Cannes 2015 : Isabella Rossellini présidera le jury Un Certain Regard
C’est la fille d’Ingrid Bergman, égérie 2015 du Festival de Cannes, qui présidera le jury d’Un Certain Regard, l’une des sections de la sélection officielle du Festival de Cannes, créée en 1978.
Lors de ce 68e Festival de Cannes, Isabella Rossellini participera à l’hommage rendu à sa mère en assistant à la projection de : Ingrid Bergman, In Her Own Words, un documentaire signé Stig Björkman, projeté dans le cadre de Cannes Classics. Isabella Rossellini, fille du réalisateur Roberto Rossellini et de l’actrice Ingrid Bergman, a joué dans des films comme (Les Vrais durs ne dansent pas, Sailor et Lula… ). L’actrice succède, dans le rôle de président du jury Un Certain Regard, au réalisateur argentin Pablo Trapero, qui avait donné le Prix Un Certain Regard à Kornel Mundrucźo pour White God et le Prix du Jury à Ruben Östlund pour Snow Therapy.
Un certain regard présente des films atypiques ou de réalisateurs encore peu connus. Dix-neuf films sont en lice et l’ouverture aura lieu le jeudi 14 mai, avec la projection de An, de Naomi Kawase.
Les autres membres du jury sont: Haifaa Al-Mansour, réalisatrice (Arabie Saoudite), Nadine Labaki, réalisatrice, actrice (Liban), Panos H. Koutras, cinéaste (Grèce) et Tahar Rahim, acteur (France)
Isabella Rossellini décernera le prix et le palmarès Un certain regard le samedi 23 mai, veille de la clôture du Festival. La compétition du 68e Festival de Cannes, débute ce mercredi 13 pour s’achever dimanche 24 mai. Cette année le jury du festival est présidé par les réalisateurs américains Joel et Ethan Coen et à cette occasion, la rédaction Cineseries s’est lancée dans une rétrospective de leurs films.
– « Masaan » (« Fly Away Solo »), de Neeraj Ghaywan
– « Hrutar » (« Rams »), de Grimur Hakonarson
– « Kishibe No Tabi » (« Journey To The Shore »), de Kiyoshi Kurosawa
– « Je suis un soldat », de Laurent Larivière
– « Zvizdan » (« The High Sun »), de Dalibor Matanic
– « The Other Side », de Roberto Minervini
– « Un Etaj Mai Jos » (« One Floor Below »), de Radu Muntean
– « Mu-Roe-Han » (« The Shameless »), de Oh Seung-Uk
– « Las Elegidas » (« The Chosen Ones »), de David Pablos
– « Nahid », de Ida Panahandeh
– « Comoara » (« The Treasure »), de Corneliu Porumboiu
– « Chauthi Koot » (« The Fourth Direction »), de Gurvinder Singh
– « Madonna », de Shin Suwon
– « Maryland » de Alice Winocour
Films hors compétition:
– « La tête haute« , d’Emmanuelle Bercot (film d’ouverture)
– « Mad Max: Fury Road », de George Miller
– « Irrationnal Man », de Woody Allen
– « Inside Out » (« Vice versa »), de Pete Docter et Ronaldo Del Carmen
– « The Little Prince » de Mark Osborne
Séances de minuit:
– « O Piseu » (« Office »), de Hong Won-chan
– « Amy », de Asif Kapadia
Séances spéciales:
– « Asphalte », de Samuel Benchetrit
– « Oka », de Souleymane Cissé
– « Hayored Lema’ala », d’Elad Keidan
– « A Tale Of Love And Darkness », de Nathalie Portman
– « Amnesia », de Barbet Schroeder
– « Panama », de Pavle Vuckovic
Par ailleurs, Abderrahmane Sissako (réalisateur de Timbuktu) présidera le jury de la Cinéfondation et des Courts métrages, créé en 1998. Cette année, autour du réalisateur, sont réunit la cinéaste Joana Hadjithomas (Liban), la réalisatrice Rebecca Zlotowski (France), l’actrice Cécile de France (Belgique) et l’acteur Daniel Olbrychski (Pologne). Le Jury devra décerner trois prix parmi les 18 films d’étudiants d’écoles de cinéma, présentés dans la Sélection Cinéfondation. Le Jury devra également désigner la Palme d’or du Court métrage, parmi les neuf films sélectionnés en compétition.
A Serious Man est un film particulier dans l’œuvre des frères Coen. Tourné dans les environs du Minneapolis de leur enfance, il est sans doute leur film le plus personnel, le plus autobiographique, le plus juif aussi, manifestement.
Synopsis: 1967 Larry Gopnik, professeur de physique dans une petite université du Midwest, vient d’apprendre que sa femme Judith allait le quitter. Elle est tombée amoureuse d’une de ses connaissances, le pontifiant Sy Ableman. Arthur, le frère de Larry, est incapable de travailler et dort sur le canapé. Danny, son fils, a des problèmes de discipline à l’école hébraïque et sa fille Sarah, vole dans son portefeuille, car elle a l’intention de se faire refaire le nez. Pendant ce temps, Larry reçoit à la fac des lettres anonymes visant à empêcher sa titularisation et un étudiant veut le soudoyer pour obtenir son diplôme. Luttant désespérément pour trouver un équilibre, Larry cherche conseil auprès de trois rabbins. Qui l’aidera à faire face à ses malheurs et à devenir un mensch, un homme bien ..?
L’homme qui coule à pic
Le film est tourné plus précisément dans une reconstitution de la banlieue naissante de Saint Louis Park, en bordure de Minneapolis, un des endroits du coin où les juifs vivent le plus massivement, depuis des dizaines d’années. En guise d’incipit, une citation du grand Rabbin médiéval Rachi, suivi d’une histoire de « dibbouk » dans un shtetl polonais d’un autre siècle, d’un esprit malfaisant qui porterait la poisse à ceux qui ont le malheur de croiser son chemin.
Un prologue qui a tout l’air de ces contes populaires terrifiants, mais complètement imaginé par les frères Coen eux-mêmes, sur la base des récits de leur enfance, avec ce démon porte-malheur qui a franchi le seuil des habitants, ce Léviathan qu’il ne faut en aucun cas réveiller. « Accepte le mystère » est-il donc conseillé au début de ce prologue. Pour ne pas avoir écouté ce conseil, les lointains ancêtres putatifs de Larry Gopnik, le personnage principal, semblent lui avoir porté la poisse.
Le récit bascule vers 1967, époque de l’adolescence du plus âgé des deux frères Coen, marquée très exactement par le hit de Jefferson Airplane , « Somebody to love ». Epoque de la Bar Mitzva pour Danny Gopnik, le fils cadet de Larry, qui écoute le morceau en boucle dans son appareil portatif, entre deux joints aux toilettes de la synagogue ou même, pendant son cours d’hébreu. 1967, le début peut-être de l’embourbement viêt-namien, mais surtout aussi l’éclosion d’un souffle de liberté psychédélique dans les mœurs, que Danny célèbre à sa mesure.
Larry est un paisible professeur de physique, un homme spécialiste du « chat de Schrödinger » et de la théorie de la relativité. Les causes et les conséquences, ça le connaît. Sa passion pour les mathématiques et la physique (quantique) n’a d’égale que l’ennui qu’il inspire chez ses étudiants. Alors, quand s’abattent sur lui toutes les calamités de la terre, une femme qui veut subitement se mettre en ménage avec Sy Ableman, son collègue et ami tout en componction, une fille qui dérobe son argent pour se faire refaire le nez, que son fils Danny dérobe à son tour pour s’acheter ses fumettes, quand un étudiant en mal de résultat veut le corrompre tout en menaçant de le dénoncer pour corruption, quand son frère Arthur, un homme inadapté et sans emploi, non content de se balader dans toute la maison avec sa machine à drainer les kystes, se fait arrêter pour divers méfaits plus ou moins délictuels ; quand tout cela arrive, alors forcément Larry se pose des questions. « I didn’t do anything », tel est son leitmotiv. Il a du mal à comprendre, car dans sa tradition, ces avanies ressemblent à des punitions divines. Les rabbins consultés successivement, au mieux n’apportent pas de réponses, au pire débitent un discours consternant et frisant le ridicule, et sa foi d’homme de bien vacille.
Cet homme sérieux, cet homme qui n’a rien demandé s’enfonce dans une spirale descendante qui ne veut pas s’arrêter et sur laquelle il n’a pas la main. L’une des forces du film des frères Coen réside dans ce personnage et dans son interprète, l’acteur de théâtre Michael Stuhlbarg, qui arrive à en faire un bloc d’endurance malgré ses complaintes et son incompréhension. En dehors de ses rêves gonflés d’audace, de désirs aussi à l’endroit de son accorte voisine MS Samsky, Larry Gopnik est un homme qui endure et qui se rebelle très peu, un personnage à contre-courant des spécimens habituels de leur cinéma.
A serious man est une sorte de revisitation du Livre de Job, avec son cortège de malheur sur les épaules de Larry, et Hachem qui ne semble pas entendre ses interrogations paniquées. Son abattement est si profond qu’écouter la musique la musique de Sidor Belarsky, notamment sa très lugubre version du chant yiddish « The Miller’s tears », passe pour de la détente. C’est ce genre de décalage qui fait de a serious man un film drôle. Les personnages secondaires sont truculents, malgré eux le plus souvent.
En cela, les frères Coen ne dérogent pas à ce qui fait le sel de leur cinéma : des sujets graves de l’existence, comme dans No Country For Old Men, émaillés par l’humour apporté en contrepoint, comme dans Burn after reading. Film après film, ils tissent sous nos yeux une œuvre cohérente et de plus en plus riche, fabriquée avec une équipe fidèle, même si côté acteurs, A Serious Man capitalise sur des têtes entièrement nouvelles à leur cinéma. Un film qui mérite amplement l’accueil qui lui a été fait, en rupture de rythme avec les jalons marquants de leur œuvre, et pourtant annonciateur de métrages intimistes comme Inside Llewyn Davis…Un film qui les marquera forcément dans cette présidence du festival de Cannes 2015.
A Serious Man (Joel et Ethan Coen) – Bande Annonce
A serious man : Fiche Technique
Titre original : A serious man
Réalisateur : Ethan Coen, Joel Coen
Genre : Documentaire
Année : 2009
Date de sortie : 20 Janvier 2010
Durée : 106 min.
Casting : Michael Stuhlbarg (Larry Gopnik), Richard Kind (Oncle Arthur), Fred Melamed (Sy Ableman), Sari Lennick (Judith Gopnik), Aaron Wolff (Danny Gopnik), Jessica McManus (Sarah Gopnik), Amy Landecker (Ms Samsky)
Scénario : Ethan Coen, Joel Coen
Musique : Carter Burwell
Chef Op : Roger Deakins
Nationalité : USA
Producteur : Ethan Coen, Joel Coen
Maisons de production : Focus Features , StudioCanal , Relativity Media , Mike Zoss Productions, Working Title Films
Distribution (France) : Studio Canal
Sleepy Hollow est d’abord un film de Tim Burton, peut-être un des ses meilleurs. Baroque, gothique et sombre à souhait, il est accompagné d’une des plus belles musiques du compositeur attitré du réalisateur: Danny Elfman. Pour la série c’est un duo qui se colle à la lourde tâche de succéder au grand Danny. Tout d’abord Brian Tyler, auteur de nombreuses bandes originales et spécialiste de l’univers Marvel avec à son actif Iron Man 3, Thor – L’Empire Des Ténèbres et Avengers – L’Ère d’Ultron. Ensuite Robert Lydecker, qui est en fait un vrai complice de Brian Tyler puisqu’il a travaillé en collaboration avec lui sur ces films de super-héros.
Pour Sleepy Hollow, ils sont en plein dans l’univers magnifique né du cerveau dérangé de Tim Burton. Musique angoissantes, esquisses de chants grégoriens qui, allez savoir pourquoi, sont toujours si prompts à coller une frousse de tous les diables. Le plus drôle en fait est de constater à quel point cet univers musical rappelle les films de monstres du temps du noir et blanc tels La Momie, Dracula ou encore Frankenstein. Le contrat est donc rempli et les spectateurs verts de peur.
An Open Secret – Le film que Hollywood ne veut pas que vous voyez
À l’époque du « scandale Bryan Singer », il y a un an tout juste, Amy Berg, réalisatrice du documentaire West Of Memphis (un documentaire sur l’échec du système de justice dans l’affaire West Memphis Three), elle travaille sur un film documentaire autour des abus sexuels que subissaient les jeunes garçons et filles venus tenter leur chance à Los Angeles pour travailler dans l’industrie cinématographique. Après avoir été présenté au New York Doc Fest, d’où il est reparti avec un plébiscite critique, An open secret est l’un des opus les plus attendus du marché du film attaché au Festival de Cannes et les entrées aux projections seront drastiquement sélectionnées. Autoproclamé « le film qu’Hollywood ne veut pas que vous voyiez », An Open Secret n’a pas de date de sortie en France.
An Open Secret : Trailer du documentaire
Amy Berg est acclamée par la critique, elle a été nominé pour un Academy Award pour son documentaire Délivre-nous du mal (2006). Elle a travaillé en collaboration avec les producteurs Peter Jackson et Fran Walsh. La première du film a eu des critiques dithyrambiques au Sundance Film Festival 2012 et a été nominé aux BAFTA. Sony Pictures Classics a sorti le film en automne 2012.
Amy a complété son premier long métrage de fiction EVERY SECRET THING, projeté au Festival du film de Tribeca en 2014 , le film sortira en salles en mai 2015. Son documentaire, PROPHET’S PRE qui a été réalisé en association avec Showtime et Imagine Entertainment. Elle travaille actuellement sur plusieurs films, dont un projet sur une légende de la musique Janis Joplin. La compagnie de Amy, Disarming Film, écrit et produit de longs documentaires axés sur la justice sociale.
Cannes 2015: Agnès Varda, première réalisatrice à recevoir la Palme d’Honneur
Agnès Varda recevra une Palme d’honneur lors de la cérémonie de de clôture du Festival de Cannes, le 24 mai. A ce jour, seuls Woody Allen(2002), Clint Eastwood (2009) et Bernardo Bertolucci (2011) se sont vu remettre cette récompense. Le conseil d’administration du Festival souligne que cette distinction est attribuée « à un réalisateur de renom, dont l’œuvre fait autorité dans le monde mais qui n’a pourtant jamais reçu de Palme d’or« , se se félicitant de remettre cette récompense pour la première fois à une femme. Réalisatrice, photographe, scénariste, actrice, Agnès Varda, aura 87 ans le 30 mai, « une artiste complète, géniale touche-à-tout que sa curiosité insatiable entraîne dans les projets les plus variés dont elle tire toujours le meilleur« .
Dans ce même communiqué on peut lire que «Son œuvre et sa vie sont portées par un souffle de liberté, un art de repousser les limites, une détermination farouche et une conviction qui se rit de tous les obstacles: elle semble capable d’accomplir tout ce qu’elle désire» La réalisatrice de La Pointe courte (monté par Alain Resnais) en 1954, aux Plages d’Agnès (César du meilleur documentaire) en 2008, en passant par Cléo de 5 à 7,Le bonheur, Sans toit ni loi (Lion d’or à Venise en 1985) ou encore Les glaneurs et la glaneuse, cette « franc-tireuse dans l’âme » a su aborder des sujets variés dans des formes diverses, concluent les organisateurs du 68e Festival de Cannes, dont le coup d’envoi est donné mercredi.
Cannes 2015 : la sélection Cannes Classics célèbre le centenaire de la naissance d’Orson Welles et d’Ingrid Bergman
Après la sélection officielle du Festival de Cannes, la54e Semaine de la Critique, la sélection Un certain regard, la section Cannes Classics a été dévoilée avec Costa-Gavras en invité d’honneur, prix du jury à Cannes en 1969 avec Z et Palme d’or avec Missing en 1982…L’événement permettra aux cinéphiles de découvrir le long-métrage d’Alexis Veller, The Golden Palm’s Legend (2015) célébrant le 60eme anniversaire de la création de la palme d’or.
In The Mood For Sélection Cannes Classics
Revivre des moments mythiques, voilà ce qu’attendent les cinéphiles, palpiter au son de ses films et à l’occasion, du centenaire de la naissance d’Orson Welles, des œuvres restaurées seront projetées en 35 mm, en DCP 2K ou 4K. Trois classiques seront présentés: The Lady from Shanghai (1948, 1h27), Citizen Kane (1941, 1h59) et The Third Man, en Version française, Le Troisième homme (1949, 1h44). de Carol Reed. Deux documentaires sur le cinéaste figurons au palmarès de cette sélection Cannes classics: Orson Welles, Autopsie d’une légende d’Elisabeth Kapnist et This Is Orson Welles de Clara et Julia Kuperberg.
Cette sélection opulente rendra hommage à Ingrid Bergman avec trois films réalisés par Alfred Hitchcock: La Maison du docteur Edwardes, Les Enchaînés et Les Amants du Capricorne. Le documentaire Ingrid Bergman, in Her Own Words de Stig Björkman sera egalement diffusé.
La sélection complète des Cannes Classics 2015:
Z (1969) de Costa-Gavras Citizen Kane (1941) d’Orson Welles La Dame de Shanghai (1948) d’Orson Welles Le Troisième homme (1949) de Carol Reed More (1969) de Barbet Schroeder Visita ou Memórias e Confissões (1982) de Manoel de Oliveira, un film posthume inédit La Noire de… (1966) de Ousmane Sembene, précédé du documentaire SEMBENE ! de Samba Gadjigo et Jason Silverman Rocco et ses frères (1960) de Luchino Visconti Les Sans espoir (1965) de Miklós Jancsó Marius (1931) de Alexander Korda, scénario et dialogues de Marcel Pagnol Ascenseur pour l’échafaud (1958) de Louis Malle Panique (1946) de Julien Duvivier Les Yeux brûlés (1986) de Laurent Roth Les Ordres (1975) de Michel Brault Le Sud (1988) de Fernando Solanas La Historia Oficial (1984) de Luis Puenzo Conte des chrysanthèmes tardifs (1939) de Kenji Mizoguchi Jingi Naki Tatakai (1973) de Kinji Fukasaku Welcome or No Trespassing (1964) de Elem Klimov A Touch of Zen (1973) de King Hu Insiang (1976) de Lino Brocka La Marseillaise (1938) de Jean Renoir
Les documentaires sur le cinéma
Je suis Ingrid de Stig Bjökman La légende de la palme d’or d’Alexis Veller Orson Welles, Autopsie d’une légende d’Elisabeth Kapnist This Is Orson Welles de Clara et Julia Kuperberg Hitchcock/Truffaut de Kent Jones Depardieu grandeur nature de Richard Melloul Steve McQueen : The Man & Le Mans de Gabriel Clarke et John McKenna By Sidney Lumet de Nancy Buirski Harold and Lilian : a Hollywood love story de Daniel Raim
Cinéma de plage:
Ran (1985) d’Akira Kurosawa Ivan Le terrible 1 et 2 (1944-45) de Sergueï Eisenstein Jurassic Park 3D (1993) de Steven Spielberg The Terminator (1984) de James Cameron The Usual Suspects (1995) de Brian Singer Hôtel du Nord (1938) de Marcel Carné Joe Hill (1971) de Bo Widerberg Le Grand blond avec une chaussure noire (1972) d’Yves Robert Hibernatus (1969) d’Edouard Molinaro Les Enragés (2015) de Eric Hannezo (avant-première mondiale)
Le Cinéma de la Plage offrira aux festivaliers en avant-première mondialeLes Enragés, en version originale Rabid Dogs de Eric Hannezo avec Lambert Wilson, Guillaume Gouix et Virginie Ledoyen.
The Other Side Of The Wind : Du crowdfunding pour finir le dernier film d’Orson Welles
Le dernier film d’Orson Welles, Other Side of the Wind est resté inachevé depuis trente ans. Tandis que Peter Bogdanovich termine le montage du film, un jeune producteur, Filip Jan Rymsza, a lancé une campagne de financement participatif pour réunir 2 millions de dollars.
En parallèle, le producteur et réalisateur Joseph Infantolino (Our Song, Cours toujours Denis réalisé par David Schwimmer) a acquis les droits du livre de Josh Karps : « Le Dernier Film d’Orson Welles : making of de The Other Side of the Wind. »
Suraj Gohill, directeur financier de Ivanhoe Photoset producteur deNo Limit et Phénomènes Paranormaux ainsi que Mark Aronson, partenaire de liquidité, se sont joints à l’aventure en tant que producteurs exécutifs du projet de making of deThe Other Side of the Wind.
« C’est un grand honneur et une énorme responsabilité de retranscrire à l’écran l’incroyable histoire vraie du dernier combat d’un des réalisateurs les plus influents et d’une des personnalités les plus riches de tous les temps ! » a affirmé Infantolino
Tout juste publié par St Martin’s Press, le livre raconte comment Orson Welles a passé 6 ans à tourner son film The Other Side of the Wind tandis qu’il tentait un retour à Hollywood après un exil de 10 ans en Europe.
The Other Side of the Wind est un film très symbolique mais inachevé de Welles. Il met en scène Jake Hannaford, un vieux réalisateur lui-même exilé en Europe qui revient à Hollywood pour terminer son prochain film et qui meurt dans un accident de voiture après une soirée dans son ranch.
L’originalité de l’oeuvre tient dans sa structure en deux parties : l’une où les personnages regardent un film documentaire projeté au ranch et l’autre qui est la réalisation du documentaire en question.
Ce film s’inspire de l’histoire des vieux réalisateurs qu’on mettait sur la touche à l’époque et fait référence à Hemingway.
Mehdi Bousheri, le co-réalisateur de Welles, aurait bloqué le négatif durant plusieurs années, empêchant ainsi la sortie du film.
Depuis 2009, longtemps après la mort d’Orson Welles (1985), l’un des acteurs du film, Peter Bogdanovich, tente de terminer le montage suivant les notes de l’auteur, allant même jusqu’à envisager une projection à Cannes pour 2010. La lutte pour l’obtention des droits d’auteur – cédés en 2014 – retarda le projet.
De nouveau cette année, Bogdanovich repousse la sortie du film, prévu pour le 100ème anniversaire de Welles (le 6 mai) car il manque encore 2 millions que la campagne Indiegogo, lancée cette semaine sur le net, tente de rassembler. La campagne de crowdfunding s’achèvera le 14 juin prochain.
Dans cette attente, le Festival de Cannes a prévu de mettre à l’honneur les oeuvres du grand homme en diffusant lors de Cannes Classics les versions restaurées de Citizen Kane, de La Dame de Shanghai, et du Troisième Hommequ’il avait écrit et interprété.
Des documentaires seront aussi présentés : Orson Welles, Autopsie d’une légende d’Elisabeth Kapnist, qui fera l’ouverture de Cannes Classics, etThis Is Orson Welles de Clara et Julia Kuperberg.
Après O’Brother et Intolérable Cruauté, Burn After Reading vient huit ans plus tard, clore en beauté la fameuse Trilogie Des Idiots.
Cette trilogie, si elle reste dans la veine de leur filmographie à savoir, insister là où ça fait mal, laisse de côté les losers magnifiques filmés jusque-là. Ils se penchent cette fois sur le cas d’une Amérique rendue imbécile, ici par le culte des apparences. C’est la question du corps parfait que pose Burn After Reading, un corps érigé en norme sociale, question encore « secondaire » de notre côté de l’Atlantique, mais prépondérante de l’autre côté. Question à l’origine de la spirale infernale qui va entrainer les personnages de Burn After Reading.
Un film sous acide
C’est le film le plus fougueux de la Trilogie Des Idiots, peut-être même de la filmographie de Joel et Ethan Coen. On peut même parler d’hystérie collective, tant les acteurs relâchés et prendre plaisirà interpréter des personnages qui ne vivent que peu pour leur intelligence. Ils semblent plus préoccupés par ce corps, qu’ils veulent « réinventer » ou cultiver par le sport. D’ailleurs les relations se font également d’abord par le corps, pour trouver un partenaire sexuel ou tromper le celui que l’on possède déjà. Le partenaire pouvant d’ailleurs devenir « les » partenaires, puisque la monogamie à répétition semble être ici un loisir.
L’anti-héros est un art
On peut prendre ce film au premier degré, s’amuser de cette façade et de ces tiques, toujours corporels, qui rongent ces « héros » comme autant de gags. C’était le cas dans les deux précédents films, George Clooney est affublé de détails « qui tuent » son personnage. Dans Burn After Reading, il est un marshal fédéral bien peut sûr de lui, qui s’invente des allergies alimentaires, au gré des repas. Il passe son temps libre à courir, surtout après une partie de jambes en l’air. Frances McDormand est elle, en quête de quatre opérations de chirurgie esthétique, Brad Pitt est un coach sportif qui travaille son corps et en oublie son cerveau. Mis bout à bout, tout cela ressemble furieusement à un règlement de compte. Entre une part de la société qui oublierait qu’un esprit sain dans un corps sain est le préalable à ne pas mourir idiot et les frères Coen, grands spécialistes de la dissection. Un des états U.S. vient de leur donner raison en supprimant des écoles l’apprentissage manuel de l’écriture.
Crise de rire
Les frères Coen n’ont pas toujours une réputation de génie de la mis en scène, en tout cas pas de la manière dont à pu l’être Orson Welles. Leurs obsessions ne s’y prêtent pas réellement et ce n’est pas ce qu’on attend d’eux. On leur demande de la satire, du sang même, des personnages truculents et une bonne crise de rire. Bien sûr leur mise en scène et irréprochable, si tant est qu’on la remarque tant on est pris par les péripéties des personnages et le jeu des acteurs. La bande-son est d’ailleurs l’avenant, quand on se remémore le film, on ne se la rappelle pas, ou si peu. Une bande-son en forme de support en fait, qui n’aurait de raison d’être que par le film.
Quatuor à corde raide
Non ce qu’on retient, c’est un formidable quatuor d’acteurs autour desquels gravitent une aussi formidable galerie de seconds rôles et les seconds rôles, les frères Coen en ont fait un art. Difficile de les départager tous les quatre, ils ont la bêtise équitable. France McDormand, éternelle égérie, parfaite dans son idée de « se réinventer » corporellement, est à la recherche d’une forte somme d’argent pour payer ses opérations. Brad Pitt son collègue dans le film, prouve son talent comique. Plus d’une fois l’envie de le gifler nous prend. C’est un brave gars, mais décidément un idiot. John Malkovitch joue le négatif du quatuor, en sa qualité d’analyste renvoyé de la C.I.A. Pas un idiot par définition, mais un excellent vieil hystérique, que des crétins ont emmerdé toute sa vie. Pour finir George Clooney, le maitre étalon de cette trilogie, toujours incroyable, capable de tout jouer et en particulier de se jouer de lui-même. Un acteur complet qui reste ici si à distance de ses rôles de beau gosse des débuts.
L’idiot d’un autre
Burn After Reading pose la bonne question, celle que Francis Veber avait abordée avec Le Diner De Cons : savoir si les idiots sont toujours ceux qu’on pense, savoir si la connerie ne se cache pas parfois sous le vernis fragile de l’intelligence. Savoir si les crétins sont bien identifiés, si l’intelligence de l’esprit est toujours le préalable à l’intelligence du cœur. Car à défaut d’avoir inventé l’eau froide, ces « idiots de service » font preuve d’une certaine sincérité, assortie d’une pointe de naïveté alors que ceux, supposés intelligents, ne vivent que de mensonges. Au fond l’idiot est-il un inculte ou un associable ? Les frères Coen posent la question et suggèrent une réponse qu’ils vous chargent de trouver.
Synopsis: Chad est coach sportif dans une salle de fitness. Il va trouver par hasard les mémoires d’Osbourne Cox, agent de la C.I.A. qui fréquente les lieux. Persuadé qu’il s’agit de documents classés « confidentiel », Chad va faire chanter l’agent secret pour obtenir une somme d’argent qui permettra à sa collègue Linda de payer ses quatre opérations de chirurgie esthétique.
Burn After Reading : Bande-annonce
Fiche Technique : Burn After Reading
Réalisation: Joel et Ethan Coen
Scénario : Joel et Ethan Coen
Casting : George Clooney, Frances McDormand, Brad Pitt, John Malkovich, Tilda Swinton, Richard Jenkins
Décors : Jess Gonchor
Costumes : Mary Zophres
Photographie: Emmanuel Lubezki
Montage: Joel et Ethan Coen
Musique : Carter Burwell
Sociétés de production : Working Titles Films, StudioCanal, Mike Zoss Productions et Relativity Media
Sociétés de distribution : Focus Features et StudioCanal
Budget : 20 millions de dollars
Genre : Comédie, espionnage
Durée : 96’
Année : 2008
Premier film sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, et en compétition pour la Caméra d’or, Mustang du réalisateur franco-turque Deniz Gamze Ergüven conte l’histoire de cinq sœurs vivant dans un village au nord de la Turquie. C’est le début de l’été, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant innocemment avec des garçons. La débauche supposée de leurs jeux suscite un scandale aux conséquences inattendues. La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger. Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.
Notons qu’il s’agit du premier film de la réalisatrice, et qu’elle a été à l’école de cinéma La FEMIS à Paris (école nationale supérieure des métiers de l’image et du son.) Elle a reçu un prix au festival du film de Locarno pour son film de fin d’étude : Bir Damla (Une goutte d’eau) montré à la Cinéfondation de Cannes.
Bande-annnonce de Mustang Quinzaine des Réalisateurs Festival de Cannes 2015
Mustang : Fiche Technique
Réalisateur : Deniz Gamze Ergüven
Scénaristes : Deniz Gamze Ergüven, Alice Winocour
Assistante à la réalisation : Marie Weinberger
Directeur de la photo : David Chizallet
Attachée de presse (film) : Monica Donati
Ingénieur du son : Olivier Goinard
Monteuse : Mathilde Van de Moortel
Sortie en France : 17/06/2015
Durée : 1 h 34 min
Synopsis : Giselle danse pour Albrecht dont elle tombe éperdument amoureuse. Quand elle découvre que son soupirant est déjà fiancé, Giselle perd la raison et s’effondre, inanimée. Bientôt, elle réapparaît sous la forme d’une wili, jeune fille transformée en fantôme. Leur amour sauvera-t-il Albrecht et Giselle d’une danse éternelle ?
Le ballet dans la bobine
Sortir des ballets russes…
Penser au ballet classique, c’est généralement penser à la Russie, penser presque exclusivement à Piotr Ilitch Tchaïkovski, penser inévitablement à ses trois ballets que sont La Belle Au Bois Dormant, La Casse-Noisette et forcément Le Lac Des Cygnes. Quelle place alors pour un ballet tel que Giselle ? Peut-être celle d’un ballet qui ne cesse triompher, qui a tant de mal à quitter l’affiche des plus grands opéras comme celui de Lyon, où il a également occupé l’affiche de La Maison De La Danse.
…et découvrir Giselle
Mais cette fois le défit est de taille : filmer le ballet pour le cinéma et provoquer l’intérêt du spectateur, au-delà d’un simple intérêt pour le ballet classique. Bien difficile du coup de dire où s’arrête le ballet et où commence le film, mais peu importe. Giselle est un immense ballet classique et le film qui en est tiré offre un confort évident au spectateur. On ne se contente pas d’être au premier rang non, on est sur scène avec les danseurs. On admire les performances techniques et physiques, on apprécie que, pour une fois, le réalisateur ne soit pas épileptique, qu’il les filme en pied et que les plans durent plus de quatre secondes. Bien loin que ce que propose habituellement le paysage audio-visuel français qui a pour tradition de massacrer la danse lorsqu’il la filme.
Danseurs et acteurs
Puisque c’est un film, il y a des acteurs, danseurs également, mais acteurs tout de même. Qi Huan tout d’abord, véritable « monstre » physique et technique d’une prestance et d’une élégance assez rares, mais tellement dans le ton de ce genre artistique. Son âme-sœur est ici interprétée par Gillian Murphy, pleine de grâce, d’élégance et de légèreté. Puis il faut être honnête, cette chevelure rousse flamboyante et fascinante est un supplément d’âme pour un rôle de femme déchirée. Leur duo, tant sur le plan de la comédie que sur le plan chorégraphique semble une évidence, ils sont simplement beaux à voir.
Du 6ème au 7ème Art
Alors pourquoi affirmer que ce ballet filmé est une œuvre de cinéma ? Tout d’abord parce- qu’on y retrouve une évidence trop souvent oubliée : le théâtre, le cinéma, le ballet et d’autres encore font partie de la grande famille des arts scéniques (même si la danse est considérée comme 6ème Art et le cinéma comme 7ème Art). Si bien qu’on retrouve beaucoup du cinéma dans ce ballet : scénario, acteurs, mise en scène, costumes, etc…Toa Fraser tente également quelques apartés, en venant insérer des scènes extérieures au ballet, mais toujours avec nos danseurs, comme une respiration qui viendrait apaiser le rythme de la danse. En revanche, malgré la qualité indéniable avec laquelle Giselle est filmé, on aurait apprécié que certains travellings rapides à l’extrême, puissent être coupés au montage. Ils donnent l’impression que le cameraman s’est laissé surprendre.
Exercice de style
Giselle reste évidemment à part comme exercice, car faire d’un autre art de la scène un film, demeure assez rare. Les précédents pour la danse sont encore plus rares, Blackswan ne pouvant rentrer dans cette catégorie. Pour le théâtre par contre les exemples ne manquent pas, un des plus mémorables restant Les Perses, adapté pour la télévision par Jean Prat en 1961. Giselle a su en fait tirer les bénéfices des deux côtés, aussi bien du ballet que du cinéma, l’un se mettant au service de l’autre pour le magnifier. C’est finalement une belle porte d’entrée pour le 6ème Art que propose Toa Fraser aux profanes, la possibilité de profiter cinématographiquement d’un des plus beaux ballets.
Bande Annonce – Giselle
La tradition du ballet au cinéma perdure. Après Billy Eliott, Les Rêves Dansants et Black Swan, découvrez Giselle, un ballet filmé qui dresse le portrait d’une discipline sans merci !
Giselle : Un film de Toa Fraser Avec Gillian Murphy et Qi Huan
SORTIE EN DVD LE 27 MAI 2015
Fiche Technique – Giselle
Réalisation : Toa Fraser
Chorégraphie : Johan Kobborg & Ethan Stiefel
Montage : Dan Kircher
Production : Catherine Madigan & Matthew Metclafe
Scénographie : Leon Narbey
Son : Amy Barber, Bruno Barrett-Garnier & Paul McGlashan
Distribution : Gillian Murphy, Qi Huan & Le Royal New-Zealand Ballet sur une partition d’Adolphe Adam
Durée : 100’
La 54e Semaine de la critique, présidée cette année par la comédienne et réalisatrice israélienne Ronit Elkabetz, décernera pour les longs le Grand Prix Nespresso et le Prix Révélation France 4, ainsi que le Prix Découverte Sony CineAlta du court métrage.
Créée en 1962 et organisée par le Syndicat français de la critique de cinéma, cette compétition parallèle du Festival de Cannes, se tient cette année du 14 au 21 mai 2015. Notons que le Grand prix avait été remis, l’année dernière au film ukrainien The Tribe de Myroslav Slaboshpytskiy.
Les Anarchistes : Adèle Exarchopoulos et Tahar Rahim en ouverture
En ouverture Les Anarchistes d’Elie Wajeman, le film est composé d’un beau casting: Tahar Rahim révélé par Un Prophète en 2009 de Jacques Audiard et Adèle Exarchopoulos (La Vie d’Adèle, palme d’Or au Festival de Cannes en 2013). Le film raconte l’histoire d’un brigadier chargé d’infiltrer un groupe d’anarchistes dans le Paris de la fin du 19e siècle.
Les Deux Amis, le premier long-métrage du jeune cinéaste, Louis Garrel, s’inspire des Caprices de Marianne de de Musset et a été co-écrit avec Christophe Honoré. Louis Garrel a réalisé les courts-métrages : Mes Copains, Le Petit Tailleur, et enfin La Règle de Trois, récompensé par le Prix Jean-Vigo du court-métrage en 2012.
Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore, un film présenté pour la première fois en compétition: L’histoire est celle d’un groupe de soldats français dans le désert, en pleine guerre d’Afghanistan, victime d’étranges disparitions. Au casting, on retrouvera Jérémie Rénier et Kevin Azaïs, l’espoir césarisé vu dans l’excellent Les Combattants.
Les films qui font du bruit sont: Krisha (Krisha Fairchild) de Trey Edwards Shults : Alors qu’elle décide de passer des vacances avec sa famille qu’elle n’a pas vue depuis des années, les démons intérieurs de cette vieille dame dénommée Krisha refont surface.
Un premier long métrage personnel, vainqueur du Grand Jury et Prix du public au festival SXSW (South by Southwest). Krisha présage l’arrivée d’un nouveau talent dans le cinéma indépendant.
Coin Locker Girl: Un premier film pour le réalisateur Coréen Han Jun-hee mais aussi le seul film asiatique sélectionné à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2015. Au casting de Coin Locker Girl on retrouve là aussi un beau casting Kim Hye-soo (The Thieves), Kim Go-eun (A Muse), Park Bo-gum (Roaring Currents) et Kyo Gyung-pyo (High Heels).
Pour le pitch: Alors qu’elle vient de naître, Il-young est abandonnée dans la consigne n°10 d’une station de métro. Huit ans plus tard, elle est vendue à la marraine d’un gang de Chinatown, connue sous le nom de Mom. Elle devient ainsi un membre de sa famille. Seuls les personnes « utiles » peuvent tenir dans cette famille de Chinatown. Coin Locker Girl raconte l’histoire de deux femmes qui ont trouvé chacune leur façon de survivre dans un monde cruel.
La Semaine de la Critique se clôturera avec un troisième film français : La Vie en Grand, première réalisation de Mathieu Vadepied, on suit deux enfants qui font l’apprentissage de la vie, partagés entre l’éducation de l’école et des expériences insolites pour le moins surprenantes.
Sélection des onze longs métrages dont sept en compétition :
Ouverture : Les Anarchistes d’Elie Wajeman
Séance spéciale : le premier long métrage de Louis Garrel, Les deux amis Sleeping Giant du Canadien Andrew Cividino Paulina de l’Argentin Santiago Mitre Mediterranea de l’Italo américain Jonas Carpignano Krisha de l’Américain Trey Edward Shults Ni le ciel ni la terre, du Français Clément Cogitore Land and Sand du Colombien Cesar Augusto Acevedo Dégradé des frères palestiniens Arab et Tarzan Abunasser Coin Locker Girl du Sud-Coréen Han Jun-Hee
Clôture : La vie en grand du Français Mathieu Vadepied
Sélection des dix courts métrages :
L’enfant est au cœur de Varicella, de l’Italien Fulvio Risuelo Command Action de João Paulo Miranda Everything will be okay de l’Allemand Patrick Vollrath Ramona par le Roumain Andrei Cretulescu Too Cool for School de l’Américain Kevin Phillips Love Comes Later de l’Américaine Sonejuhi Sinha Boys de la Suédoise Isabella Carbonell The Fox Exploits de Tiger’s Might de l’Indonésien Lucky Kuswandi Jeunesse des loups garous du Français Yann Delattre La fin du dragon de la Française Marina Diaby
Hors-compétition
Les Anarchistes d’Elie Wajeman, 2e film, film d’ouverture. Avec Adèle Exarchopoulos et Tahar Rahim Les deux amis de Louis Garrel, 1er film. Avec Louis Garrel, Vincent Macaigne et Golshifteh Farahani. Coin Locker Girl de Han Jun-hee (Corée du sud), 1er film La Vie en grand (ex-Adama) de Mathieu Vadepied, 1er film, film de clôture
Charles Tesson, Délégué général, commente la 54e sélection
La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, détaille la composition de la plus ancienne sélection parallèle du Festival de Cannes : Onze premiers ou seconds longs-métrages et dix courts-métrages représentant 13 pays.
No Country For Old Men, un western post-moderne au look crépusculaire et à la noirceur inégalée.
Synopsis: À la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu’il découvre à l’intérieur du véhicule, il n’a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer…Moss a déclenché une réaction en chaîne d’une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir…
« Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme »
Difficile d’imaginer qu’à travers ces quelques mots, donnant le titre à leur film, les frères Coen parviennent à évoquer déjà toutes les ambitions et volontés contenues au sein du projet, à savoir celles de cristalliser en un film, autant un hommage au genre matriciel du cinéma américain – le western –, qu’une énième réflexion de leur part sur les dérives de la société et son inévitable évolution.
Car malgré leur style très incisif, dressant un éloge à peine voilé à l’humour noir et leur prédilection à user du ressort comique au travers de leurs longs métrages, les frères Coen sont des cinéastes éminemment plus matures que l’image délurée et débridée qu’ils véhiculent. Réfléchis, investis, profonds, ces derniers, un peu à l’instar du gotha des réalisateurs indépendants, semblent comme dépendants de leur époque pour façonner leur style. Tel un Martin Scorsese, dressant un éloge de la mafia, alors au sommet à travers sa trilogie constituée de Casino, Les Infiltrés et Les Affranchis ; les frères Coen ont toujours su surfer sur la vague de l’Histoire pour dresser, à travers leurs films, un regard biaisé du monde contemporain.
Sacrant la crétinerie humaine à travers leur trilogie dite des crétins composée de O’Brother, Intolérable Cruauté et Burn After Reading, ou encore la perte de vitesse enregistrée par l’industrie musicale, couplée à l’essor du caractère asocial de la population, à travers le délicieusement rétro Inside Llewyn Davis, les frères Coen agissent ainsi en parangons d’un monde en constante évolution, livré à lui-même et dont la cruauté a, telle une gangrène, envahi toutes les strates de la population.
Manifesté par le rire ou l’absurdité (on pensera alors à Fargo ou The Big Lebowski, pourtant tout deux radicalement différents, mais empruntant à cette même veine de démystification de la société, devenue impitoyable, avare et violente), ce regard ne s’était toutefois jamais appliqué à travers le prisme de la violence, comme c’est le cas avec ce No Country For Old Men, film à l’esthétisme et au propos, encore une fois, vintage et dont la teneur émane, surprise, d’un romancier récompensé du mythique Prix Pulitzer : Cormac McCarthy.
Romancier américain souvent assimilé, outre-Atlantique, au grand William Faulkner et au tout aussi grand Herman Melville (l’auteur de Moby Dick), McCarthy semble, à la vue du long-métrage, être une sorte d’alter ego des frères Coen, tant sa prose aussi agressive qu’enivrante, mise au service de romans noirs (La Route notamment), perpétue cette évolution brutale de la société, laissant sur le carreau nombre de personnes perdues et désespérées, accablées par la fatalité, la détresse et l’absence de repères.
Une perte de repères savamment entretenue par le tandem de réalisateurs qui, sortant d’une décennie de comédies (Ladykillers, The Big Lebowski, Intolérable Cruauté), ont souhaité innover et illustrer avec la maestria qu’on leur connait ce changement, en se délestant de leurs traditionnels habitués (Frances McDormand, George Clooney, John Turturro),et en dressant par leur intrigue, un fond éminemment plus sérieux et mature que ce qu’ils ont tendance à proposer aux spectateurs acquis à leur cause. Sans doute brusque pour certains, quitte à instaurer une certaine appréhension, ce changement fut heureusement balayé tant, encore une fois, le génie de ces frères cinéastes, a su transcrire avec le même désespoir que McCarthy, cette brusque évocation d’un monde changeant à toute vitesse que les vieux acteurs, le vieil homme du titre, ne comprennent plus.
Il Était Une Fois Dans l’Ouest
Disposant d’une ouverture sur fond de grandes plaines filmées à l’orée du jour, surmonté d’un monologue laconique de Tommy Lee Jones, le vieil homme du titre, énonçant son passé de shérif au sein du Comté de Terrel, NoCountry For Old Men démontre déjà dans cette classieuse introduction son attirance pour ce passé révolu, à la fois noble et fier, voyant le respect de la loi primer et une certaine paix s’installer. Usant d’images douces et puissantes obtenues par le travail du chef opérateur Roger Deakins (Skyfall, Prisoners), les frères Coen parviennent de manière rapide à instaurer une certaine tranquillité, telle la paix ardemment défendue par le shérif Bell (Tommy Lee Jones), qui pourtant s’effrite dès lors que son monologue prend fin, à la vue du premier protagoniste venu, en l’occurrence un prisonnier amené à une voiture de police ; un peu comme si Lee Jones, par sa figure patriarcale évidente, symbolisait à lui seul, la barrière entre l’ordre et le néant.
Hautement symbolique, cette première scène permet de prouver également que la violence, pourtant ardente dans les pages du roman éponyme, ne trouvera pas forcément sa place de manière textuelle au sein du long-métrage, un peu à la manière du récent A Most Violent Year qui, usant d’un titre reflétant une violence omniprésente, ne cédait toutefois jamais à la pression et préférait consacrer cette violence en la rendant à la fois inattendue et déchaînée.
Telle alors une chape de plomb s’étendant sur ces plaines désertiques désolées cette violence, signe annonciateur de cette évolution ayant relégué le vieil homme du titre, laisse place aux protagonistes évoluant tous de manière désordonnée sur ces plaines suffocantes et désertiques du Texas.
On y suit ainsi le prisonnier cité au-dessus, dont l’identité sera révélée un peu plus tard, au volant d’une voiture de police, supposant donc la production d’un élan de violence dévastateur, qui arrête un simple conducteur et qui, sans raison apparente, décide par le biais d’un instrument destiné à assommer des bovins, de sèchement l’abattre. Claire et nette, la violence hypertrophiée et contenue de la mise en scène des frères, trouve son point d’orgue avec cette scène qui, outre le fait d’imprimer durablement la rétine avec ce sourire angélique du tueur, permet d’étayer le profil psychologique de ce dernier et laisse donc supposer une violence dont les limites semblent inquantifiables.
De l’autre côté, il y a Llewelyn Moss (Josh Brolin), authentique redneck et pur produit triomphant de l’Amérique reaganienne, patriotique et fière, qui chasse et qui va arriver, sur ce qui constituera finalement l’enjeu dramatique du film, à savoir un parking où un trafic de drogue a mal tourné, voyant un monceau de cadavres s’amonceler autour d’une camionnette bourrée de cocaïne et d’un mexicain à l’attaché-case rempli de dollars, que Moss n’hésitera pas à subtiliser compte tenu de l’absence miraculeuse de témoins.
En apparence deux cas isolés, pourtant vite rapprochés par le sherif Bell, dont le mode opératoire et les techniques d’investigation, laissent de prime abord circonspect, puis désabusé devant une telle violence qui, malgré ses efforts, ne s’estompe pas. Tel un rejet du progrès et l’incarnation filmique du spectateur, ce dernier semble perdu, l’air hagard, comme si ce nœud ou s’entremêlent violence accrue et calme olympien, ne faisait qu’accentuer son désenchantement et sa réflexion sur le temps qui passe.
History Of Violence
Un tueur froid et méthodique, un cow-boy et un shérif; ainsi se voit formé le trio de protagonistes qui portera ce film sur les versants abrupts de la corruption, de la violence et de l’absurdité, à tel point que son principal auteur, Joel Coen, déclarera qu’il « s’agit certainement du film le plus violent auquel il a contribué »
Pourtant, cette violence ne trouve jamais de fondements explicites et est donc amplifiée à chaque fois que l’une de ses manifestations vient à apparaître sur l’écran. Tel le personnage iconique du Joker dans l’univers de Batman, le tueur, incarné à l’écran par le terrifiant Javier Bardem parvient, de par son jeu désarticulé et déshumanisé, à symboliser l’étonnante imprévisibilité de l’intrigue, qui véhiculera ainsi tout du long son lot de surprise, comme celle de voir Llewelyn Moss revenir sur les lieux du massacre, et se faire prendre en chasse par ce tueur, préalablement décrit par un ancien collègue apparu furtivement, comme un chien enragé, ne cessant d’aboyer dès lors que sa mission est finie.
Ce faisant, le film délaisse alors cette vaine très atmosphérique et contemplative, pour n’en retenir que la tension, inhérente à la chasse à l’homme se déroulant sous nos yeux, et voyant Anton Chigurh, le tueur, tenter d’éliminer Moss, au gré d’armes insolites, pour mettre la main sur cet argent. Une tension discrète, en filigrane, présente jusque sur l’image, et amplifiée par l’absence de musiques additionnelles, donnant au long-métrage un parfum de plausibilité effarant et une anormale quiétude.
Une quiétude qui ne disparaîtra jamais vraiment tant les frères Coen, maîtrisant autant l’art du scénario que celui de la réalisation, font progresser leur récit d’une manière diabolique, en maximisant les ruptures de ton brutales entre terreur et humour pince-sans-rire, action chauffée à blanc et désenchantement sous-jacent, sans jamais toutefois ouvrir les vannes du spectaculaire ou de la violence gratuite.
Et à ce petit jeu de massacre sous un soleil de plomb, autant Josh Brolin incarnant la brebis galeuse, que Javier Bardem jouant, quant à lui, le grand méchant loup, excellent, véhiculant par leurs interprétations aussi bien les doutes que la motivation inhérentes à cette transformation de la société, à laquelle sont contraints tous les protagonistes.
Une transformation qui, couplée au genre matriciel du cinéma américain et à une vision à la fois humaniste et symbolique de ses auteurs, ne démérite pas, et aurait sans doute du triompher sur le tapis rouge du Festival de Cannes, festival où, en cette année 2015, le président aura pour la première fois un double visage, personnifié en l’espèce par ce tandem de réalisateurs, décidément peu rancunier mais au talent inégalé.
Magistral.
No Country for Old Men ( bande annonce VOST )
No Country for Old Men: Fiche Technique
États-Unis – 2007
Réalisation: Joel Coen, Ethan Coen
Scénario: Joel Coen, Ethan Coen d’après: le roman de: Cormac McCarthy
Interprétation: Tommy Lee Jones (Bell), Javier Bardem (Anton), Josh Brolin (Llewelyn), Woody Harrelson (Carson Wells), Kelly Macdonald (Carla Jean).
Image: Roger Deakins
Costume: Mary Zophres
Son: Greg Orloff, Craig Berkey et Peter F. Kurland
Montage: Joel et Ethan Coen alias Roderick Jaynes
Musique: Carter Burwell
Producteur: Scott Rudin, Joel Coen, Ethan Coen
Production: Scott Rudin Productions, Paramount Classics et Miramax Films
Distributeur: Paramount Pictures France
Genre: Thriller, Drame
Date de sortie: 23 janvier 2008
Durée: 2h02