
Genre : Animation, Aventure, Comédie
Sortie en salle : 09 avril 2014
Durée : 1h42min
Musique : John Powell
Directeur de la photographie : Renato Falcão
Public : A partir de 3 ans

 

De toutes nos forces, de Nils Tavernier : Critique du film

Le film De toutes nos forces : Un hymne à la vie d’une grande authenticité

A l’origine ce film devait s’appeler (Pour un fils) et lors de la sortie du film le titre change pour devenir (De toutes nos forces), une expression résumant parfaitement cette histoire solaire centrée sur le désir de vivre pleinement. Nils Tavernier revient ainsi 9 ans après Aurore avec Carole Bouquet et François Berléand, avec un long métrage qui ne traite pas du tout le thème de l’handicap mais du regard porté sur ce dernier…De toutes nos forces  met en avant la difficulté d’accepter la différence, avec beaucoup de sensibilité au travers de cette histoire de parent perdu face à  leur enfant cloué sur une chaise roulante.

Dans cette famille l’impact du handicap se traduit par une mère surprotectrice et un père distant, accablé, incapable de communiquer avec son fils, Julien interprété par Fabien Héraud, un adolescent véritablement atteint de paraplégie mais palpitant de vie, et dont le seul désir est de vivre sa vie…

Pourtant, cette famille éclatée va se ressouder autour d’une compétition sportive : l’iron man de Nice, ce père peu causant, remarquablement  joué par Jacques Gamblin, et cet adolescent en quête de liberté vont apprendre à se découvrir mutuellement et s’aimer grâce à une aventure hors du commun.

Forcément, De toutes nos forces est souvent comparé à Intouchable, comédie ou la maladie est traitée avec humour, alors que cet œuvre peint le comportement humain face aux handicaps tout en permettant une autre approche, une autre vision sur ses corps cassés. Bien sûr Julien possède un corps handicapé mais c’est avant tout une vie, un adolescent rayonnant plein d’énergie et c’est ce message sublime qu’il faut saluer, cette force de vivre que son père va regagner au cours de ce périple.

Un beau film plein de pudeur, des paysages splendides pour un moment d’humanité traité avec élégance, émouvant sans jamais tomber dans le pathos. Même si De toutes nos force est un film hyper académique, Nils Tavernier nous offre de la joie, de l’énergie positive, une ode à la vie avec beaucoup d’humour. Un film poignant, d’une grande authenticité, porté par trois acteurs principaux habitant tous avec force et conviction leur personnage, ils ont su nous transmettre l’émotion à fleur de peau sans jamais tomber dans le misérabilisme…

Note : Ce film est inspiré d’un fait réel se déroulant aux Etats-Unis en 2009, celle de la team Hoyt…

Synopsis : Comme tous les adolescents, Julien rêve d’aventures et de sensations fortes. Mais lorsqu’on vit dans un fauteuil roulant, ces rêves-là sont difficilement réalisables. Pour y parvenir, il met au défi son père de concourir avec lui au triathlon « Ironman » de Nice: une des épreuves sportives les plus difficiles qui soit. Autour d’eux, c’est toute une famille qui va se reconstruire pour tenter d’aller au bout de cet incroyable exploit.

Fiche technique : De toutes nos forces

Réalisation : Nils Tavernier
Scénario : Laurent Bertoni, Pierre Leyssieux, Nils Tavernier
Interprétation :Jacques Gamblin (Paul Amblard), Alexandra Lamy (Claire
Amblard), Fabien Héraud (Julien Amblard), Sophie de Fürst (Sophie
Amblard), Xavier Mathieu (Sergio), Pablo Pauly (Yohan), Christelle
Cornil (Isabelle)
Genre : Comédie dramatique
Sortie : 26 mars 2014
Durée : 1h30
Directeur de la photographie : Laurent Machuel
Décorateur : Jean-Michel Simonet
Montage : Yann Malcor
Musique : Bardi Johannsson
Distribution : Pathé Distribution

 

Apprenti Gigolo de John Turturro : Critique du film

Portrait sentimental d’un Apprenti Gigolo

Pour sa septième réalisation, Apprenti gigolo, « Fading Gigolo », John Turturro, comédien à la carrière bien remplie, collaborant régulièrement avec les frères Coen, réalise cette fois-ci un long métrage avec Woody Allen, un fait rare à souligner dans l’un des rôles principaux…Il nous conte sur un ton léger, l’histoire de deux amis, Murray (Woody Allen), libraire désargenté et de son ami, fleuriste Fioravante (John Turturro), le premier devient l’entremetteur mac du second…

Apprenti gigolo a tout de l’hommage à Woody Allen, joliment réalisé avec la ville de New York en toile de fond, la musique jazzy, la photographie aux tons délicats et chaleureux. Malgré le sujet périlleux : la prostitution, John Turturro, fait mouche avec cette comédie douce-amère, émouvante, drôle et pas prétentieuse pour un sous.

Woody Allen est irrésistible dans le rôle du mac qui lui va à la perfection et John Turturro est charmant incroyablement sensible dans ce rôle d’Escort boy un peu timide et amoureux. Quant à Sharon Stone, elle est toujours aussi sulfureuse, elle excelle dans ce rôle de femme mariée à la recherche de nouvelle sensation. Liev Schreiber que l’on peut voir dans la série Ray Donovan créée par Ann Biderman, est plutôt saisissant dans ce rôle de flic déprimé surveillant une veuve Hassidim interprétée par Vanessa Paradis.

Apprenti gigolo est un film écrit pour les acteurs avec des dialogues subtils, parfois profonds et des situations assez cocasses. Un film plus intimiste qu’il n’y parait, derrière son apparence de comédie, cette histoire de gigolo dans la société juive est d’abord un film sur la solitude et le droit de se libérer du carcan des interdits religieux.

Malgré quelques longueurs et un manque de rythme, Apprenti gigolo offre un charmant moment de cinéma dans une atmosphère rétro, de belles images, un beau portrait de personnages, surtout la ville de New-York, un des personnages les plus captivants, filmée avec une rare élégance…

Fiche technique : Apprenti gigolo

Titre originale : Fading Gigolo
Réalisation : John Turturro
Scénario : John Torturro
Interprétation : John Turturro (Fioravante), Woody Allen (Murray), Vanessa Paradis (Avigal), Liev Schreiber (Dovi), Sharon Stone (Dr Parker), Sofia Vergara (Selima), Bob Balaban (Sol)
Sortie en salles : 9 avril 2013
Durée : 1h30
Genre : Comédie
Directeur de la photographie : Marco Pontecorvo
Décorateur : Lester Cohen
Costumes : Donna Zakowska
Montage : Simona Paggi
Musique : Chris Robertson
Producteur : Jeffrey Kusama-Hinte, Bill Block, Paul Hanson
Production : Antidote Films
Distribution : ARP Selection

Noé de Darren Aronofsky : Critique du film

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Aronofsky livre un show apocalyptico-biblique, sauvé du naufrage par la performance de Russell Crowe en Noé, un guide tourmenté et un père borderline

Darren Aronofsky est sans doute un de ses cinéastes à la filmographie variée, après ses deux premiers films Pi et Requiem for a Dream, sorte de long bad trip dans le monde de drogue, The Fountain, un autre trip métaphysique et le magnifique Black Swan. Cinq films marqués par un intérêt pour les tourments de l’âme et du corps, à travers des portraits intimistes de gens dont le sens des réalités s’émoussent et Noé n’échappe pas à cette condition humaine…

Déluge et fin de l’humanité

Noah titre en version originale, un des derniers descendants de la ligne pacifique de Seth, est un végétarien et un nomade, campant sur les collines avec sa femme (Jennifer Connelly) et leurs enfants. Face à cette famille très écolo, la descendance de le lignée de la famille de Caïn, un clan tuant des animaux, cupide, pillant la planète…Leur chef de guerre nommé Tubal-Caïn (Ray Winstone), un être brutal, sournois, qui a assassiné le père de Noé est l’objet idéal d’une vengeance justifiée de Noé ainsi que du jugement divin pleinement méritée.

Le réalisateur Darren Aronofsky aborde des thèmes intéressants dans ce péplum biblique, comme la gestion des ressources, une préoccupation mondiale actuelle, dans ce sens, Noé est une métaphore de notre monde…Noé de Darren Aronofsky est un blockbuster matinée de philosophie et de métaphysique, une vision réécrite de l’histoire de l’Arche de Noé et non l’adaptation d’un récit biblique. Le réalisateur se penche surtout sur le personnage qu’est Noé, en proposant une vision plutôt sombre et inédite du personnage. Blasphématoire probablement pour les croyants, il fallait oser, Noé incarne comme un grand nombre de prophète, la force physique d’abord mais aussi une forte image du patriarche, qui s’interroge sur sa foi à travers un dialogue intérieur…

Face à lui Tubal-Caïn, un être abject au premier abord, mais il a cette énergie passionnée, selon laquelle l’humanité doit être sauvée. Il faut dire que la façon de Noé de voir le sauvetage de l’humanité est ni plus ni moins son anéantissement, un génocide, évidemment cette vision d’un Noé finissant alcoolique n’est pas faite pour plaire à tous.

Pourtant, c’est l’aspect le plus intéressant, les deux hommes sont soumis à la condition humaine, le libre arbitre accordé par un Créateur, qui au final n’accepte pas cette idée, puisqu’il propose tout simplement d’anéantir l’humanité, justement pour avoir fait des choix, malencontreux voir désastreux, mais la solution proposée consiste à provoquer un génocide…

Huis clos aquatique shakespearien

La destruction d’un monde même en phase terminale, desséché, cette mission qu’entend mener Noé à tout prix, fait de ce héros un homme comme les autres, un être soumis à ses traumatismes, à ses doutes, à ses pulsions, même s’il renonce finalement à tuer les jumelles enfantées sur l’Arche par Ila (Emma Watson (Harry Potter) lors d’un huis clos aquatique shakespearien…

arche-noeNoé est un portrait d’hommes tourmentés, aveuglés, qui ne voit pas la possibilité d’une troisième voix, la possibilité d’une autre alternative, une réalité somme toute bien actuelle, puisque toute autre alternative est bel est bien refusée par ceux qui se considèrent comme les puissants de ce monde…

Il faut bien le dire ce film est plus complexe qu’il ne semble de prime abord avec des messages forts suscitant le débat, probablement l’aspect le plus réussit de ce film inégal, mais étonnant par endroitsVisuellement le film est assez laid, mais le côté sombre, qui peut choquer le spectateur, croyant ou non croyant est certainement de ce qui fait de Noé, une fresque fascinante.

Côté casting, Russell Crowe est époustouflant, après Noé, le personnage le plus travaillé est celui de Cham incarné par un Logan Lerman qui fait oublier son rôle de Percy Jackson, puis celui d’Ila interprétée par une émouvante Emma Watson, par contre les personnages de Naameh et Sem manquent d’épaisseur, une mention spéciale pour Anthony Hopkins dans le rôle de Mathusalem, incarnant une sorte de magicien sage…

Côté Musique, Clint Mansell (« Lux Æterna », « Nina’s Dream ») crée un cocktail musicale, avec des sons parfois touchants et des sons accentuant l’ambiance oppressante et lugubre de ce film qui est surtout une réflexion philosophique peu courante sur le genre humain…

Synopsis : Russell Crowe est Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement. »

Fiche technique : Noé

Titre originale : (Noah)
Réalisation : Darren Aronofsky
Scénario : Darren Aronofsky, Ari Handel
Interprétation : Russell Crowe (Noé), Jennifer Connelly (Naameh), Douglas Booth (Sem), Logan Lerman (Cham), Emma Watson (Ila), Anthony Hopkins (Mathusalem), Ray Winstone (Tubal-Caïn)
Genre : Fantastique, Péplum, Aventure
Sortie en salles : 9 avril 2014
Durée : 2h19
Budget : 125 M$
Directeur de la photographie : Matthew Libatique
Décorateur : Mark Friedberg
Costumes : Michael Wilkinson
Montage : Andrew Weisblum
Musique : Clint Mansell
Producteur : Scott Franklin, Darren Aronofsky, Mary Parent, Arnon Milchan
Production : Protozoa Pictures
Distribution : Paramount Pictures France

Captain America : Le Soldat de l’Hiver : Critique du film

Captain America, le soldat de l’hiver : un blockbuster plus sérieux, plus sombre…

Marvel entame la phase 2 de son plan qui se terminera en 2015 avec la sortie de The Avengers 2 et Age of Ultron. Cette phase du plan Marvel continue cette année avec la sortie de Captain America : Le Soldat de l’hiver et prochainement Les gardiens de la galaxie l’un des films les plus attendus, après Iron Man 3 de Shane Black et Thor : Le Monde des ténèbres.

Captain America : Le Soldat de l’hiver se démarque des autres films de l’écurie Marvel, plus sombre, plus adulte et bien plus impressionnant qu’ Iron man 3 et le dernier Thor. Une histoire bien plus creusée, s’orientant vers le cinéma d’espionnage et le thriller politique avec des complots et des trahisons se tramant au sein même du S.H.I.E.L.D.

Les réalisateurs, les frères Russo (Anthony et Joe) bien que n’ayant jamais gérés de blockbusters, ses derniers sont connus pour avoir réalisés (Bienvenue à Collinwood avec George Clooney et Toi, Moi et Dupree), deux comédies hollywoodiennes et des séries comiques, notamment Arrested development et Happy Endings. Pourtant les deux frères livrent un divertissement riche en action enveloppé dans une esthétique et une ambiance vintage.

Dans ce second opus, on retrouve Chris Evans (Snowpiercer) dans la peau de notre héros à la bannière étoilée, Steeve Rogers, un personnage aux valeurs à priori désuètes, décontenancé par ce XXIème siècle, si éloigné du sien. Le focus sur un Captain qui tente de s’adapter à ce monde 2.0 est une idée intéressante, il est à noter d’ailleurs que Captain America : Le Soldat de l’hiver est un film où les personnages sont un peu plus creusés que dans l’opus précédent, conférant de l’intérêt à cette histoire bien plus proche de celle d’un James Bond avec de bonnes questions concernant les menaces pesant sur les libertés individuelles.

Une intrigue dans l’ère du temps, grâce à un scénario bien ficelé mêlant complots et enjeux sociopolitique,  avec un super-méchant  vraiment charismatique, le Soldat de l’Hiver, un personnage complexe, sombre, froid, parfait opposé du Captain America représentant en quelque sorte de la lumière.

Un divertissement pulp, une réalisation fluide portée le casting habituel, avec un Nick Fury (Samuel L. Jackson) toujours aussi badass, la scène d’action avec la voiture est épique, Black Widow (Natasha Romanov, la veuve noire) incarnée par une excellente Scarlett Johansson, que l’on verra bientôt dans Lucy un film de science fiction réalisé par Luc Besson.

Dans ce second opus, s’ajoute à la distribution un Sam Wilson plutôt bien introduit dans le rôle du Faucon (Anthony Mackie), d’autres personnages comme l’Agent 13 Emily VanCamp, l’héroine de la Série « Revenge », dans le rôle de Sharon Carter, sont aussi introduits même si son importance dans Captain America : Le Soldat de l’hiver n’est pas encore aussi majeure que dans les comics.

Mention spéciale à Robert Redford dans le rôle d’Alexander Pierce, une bonne caution pour un film ancré sous le signe des films genre complots des années 70. Quant à Chris Evans, il est bien plus à l’aise que dans le premier Captain America, l’affrontement avec le Soldat de l’hiver (Bucky Barnes / Le Soldat de l’Hiver) incarné par Sebastien Stan est réaliste, ce sont de vrais scènes de combats puissants d’une rare brutalité.

Captain America : Le Soldat de l’hiver est un film réalisé avec intelligence, nuancé, avec de vrais héros qui souffrent et se posent des questions, une profondeur à souligner dans cet univers Marvel. Un bon film avec de beaux combats au corps à corps, des scènes d’actions trépidantes, spectaculaires, des rebondissements et comme à l’accoutumé, une surprise qui se conclut par une scène post-générique qui met l’eau à la bouche…

Synopsis : Après les événements cataclysmiques de New York de The Avengers, Steve Rogers alias Captain America vit tranquillement à Washington, D.C. et essaye de s’adapter au monde moderne. Mais quand un collègue du S.H.I.E.L.D. est attaqué, Steve se retrouve impliqué dans un réseau d’intrigues qui met le monde en danger. S’associant à Black Widow, Captain America lutte pour dénoncer une conspiration grandissante, tout en repoussant des tueurs professionnels envoyés pour le faire taire. Quand l’étendue du plan maléfique est révélée, Captain America et Black Widow sollicite l’aide d’un nouvel allié, le Faucon. Cependant, ils se retrouvent bientôt face à un inattendu et redoutable ennemi – le Soldat de l’Hiver.

Fiche technique : Captain America : Le Soldat de l’hiver

Titre original Captain America : The Winter Soldier
Réalisation : Anthony Russo, Joe Russo
Scénario : Christopher Markus, Stephen McFeely
Interprétation : Chris Evans (Steve Rogers / Captain America), Scarlett Johansson (Natasha Romanoff / La Veuve noire), Sebastian Stan (Bucky Barnes / Le Soldat de l’Hiver), Anthony Mackie (Sam Wilson / Le Faucon), Samuel L. Jackson (Nick Fury), Robert Redford (Alexander Pierce), Cobie Smulders (Maria Hill)…
Genre : Action, Aventure, Science fiction, Thriller
Sortie en salle : 26 mars 2014
Durée : 2h08
Budget : 170 000 000 $
Directeur de la photographie : Trent Opaloch
Décorateur : Leslie A. Pope
Costumes : Judianna Makovsky
Montage : Jeffrey Ford
Musique : Henry Jackman
Producteur : Kevin Feige
Production : Marvel Studios
Distribution : The Walt Disney Company France

 

 

Her de Spike Jonze : critique du film

Her de Spike Jonze : Romance 2.0 dans un univers autistique

Auréolé du meilleur scénario original, Her de Spike Jonze (Max et le Maximonstre et Dans la peau de John Malkovich) sort aujourd’hui dans les salles de cinéma, un des films les plus attendus, accueilli plus que chaleureusement par les journalistes américains. Bâti sur un casting quatre étoiles où figurent l’excellent Joaquin Phoenix, Rooney Mara, Amy Adams, et Scarlett Johansson que l’on découvre uniquement à travers cette merveilleuse voix sensuelle dans le rôle d’une OS, (operating system), programme capable de répondre aux besoins de chacun, le point de départ d’une histoire d’amour dans la réalité augmentée…

Dans un futur proche qui ressemble à notre présent, Theodore Twombly, notre poète ‘new generation’, à la moustache rétro, tombe amoureux d’une SIRI, Samantha, dans un monde où la technologie du virtuel remplace les interactions sociales, les relations humaines, une réalité proche de notre vie actuelle… Dans cette société aux pantalons taille haute, où dans la rue les gens s’ignorent et utilisent la technologie pour communiquer indirectement, Spike Jonze explore les rapports et les sentiments humains.

Spike Jonze signe ici un film à double lecture, celle de la romance 2.0 entre un homme et une compagne virtuelle et celle d’un monde en train de mourir, incapable de communiquer de vivre pleinement, un univers d’êtres dépressifs. La thématique d’une relation particulière entre un humain et Samantha, une intelligence artificielle capable d’émotions humaines, évolue en une Love Story troublante, déconcertante impliquant toute sorte de questions dans notre ère des réseaux sociaux. La relation qui semble parfaite en apparence, pose la question sur ce que représente l’être aimé.

La cyber intelligence, Samantha, interprétée par la voix magnifique de Scarlett Johansson, réussit à donner corps à un personnage virtuel, une intelligence dotée d’une conscience, mais dont la nature n’est pas vraiment explorée. Ainsi Her de Spike Jonze semble être une histoire d’amour atypique, à première vue. Or, la thématique du second temps, celle qui se cache derrière la romance 2.0 est bien plus intéressante. Dans l’univers autistique de cette mégapole colorée et pourtant froide dans laquelle évolue Theodore Twombly, les gens semblent dévitalisés, asociaux, sans énergie vitale, incapables de mordre la vie à pleine dent…

Plus le film avance, plus on se rend compte que Théodore n’est pas le seul à développer une relation 2.0, les rues sont remplies de passants vivant dans une bulle virtuelle, incapable de poser les yeux sur un autre être humain, les oreilles scotchées sur les paroles de voix du nouvel cyber ami, un monde qui n’est pas sans rappeler la société de Solaria, dans Le cycle des Fondations d’Isaac Asimov.

Her est un ovni, malgré ses longueurs, et ses répétitions : cette romance futuriste décrite avec ses avantages et ses inconvénients dans un monde à l’agonie, rappelle par moment le brillant Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Une histoire d’amour sublimée dans des couleurs chaudes par le photographe Hoyte Van Hoytema (prochainement au générique du film Interstellar de Christopher Nolan), ce film qui n’a que les contours de la science fiction, Her parle d’abord de nous, de notre société où la solitude touche profondément les individus dans un monde pourtant connecté…

Même si le long métrage s’essouffle sur la durée, Her est un conte d’anticipation, une dystopie d’une lucidité prodigieuse, un beau tableau effarent sur la solitude à l’ère du numérique, sur une musique aux rythmes lents parfaitement intégrée, fredonnant une certaine « Moon Soong », une bande originale orchestrée par le groupe Arcade Fire et le compositeur Owen Pallett.

Synopsis : Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de ‘Samantha’, une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

Fiche technique : Her

Titre original : Her
Réalisation : Spike Jonze
Scénario : Spike Jonze
Interprétation : Joaquin Phoenix (Theodore Twombly), Scarlett Johansson (Samantha), Amy Adams (Amy), Rooney Mara (Catherine), Olivia Wilde (la fille du rendez-vous amoureux), Chris Pratt (Paul), Matt Lescher (Charles)
Sortie en salle : 19 mars 2014
Durée : 2h06
Genre : Drame, Romance, Science fiction
Directeur de la photographie : Hoyte van Hoytema
Décorateur : K.K. Barrett
Costumes : Casey Storm
Montage : Eric Zumbrunnen, Jeff Buchanan
Musique : Arcade Fire, Owen Pallett
Producteur : Megan Ellison, Spike Jonze, Vincent Landay
Production : Annapurna Pictures
Distribution : Wild Bunch Distribution

 

Son épouse de Michel Spinosa : la critique du film

Une belle année pour Charlotte Gainsbourg, actuellement à l’affiche de « Nymphomaniac » de Lars Von Trier et de « Jacky au royaume des filles«  de Riad Sattouf, l’actrice retrouve son compagnon Yvan Attal dans le 4eme long métrage de Michel Spinosa après « Emmène-moi », « La Parenthèse enchantée » et « Anna M », Son épouse, un drame mêlant spiritualité et fantastique, tourné en grande partie en Inde, le film raconte l’histoire de Joseph (Yvan Attal), inconsolable depuis la mort de sa femme Catherine (Charlotte Gainsbourg), ancienne toxicomane décédée dans des circonstances mystérieuses en Inde.

Michel Spinosa nous embarque dans un voyage au cœur de l’inde où s’entrecroisent les thèmes du deuil et de la possession. Lorsque Joseph se rend à Madras, il y rencontre Gracie (jouée par l’actrice indienne Janagi), une jeune Tamoule persuadée d’être possédée l’esprit vengeur de Catherine (appelé «pey»).

Son épouse est un film centré sur l’histoire d’amour entre Joseph et Catherine, sur leurs relations passionnelles au point de devenir destructrice. A travers les flash-backs sur la vie de Catherine, les zones d’ombres de sa relation compliquée avec Joseph se révèlent sous la lumière de cette Inde aux couleurs vives.

Son épouse est un film sur le cheminement du personnage interprété par Yvan Attal, qui va apprendre à faire son deuil traversant les différentes phases passant du regret au sentiment de culpabilité. Comme le dit si bien Jean Cocteau : « Le véritable tombeau des morts, c’est le cœur de vivants »…

Le cadre exotique de l’inde sert à décliner les affres de l’amour et les cassures amoureuses avec d’autant plus de forces que la rencontre avec une autre culture permet de rétablir la communication entre Catherine et Joseph. Que l’on croit où pas à la réincarnation, envoûtement, cela importe peu, la possession de Gracie par l’esprit de Catherine, permet au couple de prendre le chemin de la réconciliation, de se parler enfin, de révéler ses non-dits, ses secrets qui empoissent l’âme et l’empêchent d’avancer…

Son épouse de Michel Spinosa n’est pas un film avec ses clichés sur l’Inde et sa spiritualité, c’est le voyage d’un homme et d’une femme vers la réconciliation, vers le pardon, la séparation pour commencer à vivre. Un film troublant, magnifiquement interprété, Son épouse offre une issue, un chemin conduisant à la libération des chaines pour Gracie au sens propre et celles que l’on se met soi-même. En se sens la mystique de l’inde rejoint notre monde…

Synopsis : Gracie, jeune Tamoule vivant près de Madras, est victime de troubles du comportement depuis le jour de ses noces : le souvenir de son amie Catherine, disparue dans des circonstances mal élucidées, semble hanter la jeune fille. Joseph, le veuf, époux inconsolé de Catherine, décide de se rendre en Inde pour rencontrer Gracie et, peut-être, au cours de ce voyage, réparer ses erreurs. Car Joseph a beaucoup à se faire pardonner…

Fiche Technique : Son épouse

Réalisation : Michel Spinosa
Scénario : Agnès de Sacy, Michel Spinosa
Interprétation: Yvan Attal (Joseph de Rosa), Janagi (Gracie), Charlotte Gainsbourg (Catherine), Laguparan (Thomas), Mahesh (Anthony), Nirupama Nityanandan (Nandini), Janakiraman Jayakumar (Dr. Anand), Murugan Perasamy (Siluvai)…
Genre : comédie dramatique
Sortie : 12 mars 2014
Durée : 1h47
Directeur de la photographie : Rakesh Haridas
Décorateur : Rembon Balraj, Valérie Valéro
Costumes : Poornima Ramaswamy, Nathalie Raoul
Ingénieur du son : Pierre Mertens, Valérie Deloof, Thomas Gauder
Montage : Ewin Ryckaert
Musique : Sig
Producteur : Patrick Sobelman
Production : Ex Nihilo
Conseiller aux dialogues : S. Ramakrishnan
Distribution : Diaphana Distribution

Note : Ce film s’appuie sur un casting et des techniciens majoritairement indiens.

Monuments Men, de George Clooney : Critique du film

Monuments men est un film inspirée de fait réel, en effet il est basé sur le roman de Robert Edsel, qui narre l’histoire d’une brigade de 7 hommes, essentiellement des conservateurs de musées, des restaurateurs, des historiens américains et européens partis au front récupérer des œuvres d’arts pillés par les Nazis dans l’Europe de 1944, au lendemain du débarquement des Alliés.

«Une génération peut être décimée, ses maisons rasées, elle se relèvera. Mais détruire l’histoire des gens, détruire leurs œuvres, c’est nier qu’ils ont existé. C’est ce que veut Hitler. C’est pour cela qu’on se bat»

Une réflexion de base plus qu’intéressante, sur le rôle de l’art dans nos sociétés, surtout en temps de crises, et c’est Georges Cloney, l’une des figures emblématiques du cinéma hollywoodien qui s’attèle à la tache, nous conter les aventures de ses hommes prêts à risquer leurs vies afin de sauver une part du patrimoine de l’humanité. Un acteur connu pour ses engagements, un casting de choc et une histoire de base plus que passionnante, voilà de quoi rendre cela très alléchant…Monuments men utilise la guerre comme toile de fond, pour montrer l’importance de l’art, la passion de la culture, une noble cause, une quête…

Malheureusement Monuments Men échoue à mettre en image, cette ivresse de l’art, le long métrage n’arrive pas à donner vie aux œuvres d’arts pour en faire un personnage à part entière. Malgré les monologues appuyés prononcés d’une voix grave par Georges Cloney sur l’importance vitale de l’art pour l’humanité, l’objet de son amour reste inerte. Le film n’arrive pas à communiquer cette quête, il ne transmet pas cette émotion vivante, à la différence des seigneurs des anneaux, où l’anneau est rendu vivant, avec tout sa portée symbolique.

Pourtant il y avait de quoi faire, la destruction d’œuvre est la marque de toutes ses idéologies totalitaires cherchant à éliminer les preuves de l’existence de civilisation entière pour imposer leurs idéologies. Ce manque de profondeur d’un film oscillant entre plusieurs genres provoque la déception, l’approche est bien trop scolaire alors que le sujet est d’un grand intérêt. Certes, on retrouve dans ce film, l’esprit bon enfant de ses grands films classiques comme (La Grande Evasion ou Les Canons de Navarone) mais le rythme est trop décousu, l’action trop molle et surtout Monuments Men ne suscite aucune empathie pour les œuvres elles-mêmes, elles sont réduites à des paquets.

La traque, la course se réduit en une enquête sans suspense, sans énergie, George Clooney et son coscénariste Grant Heslov (Good Night and Good LuckThe Ides of March) n’ont pas su exploiter un casting pourtant talentueux, Cate Blanchett, Matt Damon, Bill Murray, John Goodman, Jean Dujardin, que du beau monde… Reste les touches d’humour qui font mouche, et une réflexion sur l’importance de l’art, la place accorder à la place de l’art, après tout une civilisation sans art serait bien fade, sans couleurs…The Monuments Men est un divertissement au ton Léger, nourrie d’une réflexion sur l’art même si le film n’est pas à la hauteur de son ambition.

Synopsis : La plus grande chasse au trésor du XXe siècle est une histoire vraie. Monuments Men est inspiré de ce qui s’est réellement passé. En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats – des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art – se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Mais ces trésors sont cachés en plein territoire ennemi, et leurs chances de réussir sont infimes. Pour tenter d’empêcher la destruction de mille ans d’art et de culture, ces Monuments Men vont se lancer dans une incroyable course contre la montre, en risquant leur vie pour protéger et défendre les plus précieux trésors artistiques de l’humanité…

 Fiche technique : Monuments Men

Titre original : The Monuments Men
Scénario : George Clooney,Grant Heslov
D’après le livre de : Bret Witter,Robert M. Edsel
Réalisateur : George Clooney
Genre : Historique, guerre, aventure
Casting : George Clooney (Stokes), Matt Damon (Granger), John Goodman (Garfield), Bill Murray (Campbell), Jean Dujardin (Jean-Claude), Dimitri Leonidas (Epstein), Bob Balaban (Savitz), Cate Blanchett (Claire), Hugh Bonneville (Jeffries)…
Sortie en salles : 12 mars 2014
Nationalité : USA
Durée : 1h58
Budget : 70 millions $
Montage : Stephen Mirrione
Photographie : Phedon Papamichael
Musique : Alexandre Desplat

How I Live Now (Maintenant c’est ma vie) de Kevin Macdonald : Critique du film

How I Live Now, un road movie initiatique

Tout commence par l’arrivée de Daisy, (interprété par la jeune actrice de 19 ans, Saoirse Ronan que l’on a vu voir dans les âmes vagabondes et Hanna) une jeune adolescente, au look un brin gothique et quelque peu hautaine chez ses cousins anglais, qui vivent dans une grande maison désordonnée en pleine campagne. Peu à peu la vie de ses enfants livrés à eux-mêmes, dormant sous les étoiles, se nourrissant de chasse et de pêche et profitant pleinement de la campagne alentour dans le rire et la joie touche l’adolescente vulnérable, qui va aussi vivre ses premiers émois avec l’aîné de ses cousins, Eddie.

Un bonheur bucolique, une vie hippie, libre souligné par une magnifique photo, une parenthèse enchantée quand brusquement éclate la 3ème guerre mondiale. En effet une bombe nucléaire explose à Londres marquant le début d’un bouleversement pour ses enfants que des soldats vont séparer en les envoyant dans un camp. Daisy et Piper, sont emmenées dans un camp alors que les deux garçons, Isaac et Eddie, dans un autre, les filles se libèrent et jurent de tout faire pour retrouver les garçons.

A partir de ce moment, le ton du film change pour devenir très proche de celui des Fils de l’homme ou de La Route, les protagonistes deviennent les témoins de la troisième guerre mondiale dans une atmosphère réaliste, par petite touche, sans en rajouter cette catastrophe devient une partie intégrante du récit. C’est là que l’on se rend compte que le cinéaste Kevin Macdonald maitrise la construction des univers, l’angoisse, le caractère glaçant, lugubre est peint avec maestria. Les conséquences de l’horreur se traduisent pas des séquences comme celle du nuage de poussière, les comprimés qui doivent être utilisés pour désinfecter toute l’eau potable…Une immersion naturelle, sans montrer de grands combats, les sentiments provoqués chez le spectateur devant cette violence est d’autant plus angoissante, un réalisme d’une justesse incroyable qui prouve que l’on peut faire des films post-apocalyptiques sans avoir besoin d’en rajouter.

La guerre est filmée comme une ombre menaçante, d’images aux couleurs saturées, on passe dans la seconde moitié à des couleurs plus sombres…La vision du conteur Kevin Macdonald consiste à utiliser le cadre d’une monde post-apocalyptique, pour narrer un parcours initiatique, en articulant son film autour de la fragile Daisy Piper.

How I Live Now est récit filmé comme un road movie initiatique sur l’enfance/ l’adolescence d’une sombre poésie, sans concession, audacieux, même si de grosses zone d’ombres existent dans le scénario, notamment concernant les attaques soudaine, ce long métrage est une réflexion sur notre monde, une métaphore passée par l’amplificateur de la 3ème guerre mondiale.

Un beau film étrange, mélancolique porté par un casting délivrant une prestation plus que convaincante, une photographie léchée et une belle bande originale avec notamment des chansons du groupe de folk rock Fairport Convention, Daughter ou encore Natasha Kahnaka Bat For Lashes, une musique qui tel un écho enveloppe l’ambiance onirique et cruelle de ce film..

Synopsis : Daisy, une adolescente new-yorkaise, passe pour la première fois ses vacances chez ses cousins dans la campagne anglaise. Rires, jeux, premiers émois… Une parenthèse enchantée qui va brutalement se refermer quand éclate sur cette lande de rêve la Troisième Guerre Mondiale…Pour son onzième long métrage, Kevin McDonald, et après le succès du film Le Dernier Roi d’Ecosse adapte le roman  de Meg Rosoff, « How I Live Now », traduit en français par  « Maintenant c’est ma vie ».

Fiche technique : How I live Now

Titre français : Maintenant c’est ma vie
Titre original : How I Live Now
Réalisateur : Kevin Macdonald
Scénario : Jeremy Brock, Tony Grisoni
Casting : Saoirse Ronan: Daisy, George MacKay: Eddie, Tom Holland: Isaac, Anna Chancellor: Aunt Penn, Danny McEvoy: Joe, Jonathan Rugman: journaliste, Darren Morfitt: Sergent, Anna Chancellor: Tante Penn
Genre : Action, Drame, Science fiction
Durée : 1h46
Sortie en salle : 12 Mars 2014
Nationalité : Britannique
Musique : Jon Hopkins
Photographie : Franz Lustig
Montage : Jinx Godfrey
Décors : Jacqueline Abrahams

 

True Detective : Une musique grandiose pour une série phénoménale

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True Detective saison 1 : Chronique musicale d’une série phénomène

A l’origine du projet de la série True Detective, il y a un jeune écrivain Nic Pizzolatto (embauché par AMC pour écrire plusieurs épisodes de The Killing), auteur d’un recueil de nouvelles The Atlantic Monthly, Ghost-Birds et Between here and the yellow sea et d’un premier roman Galveston, encensé par la critique et distingué en France par le prix du meilleur roman étranger en 2011. Un écrivain talentueux, dans la lignée d’un James Ellroy, capable de créer de mettre en image non seulement une atmosphère mais aussi de dévoiler les ténèbres de l’âme des hommes dans ceux qu’elle a de plus violent.

True Detective est un véritable chef d’œuvre, lyrique, philosophique, et comme toute grande série digne de ce nom, la musique est toute aussi hallucinée que l’interprétation de Matthew McConaughey (fraîchement oscarisé pour son rôle dans Dallas Club Buyers) du détective Rust Cohle, alias « le percepteur ». Un inspecteur persuadé que « la conscience humaine est un écart tragique de la nature ». Face à lui, le génial Woody Harrelson incarne l’inspecteur Marty Hart, un père de famille en apparence, le modèle de l’américain moyen… Nos deux détectives tourmentés sont affectés sur une affaire de meurtre à caractère rituel. Une jeune prostituée est retrouvée dans un champ de cannes à sucres, mise en scène par le tueur nommé « The Yellow King » dans une position de prière et sur sa tête, une étrange couronne de bois de cerfs…
Réalisé par Cary Fukunaga s’ouvre sur un générique de toute beauté un titre du groupe The Handsome Family intitulé «Far From Any Road» (extrait de l’album Singing Bones)

C’est au musicien compositeur producteur T-Bone Burnett récompensé d’un Academy Award pour la meilleure chanson originale « The Weary Kind (Theme from Crazy Heart)» à qui revient la charge de superviser le choix musical sur la série True Detective. Une musique à la hauteur de la profondeur des caractères, évoquant un monde rempli de ténèbres avec ses chants funèbres, des ballades entêtantes, des musiques folks à l’état brut de John Lee Hooker, Blind Uncle Gaspard et CJ Johnson. Tout au long de cette première saison épique, dont le 8ème épisode, le final est diffusé ce soir sur HBO ce dimanche 9 mars 2014, la musique a été un de ses ingrédients remarquables accompagnant avec maestria nos deux détectives dans une Louisiane moite au rythme des bayous.Commençons par découvrir les pépites musicales du premier épisode.

Episode 1 The long bright dark

Young Men Dead – The Black Angels, un groupe dont des chansons ont été reprises pour la série Californication.

Episode 2Seeing Things

« Train Song » par Vashti Bunyan accompagne la scène ou Cohle et Hart découvre la fresque peinte dans l’église ou encore Steve Earle avec Meet Me InThe Alley.

Episode 3 The Locked Room

Does My Ring Burn Your Finger par Buddy Miller.

Episode 4Who Goes There

A History of Bad Men par Melvins diffusé lors de la scène ou Rust entre dans un bar de motards, du métal brut à plein volume hurle pendant que les voyous s’amusent dans une piscine, un son animal…Honey Bee (Let’s Fly to Mars) – Grinderman, la bande de Nick Cave éclate lors de la finale grandiose de l’épisode 4, un fabuleux plan de six minutes, certainement l’une des meilleures scènes jamais vu dans une série.

Episode 5 The Secret Fate of All Life

Clear Spot par Captain Beefheart, ce musicien est considéré comme l’un des plus grands musiciens de tous les temps, et sa chanson « Clear Spot » fonctionne parfaitement dans une scène où Rust Cohle passe au crible les photos de femmes assassinées pour son enquête. Bosnian Rainbows – Eli est une autre composition qui vaut la peine d’être écouté sur cet inoubliable épisode.

Episode 6 – Haunted Houses 

   

Kingdom of Heaven par The 13th Floor Elevators ou encore Cassandra Wilson – Sign of the Judgement qui clôture l’épisode 6 de True Detective. Signalons également la présence d’une vraie chanson d’amour loin des niaiseries habituelles interprétée par Father John Misty : Every Man Needs a Companion.

Episode 7 After You’ve Gone

Lors de la scène ou Maggie apparaît soudain dans le bar ou Rust travaille, on peut entendre Did she jump or was she pushed par Richard et Linda Thompson. Pour le final de l’épisode 7, quand la caméra surplombe un cimetière, la voix d’un chanteur au destin tragique, Townes Van Zandt, avec Lungs dont voici les paroles, une musique à découvrir…

Paroles : « Well, won’t you lend your lungs to me? Mine are collapsing Plant my feet and bitterly breathe Up the time that’s passing. Breath I’ll take and breath I’ll give Pray the day ain’t poison Stand among the ones that live In lonely indecision. Fingers walk the darkness down Mind is on the midnight. Gather up the gold you’ve found You fool, it’s only moonlight. If you try to take it home. Your hands will turn to butter. You better leave this dream alone. Try to find another. Salvation sat and crossed herself Called the devil partner Wisdom burned upon a shelf Who’ll kill the raging cancer. Seal the river at its mouth Take the water prisoner. Fill the sky with screams and cries Bathe in fiery answers Jesus was an only son And love his only concept. Strangers cry in foreign tongues And dirty up the doorstep And I for one, and you for two Ai’nt got the time for outside Just keep your injured looks to you We’ll tell the world we tried »

Une série qui sort des sentiers battus, comme sa musique, un choix qui devrait faire réfléchir les entreprises de l’Entertainment adepte d’une culture bas de gamme et d’uniformisation…La chronique musicale se termine sur le chapitre 8 Form and Void ce qui est bien sûr la façon dont le livre de la Genèse commence And the earth was without form, and void; and darkness was upon the face of the deep. Traduit en français par La terre était sans forme (ou chaos) et vide et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’Esprit de Dieu se mouvait (ou planait) sur la surface des eaux

True Detective, découvrez une vidéo de l’épisode 8 final, de la saison 1

La saison 2 ne verra ni les mêmes acteurs ni le même réalisateur, comme pour House of Cards, American Horror History afin de garder une qualité constante. Nic Pizzolatto est déjà entrain d’écrire le second opus, qui espérons le sera aussi bon que le premier même si la deuxième saison ne verra pas Matthew McConaughey et Woody Harrelson. Pour plus d’information sur le visuel,  le graphisme de la série vous pouvez consulter le site spécialisé Art of the Title