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Whiplash, un film de Damien Chazelle: Critique

 [Critique] Whiplash

Synopsis : Andrew, jeune batteur  au talent insoupçonné a l’ambition de devenir le prochain Charlie Parker. Terence Fletcher, le professeur le plus réputé de son école de musique, lui fait intégrer son groupe. Pour devenir meilleur musicien, Andrew doit surmonter l’humiliation, le sadisme et la manipulation de Fletcher.

Sang, sueur et larmes : la torture mélomane

« Not my quite Tempo » : cette phrase va vous hanter
Sang, sueur et larmes. Voilà à quoi s’attendre en s’immergeant dans Whiplash sur fond de rythme déchaîné de caisses et de cymbales. Pour son second film, Damien Chazelle, le réalisateur américain d’origine française a su trouver le bon tempo de la torture mélomane. Il s’inspire de sa propre expérience en tant que batteur pour réaliser ce film, très bien orchestré. Avant même d’être en salle, ce film a été récompensé au Sundance 2014, Deauville 2014 et a reçu un standing ovation au Festival de Cannes 2014 pour la catégorie « Quinzaine des Réalisateurs ».

Un montage et une réalisation orchestrés
Damien Chazelle, est parvenu à traduire l’univers musical du Jazz à travers la caméra. Avec une manière chirurgicale de découper et monter les scènes, en totale accord avec les performances musicales. On ressent cette alliance amoureuse de la musique à l’image, ainsi que cette volonté de lui rendre corps. Il donne du mouvement au rythme, avec des travelling latéraux sur les musiciens, ces gros plans sur les partitions et les instruments. L’immersion au chœur du groupe musical est telle que l’on devient plus que simple spectateur, mais nous-même maîtres d’orchestre battant le tempo.

Relation maître/apprenti très masochiste
Le récit nous montre cette relation mentor/élève qui devient rapidement celle d’un bourreau et sa victime. Le réalisateur dit même s’être inspiré particulièrement de film de guerre et non de films sur le jazz, pour mieux représenter ce lien entre chef et élève. Full Metal Jacket de Stanley Kubrick devient l’exemple le plus approprié pour dépeindre cette dévotion empoisonnée d’Andrew à Fletcher.

J.K. Simmons interprète avec brio cette figure despotique. Crâne chauve mis en lumière, ridules exacerbés et corps parfaitement athlétique ; il incarne cette autorité tranchante et ambiguë L’acteur a lui-même suivi des études qui le destinait à devenir compositeur. Le personnage de Terence Fletcher est donc difficile à cerner, sous sa poker face de génie, il pousse à bout, torture ses élèves pour les élever au-delà de ce que l’on attend d’eux. Ce professeur représente parfaitement le tyran, surgissant toujours de manière inattendue dans le cadre, aux répliques cinglantes, et à la personnalité difficile à cerner. Presque vu de manière inhumaine et mécanique, il va jusqu’à encenser la souffrance physique du jeune Andrew. Avec des plans serrés sur ces visages crispés, ces muscles tendus et ces gouttes de sueurs que l’on ne peut discerner de ces larmes, le spectateur ressent la douleur autant que la fierté d’Andrew.

Quant à Miles Teler, jeune révélation depuis Divergente et The Spectacular Now, il se surpasse pour Whiplash. Pratiquant la batterie depuis ses 15 ans, il joue réellement lors des scènes de solo. C’est donc bien son sang qui est versé et de véritables ampoules que l’on voit crever sous nos yeux. Le personnage d’Andrew, en recherche désespérée d’attention et d’approbation, rentre alors dans ce cercle pervers d’humiliation et de torture physique pour se faire accepter par Fletcher. Il s’impose d’être le meilleur, dans une cadence inhumaine de répétition, prêt à mourir pour mériter sa place de batteur officiel. Dans la scène de performance finale, les deux personnages sont en osmose dans le cadre, avec un jeu d’échange de regard, digne d’un match de tennis qui décrit parfaitement leur relation compétitive. Ils deviennent également liés dans le récit, à travers leur montagne russe, du succès à la déchéance.

Le succès au gout du sang
On adhère, ou pas, face à ce discours sur la réussite, prouvant qu’en nous donnant corps et âme dans notre but, notre passion, jusqu’à même sacrifier notre entourage, on parvient au succès. Mais ce mérite reste tout de même fragile, comme le montre le film dans un véritable jeu du chat et la souris entre Fletcher et Andrew. Avec l’intérêt du professeur qui peut alors passer d’un élève à l’autre, dans un but de stimulation de la compétition chez Andrew. Le récit dépeint cruellement la réalité du milieu du show business où le succès est éphémère. Au bon vouloir, de ce Dieu du Jazz, Andrew détient les baguettes, comme objet de torture, puis perd ce titre.

Film de Jazz moderne
Au delà du discours sur le succès, le film nous plonge dans l’univers doucereux et rythmé du Jazz. Avec cette esthétique dorée, brune et noire, la lumière donne aux instruments dorés un contraste avec le fond obscur des salles de concert, ce qui augmente cette ambiance à la fois électrique et rassurante.

Avec un regard très actuel, la question de l’héritage du jazz se pose face au désenchantement de ce genre musical. Le film alors prend notre âme musicale aux tripes, accélère notre rythme cardiaque vibrant au tempo des caisses. Jusqu’à la dernière scène, d’apothéose, on est soulevé. Le rythme de notre souffle se fait en accord avec celui du montage. Tout du long, on est mené à la baguette, sans jamais être confortablement installé. On finit à bout de souffle et c’est ce qui fait la beauté du film.

Le film est un une réussite tant filmique que musicale, réinventant le film sur le jazz. Avec une performance merveilleuse des acteurs, et une œuvre étonnamment bien orchestrée par Damien Chazelle, Whiplash sublime nos sens et désynchronise notre myocarde.

Whiplash : Bande-annonce (VOSTFR)

Whiplash : Fiche Technique

Réalisateur : Damien Chazelle
Scénariste : Damien Chazelle
Interprétation : Miles Teller (Andrew), J.K. Simmons (Fletcher), Paul Reiser (Jim), Melissa Benoist (Nicole), Austin Stowell (Ryan), Nate Lang (Carl)
Directeur de photographie : Sharone Meir
Musique : Justin Hurwitz
Montage : Tom Cross
Producteurs : Jason Blum, David Lancaster, Helen Estabrook…
Production : Bold Films, Blumhouse Productions, Right of Way Films
Genre : Drame, Musicale
Durée : 1h 47min
Date de sortie : 24 décembre 2014

Etats-Unis – 2014

Comment tuer son boss 2 : critique du film

Critique Comment tuer son boss

Synopsis : Lassés de devoir se plier aux consignes de leurs supérieurs, Nick, Dale et Kurt décident de monter leur entreprise pour ne plus avoir de patrons. Mais un investisseur habile les prive soudain de capital. Sans ressources, ni recours juridique, nos trois apprentis entrepreneurs mettent au point un plan foireux, consistant à kidnapper le fils de l’investisseur et à exiger une rançon afin de pouvoir reprendre le contrôle de leur entreprise.

Un bon trio dans une suite financière

Après Dumb and Dumber De, la comédie US nous livre une nouvelle suite, Comment tuer son boss 2, à la différence qu’il ne s’est pas écoulé 20 ans pour qu’elle voit le jour, mais seulement 3 ans. Comment tuer son boss avait surpris en s’imposant au box-office, mais à première vue, une suite n’avait pas lieu d’être. De ce fait, l’inévitable question se pose: cette suite est-elle artistique ou financière ?

La réponse est facile, la motivation est purement financière. Le film a peu d’ambition et ressemble à un copier/coller. Les différences sont minimes, on remplace Colin Farrell par Chris Pine, Kevin Spacey par Christoph Waltz et le meurtre, par un kidnapping. La recette marchait bien dans le premier épisode, beaucoup moins cette fois-ci.

La principale qualité du film est son casting. Le trio Jason Bateman, Charlie Day et Jason Sudeikis, fonctionne toujours aussi bien. Mais c’est aussi son défaut. La faute à la trop grande liberté qui leur est offerte, en improvisant régulièrement sous la caméra de Sean Anders, le point très faible de l’ensemble.

Sean Anders remplace Seth Gordon à la réalisation, on lui doit le long et ennuyeux Crazy Dad avec Adam Sandler et Andy Samberg en 2012. C’est aussi un scénariste peu inspiré, ne faisant jamais preuve de finesse et se contentant de taper sous la ceinture. On lui doit aussi le scénario de Dumb and Dumber De, dont on retrouve les mêmes faiblesses : manque de rythme, de personnages forts et de scènes inoubliables.

Même si Jennifer Aniston est toujours aussi irrésistible, Sean Anders a surtout eu envie de lui faire dire le plus d’insanités possibles, sans penser à construire, à justifier ses envolées verbales, certes jouissives, mais tombant au final à plat. Il en est de même avec Kevin Spacey et Christoph Waltz, deux personnages pour un même rôle. En n’innovant pas, on se retrouve avec ces deux acteurs talentueux sous-utilisés, devant se débrouiller avec des miettes. Pire encore, le cas Jamie Foxx, n’apportant plus grand chose, semblant être juste là pour cachetonner. Enfin Chris Pine, digne successeur de Colin Farrell, mais qui a plus d’importance, transformant le trio en quatuor, le seule vraie nouveauté d’un film qui ronronne et se regarde le nombril, en espérant que le tiroir-caisse se remplisse sur le souvenir du premier épisode.

Comment tuer son boss 2 tente d’écorner le rêve américain, avec le mythe du self made man, en faisant preuve de cynisme. Mais cela reste léger et surtout, en prenant l’apparence de Christoph Waltz, un acteur allemand naturalisé autrichien, elle n’assume pas jusqu’au bout, son semblant de critique sur le capitalisme sauvage américain. Ce semblant de critique sociale, sert juste d’excuse pour lancer le trio dans une nouvelle aventure rocambolesque, qui était inévitable et donc trop prévisible.

Ce fameux trio, a beau resté l’attraction principale du film, ils n’en restent pas moins en deçà, de leurs performances dans le premier épisode. Jason Sudeikis étant la principale victime de la présence de Chris Pine, qui vampirise la complicité de ces trois-là. Ils sont en roue libre, Charlie Day enchaînant les crises et les bourdes avec talent, entraînant avec lui ses deux acolytes, dans un concours de stupidités, parfois amusantes et souvent fatigantes. Il n’en reste pas moins, que son abattage permet de rendre l’ensemble moins indigeste, sauf si on est allergique à son talent comique, mais si vous en êtes fan depuis It’s always sunny in Philadelphia, il continuera de vous enthousiasmer. Il en va de même pour Jason Bateman, plus sobre, dans un rôle proche de celui dans Arrested Development, en étant celui qui semble être un peu plus réfléchi, mais juste un peu.

Après son succès surprise, une suite était inévitable. la réussite n’est malheureusement pas au rendez-vous, en n’offrant qu’une resucée sans originalité, le film y perd de sa folie et spontanéité. C’est un film de potes, à voir entre potes, comme Dumb and Dumber De, This is the end ou 22 Jump Street, ce n’est pas désagréable, on passe malgré tout un bon moment, juste un bon moment.

Bande annonce VOST Comment tuer son boss 2

Fiche technique : Comment tuer son boss 2

Horrible Bosses 2
USA – 2014
Réalisation : Sean Anders
Scénario : Sean Anders et John Morris
Distribution : Jason Bateman, Charlie Day, Jason Sudekis, Jennifer Aniston, Chris Pine, Jamie Foxx, Christoph Waltz, Kevin Spacey et Jonathan Banks
Musique : Christopher Lennertz
Photographie : Julio Macat
Montage : Eric Kissack
Producteurs : Brett Ratner et Jay Stern
Sociétés de production : New Line Cinema et Rat Entertainment
Société de distribution : Warner Bros
Durée : 108 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie française : 24 décembre 2014

Charlie’s Country, un film de Rolf de Heer : Critique

Critique Charlie’s Country:

 Synopsis : Charlie est un ancien guerrier aborigène. Alors  que le gouvernement amplifie son emprise sur le mode de  vie traditionnel de sa communauté, Charlie se joue et déjoue des policiers sur son chemin. Perdu entre deux cultures, il décide de retourner vivre dans le bush à la manière des anciens. Mais Charlie prendra un autre chemin, celui de sa propre rédemption.

This land is mine  

Dans la lignée de Ten Canoes, un autre film de Rolf de Heer présenté à Cannes en 2006, Charlie’s Country est un film thématique sur les aborigènes d’Australie qui ne va pas dévier de son propos du début à la fin. C’est sa force et sa faiblesse. Lorsqu’ils sont dans le bush, les aborigènes sont silencieux, taiseux, en communication profonde avec la nature, et si l’on veut comme Rolf de Heer, raconter une fiction sur cette base, l’aventure peut devenir rapidement compliquée.

Retrouvant David Gulpilil une nouvelle fois, l’iconique aborigène qui a joué dans certains de ses films, Rolf de Heer co-écrit cette fois-ci avec lui le scénario : cette histoire de Charlie, dans laquelle l’acteur a mis beaucoup de sa propre histoire. Cette histoire relate la difficulté de Charlie et de son peuple à trouver leur place dans une société anglo-australienne qui n’est pas la leur, alors que leur mode de vie ancestral n’est plus accessible.

Charlie vit seul, ne souhaitant pas se soumettre à la promiscuité engendrée par l’indigence des logements octroyés par le gouvernement. Il ne semble pas avoir d’activité connue, si ce n’est d’être « tracker » pour le compte de la police locale, en mettant sa connaissance parfaite du bush au service de la loi pour traquer les délinquants de tous genres. Il est même vaguement ami avec Luke, l’un de ces policiers, dans une sorte de relation d’amour haine, d’incompréhension mutuelle, (le « Black bastard » répondant à un « White bastard » en guise de salutations en disant peut-être plus long qu’une simple blague potache).

Vivant en marge de la société, il fait l’effort de s’y conformer en demandant un logement qu’on lui refuse, sur sa propre terre comme il dit. Partant à la chasse avec son ami, il se fait confisquer armes et gibier. Se sentant pris au piège de cet entre-deux inconfortable, dans ce no man’s land peu accueillant, il se radicalise et retourne vivre dans le bush comme ses ancêtres.

Présenté dans la section « Un Certain Regard » du festival de Cannes 2014, Charlie’s Country est porté par l’interprétation de David Gulpilil, récompensé du prix du meilleur acteur. Dans quasiment tous les plans, il a le regard intense et mystérieux d’une personne habitée. Habitée dans le début du film par l’indignation et la colère, la colère face à ce qu’il vit comme une spoliation de sa terre et de ses droits. Quand il part dans le bush au contraire, le voilà, seul, semblant en paix avec lui-même, avec les chants des oiseaux et des insectes comme seul environnement sonore, pêchant le barramundi à la lance et le cuisant au feu de bois, dans une sorte d’allégresse qu’il souhaite partager avec le poisson lui-même. Le regard d’un personnage et surtout d’un acteur qui semble nous inviter à pénétrer à travers lui dans une partie enfouie de lui-même.

Le film met clairement en exergue le point de vue des aborigènes, la condescendance des blancs à leur égard, et les ravages de l’assimilation forcée dont ils font l’objet depuis 200 ans. Avec l’alcool, cette « rivière d’alcool » comme disent les politiciens australiens en place,  l’alcool comme origine et finalité de tout. Charlie lui-même y succombe au soir de sa vie, comme un pied-de-nez adressé à ces « autres » australiens qui veulent le dépouiller de sa vie, de lui-même. Ces autres australiens, qui prennent soin de lui aussi, quand c’est nécessaire.

Charlie’s Country est simple et linéaire. La nature même de l’histoire de Charlie veut ça, une vie sans histoire, une vie comme en sidération, due à un choc violent pour cet homme issu d’un peuple tribal et pluri-millénaire, jeté violemment dans une culture occidentale incompréhensible, dont à ce jour les aborigènes ne se remettent toujours pas. De là résulte une certaine langueur qui nuit au rythme du film. Il n’est pas non plus filmé de la manière la plus adroite : ainsi, des scènes se répètent en boucle sans apporter la moindre plus-value au déroulement de l’histoire. Plutôt que de rehausser son propos, ces scènes répétitives au contraire affadissent et diluent le contenu de son film.

Mais au-delà de la forme, le fond de Charlie’s Country incite le spectateur à se poser au moins le temps du film, pour épouser les difficultés de cette communauté aborigène dans sa vie quotidienne. Rolf de Heer montre les blancs et les noirs dans leurs conditions respectives, sans animosité ni envers les uns, ni envers les autres, tel ce médecin de Darwin qui soigne Charlie d’un problème pulmonaire, et qui lui demande la permission de l’appeler uniquement Charlie, car dit-il, il n’a pas l’habitude avec « ces noms étrangers », en parlant du patronyme aborigène de l’autochtone Charlie… Une scène qui résume tout, la bonne et la mauvaise foi dans la même personne, l’incompréhension qui ne peut qu’exister entre deux parties de la population qui se sentent autant australiennes l’une que l’autre.

Charlie’s country est un film émouvant qui pêche cependant par un manque de nerf dans la mise en scène. La performance de son acteur principal qui parvient à nous emmener dans son univers aborigène mérite pourtant plus qu’un détour.

Charlie’s Country de Rolf de Heer – bande-annonce

Fiche Technique : Charlie’s Country

Titre original : Charlie’s Country
Réalisateur : Rolf de Heer
Genre : Drame
Année : 2014
Date de sortie : 17 Décembre 2014
Durée : 108 min.
Casting : David Gulpilil (Charlie), Peter Djigirr (Black Pete), Luke Ford (Luke)
Scénario : David Gulpilil, Rolf de Heer
Musique : Graham Tardif
Chef Op : Ian Jones
Nationalité : Australie
Producteur : Peter Djigirr, Rolf de Heer, Niels Erik Nielsen
Maisons de production : Bula’bula Arts Aboriginal, Vertigo Productions
Distribution (France) : Nour Film

 

Kingdom, saison 1 : critique de la série

Critique Série Kingdom

Synopsis : L’histoire de la famille Henderson qui tient un club de karaté mixte dans le quartier de la Navy à Venice en Californie.

De bruit et de fureur 

En 2011, FX lance Lights out, une série avec en toile de fond, l’univers de la boxe, annulée au bout d’une saison, malgré sa qualité, mais l’audience n’était pas au rendez-vous. En 2013, Showtime mettait à l’antenne, une série fortement influencée par Lights out, avec de nouveau la boxe, une famille dysfonctionnelle, mais avec en tête d’affiche Liev Schreiber, plus charismatique et reconnu que Holt McCallany. Le succès est cette fois-ci là, ouvrant la porte à Kingdom, la première série originale de Direct TV.

Kingdom reprend les mêmes ingrédients : un univers viril et violent; mais avec le MMA (Mixed Martial Arts) à la place de la boxe, dans un contexte familial compliqué. Mais à première vue, le casting est moins impressionnant. Dans Lights out, Stacy Keach était la figure paternelle, un homme veuf, en proie à l’alcool. Dans Ray Donovan, on retrouve Jon Voight sortant de prison, un arnaqueur dénué de conscience, honni par son fils Liev Schreiber.

Ici, on retrouve Frank Grillo, découvert dans le film Warrior (2011), au sujet similaire à la série. Un acteur physique, ancien boxeur amateur, une gueule que l’on retrouve dans Captain America 2 et American Nightmare 2 (2014). Il est plus proche d’Holt McCallany, que de Stacy Keach et Jon Voight. Un nom pas encore reconnu, mais qui porte sur ses épaules cette création de Byron Balasco.

Le créateur Byron Balasco a déjà plusieurs séries à son actif, en tant que scénariste : Huff, FBI-portés disparus, FlashForward, Happy Town et Detroit 1-8-7, puis en tant que créateur : Westside et donc Kingdom. C’est fort de ses nombreuses expériences, qu’il se lance dans ce drame familial.

Une série à l’atmosphère sombre, aux personnages torturés, où les corps sculptés cachent des blessures plus profondes, que la violence des coups reçus, à l’entrainement, et dans la cage. Cette cage, élément central ou la rage et frustration de chacun s’exprime, tels des animaux emprisonnés attendant que le gibier y pénètre, pour une mise à mort digne d’un corrida. Cette violence contenue, refoulée, ressortant parfois sous l’influence de l’alcool, délie aussi les langues, et est souvent plus percutante, qu’une droite à la mâchoire.

C’est dans cet univers, que débarque Ryan Wheeler (Matt Lauria), ancienne star de MMA, avant de péter les plombs et de passer 4 ans en prison. Un homme plus proche de l’animal, le loup dans la bergerie, celui qui va mettre à mal l’équilibre fragile dans la salle, mais surtout dans le couple Alvey Kulina (Frank Grillo) et Lisa Prince (Kiele Sanchez), son ex. Alvey Kulina devant aussi composer avec sa difficulté d’être père, auprès de ses deux fils Jay Kulina (Jonathan Tucker) et Nate Kulina (Nick Jonas). Le premier est un talentueux combattant de MMA, mais une tête brûlée, tout le contraire du second, en pleine ascension, au calme apparent. Ils suivent les pas de leur père, ancien champion de MMA. Un héritage lourd à porté, surtout avec un autre retour, celui de leur mère Christina Kulina (Joanna Going), devenue une prostituée et toxicomane.

La qualité de la série, tient par sa réalisation, caméra à l’épaule, collée aux visages et aux corps, en style documentaire, avec une lumière et une photographie réussies. A son casting, où chacun semble porté l’autre vers le haut, d’abord par le biais d’une métamorphose physique impressionnante. Matt lauria en tête, inoubliable Luke Cafferty dans Friday Night Lights. Jonathan Tucker, un habitué des séries avec The Black Donnellys, Ro et Parenthood. Nick Jonas, ancien membre du groupe de pop-rock Jonas Brothers. Ces trois acteurs réussissent à faire oublier leur passé et à camper des combattants de MMA crédibles. Leurs performances sont impressionnantes, mais elles ne sont pas seulement physiques, Kingdom reste avant tout un drame, même si des combats réalistes et bien chorégraphiés, ponctuent certains épisodes. Dans ce monde d’hommes, o* règne aussi Frank Grillo. les femmes ne sont pas en reste, Kiele Sanchez faisant doucement oublier son joli minois, devenant tout aussi dure, qu’eux. Joanna Going, en mère démissionnaire, aux rapports ambigus avec son mari et ses enfants.

Une famille qui semble emprisonnée dans ce milieu, comme Matt Lauria, passant de sa cellule, à la salle de sport, puis à la cage, toujours enfermé, dont le seul exutoire est le combat. Kiele Sanchez, victime consentante, aussi en rupture avec son père. Cette figure du père, qui dicte les actes de chacun, hommes comme femmes. Une influence néfaste, où le bien semble avoir disparu de cette salle vétuste de Venice Beach.

Kingdom est une bonne surprise, un drame réussi, aux dialogues épurés, évitant les artifices, mais sombrant parfois dans la facilité, pour mieux rebondir, en prenant des chemins insoupçonnés. Un pari osé et réussi, mais surtout, la série est renouvelée pour deux saisons, face au succès critique.

Kingdom TV Série – Trailer

Fiche technique : Kingdom

Créateur : Byron Balasco
Réalisateurs : Gary Fleder, Adam Davidson, Dennie Gordon, Tim Iacofano et Michael Morris
Scénaristes : Byron Balasco, Tom Garrigus, Ryan Farley, Alex Metcalf, Fernanda Coppel et Vladimir Cvetko
Distribution : Frank Grillo, Kiele Sanchez, Matt Lauria, Jonathan Tucker, Nick Jonas, Joanna Going, Paul Walter Hauser, Ronnie Gene Blevins, Marc Brandt, Mario Perez, Bryan Callen, Jai Rodriguez, Jamie Harris, Phil Abrams, Jared Ward, Bruce Davison et Andre Royo
Musique : Tyler Bates
Photographie : Sidney Sidell
Producteurs : Byron Balasco, Lynn Stevenson, Vanessa Hayes et Tim Iacofano
Production : Endemol USA
Chaîne de diffusion : Direct TV
Nombres d’épisodes : 10 de 45 minutes

Le Temps des aveux de Régis Wargnier : Critique du film

Critique Le Temps des aveux

Synopsis : en 1971 au Cambodge, François Bizot, un ethnologue Français est capturé, ainsi que deux de ses assistants, par les Khmers rouges. Retenu dans un camp de rebelles au milieu de la jungle, on l’accuse d’être un espion de la CIA. Douch, le chef du groupe de rebelles, est le seul à pouvoir juger de son innocence. Entre rapport de force et divergence de point de vue, ces deux hommes vont créer un lien indéfinissable.

Sous le titre original « Le Portail » du roman autobiographique de l’ethnologue français François Bizot, Le Temps des aveux est une réalisation de Régis Wargnier, connu surtout pour Indochine (1992) et Est–Ouest (1999). De manière franche et juste, le réalisateur s’inspire de l’histoire de la capture de François Bizot par des Khmers rouges pour dresser la réalité de l’invasion des rebelles au Cambodge à partir de 1971. Imprégnant le spectateur dans un climat de terreur et de paranoïa, où tout le monde est traître, le film parvient à redonner une âme humaine à ces figures de militants inhumains. Sans pour autant livré une vision fière de la non-action de la France dans le conflit, le récit tend essentiellement à nous montrer le revers du colonialisme français, à la culpabilité voilée, encore tabou pour l’époque.

La figure du héros innocent, rempli de remords : à la fois franc mais sur-dramatisé

Raphael Personnaz interprète cette figure de l’innocence et de la culpabilité en un être. Avec un jeu très ambigu, il s’impose par son physique de bel homme et sa présence affirmée, mais parfois perd en intensité dans sa diction.

Avec des dialogues aux textes forts et même poétiques, chaque mot a son importance et est doté d’un double sens à portée politique. Mais le poids des mots ne peut rien contre le manque de conviction produit par l’acteur principal. Par moment, on ressent qu’il en rajoute, donne un second poids aux mots, inutilement. En les récitant, telle une poésie apprise par cœur, les mots sonnent vides d’émotion et disparaissent de l’oreille du spectateur.

C’est pourtant la force de caractère de son personnage, qu’il incarne parfaitement, qui vont lui permettre d’être libéré. Il serait plus un acteur d’action, que de paroles, pourtant dans ce film le discours est central. Ce qui amoindrit par-dessus tout son jeu, ce sont ces scènes où son maquillage vieillissant est raté : des cheveux grisonnés et des pastiches risibles détournent le regard du spectateur et casse cette recherche d’authenticité.

L’innocence de Bizot est d’emblée affirmée. Il n’y a aucun doute sur la possibilité qu’il soit réellement un espion. On le voit clairement grâce à sa tenue; portant au début une chemise blanche immaculée, qui disparaît. Puis il échange son revêtement gris et pouilleux de prisonnier pour avoir l’uniforme noir des Khmers rouges. Prophétisé comme des corbeaux, les Khmers ne sont pourtant pas catégorisés comme de réels antagonistes de l’histoire. Il y a bien deux versions de l’Histoire.

Une vérité ambiguë : le témoignage de deux camps

Tout le récit est construit comme une véritable quête de la vérité. Introduit par le témoignage de François Bizot, à travers un récit sous forme de flash back, d’une révélation faite à sa fille, expliquant comment il s’est fait capturé, et est parvenu à être sauvé par un des Khmers, Douch. Le film reprend alors cette volonté démonstrative de L’Ordre et la Morale de Matthieu Kassovitz, n’adoptant jamais un point de vue comme étant le meilleur. Tout comme le film de Kassovitz, sur l’indépendance des Kanaks en Nouvelle Calédonie, Le temps des Aveux retrace la cohabitation entre les révolutionnaires et les habitants français, deux ennemis à l’idéologie commune : la liberté. Mais l’ennemi n’est pas déterminé intrinsèquement, il ne dépend que du côté de la frontière où l’on se trouve. Cette image du « Portail » enchainé, qui délivre François après sa capture, est alors très symbolique. Seule cette porte métallique l’empêche de rejoindre sa femme, et même plus tard la frontière restera la limite invisible et inéluctable qui les séparera.

Le film met aussi en lumière une part de légitimité dans le combat des Khmers rouges. On est témoin de leur évolution sur le territoire, par un saut de 4 ans dans le temps du récit. Alors le film devient sombre et grisâtre, comme ses croquis dessinés dans le film, dont les couleurs s’obscurcissent avec le temps. Au nom de l’ordre, ou de leurs croyances, ces soldats « appliquent la procédure ». L’histoire ne se détourne pas de la réalité, et nous dépeint frontalement la séquestration, la torture et l’exécution de ces paysans accusés de haute trahison. La frontière cette fois ci est entre l’ordre, la morale, et la force de leur conviction qui les poussera à commettre des actes inhumains.

Dans un décor naturel fait de boue, de ruines et de bambous, s’orchestrent les massacres des prisonniers. Cet éden devient la frontière de la civilisation, où les crimes contre nature prennent vie.

Le temps des vrais aveux de Douch

Douch (interprété par Phoeung Kompheak) reste le personnage central, avec sa vision qui évolue, tout comme son comportement face à Bizot. Du bourreau au héros, le cadre le montre toujours dans toute sa personne, comme étant divisée. De l’ombre à la lumière, ce personnage change de rôles, et est partagé littéralement entre deux camps. A la fois l’homme en charge de cette révolution, figure de dictateur Khmer, et la figure paternelle qui croit au fond de lui en l’innocence de ce citoyen français. Le bandage blanc de Bizot est en réalité porté par Douch. Comme s’il était tant aveuglé par sa volonté de liberté, qu’il ne discernait plus le juste de la vengeance.

Le titre « Le temps des aveux » ne fait pas référence aux aveux de ce français pris pour un espion, mais à la confession de Douch face à ces crimes de guerre. Quel serait l’intérêt premier du film s’il était centré sur les aveux de ce français innocent ? Le récit en flash-back nous avertit dès le début qu’il a été libéré et jugé innocent. La véritable interrogation du film se manifeste plutôt à travers cette interrogation : « pourquoi lui ? » ou « pourquoi Douch l’a libéré? », quand à coté, tant d’autres innocents ont été exécutés sous ses ordres. Le véritable jugement final se déroule entre Douch et Bizot, dans un affrontement qui renverse les rapports de force, avec une caméra qui désormais surplombe Douch. L’homme jugé et démuni dans son costume de Khmer rouge n’est plus cette figure de corbeau dévastateur. L’ennemi n’est plus l’autre, celui du camp opposé, mais lui-même ou plutôt celui qu’il a été dans le passé. Après le temps des aveux vient le temps des représailles.

Un angle de réflexion poignant

Le temps des aveux fait acte de mémoire pour ces innocents exécutés lors de la prise des khmers rouges. Il montre les deux côtés de cette prise du Cambodge, sans avoir la volonté d’idéaliser le point de vue des Français.

Au contraire, on ressent cette culpabilité voilée de l’administration assez incompétente (incarnée par Olivier Gourmet). Dénotant, un sujet très peu exploité de ce point de vue, le film incite le spectateur à s’interroger sur le comble de l’homme à agir pour ses convictions, et à supporter la culpabilité de ses actes face au jugement lorsque les camps redeviennent indéfinissables.

Le Temps des Aveux – Bande annonce

Fiche Technique – Le Temps des aveux

Réalisateur : Régis Wargnier
Scénaristes : Antoine Andouard, Régis Wargnier, François Bizot
Autre Titre : Le Portail
Genre : Drame Historique
Durée :1h35min
Date de sortie : 17 décembre 2014
Nationalité : France, Cambodge, Belgique
Interprétation : Raphael Personnaz (Bizot), Phoeung Kompheak (Douch), Olivier Gourmet (Marsac), Boren Chhith (Lay), Rathana Soth (Phuong)
Directeur de photographie : Renaud Chassaing
Producteur : Jean Cottin, Rithy Panh,..
Production : Les Films du Cap, Gaumont, Scope Pictures, …
Distribution : Gaumont

Critique du film : Dumb and Dumber De

Critique Dumb and Dumber De

Synopsis: Lloyd Christmas et Harry Dune se retrouvent cette fois manipulés par la séduisante et redoutable Adele Pichlow. Cette dernière compte utiliser les deux acolytes afin de se débarrasser d’un mari encombrant.

Plus c’est long, moins c’est bon

En 1994, les frères Farrelly, Peter et Bobby, réalisaient leur premier film Dumb and Dumber, une comédie à l’humour régressif, qui fit de Jim Carrey, une star comique internationale. Les frères Farrelly et Jim Carrey tenteront de retrouver la même réussite pour Fous d’Irène (2000), mais le succès fût moins au rendez-vous, celui-ci décroissant au fil d’une filmographie, seulement constituée de comédies. Un genre qui fit la gloire des frères Farrelly avec un autre sommet dans leur carrière, Mary à tout prix (1998).

En 2003, un préquel Dumb and Dumberer : Quand Harry rencontre Lloyd, tenta de surfer sur la nostalgie du film devenu culte, mais n’obtint pas le même succès et devenant un piètre DT V anecdotique.

20 ans plus tard, une suite débarque sur nos écrans, avec de nouveau les frères Farrelly à la réalisation et la reconstitution du duo Jim Carrey et Jeff Daniels. Entre-temps, Jim Carrey a aussi perdu de sa popularité, au point de devenir un personnage secondaire, alors que son partenaire Jeff Daniels, éclipsé par la folie du premier, construisait doucement une carrière confidentielle mais solide, avec l’obtention d’un Emmy Award en 2013 pour son rôle de Will McAvoy dans la série The Newsroom. Les deux acteurs ont eu les mêmes envies de rôles dramatiques, avec plus ou moins de réussite. En campant de nouveau les personnages de Lloyd Christmas et Harry Dunne, ils effectuent un retour au source, une sorte de bain de jouvence, dont ils ne ressortent pas totalement ragaillardis.

Le temps a fait des ravages : Kathleen Turner peut en témoigner, sex-symbol des années 80. Des problèmes de santé ont abîmé son physique, faisant d’elle, une has-been aux yeux d’Hollywood durant les années 90. C’est avec la série Friends, qu’elle fit son retour au début des années 2000, en jouant de son nouveau physique pour interpréter le rôle du père travesti de Chandler Bing (Matthew Perry). Elle remit cela dans Californication, ou elle incarne Sue Collini, une productrice nymphomane à la voix rauque, laissant planer le doute sur son identité sexuelle. Elle a su mettre son talent, au service de son physique et elle remet le couvert ici, ou sa féminité et de nouveau remise en cause.

Mais le temps, ne fait pas seulement son oeuvre sur le physique, il n’épargne pas non plus l’esprit. De ce côté-là, le film souffre d’une absence de créativité et d’une réalisation manquant cruellement d’entrain. Autant Kathleen Turner a su rebondir, en se renouvelant et en acceptant sa nouvelle image, autant les frères Farrelly n’ont pas su se renouveler et nous livrent une comédie, parfois drôle, mais trop souvent plate, se contentant de suivre le duo Jim Carrey et Jeff Daniels, tentant de sauver quelques scènes, grâce à une complicité toujours présente.

Le synopsis était pourtant une bonne idée : Harry Dunne apprend qu’il est père, avec 20 ans de retard, il part à la recherche de sa fille, avec l’aide d’Harry Christmas. On retrouve un peu de la folie du précédent opus, les gags ne font pas dans la finesse, souvent sous la ceinture, voir scatologique. Mais cette folie s’estompe au fil de l’histoire, en n’osant pas exploiter au plus profond le rectum de ses acteurs, l’essence leur permettant de ne pas avoir honte de leur bêtise et de foncer tout droit, sans passer par la case « politiquement correct ».

Les frères Farrelly ont perdu leur mojo, du moins sur cette suite, ou nous sommes en droit de se demander, s’il fallait vraiment qu’elle voit le jour. La motivation était-elle artistique ou financière ? Dans tout les cas, elle ne répond pas aux attentes des fans de Dumb and Dumber. Certes, on y trouve par moments, de quoi se réjouir, de rire, voir de pleurer de rire, mais c’est furtif. Ils ont filmé et écrit l’ensemble, avec un frein à main, en n’osant plus, ou trop rarement, et en livrant un produit tout juste consommable.

Les fans de Dumb and Dumber seront déçus, les autres ne seront pas convertis à la débilité de ces personnages, qui restent le point fort de cette suite. Jim Carrey et Jeff Daniels sauvent le film, le second se permettant même de prendre l’ascendant sur le premier, ce qui était improbable, vingt ans plutôt. On ressort frustré et nostalgique de l’humour potache des années 90.

Bande-Annonce: Dumb and Dumber De

Fiche technique: Dumb and Dumber De

USA – 2014
Réalisation : Peter et Bobby Farrelly
Scénario : Sean Anders, Mike Cerrone, John Morris, Bennett Yellin, Peter & Bobby Farrelly
Distribution : Jim Carrey, jeff Daniels, Laurie Holden, Rob Riggle, Kathleen Turner, Rachel Melvins, Steve Tom, Cam Neely, Milan Lucic, Brady Bluhm, Tembi Locke et Bill Murray.
Photographie : Matthew F. Leonetti
Musique : Empire of the Sun
Production : Bobby Farrelly, Joey McFarland, Bradley Thomas, Charles B. Wessler, Tracie Graham-Rice, Riza Aziz, Marc S. Fisher et J.B. Rogers
Sociétés de production : Conundrum Entertainment et Red Granite Pictures
Sociétés de distribution : Universal Pictures et Metropolitan Filmexport
Genre : comédie
Durée : 109 minutes
Date de sortie française : 17 décembre 2014

Auteur : Laurent Wu

Les Nouveaux Sauvages, un film de Damián Szifron : Critique

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Suivi d’une excellente réputation à Cannes, le troisième long métrage de l’argentin Damián Szifron débarque dans les salles françaises et entend bien vous renvoyer à l’état sauvage. Le film pourrait se résumer à une succession de contes (le titre anglais du film est Wild Tales) mettant en scène différents individus du XXIème siècle qui, sous diverses frustrations, pètent littéralement les plombs, renouant avec leurs plus anciens comportements primaires. Les Nouveaux Sauvages est un film à sketches sans répit et diablement efficace.

A Cannes, Thierry Frémaux avait déclaré que le point faible des films à sketchs était l’inégalité rythmique des segments. Il distinguera Les Nouveaux Sauvages comme le parfait contre-exemple d’où sa nomination dans la compétition officielle. Difficile de ne pas tomber d’accord avec lui tant le long métrage argentin est un film réjouissant et complètement déjanté.

L’homme est un loup pour l’homme

Après avoir dirigé quelques courts métrages, créer une série célèbre en Amérique du Sud et réalisé une comédie policière devenue culte en Argentine, Damián Szifron s’est lancé un peu malgré lui dans ce long métrage, partisan du pétage de plomb. Travaillant sur de nombreux projets à la fois, l’argentin prit néanmoins le temps de se défouler par le biais de l’écriture de plusieurs nouvelles. C’est en s’apercevant du lien de cohérence et de thématiques (barbarie, destruction, vengeance) entre elles qu’il eut l’idée d’en faire un film à sketches. Dans une société argentine où la corruption règne en maître, il faut voir dans Les Nouveaux Sauvages une sorte de film catharsis des défauts de notre société. Ce que le film met en évidence, c’est l’illusion de l’homme civilisé alors qu’un mince fil le sépare de la brutalité à l’état sauvage. Les situations mettent en avant une large part de cocasserie mais certaines font entrer en jeu le quotidien le plus banal. Devant un tel ressort comique et corrosif, il n’en fallait pas plus pour convaincre Pedro Almodovar et son frère de participer à l’aventure. Le réalisateur reconnaît que c’est ce qui a facilité les choses et permis -entre autres- son intégration dans la compétition à Cannes. Un public cannois qui n’a pas pu contenir toute sa bonne humeur tant la séance fût la plus agitée du festival, déclenchant rires et applaudissements à tout-va.

Pour l’anecdote, Cannes n’avait pas intégrer à sa compétition un film à sketchs depuis 1983 et Le Sens de la Vie des Monty Python. Plus de trente ans plus tard, c’est un argentin méconnu qui vient dérider nos zygomatiques. Six segments viennent appuyer le propos du film. Tour à tour, l’intrigue nous envoie dans  les airs avec un aller simple en avion, un arrêt dans un dîner d’une route déserte, une confrontation entre deux conducteurs sur une route peu fréquentée, une fourrière injuste, chez un riche couple entouré de gens corrompus et lors d’un mariage voué à l’anarchie la plus totale. Il y a assurément du Coen dans tous ces récits. L’incongru pénètre le quotidien de tous ces personnages dépassés par leurs actes. Il y a là un plaisir viscéral à voir ces individus sortir violemment de leur gond. Fatigués de contenir toute leur rage, ces personnages vont imploser comme n’importe lequel d’entre nous a déjà pu l’imaginer. On ne va pas se mentir. Tout le monde a déjà ressenti cette pulsion de s’emporter violemment et de tout faire exploser. Les grands changements viennent des petites choses. Cet adage pourrait se prêter ici, tant les situations initiales ne donnaient pas à penser qu’il y aurait un tel déchaînement. Une contravention, un adultère révélé, un client malpoli, un conducteur peu courtois, une administration. C’est ce genre de petites choses qui au XXIème siècle est capable de renvoyer l’homme à son stade le plus animal. Ce qui est extrêmement intéressant avec ce film, c’est que les spectateurs qui jubileront devant ce spectacle ne sont -au fond- pas si différents des personnages dont ils se gaussent. La seule différence avec nous, c’est qu’eux passent à l’action. Ils iront jusqu’à faire s’écraser un avion, tuer un homme, déféquer sur un pare-brise, faire exploser une fourrière, corrompre la justice ou mettre un terme radical à une fête de mariage. Du pétage de plomb à l’état pur qui n’aura jamais été aussi jubilatoire !

Pas besoin d’être un fin critique du cinéma pour s’apercevoir que tous les acteurs du film donnent des prestations remarquables. Sans un seul faux pas, il y a dans Les Nouveaux Sauvages une direction d’acteurs remarquable. Indispensable pour un casting majoritairement méconnu du public européen, même si certains cinéphiles reconnaîtront quelques têtes. Notamment le génial Ricardo « Bombita » Darín, vu dans El Chino, Dans Ses Yeux ou récemment Elefante Blanco. A ses côtés, deux autres têtes que vous auriez déjà pu croiser : le conducteur Leonardo Sbaraglia dans Red Lights de Rodrigo Cortés et El Campo, ou la mariée hystérique Erica Rivas vue dans le Tetro de Coppola. Pour un film aussi fêlé, il n’en fallait pas moins qu’une mise en scène énergétique. Très occidentalisé, l’enchaînement des plans lui confère une légère aura de publicité mais témoigne d’un sens très précis du cadre. Chaque plan est soigné et le montage se révèle magnétique. Il y a un vrai travail d’images et de mise en scène qui confère au film un ton jeune et révolté, aidée par la composition sonore de Gustavo Santolalla.

Mais si la séance de ces Nouveaux Sauvages fût la plus acclamée au Festival de Cannes, il faut reconnaître qu’elle a également fait grincer quelques dents. Son absence totale au palmarès final témoigne du mépris du jury à l’encontre de ce petit bijou d’humour noir alors qu’il aurait très bien pu concourir à minima pour le Prix du Meilleur Scénario. Si Les Nouveaux Sauvages comporte quelques segments déjà-vus (le mariage qui tourne mal, la fourrière qui s’acharne sur un citoyen), voire une trame poussée à son paroxysme, ce film est avant tout un exutoire tout ce qu’il a de plus jouissif. Si l’humour est la véritable force du film, un segment laissera néanmoins l’audience sur un certain malaise. Il s’agit de l’avant-dernier intitulé « La Propuesta ». Le fils d’un couple très aisé écrase malencontreusement une femme enceinte et prend la fuite. Si l’humour corrosif réside dans la négociation entre le riche père, l’avocat véreux, le jardinier bouc-émissaire et le procureur corrompu, il s’agit au fond d’un segment dramatique témoignant d’une justice pourrie jusqu’à l’os et dont les conséquences peuvent être terribles comme en témoigne cette dernière image glaçante. Un certain embarras s’empare de nous dès la fin du segment mais se voit contrebalancé par le segment final (« Hasta que la muerte nos separe ») complètement déjanté qui vire en feu d’artifice. Une très bonne note de fin qui rééquilibre la tendance du film.

Les Nouveaux Sauvages sonnait un peu comme la récréation du Festival de Cannes, dans une compétition qui faisait la part belle aux drames psychologiques, parfois somnolent (Winter Sleep nous brûle les lèvres). Humour ravageur, morale décapante, ce long-métrage a tout du film absurde et maîtrisé qui s’assume complètement. Le genre de films trop rares qu’on aimerait voir plus souvent en salles. On retrouvera très vite le réalisateur argentin puisqu’il est déjà annoncé sur trois autres projets, un film romantique ; une œuvre de science-fiction jugé ambitieuse et un western anglophone. Avec sa récente nomination à l’Oscar du Meilleur Film étranger 2015, vous n’avez pas fini d’entendre parler de Damián Szifron.

Synopsis: L’inégalité, l’injustice et l’exigence auxquelles nous expose le monde où l’on vit provoquent du stress et des dépressions chez beaucoup de gens. Certains craquent. Les Nouveaux sauvages est un film sur eux. Vulnérables face à une réalité qui soudain change et devient imprévisible, les héros des Nouveaux sauvages franchissent l’étroite frontière qui sépare la civilisation de la barbarie. Une trahison amour, le retour d’un passé refoulé, la violence enfermée dans un détail quotidien, sont autant de prétextes qui les entraînent dans un vertige où ils perdent les pédales et éprouve l’indéniable plaisir du pétage de plombs.

Les Nouveaux Sauvages (Relatos salvajes) Bande-annonce

Fiche Technique: Les Nouveaux Sauvages

Titre original: Relatos salvajes
Argentine – Espagnol
Genre: Comédie, drame, thriller
Durée: 122min
Sorti le 14 janvier 2015

Réalisation: Damián Szifron
Scénario: Damián Szifron
Image: Javier Julia
Décor: María Clara Notari
Costume: Ruth Fischerman
Montage: Pablo Barbieri Carrera, Damián Szifron
Son : Gustavo Santolalla
Producteur: Agustín Almodovar, Pedro Almodóvar, Esther Garcia, Matias Mosteirin, Hugo Sigman, Axel Kuschevatzky, Leticia Cristi, Pola Zito
Production:    El Deseo, Kramer & Sigman Films, Televisión Federal (Telefe)
Distributeur: Warner Bros. France
Budget : /
Festival: Nommé dans la catégorie Meilleur Film Etranger aux Oscars 2015, Compétition Officielle au Festival de Cannes 2014, 10 Trophées à l’Academy of Motion Picture Arts and Science of Argentina 2014, Meilleur Film Etranger au National Board of Review 2014, Meilleur Film Européen au Festival du Film International de San Sebastien 2014

Les Pingouins de Madagascar, un film de Simon J. Smith et Eric Darnell : Critique

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Les Pingouins de Madagascar, un film de manchot pour une saga qui bat de l’aile

Synopsis: Vous pensiez connaître « Les Pingouins de Madagascar » ? Pourtant, les quatre frères cachent un lourd secret. Ils sont en fait… agents secrets ! Pour sauver le monde du terrible Docteur Octavius, les pingouins devront s’associer à la très chic organisation de la North Wind menée par le superbe husky au nom classé secret.

Fait amusant dans le monde de l’animation : c’est souvent lorsque la critique et le public encensent l’originalité d’un studio que celui-ci enchaîne avec une suite qui ne semble avoir pour seul but de capitaliser le succès du film précédent. Il y a eu l’époque de Disney qui, auréolé du succès du Roi Lion, sortit à a chaîne des suite dispensable d’Aladin, puis du Roi Lion, Pixar s’est fendu d’un Cars 2, avant de laisser les rennes à Disney pour un spin-of avec des avions…. Cette année c’est Dreamworks, a peine remis du succès critique de Dragon 2, qui enchaîne en tentant de rebondir sur une de leur plus grosse réussite, la trilogie Madagascar. Cette fois en revanche Marty, Alex, Melman et Gloria, laissent leur place aux quatre pingouins casse-coups qui étaient un réservoir inépuisable d’humour absurde et de répliques cultes tout le long de la saga, ils sont en haut de l’affiche. Mais l’affection que leur porte le public méritait-elle un film entier ? Pas sur…

On retrouve le Commandant, Kovalsky, Rico et Soldat dans leur première aventure perso aux quatre coins du monde. On identifie rapidement ce qui fait la patte Dreamworks Animation : de l’humour absurde, de l’action survoltée et une caméra toujours en mouvement, ce qui est toujours le point fort du studio par rapport à ses concurrents (même celle de Pixar paraît empâtée à côté). Seulement très vite on commence à douter sur véritable potentiel de ces roublards volatiles, on rigole à certaines vannes, mais pas à toutes; la plupart du temps on sourit gentiment, mais pas vraiment de quoi claquer du gésier. On attend alors que l’histoire décolle en espérant en prendre plein la vue mais l’ensemble reste juste sympathique, sans plus. Une banale histoire de vengeance sur fond de super-espionnage inter-espèces, avec un projet machiavélique qui rappellera un peu trop Moi, moche et méchant 2, autant dire qu’a ce niveau, les auteurs ne se sont pas véritablement foulés. Le quatuors apparaît finalement comme la plus grande faiblesse du film. Certain de leur potentiel comique, les animateurs se sont trop reposés dessus au lieu de développer autour une véritable histoire intéressante ou de nouveaux personnages haut en couleurs. Le méchant est tout juste sympa, mais le potentiel du machiavélique céphalopode n’est pas vraiment exploité à son maximum, ses poulpes de mains sont finalement plus rigolos à observer, tandis que les agents spéciaux de l’escouade d’élite « vent du nord » n’arrivent pas à la cheville d’un Marty, d’un Alex ou même d’un King Julian, autant en termes de charisme que de fun. Au lieu d’avoir de l’originalité, on assiste à une répétition à outrance des fameux gimmicks de l’équipe (« Qu’est ce qu’il te prend Kowasky ! Tope là ! » etc…) qui finissent par devenirs lassants, particulièrement le Commandant qui ne cesse de parler à tort et à travers. A titre de comparaison, Le Chat Potté, autre film dérivé signé Dreamworks était une réussite, car on sentait tout de même un vrai travail en amont pour réinventer un univers déjà bien ancré dans l’imaginaire collectif.

Faire un film entier centré sur les pingouins n’était peut être pas une idée lumineuse. Ce qui rendait les personnages plaisants dans la trilogie originelle, c’était justement leurs apparitions toujours absurdes qui étaient régulièrement le point de départ de scènes d’actions à la fois virtuoses, colorées et délirantes. Diluer ces actions coup de poing sur l’ensemble d’un long métrage diminue finalement leur force de frappe. Et quand bien même le film possède sa dose de scènes délirantes et d’actions survoltées, Madagascar 3 : Bon baiser d’Europe avait mit la barre tellement haute en matière de caméra virevoltante, de musicalité des séquences (le trip pop du spectacle de cirque laisse encore des paillettes dans les yeux) et de poursuites à fond la caisse, que ce nouveau film ne peut que souffrir la comparaison et risquer de tomber dans l’oubli. Les enfants passent un bon moment, mais comme le dit un illustre personnage à la fin du générique : « C’était pas mal, mais j’aurais espéré un truc un peu plus…Chabada ! »

Ps : On notera une fois de plus l’erreur de traduction: « Penguins » ne signifie pas pingouins mais manchot (faux-amis). La différence ? Le pingouin sait voler, c’est le manchot qui ne peut pas. Dans ce cas précis, ils ne savent pas voler, donc…

Les Pingouins de Madagascar – Bande annonce

https://www.youtube.com/watch?v=PTj2ih_F1uk

Les Pingouins: Fiche Technique

États-Unis – 2014
Titre original : Penguins of Madagascar
Réalisation: Simon J. Smith, Eric Darnell
V.O: Tom Mc Grath, Chris Miller, Joe DiMaggio, Bennedict Cumberbatch, Peter Stormare, John Malkovich …
V.F : Xavier Fagnon, Gilles Morvans, Conrad Vernon, Pierre Tissot, Michel Vigné …
Date de sortie: 18 décembre 2014
Durée: 1h33 min
Genre: Animation
Scénario: John Aboud, Michael Colton et Brandon Sawyer
Musique: Lorne Baffle
Producteur: Lara Breay, Mark Swift
Production: Dreamworks

Le Septième Fils, un film de Sergueï Bodrov : Critique

Critique Le Septième fils

Synopsis : Une époque enchantée, où les légendes et la magie ne font qu’un…L’unique guerrier survivant d’un ordre mystique part en quête d’un héros prophétique doté d’incroyables pouvoirs, désigné par la légende comme étant le dernier des Sept Fils. Le jeune héros malgré lui, arraché à la vie tranquille de fermier qu’il menait jusqu’à présent, va tout quitter pour suivre ce nouveau mentor rompu au combat. Ensemble, ils tenteront de terrasser une reine maléfique.

L’Apprenti Sorcier

Réservé à une période à un public de connaisseurs considérés, parfois à raison, comme des geeks, le genre fantasy a bénéficié de l’adaptation au début des années 2000 de la trilogie du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson. Finies les aventures un peu kitsch situées dans des mondes qui ne l’étaient pas moins, La Communauté de l’Anneau a prouvé au monde que les films de fantasy pouvaient s’adresser à un public adulte, et mettre en scène des combats épiques dans des univers sombres et réalistes. Désormais, le genre connaît un regain d’intérêt auprès des majors d’Hollywood, qui commencent à ressortir des rayons poussiéreux de leurs bibliothèques ces romans qu’ils considéraient comme inadaptables.

Une histoire trop ambitieuse

Et ce n’est pas le choix qui manque, la fantasy ayant inspiré de nombreux auteurs plus ou moins prestigieux. En l’occurrence, ils se sont arrêtés sur une série de romans baptisée L’Épouvanteur (The Wardstones Chronicles en VO). Histoire de pouvoir capitaliser sur un éventuel succès au box-office pour lancer une nouvelle saga. C’est au réalisateur Soviétique Sergueï Bodrov, principalement connu pour son film Mongol, qu’est revenu le délicat honneur de créer un nouvel univers qui se démarque de ses prédécesseurs, et qui puisse donner lieu à une kyrielle de suites si possible.

Le problème, c’est que les producteurs ne se sont pas forcément donnés les moyens de leurs ambitions. Si Le Seigneur des Anneaux a ainsi fonctionné, c’est entre autres parce que Peter Jackson a pris le temps de détailler une partie du monde imaginé par Tolkien, de le représenter dans les moindres détails, et de le rendre vivant. Et il a eu plus de 2h30 pour se faire (voire plus pour les versions longues). Ici, Bodrov a dû se contenter de 100 minutes. Cela peut paraître beaucoup, mais pour relater la relation entre un maître et un élève de façon efficace, et donner vie à leur quête, c’est tout de même un peu juste.

Cela se ressent dans le script, qui a un peu de mal à caractériser correctement tous ses personnages. Surtout, les scénaristes ont voulu caser trop de péripéties, de façon trop désordonnée, et on a parfois l’impression d’assister à un enchaînement de séquences plus qu’à une véritable narration. Résultat, l’évolution du duo Tom-Grégory avance un peu par à-coups, et le spectateur risque d’avoir du mal à ressentir une véritable empathie pour ses héros, qui sont de toute façon un peu trop clichés. D’autant que le jeu des acteurs est pour le moins inégal, et Julianne Moore en particulier semble être ici uniquement pour toucher un gros chèque.

Une quête un peu trop classique

Dommage, car à côté de ça, l’univers dépeint est plutôt réussi, et se démarque assez bien des productions actuelles. La direction artistique est de très bonne facture, et on a vraiment l’impression de voir un monde prendre vie sous nos yeux. Cela permet de donner plus de réalisme à un récit qui, lui, est plutôt basique. Les amateurs du genre seront en terrain conquis, et les comparaisons avec d’autres classiques seront légions. Malgré tout, l’ensemble fonctionne plutôt bien, et on ne peut s’empêcher de ressentir un certain plaisir à suivre les péripéties de ce petit groupe.

Le Septième Fils n’étant pas encore sorti aux États-Unis, il est encore trop tôt pour dire s’il s’agit du début d’une nouvelle franchise à succès ou d’un coup d’épée dans l’eau de plus. Le film a ses défauts qui pourront sembler rédhibitoires, mais n’est pas pire que bien des productions du même genre ayant vu le jour ces dernières années. Affaire à suivre.

Le Septième Fils – Fiche Technique

USA – 2014
Aventure, Fantasy
Réalisateur : Sergueï Bodrov
Scénariste : Charles Leavitt, Steven Knight, Max Borenstein, Matthew Greenberg, d’après l’oeuvre de Joseph Delaney
Distribution : Jeff Bridges (Maître Grégory), Ben Barnes (Tom Ward), Julianne Moore (Mère Malkin), Alicia Vikander (Alice), Kit Harrington (Billy Bradley)
Producteurs : Basil Iwanyk, Thomas Tull, Lionel Wigram
Directeur de la photographie : Newton Thomas Sigel
Compositeur : Marco Beltrami
Monteur : Paul Rubell
Production : The Moving Picture Company, Outlaw Sinema, Pendle Mountain Productions, Legendary Pictures, Thunder Road
Distributeur : Universal Pictures International France

Auteur : Mikael Yung

Mr. Turner, un film de Mike Leigh : Critique

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Critique du film, Mr.Turner 

Synopsis: Mr.Turner s’intéresse à l’homme derrière Joseph Mallord William Turner, peintre anglais emblématique de l’Angleterre du XIXème siècle tout en étant précurseur sur de nombreuses techniques picturales.

L’homme derrière le maître

Le film biographique ou biopic est un genre cinématographique extrêmement répandu et qui semble obéir à des lois propres et immuables. Sur le plan de l’action, il se doit de montrer pourquoi le héros est remarquable et sur le plan psychologique, il doit montrer quel événement lui sert de moteur. The Aviator de Scorsese est de ce point de vue le biopic idéal : à la fois parce qu’il dresse un portrait d’Howard Hughes en génie des affaires et du cinéma, et parce qu’il nous donne le fil rouge mental de l’obsession pour l’hygiène qui se transforme petit à petit en psychose. Cette dramatisation d’une vie permet de lui donner un sens, une clé de compréhension.

Mr. Turner ne cherche pas du tout à atteindre ce but. Mike Leigh est en effet un auteur qui n’est pas intéressé par l’événement mais par le quotidien. Le Mister du titre est très important : ce n’est pas le peintre illustre qui intéresse l’auteur de Secrets et Mensonges, mais un homme dont le métier était de peindre des chefs d’œuvre.

Si on sait que Mike Leigh a l’habitude de partir d’un pré-scénario qui va s’enrichir au terme d’un long travail avec ses collaborateurs et ses acteurs, la question pouvait se poser pour un film dont la matière n’est pas fictionnelle. L’approche sur Mr. Turner a été la suivante : étudier de manière extensive la vie du peintre pour se l’approprier, trouver des acteurs capables d’exercer les gestes, notamment la peinture, et ainsi incarner l’histoire.

Le film n’essaie ni de faire sens quant à la vie de Turner, ni de nous montrer des événements liés par une relation de causalité. La vie se déroule sous nos yeux, avec ses moments forts et ses moments en creux. Le rapport aux puissants, les rivalités entre peintres, les femmes de sa vie sont présentés dans une ou deux scènes en forme d’anecdotes : chacune a une valeur en soi et c’est au spectateur de reconstituer les trous.

La vie d’un homme

Mr. Turner nous dresse le portrait d’un homme en mouvement. Au sens littéral, puisqu’en tant que peintre paysagiste Turner va constamment se déplacer, au risque de sa santé quand il vieillira. Au sens figuré puisqu’il semble peu intéressé par le monde qui l’entoure, que ce soit son ancienne compagne, ses filles non reconnues, ou les autres peintres.

Grognant, parfois bestial dans son rapport aux femmes, il n’est pas tant un génie qu’un humain, trop humain. L’histoire racontée par Mike Leigh n’est ni une hagiographie, ni celle d’une chute suivie d’une rédemption, mais celle d’un être ordinaire, proche de son père, et qui va connaître un véritable amour, paisible et ordinaire sur le tard.

Ceci fait la force mais aussi la faiblesse de Mr. Turner : si l’on imagine aisément que tout est juste et vérifiable, on a aussi l’impression de passer à côté du sujet. Car si le peintre anglais nous intéresse encore aujourd’hui, c’est pour sa peinture et  non pour sa vie privée. Mais Turner est un homme d’acte et non de mots  et les moments qui abordent la théorie de la peinture sont les moins intéressants.  Le héros est en effet incapable de parler en public ou de s’imposer dans une discussion, aligne les banalités quand il s’agit de faire des compliments ou de s’intéresser à l’évolution technique.

Un beau tableau 

Visuellement le film est très beau. Les ballades de Turner évoquent ses tableaux de par leur lumière et leur composition. Il est aussi assez lent et tranquille et il vaut mieux savoir à quoi l’on s’engage en allant voir le film, sous peine de quitter la salle précipitamment.  Le jeu d’acteur divisera les esprits : si Timothy Spall a reçu le prix d’interprétation au festival de Cannes, on a parfois l’impression de ne voir qu’une performance d’acteur : le bon grognement, la bonne mimique bien étudiée, et cela vaut aussi pour les autres acteurs. Dans ce registre, on saluera toutefois la performance de Dorothy Atkinson, extraordinaire dans le rôle de la bonne (l’un des meilleurs personnages secondaires de l’année).

Que retenir au final de ce Mr. Turner ? Mike Leigh ne cherche clairement pas à nous épater, mais à nous raconter calmement la petite histoire à côté de la grande. Il procède par petites touches discrètes et compte sur nous pour reconstituer le tableau. Cette modestie est la force et la faiblesse d’un film qui, sans être vraiment ennuyeux, prend son temps pour raconter les petites choses d’un grand homme.

Mr Turner : Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=co_zQ0ALcsw

Fiche technique : Mr. Turner 

Réalisateur : Mike Leigh
Genre : Film biographique
Année : 2014
Date de sortie : 03 décembre 2014
Durée : 02h30
Interprétation: Timothy Spall (J.M.W. Turner), Paul Jesson (William Turner), Dorothy Atkinson (Hannah Danby), Marion Bailey (Mrs Booth), Ruth Sheen (Sarah Danby)
Musique : Gary Yershon
Directeur de photographie : Dick Pope
Scénario : Mike Leigh
Nationalité : Anglaise, Française et Allemande
Producteur : Georgina Lowe
Maisons de production : Film4, Focus Features international, Lipsync productions, Thin man films, Xofa productions
Distribution (France) : Diaphana

Toutes les photos sont tirées du dossier de presse édité par Diaphana, et sont copyright : Simon Mein – Thin Man Films

Timbuktu, un film de Abderrahmane Sissako : Critique

Critique du film, Timbuktu

Synopsis : Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane  mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans. En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques. Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée. Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

Guerre et paix 

Parmi les  premières images de Timbuktu, une scène montre un ensemble de statues traditionnelles posées dans les dunes, tombant sous les rafales des AK-47 des djihadistes. C’est sous cet angle que d’emblée le mauritanien Abderrahmane Sissako présente ces hommes venus de toutes parts : tout comme les hommes du mouvement Ansar Eddine, des iconoclastes qui prétendent agir au nom de Dieu. mais qui sont en véritable guerre contre leurs propres frères musulmans partisans d’un islam modéré, pacifiste et sans doute plus pieux. Des hommes composant un groupe hétéroclite, certains d’être dans la légalité, de respecter la charia, mais des hommes qui doutent aussi, qui ne sont pas toujours sûrs de leur bon droit. Des jeunes pour la plupart, désœuvrés et à peine conscients des réalités géopolitiques qui existent derrière leur engagement.

L’histoire que nous raconte merveilleusement Abderrahmane Sissako est terriblement humaine, l’histoire d’une humanité en proie à elle-même. Des hommes qui livrent la guerre à leurs semblables presque à l’aveugle, et d’autres hommes, des femmes surtout, des enfants aussi, qui résistent tranquillement à ce qui leur semble être une aberration. Des habitants qui n’ont pas peur de l’occupant qui parfois pourrait être le fils du voisin. Des humains qui se chamaillent jusqu’au drame, mais des humains de toutes parts et avant tout, et pas uniquement de la « chair à papier journalistique ».

Le film est constitué de plusieurs petites histoires de la vie de ces habitants en bute aux exactions des djihadistes. Une poissonnière qui refuse de mettre les gants recommandés pour des raisons évidentes de manque de praticité et qui; propose aux jeunes soldats médusés de lui couper plutôt directement les mains ; une mystérieuse femme, mi-guérisseuse, mi-folle de Chaillot qui, dans un accès de lucidité et telle l’homme de Tian’anmen, stoppe la progression d’un 4*4 dans une rue par la seule force de sa présence (une scène superbement graphique filmée de haut par Sissako) ; cette mère qui ose refuser de donner sa fille à un djihadiste ; cette autre femme encore dont les chants continuent de résonner envers et contre tout; et cette femme, enfin, Satima, qui manifeste sa résistance en s’amusant avec ses cheveux au vent, sacrilège des sacrilèges,  à la barbe d’un des « chefs de guerre », aimant tourner autour d’elle à chaque fois que son mari est obligé de s’éloigner.

Satima, belle et taciturne, est la femme de Kidane, un éleveur de bétail touareg, beau et taciturne. Ils sont au centre du film de Sissako, et leur vie de nomades heureux avec leur fille Toya figure ce qu’aurait pu être la vie des habitants sans la présence de ces djihadistes : une vie simple, douce et paisible malgré la précarité, une vie joyeuse aussi, parsemée de chants et de guitare, de prière aussi. Ils sont le havre de paix dans un tumulte d’injonctions absurdes proférées au porte-voix.

Sissako montre donc les djihadistes comme des êtres humains souvent dépassés par la cause qu’ils entendent servir. Mais tout de suite après, et pour que jamais il n’y ait une quelconque ambigüité dans son discours, il montre la panoplie de leurs actes terroristes et terrifiants : interdictions en tous genres (de chanter, d’écouter la musique, de fumer, de jouer…) lapidations, et autres exécutions plus ou moins sommaires. Il montre avec humour l’absurdité de la situation où les djihadistes en leur for intérieur se rangent le plus souvent du côté des habitants, mais n’hésitent pas à tuer à coups de jets de pierre, où ils pratiquent dans un bain d’hypocrisie crasse tout ce qu’ils viennent d’interdire à la population, une situation de guerre qui manque d’une motivation palpable à cette échelle-là de commandement, où tout le monde a de la commisération pour tout le monde, mais qui entraîne malgré tout, des conséquences ravageuses et fatales pour les habitants.

Timbuktu n’est pas un film bavard ni didactique. Les dialogues sont simples et servent à illustrer les relations entre les différents protagonistes plutôt que de nous asséner de poncifs qui ne sont pas nécessaires, tant les images parlent d’elles-mêmes. Le film raconte une très belle histoire servie par une caméra majestueuse et une utilisation magnifique du décor naturel. Les couleurs, très harmonieuses et au final assez peu nombreuses (une palette de tons ocre et sable), sont adoucies, apportant comme un voile de tristesse dans un pays en train de perdre sa joie de vivre. Puis l’apparition des femmes, dans leurs vêtements et leurs bijoux colorés, parfois hélas cachés sous l’obligatoire voile noir, apportent du dynamisme dans ces images quasi pastel. De même, une scène déjà anthologique de match de foot sans ballon joué par des jeunes aux maillots de toutes les couleurs est un pied-de-nez joyeux envers l’occupant, une résistance passive porteuse d’espoir.

Sissako et son chef opérateur Sofian El Fani (celui de Kéchiche pour La vie d’Adèle chapitres 1 et 2) nous ont fait le cadeau d’un film dont la beauté est bouleversante, et constitue un argument à part entière contre la bêtise de la guerre. Classé à plusieurs titres par l’UNESCO au patrimonial mondial de l’humanité, il est vrai que Tombouctou est une ville belle et chargée d’histoire, et la Mauritanie où le film a été tourné est photogénique et mystérieuse à la fois dans ses dédales que seule la lune éclaire dès la tombée de la nuit. Mais la poésie et la beauté que Sissako a su tirer de ces lieux n’appartiennent qu’à lui et sont la marque d’un grand cinéaste qui porte très haut les couleurs du cinéma africain. Un beau film nécessaire et très à propos, à voir de toute urgence.

Timbuktu – Bande-annonce

Timbuktu : Fiche Technique

Titre original : Timbuktu
Réalisateur : Abderrahmane Sissako
Genre : Drame
Année : 2014
Date de sortie : 10 Décembre 2014
Durée : 97 min.
Casting : Ibrahim Ahmed (Kidane), Toulou Kiki (Satima), Abel Jafri (Abdelkrim), Fatoumata Diawara (Fatou la chanteuse), Hichem Yacoubi (Djihadiste), Kettly Noël (Zabou), Mehdi A.G. Mohamed (Issan), Layla Walet Mohamed (Toya), Adel Mahmoud Cherif (L’Imam), Salem Dendou (Le chef djihadiste)
Scénario : Abderrahmane Sissako, Kessen Tall
Musique : Amin Bouhafa
Chef Op : Sofian El Fani
Nationalité : France
Producteur : Sylvie Pialat, Rémi Burah, Etienne Comar, Olivier Père
Maisons de production : Les Films du Worso, Dune Vision, Arches Films, Arte France Cinéma
Distribution (France) : Le Pacte

 

Marco Polo Saison 1, épisode 1 : Critique

Marco Polo, la nouvelle série très Bling-bling de Netflix

Synopsis : Marco Polo retrace les aventures épiques du célèbre explorateur alors qu’il parcourt la route de la soie, en direction de la majestueuse cour du grand Kubilai Khan. Marco, « vendu » par son père au Khan, pénètre alors dans un univers où cupidité, trahison, intrigues sexuelles et rivalités dominent. Il devra faire preuve d’ingéniosité pour gagner la confiance du Khan et l’accompagner dans sa quête sauvage pour régner sur le monde.

Une intrigue bancale et une accumulation de clichés

Dans la production de séries originales, Netflix vient aujourd’hui concurrencer les plus grands. Orange is The New Black et House Of Cards ont largement démontré l’audace de la plateforme en ligne, qui se mesure aux valeurs sûres des chaînes câblées HBO ou Showtime.

Mais Netflix aurait-elle les yeux plus gros que le ventre ? Sa nouvelle création semble le confirmer. Certes, Marco Polo est digne d’une superproduction hollywoodienne (à 90 millions de dollars les dix épisodes, rien d’étonnant !) : les personnages évoluent dans des décors et des paysages grandioses, entre grandes cités chinoises et cours d’eau vénitiens, les costumes sont incroyablement précis et soignés, la bande-son asiatique colle bien au thème.

Réalisée par John Fusco (Hidalgo), produite par The Weinsten Company (Inglorious Basterds, Le Discours d’un roi…), on aurait pu s’attendre à une intrigue plus élaborée. Cependant, au-delà de son esthétique irréprochable, Marco Polo respire l’ennui. Loin d’atteindre la complexité de Game Of Thrones, l’intelligence de Rome où l’efficacité de Borgia, la série, comme tout blockbuster qui se respecte, reste très lourde. D’une part, par la multiplication des clichés qui rythment l’histoire : du Khan (Benedict Wong), empereur égocentrique désireux d’étendre son empire sur l’ensemble du monde, au bien-nommé Bayan he Hundred Eyes (Tom Wu), maître-d’arme aveugle qui va initier Marco (Lorenzo Richelmy) aux subtilités du kung-fu, le pilote présente un sérieux air de déjà-vu, sorte de mélange entre Le dernier samouraï et Hero. Le paroxysme du cliché est sans doute atteint lorsque le Prince Jingim (Remy Hii), le ténébreux héritier du Khan, lui annonce sourire en coin ‘my three wives each desire a visit before I go to battle’, nouvelle à laquelle rétorque son père dans un ricanement entendu ‘you’re also your father’s son’. Bref, les dialogues laissent à désirer, ce qui amoindrit forcément la performance d’acteurs, pourtant plutôt bien choisis.

De bons ingrédients mais une mauvaise recette

Le principal problème de Marco Polo, c’est sa volonté trop évidente de coller au style Game Of Thrones. Tous les éléments sont là : jeux de pouvoir, trahisons et haines familiales, scènes ultra-violentes et meurtres inutiles, sexe à deux et à plusieurs, Marco Polo est un concentré de ces éléments contitutifs d’une des séries les plus provocantes et politiquement incorrecte de ces dernières années. Seulement, à défaut d’un scénario suffisamment bien construit, ces éléments finissent par se succéder sans véritable continuité. Alors que Game Of Thrones parvient à créer des personnages complexes et profonds, devenus de véritables figures mythiques pour les fans, Marco Polo reste dans l’apparence et le cliché (le méchant chinois, le gentil explorateur italien, l’aveugle savant, la femme-objet).

Vous l’aurez compris, Marco Polo n’est pas le Game Of Thrones de Netflix. Alors que la plateforme a récemment annoncé vouloir produire environ vingt séries originales par an (soit une sortie toutes les trois semaines !), certains s’interrogent avec raison sur la qualité des futures fictions proposées. Netflix aurait-elle fait le choix de la quantité plutôt que celui de la qualité ?

Fiche technique : Marco Polo 

USA – 2014
Création : John Fusco
Réalisation : Joachim Ronning et Espen Sandberg
Production : Electus, The Weinstein Comapny
Distribution : Lorenzo Richelmy, Benedict Wong, Joan Chan, Remy Hii, Zhu Zhu, Tom Wu, Mahesh Jadu, Olivia Cheng, Uli Latukefu, Chin Han
Musique : Daniele Luppi, Peter Nashe, Eric V. Hachikian
Genre : Drame historique
Durée : 50 minutes