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La 5ème Vague, Hardcore, Le Livre de la Jungle: bandes-annonces cinéma de la semaine

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Les bandes-annonces des prochaines sorties cinéma en vidéos :

Hardcore, La 5ème Vague, Where to Invade Next les Bandes-Annonces ont envahi le net ces derniers jours. Cinéséries-Mag vous fait un récapitulatif de ces films très attendus sur les écrans avec, dans un premier temps, la sortie très attendue du prochain film de Disney Le Livre de la Jungle avec Scarlett Johansson qui sortira en Avril 2016.

Le Livre de la Jungle reprend l’histoire bien connue de Mowgli, le petit d’homme élevé dans la jungle par les loups et protégé par Bagheera la panthère et Baloo l’ours. Ils devront affronter Shere Khan le tigre,  Kaa, le pyton au regard hypnotique mais aussi le Roi Louie, qui tentera de soutirer à Mowgli le secret du feu.

Le Livre de la Jungle, bande-annonce :

La 5ème Vague de J. Blakeson avec Chloë Grace Moretz et Nick Robinson sortira en février. Le film raconte la lutte pour la survie d’une adolescente face à la menace extra-terrestre et la quête pour retrouver son frère.

La 5ème Vague, Bande-annonce :

Le Trailer du prochain Hardcore de Ilya Naishuller et tourné en Caméra subjective a aussi été dévoilé. Le spectateur pourra y vivre les aventures d’un cyborg ultra puissant et résistant ramené à la vie par son épouse et pourchassé par Akan, un mégalomane psychotique. Une bonne session de violences en perspective.

Hardcore, Bande-annonce :

Dans son prochain documentaire, Where To Invade Next, Michael Moore s’attaque de nouveau au monde américain en visant plus particulièrement le Pentagone.

Where To Invade Next, Bande-annonce :

Les acteurs-icônes : James Dean

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James Dean : Portrait d’une comète

Rêve comme si tu vivais éternellement. Vis comme si tu allais mourir aujourd’hui.

James-dean-photographe1950. Au cours de ces premières années à New York, le jeune acteur se découvre un intérêt particulier pour la philosophie existentialiste européenne. La peur de l’ennui et de l’aliénation résonne dans toute cette jeunesse américaine d’après-guerre, qui se cherche un exutoire et une raison de vivre en dehors du conformisme parental. L’acteur représentera ce symbole de renouveau. La première icône de la pop culture ? Précurseur du phénomène rock aux États-Unis oui ! Luttant contre le star system hollywoodien, il est devenu malgré lui l’effigie de toute une génération. Avec trois films à son actifs, le jeune homme éternellement âgé de 24 ans, mais aux traits cernés le vieillissant facilement de plusieurs années, conserve l’éclat et la fureur de vivre d’il y a 60 ans. A l’occasion de l’anniversaire de sa mort et de la sortie de Life d’Anton Corbijn, le 9 septembre dernier sur notre territoire (il faudra 3 mois pour les américains, 04/12/15), revenons sur son parcours, ses rencontres, ses choix…

James Byron Dean, fils unique, né le 8 février 1931 dans la petite ville de Marion en Indianapolis, d’un père froid et distant, car ne sachant pas montrer ses sentiments (peut-être bloqué par des valeurs patriarcales de l’ancienne génération) et d’une mère passionnée de théâtre et d’art en général. Pour des raisons professionnelles, alors que le pays est plongée dans la dépression, la famille abandonne la ferme pour s’installer à Santa Monica en Californie, car papa Dean vient d’être nommé technicien dans un laboratoire de dentiste. Juillet 1940, Mildred Wilson Dean meurt d’un cancer du col de l’utérus, laissant le petit Jimmy âgé de 9 ans en plein désarroi avec un père absent qui sera appelé à faire son service militaire peu de temps après. Ayant dépensé toutes ses économies avec les traitements pour sa femme, il confie l’éducation de son fils à sa sœur et son beau-frère, car Mr Dean n’a plus les moyens d’élever son fils. La perte est totale et les repères disparus pour le jeune garçon. Son oncle et sa tante, Marcus et Ortense Winslow le couvent d’amour, attisant la jalousie de ses deux jeunes cousins. A Fairmount, l’enfant introverti grandit en pleine campagne. Lorsqu’il n’aide pas son oncle à labourer les champs, il joue au basket dans son lycée et s’initie au théâtre. Sa taille d’1 m 73 ne l’empêche pas d’être un très bon joueur, contrairement à sa myopie qui l’handicape fortement. Sa professeure d’art dramatique, vieille femme épicurienne à la bouteille de whisky un peu lourde, l’encourage à poursuivre dans cette voie. Il apparaît dans toutes les pièces de l’école et malgré son manque d’assurance et son caractère réservé, devient l’idole du village. En 1949, il se présente, en amateur, au concours d’art dramatique de l’état d’Indiana et remporte un prix pour la meilleure expression dramatique. Il se passionne alors pour l’astrologie et les courses automobiles.

Après l’obtention de son baccalauréat, il part s’installer à Los Angeles retrouver son père qui s’est remarié, avec l’unique ambition de monter sur les planches et signer des contrats avec les studios. Malheureusement, Winton Dean n’est pas de cet avis et l’oblige à suivre des études de droit. Après un passage éclair à l’université, il finit par s’inscrire à UCLA pour y suivre des courts d’art dramatique et s’installe chez son « ami » et futur biographe, William Bast. A l’automne de ses 19 ans, le jeune homme obtient le rôle de Malcolm dans Macbeth. Ses camarades se moquent de sa diction particulière et son manque de technique, mais le metteur en scène ainsi que son professeur James Whitmore l’incitent à monter sur New York pour faire carrière. Il tente donc le tout pour le tout et sans un sous en poche, se déplace à Broadway. C’est toute la culture underground d’une Amérique de la classe moyenne en plein essor qui s’offre à lui. Il dort très peu pour s’adonner un maximum à ses nouvelles passions, la photographie, la sculpture et le dessin, fume et boit beaucoup. Sa rencontre avec Rogers Bracket, alors réalisateur pour la radio CBS, lui sera décisive. Jimmy devient gardien de parking pour la network et décroche son premier contrat professionnel : il danse autour d’un piano dans une publicité pour Pepsi Cola.

Brackett lui permet de faire la figuration (Baïonnette au canon de Samuel Fuller) et des petits rôles relativement sans importance (La Polka des Marins par Hal Walker avec Dean Martin et Jerry Lewis). En 1951, Jimmy arpente les rues new-yorkaises jusqu’à l’aube, errant de clubs de jazz en cafés. Son charme de petit garçon incorrigible fait beaucoup d’effets sur les femmes. Un soir, il rencontre la danseuse Liz Sheridan dans un club et deviennent vite inséparables jusqu’à avoir le projet commun de s’installer ensemble malgré leurs maigres revenus. Il a à peine vingt ans quand il obtient un premier rôle, celui de l’apôtre Jean dans un téléfilm : Hill number one. Le téléphone ne sonne pas aussi régulièrement et l’acteur devient irritable et se montre très agressif. Le charisme de l’acteur en devenir séduit aussi bien les hommes que les femmes et il commence à en prendre conscience. Lorsqu’il découvre l’année suivante que Rogers Brackett est de nouveau en ville, il se sépare de Liz et retourne auprès du réalisateur de CBS. Jimmy refusait de se donner à quelqu’un juste pour pouvoir devenir acteur, mais avec son nouveau mentor, la donne a changé. Opportuniste et prêt à tout pour y arriver, le jeune homme de l’Indiana profite des relations haut placées de son nouvel « ami » Roger (oui petit ami est encore un mot tabou!) et dîne dans les meilleurs restaurants, assiste à des projections privées et rencontre l’élite du milieu du cinéma. Le jeune Roger, attiré et fasciné par ce bel éphèbe timide, l’emmène jusqu’en Espagne où James s’intéresse alors à la tauromachie.

Grâce à ses nouveaux amis et un agent en poche, Jimmy décroche un petit rôle dans Trouble with father (1952) de la série télévisée The Stu Irwin Show. Il fait également quelques apparitions dans des programmes TV tels que Robert Montgomery Presents et General Electric Theater, ou d’autres films de cinéma, mais ce sont des séries B qui ne lui plaisent pas. 
Conscient de devoir améliorer son jeu et de l’opportunité surtout que lui offre la ville, il s’inscrit comme auditeur, puis élève à des cours de comédie de l’Actor’s Studio de New York (être accepté était un honneur et signifiait qu’on être un artiste. La méthode ne lui convient pas. N’appréciant pas que l’on fouille aussi loin dans son passé pour en faire ressortir le « meilleur » de lui-même, il préfère apprendre donc seul, mais il a les bases maintenant.
 Toujours à la recherche de rôles plus conséquents, un ami de Brackett, un producteur de Broadway, est séduit par son physique et lui offre un rôle de taille dans une nouvelle pièce, See the jaguar. Jimmy y joue un attardé mental que sa mère tient à l’écart du monde, comme un animal. Dean se sent particulièrement proche de cet adolescent prisonnier dans une cage. Si les offres affluent enfin, Jimmy se forge une réputation désastreuse. Il a pour habitude de marmonner pendant les répétitions afin d’économiser son énergie et sa spontanéité pour le tournage. Cette approche originale exaspère les vedettes confirmées et les réalisateurs. Lors du direct, il énerve l’équipe en faisant des choses qui n’étaient pas dans le scénario mais qui plaisent néanmoins au public. Fier de son succès grandissant à Broadway, il rejoint la troupe franco-américaine de L’Immoraliste d’après André Gide en février 1954, aux côtés de Louis Jourdan qui joue un époux dont le mariage bascule après une liaison homosexuelle. La presse est dithyrambique et la pièce lui vaut le prix du jeune acteur le plus prometteur de l’année, sauf qu’à la fin de la première, il décide de ne pas continuer les représentations. Elia Kazan, étant dans la salle ce soir là, lui propose de signer pour la Warner Bros et de jouer dans A l’Est d’Eden, adapté du roman de Steinbeck et dont le titre est inspiré d’un verset de la Bible (la fuite de Caïn, fils d’Adam, après le meurtre de son frère Abel).

Rongé par le trac, embarque dans un avion avec deux sacs en papier qui contiennent tout ce qu’il possède : il part pour Hollywood. Il signe donc pour $10 000 pour interpréter le rôle principal, un adolescent Cal Trask, cherchant en permanence à gagner l’amour de son père. Il manque son frère aîné. Paul Newman passe des essais et le courant passe très bien, mais le réalisateur n’est pas satisfait. Le casting se poursuit et Jimmy commence à faire les 400 coups en ville avec son « ami » William Blast qu’il retrouve. Avec son premier cachet, il s’achète une moto, mais quand il déboule dans les studios de la Warner avec son engin, Kazan intervient et lui interdit de faire de la moto. Aucun risque à prendre ! En mai 1954, Richard Davalos rejoint le casting et le tournage peut alors commencer. Kazan a imaginé le film comme une sorte de documentaire sur l’état psychologique de l’adolescent Cal/James. Dans l’une des scènes les plus marquantes, Cal donne l’argent qu’il a gagné à son père interprété par Raymond Massey et celui-ci refuse ce cadeau. Cal devait seulement partir, mais Dean apporte sa touche et se met à pleurer et à serrer l’acteur avant de partir. Audace qui ne plait pas à sa réplique, mais grandement au réalisateur. La créativité de Dean ne faisait que commencer…

Pendant le tournage, Jimmy fait la connaissance de l’actrice Pier Angeli. Le jeune homme de 23 ans est immédiatement séduit par la sophistication et l’élégance de la star italienne. La mère de Pier déteste Jimmy, le jugeant mauvais garçon. Profondément amoureux, Jimmy a enfin trouvé l’âme sœur et en peu de temps, les gazettes d’Hollywood se font l’écho de cette liaison. En septembre 1954, il supplie la jeune fille de l’épouser en secret, mais elle refuse, craignant la réaction de sa mère. Jimmy est effondré quand Pier lui annonce qu’elle ne peut plus jamais le revoir. Sa famille préfère qu’elle épouse un catholique. Un an après la sortie du film en 1955, le premier film réalisé en couleurs et en Cinémascope d’Elia Kazan a reçu le Golden Globe du Meilleur film dramatique. Le succès est fulgurant et le propulse au rang de star. Alors que l’acteur vedette s’attire les foudres d’Hollywood, toute la jeunesse se bouscule pour le voir, le toucher, le photographier. Jimmy est enfin là où il rêvait d’être, au sommet. Mais la gloire n’est sans doute pas ce qui pouvait lui arriver de mieux… Il a un comportement autodestructeur : une sorte de désespoir le pousse à se bagarrer avec des gens, à conduire vite, à froisser la tôle… Il est surnommé le « Little Bastard«  et une fois encore, Jimmy s’éloigne de ses plus proches amis, les repoussant alors qu’il a désespérément besoin d’eux. La Warner Bros est inondée de dizaines de milliers de lettres de fans, toutes adressées à l’acteur. Des millions d’adolescents s’identifient aux angoisses exprimées à l’écran par cette nouvelle star. Soudain les héros virils d’autrefois sont démodés, ils sont remplacés par de jeunes anti-héros. James Dean a donné aux adolescents incompris d’Amérique le droit de se révolter.

Au printemps 1955, des milliers d’admiratrices hurlent dès qu’Elvis Priestley entre en scène. Le pays est pris par la fièvre de l’adolescence. Un jeune réalisateur Nicholas Ray veut surfer sur cette vague avec son nouveau film Rebel without a cause (La Fureur de vivre). James Dean y tient la vedette aux côtés de Nathalie Wood, Sal Mineo et Carey Allen. C’est l’histoire d’un jeune garçon solitaire qui a dû mal à s’intégrer dans son nouveau lycée. Rebel without a cause est un film sur les jeunes, fait par des jeunes, y compris Nicholas Ray, et pour les jeunes. Les adolescents américains se voient comme un groupe en rébellion contre la société bourgeoise des adultes. Jimmy peut improviser en toute liberté sous l’œil attentif de la caméra, se retrouvant dans son personnage. Rebel without a cause est une sorte de manifeste lancé à la face des grands studios et de leurs stars vieillissantes qui feraient mieux de laisser leur place à la révolution des jeunes en colère. La Nouvelle Vague suivra avec le même précepte quatre années plus tard. La machine du Nouvel Age d’or hollywoodien est en route…

Jimmy réalise pour la première fois qu’il fait parti de l’industrie du cinéma, de cette usine à films qu’est Hollywood. A 24 ans, il cherche encore sa voie en tant qu’artiste mais le piège de la célébrité commence à l’étouffer. Jimmy participe à des courses en secret, sachant que le studio serait furieux s’il l’apprenait car la star montante d’Hollywood ne doit prendre toujours aucun risque, surtout qu’il vient de signer pour 1 000 000 de dollars. En mai 1955, Jimmy accepte le rôle le plus difficile de sa jeune carrière. La plus jeune star de la Warner doit jouer Jett Rink dans la superproduction de Georges Stevens : Giant (Géant). Jimmy incarne un cow-boy pauvre qui fait soudain fortune mais garde une vieille rancune contre la riche famille Benedict menée par Rock Hudson et Elizabeth Taylor. Les choses se gâtent immédiatement sur le tournage de Giant. Georges Stevens sait ce qu’il veut et les acteurs ne sont pas censés proposer leurs propres idées. Jimmy n’aime pas ça et quand il tient tête à Stevens, celui-ci est offensé. Les relations entre l’acteur et son metteur en scène sont orageuses. Quand Jimmy manque sans vouloir un jour de tournage, Georges Stevens explose. Pendant trente jours, personne ne parle à Jimmy sur le plateau. Il est maquillé et habillé en silence. Tout le monde le déteste et le lui montre sans se cacher. A l’été 1955, il ne s’est pas remis de sa rupture douloureuse avec Pier Angeli et se sent isolé des autres acteurs. Ses amis commencent à s’inquiéter pour lui, car il est suicidaire et part pourtant faire des courses. Il flirte avec la mort et malgré les supplications de ses amis, il ne renonce pas aux courses. Triste ironie du sort, la police de la route demande à la jeune star de s’adresser aux jeunes téléspectateurs dans un spot pour la sécurité routière.

Au matin du vendredi 30 septembre, après avoir reçu une amende pour excès de vitesse, Jimmy prend la route, à bord de sa Porsch 550 Spyder resplendissante et accompagné de son mécanicien Rolf Wutherich. Près de la ville endormie de Cholame, en Californie, Dean remarque une voiture qui approche de la seule intersection de toute la vallée et qui lui coupe la priorité. Un jeune étudiant, Donald Turnuspeed, est au volant. Il rentre chez ses parents dans une Ford Sedan et ne voit même pas la minuscule Porsche qui tente de l’éviter en catastrophe. La voiture de course se fracasse sous le choc, projetant Wutherich sur le côté. Au volant, Jimmy est écrasé par la tôle. James Dean vient de mourir, à 24 ans. Rolf ne sera que blessé, mais gravement marqué par cet accident. Nous vous conseillons le court métrage multi-récompensé de Parker Ellerman, Two Friendly Ghosts. Et nos amis littéraires apprécieront de continuer sur Vivre vite de Philippe Besson qui s’est attaché, à force de témoignages poignants, à reconstituer le parcours de l’homme torturé au prisme de son ambiguïté sexuelle. A lire d’une traite !

Pour lui comme pour beaucoup d’autres comédiens, le mensonge et la simulation étaient le seul moyen d’atteindre la plus grande lucidité et l’introspection. Mais surtout, le besoin de jouer correspondait, chez  lui, à une sorte de faille existentielle. A la veille de son 25ème anniversaire, James Dean est inhumé près du corps de sa mère à Fairmount, dans l’Indiana. Sa mort a provoqué l’hystérie, semblable à la disparition de Rudolph Valentino en 1926. La foule qui se presse aux funérailles est plus nombreuse que les habitants de sa ville natale. Environ 3 000 personnes y assistent et sa tombe est pillée plusieurs fois par ses fans qui cherchent le moindre souvenir de lui. East of Eden et Giant valent à James Dean deux nominations aux oscars dans la catégorie meilleur acteur. Le succès de ses trois films ne se dément pas au fil des années au grand étonnement de la Warner, qui décide de produire un documentaire réalisé par Robert Altman, The James Dean Story. Le culte, dont il fait l’objet, gagne le monde entier. En 2001, James Franco l’incarne un peu fadement dans le téléfilm cheap, Il était une fois James Dean. Son image, bien que ternie par la nouvelle génération qui ne semble n’avoir vu aucun de ses films, reste figée dans le temps. Image de marque, référence (ne dira-t-on pas des jeunes premiers comme Brad Pitt que c’est le nouveau James Dean?!), fantôme inoubliable, le mythe de l’artiste torturé plane au-dessus de nos têtes, malgré les nouvelles étoiles qui s’entassent dans nos mémoires collectives et au Hollywood Walk of Fame. Il aurait eu 84, triste anniversaire…

« Le drame de sa vie, c’était le conflit permanent entre le désir et la peur, un conflit apparu très tôt entre sa formidable impatience et son manque de confiance en soi ». Nicholas Ray

Sources: http://cinemaclassic.free.fr/dean/biographie_james.html, 

http://www.cinetom.fr/archives/2009/04/22/13473837.html

Bibliographie sélective

Philippe Besson, Vivre vite, Paris, Julliard,‎

William Bast, Ma vie avec James Dean. Éditions City, 2006

Karen Clemens Warrick, James Dean: Dream As If You’ll Live Forever, Enslow Publishers, Inc., 2006

Donald Spoto, Rebel : the life and legend of James Dean, New York, NY, HarperCollins Publishers,‎

Yves Salgues, James Dean ou le mal de vivre, Éditions Pierre Horay, 1957, 1963

The program, un film de Stephen Frears : critique

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Comme son nom l’indique, The Program n’est pas à proprement parler une biographie de Lance Armstrong, mais se consacre essentiellement à son programme d’entraînement et de dopage.

Synopsis : Coureur de classiques, champion du monde en 1993, Lance Armstrong semble pouvoir dire adieu à sa carrière de cycliste quand il est frappé d’un cancer des testicules. Il va pourtant revenir et devenir non seulement l’un des plus grands champions de l’histoire du cyclisme, mais aussi une figure politique et caritative importante. Une histoire trop belle pour être vraie, que le travail acharné d’un journaliste changera en celle d’une mystification.

Bras de fer avec Armstrong

Lance Armstrong est en effet pionnier sur deux niveaux : dans son côté lumineux, il participe à une plus grande rationalisation des techniques d’entraînement, s’entoure de lieutenants talentueux ayant à accomplir une tâche précise. Le tout visant à créer un héros de volonté, qui s’est donné les moyens de revenir à son meilleur niveau, se dépasse pour rester au sommet, et atteint des performances qui semblaient impossibles.

Dans son côté obscur, le programme est né d’un constat simple : alors que le peloton commence à utiliser l’EPO, un coureur non dopé n’a aucune chance de réussite. Pour Lance Armstrong le défi est le suivant : se doper de la manière la plus efficace possible, pour rattraper et dépasser ses concurrents, et ce de manière totalement invisible. Les autorités sont en effet aux aguets, comme en témoignent les extraits de journaux télévisés consacrés à l’affaire Festina. La rencontre avec le docteur Ferrari sera déterminante : théoricien de l’usage de l’EPO, il va l’aider à l’utiliser au mieux et lui indiquera les moyens d’échapper aux contrôles anti-dopages : transfusion de sang avant contrôle, faux échantillons prêts, dates précises de prise de produit pour être éliminé avant la course, rien n’est laissé au hasard.

De sorte que, dans ses aspects légaux et illégaux, le programme fascine par sa rencontre entre l’athlète à la volonté de fer qui ne vit que pour gagner, et les techniques d’entraînement les plus efficaces à défaut d’être les plus morales.

Il est toutefois peu imaginable de réaliser un film qui glorifierait le dopage. The program oppose donc un deuxième point de vue à celui de Lance Armstrong : celui du journaliste britannique David Walsh qui va se battre pendant des années pour découvrir la vérité, malgré les menaces qui pèsent sur lui. Le programme se caractérise en effet par des pressions systématiques sur ceux qui menacent d’écorner l’image du héros de l’US Postal: coureurs dubitatifs, coéquipiers qui n’assument plus, journalistes et même institutions : tous ceux qui doutent doivent être contrôlés et mis hors d’état de nuire. On a beau savoir que le tableau parfait va peu à peu à se fissurer, on ne peut s’empêcher de craindre le pire pour le deuxième personnage principal, d’autant plus qu’il est incarné par le toujours très sympathique Chris O’Dowd (The IT crowd, Mes meilleures amies).

Un film qui privilégie l’efficacité à l’audace

Tout ceci est très intéressant, mais est-ce du cinéma ? Et la réponse à la question est : tout dépend de ce que vous recherchez. Stephen Frears n’est pas le premier venu, et une grande part de l’attention portée à ce film tient à son réalisateur. Avec les années, il a su développer un cinéma direct et efficace. Le film n’a visuellement rien d’extraordinaire : les seules fantaisies que s’autorise l’Irlandais se trouvent dans les scènes de vélo du début, filmées au ras du bitume, et qui combinées à une bande son bien rock’n’roll (Blitzkrieg Bop des Ramones, une bonne idée pour les arrivées au sprint du prochain tour sur France 2), se révèlent assez énergiques.

Toutes les qualités du film se trouvent dans son écriture et dans son interprétation : les acteurs sont tous excellents, Ben Foster en tête, qui, s’il ne ressemble pas physiquement à Lance Armstrong, arrive à en retrouver les mimiques sans tomber dans le piège du jeu d’acteur musée Grévin. Les seconds rôles ne sont pas en reste, que ce soit le toujours sympathique Denis Ménochet dans le rôle du directeur sportif Johan Bruyneel ou surtout Guillaume Canet en docteur Ferrari, dans une performance gentiment cabotine, toute en légèreté.

L’écriture quant à elle est très rythmée : elle arrive à placer les événements attendus, qui ont été par la suite relatés dans des témoignages, comme l’aveu du dopage à l’hôpital devant un coéquipier, ou l’anecdote de la kinésithérapeute qui l’a aidé, sans s’appesantir dessus, et aborde certains points importants de ce qu’a pu représenter Lance Armstrong, en le montrant lever des fonds, rendre visite à des enfants à l’hôpital, ou donner des cours de motivation à des chefs d’entreprise. Toutefois, la visée du film est essentiellement informative. Adapté d’un livre de journaliste, centré sur les événements, peu enclin à interroger la psychologie des personnages, The program est une mécanique qui fonctionne bien, qui se laisse regarder sans problème, mais qui une fois sorti de la salle laisse en bouche un goût d’inachevé.

Le problème est en effet de savoir à qui s’adresse le film : s’il s’agit de fans de sports, ceux-ci n’y apprendront rien qu’ils ne connaissent déjà, et certains silences les laisseront dubitatifs : le film insiste beaucoup sur le combat solitaire du héros, mais occulte qu’il a coécrit ses livres avec Pierre Ballester (spécialiste des problèmes du dopage, et qui a récemment publié un livre sur le sujet dans le milieu du rugby), ainsi que le fait que le journal l’Equipe était devenu peu à peu un ennemi très puissant de Lance Armstrong. Surtout, le fait est que, alors que l’Union cycliste internationale voulait se servir de Lance Armstrong comme étendard de la lutte anti-dopage (ce qui est bien rendu dans le film), celui-ci n’était pas le seul à discréditer son sport. On pense notamment à Jan Ullrich, l’un de ses grands concurrents, ou à Ivan Basso, concernés par l’affaire Puerto. Cela n’innocente bien sûr pas l’américain, mais il aurait été bon de rappeler qu’il n’était pas le seul mouton noir dans un sport propre. Si son cas est emblématique, il participe d’un mouvement de décrédibilisation constant de ce sport, qui, de Indurain à Floyd Landis (qui se révèle assez touchant dans le film) en passant par Bjarne Riis, est incapable de fournir un champion qui respecte les règles, expliquant en partie le scepticisme quant aux performances actuelles du vainqueur du tour Christopher Froome (dont David Walsh est, ironiquement, un fervent supporteur en plus d’en être la caution).

Mais le vrai problème n’est pas tant de savoir s’il diabolise Lance Armstrong : l’espoir qu’il a déçu, le mensonge quant à l’image qu’il donnait est tel qu’il mérite tous les coups de bâton qu’il peut recevoir. Le souci est que le film, peut-être par peur d’un procès ou de reproches d’inexactitude, se raccroche désespéramment aux faits, et ne cherche pas à aller plus loin. Si comme on l’a vu la personnalité de Lance Armstrong est abordée, ainsi que son action en dehors des courses, ce n’est que par la bande, ce qui risque de décevoir les spectateurs peu intéressés par le cyclisme. Il y a pourtant là un portrait particulièrement intéressant à tirer : celui du menteur qui sait qu’il triche mais dont l’image va être suffisamment puissante pour le préserver des soucis. Comment arrive-t-on à vivre dans ce mensonge ? Que se passait-il dans la tête de Lance Armstrong ? Plus que de savoir s’il a triché, ce qui est de notoriété publique, et par quels moyens, ce qui n’est pas universel, on a envie de savoir comment il a vécu son rôle de modèle, géré son action caritative, construit une image d’athlète immaculé dont la victoire est celle de la volonté, alors même qu’il savait que tout cela était faux, s’il a eu des doutes ou s’il ne s’est jamais considéré comme un escroc ?

Et si l’on comprend que Stephen Frears ait eu peur d’aborder l’histoire sur le versant psychologique, Lance Armstrong restant une personnalité difficile à comprendre, le film manque un peu de suspens. On comprend mais on ne ressent pas vraiment le jeu du chat et de la souris entre le coureur et le journaliste, on n’a ni peur pour le cycliste quand les contrôles anti-dopages arrivent, car ils sont présentés sur un mode humoristique, ni pour le journaliste, qui risque pourtant d’être écrasé par le poids médiatique de Lance Armstrong.

Un film à inscrire à votre programme ?

The program est loin d’être un mauvais film, mais il n’est pas complètement enthousiasmant pour autant. Les amateurs de cyclisme n’y apprendront pas grand chose, et le film n’arrive pas vraiment à dépasser son côté factuel pour devenir plus qu’un biopic ou qu’un très bon épisode de Faites entrer l’accusé, comme avait su le faire The social network. Reste que Stephen Frears est un réalisateur qui a du métier : si le rythme du film est bon et les acteurs aussi, le résultat est loin d’être inoubliable. On prendra donc le film pour ce qu’il est, une petite réussite, en se rappelant qu’il n’est pas possible de ne faire que des chefs d’oeuvre.

The program : bande annonce

The program : fiche technique

Titre original : The program
Date de sortie : 16/09/2015
Nationalité : Angleterre, France
Réalisation : Stephen Frears
Scénario : John Hodge, d’après le livre de David Walsh
Interprétation : Ben Foster (Lance Armstrong), Chris O’Dowd (David Walsh), Guillaume Canet (Michele Ferrari), Denis Ménochet (Johan Bruyneel), Jesse Plemons (Floyd Landis)
Musique : Alex Heffes
Photographie : Danny Cohen
Décors : Alan MacDonald
Montage : Valerio Bonelli
Production : Tim Bevan , Eric Fellner , Tracey Seaward , Kate Solomon
Sociétés de production : Anton Capital Entertainment (ACE), StudioCanal, Working Title Films
Sociétés de distribution : StudioCanal
Budget : Non disponible
Genre : Biopic, film sportif
Durée : 01h44
Récompense(s) : Pas encore de récompense.

 

Game Of Thrones saison 6 : Les Scoops !

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Kit Harington (Jon Snow) serait bel et bien de retour dans cette sixième saison de Game Of Thrones !

Voici de quoi vous réchauffer le coeur pendant les longues soirées d’hiver en attendant le retour de Game Of Thrones sur HBO au printemps ! Kit Harington, l’acteur qui interprète Jon Snow aurait été vu lors d’une bataille de la saison 6 entre les Umber, les Bolton et les Sauvageons. Il s’agirait de l’épisode 9, tourné à Saintfield en Irlande du Nord ; un épisode charnière si l’on en croit les saisons précédentes car les épisodes 9 sont bien souvent les plus choquants. Il nous était bien difficile d’admettre la perte du beau « bâtard » Stark et à en croire de nombreux sites internet, on avait bien raison !  En outre, Kit Harington avait déjà été aperçu dans un vol Londres-Belfast, en compagnie de Tom Wlaschiha (le mystérieux Sans-Visage, Jaqen H’ghar).

Des nouvelles recrues :

Par ailleurs, The Hollywood Reporter a confirmé hier que l’actrice Essie Davis était le tout dernier personnage à rejoindre la célèbre série de la chaîne américaine HBO. Games Of Thrones a donc accueilli ce nouveau visage parmi ses protagonistes pour sa sixième saison. L’actrice australienne Essie Davis, qui interprète la mère au bord de l’aliénation dans Mister Babadook ainsi que le personnage de Maggie dans Les Matrix Reloaded et Revolutions tiendra le rôle d’un des membres d’une troupe de théâtre de Braavos. Au cours d’une de leurs pièces intitulée La Main Ensanglantée, la jeune femme campera Cersei Lannister, un rôle satirique très risqué quand on connaît l’humour de la Lady. Richard E. Grant (Queen and Country et prochainement l’adaptation pour ITV de Jekyll & Hyde) devrait lui-aussi rejoindre le casting et faire partie de cette troupe de théâtre.

MCM a diffusés les photos du tournage sur ce lien.

L’Étrange Festival 2015 : La Peau de Bax remporte le Grand Prix Nouveau Genre

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L’Étrange Festival :

La vingt-et-unième édition de l’Étrange Festival vient à l’instant de s’achever au Forum des Images de Paris. Ce festival qui consacre le cinéma de genre dit « différent »offre chaque année la possibilité de visionner des films atypiques, bizarres, étranges et ce, dans les meilleures conditions possibles, à savoir ses grandes salles de cinéma jonchés de fauteuils rouges. Cette année, en plus des remarquables compétitions longs et courts métrages, la programmation a également mis en avant l’industrie du cinéma turque des années 50 dans ce qu’il a de plus « délirant ». Connu pour délivrer chaque année des cartes blanches à des invités prestigieux, l’édition 2015 de l’Étrange Festival a demandé à Ben Wheatley (Kill List, Touristes !), Benoît Delépine (Mammuth, Near Death Experience) et Guy Maddin (The Saddest Music in the World) de faire partager leurs goûts cinématographiques -pour le moins- singuliers.

Mais dans une compétition aussi passionnante qu’excitante, c’est le néerlandais La Peau de Bax d’Alex Van Warmerdam qui est reparti avec le Grand Prix Nouveau Genre. A savoir que ce prix est l’occasion pour le récompensé d’avoir la certitude d’être acheté par un diffuseur et d’obtenir une diffusion télévisée. Un belle initiative qui vise à promouvoir le cinéma de genre sur nos chaînes nationales. La Peau de Bax raconte l’histoire d’un auteur vivant dans une petite maison idyllique au milieu d’un marécage aux pays-bas. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’un tueur à gages a été dérangé le jour de son anniversaire pour le liquider, et cet exécuteur entend bien finir le contrat rapidement pour retourner préparer les festivités en famille. Alex Van Warmerdam avait eu les honneurs l’an passé d’une sélection à Cannes pour son film Borgman, le néerlandais revient cette année en France pour repartir avec un des prix majeurs pour le cinéma de genre en France.

Côté public, les festivaliers ont récompensé Moonwalkers d’Antoine Bardou-Jacquet. Le film se déroule en 1969. L’agent de la CIA Kidman arrive à Londres. Sa mission : contacter Stanley Kubrick et le convaincre de mettre en scène un faux alunissage de Apollo 11 en cas d’échec de la mission. N’arrivant pas à ses fins, il est obligé de s’associer à Johnny, un manager musical de seconde zone. Une véritable comédie pop sur fond de conspiration qui a enthousiasmé le public. Le film sortira le 06 janvier 2016 dans les salles françaises.

The Grey Matter de Luke et Peter Mc Coubrey  est le grand gagnant de la compétition des courts métrages. Ce film de 18min a marqué les esprits par son approche gore. Le récit s’intéresse au réveil d’un personnage, couvert de sang et ayant un immense trou dans le crâne. Le public quant à lui a plutôt plébiscité le Splintertime de Rosto, un film halluciné qui suit une bande d’esprits inquiétants dans une ambulance avec une belle infirmière.

L’an dernier, c’est The Voices de Marjane Satrapi qui avait été honoré du Grand Prix Nouveau Genre et celui du public. Du côté des courts, c’est The Voice Thief d’Adan Jodorowsky qui avait mis d’accord le jury et le public, recevant également les deux récompenses du festival pour les courts métrages.

Palmarès de l’Étrange Festival 2015 : 

Grand Prix Nouveau Genre : La Peau de Bax d’Alex Van Warmerdam (Pays-Bas)

Prix du Public : Moonwalkers d’Antoine Bardou-Jacquet (Angleterre)

Grand Prix Canal + du court métrage : The Grey Matter de Luke et Peter Mc Coubrey (Etats-Unis)

Prix du Public du court métrage : Splintertime de Rosto (France, Pays-Bas, Belgique)

Plus d’informations sur l’Étrange Festival : http://www.etrangefestival.com/

 

Kill Your Friends, un film d’Owen Harris : Critique

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Dès la sortie du livre écrit par John Niven en 2008, Kill Your Friends avait déjà tout de l’ersatz d’un American Psycho dopé à l’insolence britannique. Seul l’univers change, délaissant la finance pour entrer dans le milieu -pourri jusqu’à la moelle- de l’industrie du disque. Pourri tant par les individus qui la composent que par ceux qui régissent la musique mainstream d’aujourd’hui.

C’est peu de dire que le milieu y est fidèlement décrit puisque John Niven a travaillé pendant une dizaine d’années au sein de maisons de disque. Il signe ici le scénario de cette adaptation, ne souhaitant pas lui voir échapper le contrôle artistique de son œuvre. A la tête du projet, on trouve un novice du long métrage en la personne d’Owen Harris dont les faits d’armes sont plutôt à trouver du côté de la télévision, avec la réalisation d’épisodes de Black Mirror ou Misfits. En attendant le téléfilm très attendu de la BBC, The Gamechangers qui reviendra sur la genèse de Grand Theft Auto avec Daniel Radcliff et Bill Paxton à l’affiche. En tête de la distribution, on retrouve l’omniprésent Nicholas Hoult qui confirme avoir parfaitement su prendre le virage de la célébrité après la série Skins et les nombreux blockbusters dans lesquels il incarnait un second couteau. Après Mad Max : Fury Road et Dark Places, il revient à l’affiche d’un film prêt à le propulser au rang des stars influentes, à l’instar de Christian Bale qui avait explosé médiatiquement après American Psycho. Nicholas Hoult va même jusqu’à occuper le poste de producteur exécutif, témoignant d’une volonté de conserver un droit sur son image. Après avoir occupé des rôles majeurs dans des blockbusters divers et variés (la saga X-Men, Warm Bodies, Jack le chasseur de géants ou Le Choc des Titans), le comédien semble désormais vouloir jongler avec des films plus indépendants, en dehors de la machine hollywoodienne. Après ces rôles qui l’ont constamment mis en avant, il bouscule ici son image, incarnant un personnage vil, détestable et complètement malade, tiraillé par une ambition forcenée qui semble le dépasser. Mais pas sûr qu’une telle équipe ne suffise pour transcender une histoire aux airs de déjà-vu.

British Psycho

Tout se déroule en 1997. La musique britpop devient de plus en plus populaire alors que les Spice Girls, au top de leur gloire, donnent le « la » à la tendance « girls band ». Et dans les souterrains des clubs, les DJs deviennent les rois de la nuit, et la dance envahit les ondes radios. Dans l’industrie du disque, plus que dans tout autre milieu, il semblerait que la qualité des œuvres musicales ne soit pas la priorité des majors qui ne cherchent qu’à dominer le marché en répondant à la demande. Le seul but est donc de faire de l’argent en balançant sur toutes les radios nationales des morceaux avec juste ce qu’il faut de talent (ou de communication) pour faire tourner la machine à fric infernale. En ce sens, Nicholas Hoult représente ce qu’il y a de pire dans le milieu artistique. Un dénicheur de talent imbuvable, sans aucune considération pour la musique, ne cherchant qu’à repérer les Beatles de demain. Seule l’ambition et l’euphorie des soirées sous ecstasy semblent animer ce personnage odieux et m’en-foutiste. Le parfait anti-héros donc. Sauf que malgré le talent convenable de Nicholas Hoult, le personnage trouve vite ses limites et ne devient qu’une resucée de l’image typique de l’anti-héros psychopathe que l’on a déjà pu voir dans American Psycho, Filth (Ordure !) ou même Night Call, mais en moins bien.

Dès lors le film s’enlise dans un schéma linéaire où notre personnage manigance des plans pour parvenir à ses fins. Dans sa quête vers le poste rêvé de Directeur Artistique, on suit l’évolution du personnage sans déplaisir mais également sans passion. A deux reprises, le poste lui échappe au profit de gens plus ou moins qualifiés. Si Kill Your Friends aurait pu devenir parfaitement jouissif à l’instant où démarrent le massacre et les fourberies, le récit a le malheur de laisser retomber le soufflé et l’intrigue retourne à la case départ, soit une compétition fade entre Nicholas Hoult et le nouveau Directeur Artistique. Un peu vain, prévisible et surtout rapidement répétitif. John Niven n’est malheureusement pas Bret Easton Ellis. Il y a bien une tentative inattendue de pimenter les enjeux et de tendre vers un triangle infernal par le biais d’un personnage féminin plus malin qu’il n’y paraît. Mais le tout se révèle trop anecdotique, si ce n’est pour injecter une bonne dose d’humour noir finale. Il faut néanmoins reconnaître à John Niven un certain sens du dialogue, tant les répliques s’avèrent vives et percutantes. Il y a ce style corrosif à la londonienne hautement jubilatoire, celui-là même qui a rendu célèbre des cinéastes comme Danny Boyle ou Guy Ritchie. On ne s’ennuie pourtant jamais devant ce film satirique, dont le dynamisme lui permet de faire passer un bon moment sans jamais sublimer notre intérêt. Owen Harris fait du cinéma, et il le fait bien mais sans ambition, ni personnalité. Si la mise en scène électrique donne un cachet au film, il faut reconnaître que la photographie offre de trop rares moments de beauté. Quelques couleurs parfument l’esthétique des scènes mais jamais le film ne parvient à sublimer un sujet acidulé qui aurait mérité un traitement visuel plus développé.

Kill Your Friends aboutit sur le principe déjà-vu mais toujours aussi pertinent du cycle sans fin. Peu importe l’acheminement, l’ascension hiérarchique n’est qu’un schéma cyclique, chaque poste étant constamment convoité par un nouvel arrivant.  On pourrait dire la même chose du film  d’Owen Harris, tant il se contente de reprendre le même modèle que ses aînées. On lui préférera cependant American Psycho ou le récent Filth avec un James McAvoy beaucoup plus habité par un rôle dément et dont l’originalité venait de la puissance épileptique de sa mise en scène, de sa trame narrative non-linéaire et de son rebondissement final renversant. Si Kill Your Friends dépeint le milieu des labels du disque britanniques, on regrettera qu’il ne s’agisse que d’une caricature sulfureuse -certes- mais déjà vue et trop peu survolée pour en garder un souvenir impérissable. On préférera attendre la très-attendue série Vinyl de Martin Scorsese, qui reviendra sur les coulisses d’une maison de disques fictive dans le New-York des seventies. Qu’à cela ne tienne, Kill Your Friends reste un film britannique acide qui s’apprécie même s’il ne marquera sans doute pas les esprits. Tout juste retiendra-t-on la capacité de Nicholas Hoult à tenir un tel rôle sur ses seules épaules. On lui souhaite d’évoluer à l’avenir dans des rôles aussi pertinents et habités.

Synopsis: Londres: Mecque de la pop music et des plus viles ambitions. Steven Stelfox, est insatisfait de sa position hiérarchique dans la maison de disque londonienne pour laquelle il travaille. Peu intéressé par la musique, Steven est jaloux du succès de ses collègues et des talents que ces derniers découvrent. Il sera prêt à tout pour obtenir la gloire et la reconnaissance, quitte à  laisser quelques corps sur sa route.  

Fiche Technique: Kill Your Friends

Royaume-Uni
Genre: Comédie, thriller
Durée: 100min
Sortie en salles le 02 décembre 2015

Réalisation: Owen Harris
Scénario: John Niven
Distribution:   Nicholas Hoult (Stelfox), Ed Skrein (Rent), James Corden (Waters), Rosanna Arquette (Barbara), Georgia King (Rebecca), Tom Riley (Parker-Hall), Craig Roberts (Darren), Joseph Mawle (Trellick), Moritz Bleibtreu (Rudi)
Photographie : Gustav Danielsson
Décors : Charlotte Pearson
Costume: Susie Coulthard, Hannah Glossop
Montage: Bill Smedley
Musique : Junkie XL
Producteurs : Len Blavatnik, Gregor Cameron, Will Clarke, Ivan Dunleavy, Aviv Giladi, Ben Giladi, Marshall Leviten, Andy Mayson, Steve Norris, Danny Perkins, Mike Runagall
Sociétés de Production: Altitude Film Sales
Distributeur: Chrysalis Film
Budget : /
Festival: Sélectionné au Toronto International Film Festival 2015 et en compétition au Festival du Film Britannique de Dinard 2015

Mostra de Venise 2015: Lion d’Or pour Desde allà, Fabrice Luchini meilleur acteur

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Mostra de Venise 2015 :
Prix d’Interprétation pour Fabrice Luchini, Lion d’Or pour le vénézuélien Desde Allas

Présidé par le le cinéaste mexicain Alfonso Cuaron, le jury de la 72ème édition de la Mostra de Venise vient de rendre son verdict. Pour la première fois de l’histoire du festival, un film sud-américain remporte la récompense suprême. On peut dire que le cinéma sud-américain y est très célébré puisqu’un cinéaste argentin a également reçu le Lion d’Argent du Meilleur metteur en scène. Et cocorico, après l’hommage rendue à Bertrand Tavernier pour l’ensemble de sa carrière, un film français s’adjuge deux prix dans une compétition très éclectique mais contrastée où la presse a été particulièrement assassine envers certains films  :

           Mostra de Venise 2015 Palmarès :

Lion d’Or : Desde allà  de Lorenzo Vigas (Vénézuéla)

Lion d’Argent du meilleur metteur en scène : El Clan de Pablo Trapero (Argentine, Espagne)

Grand Prix du Jury : Anomalisa de Charlie Kaufman and Duke Johnson (Etats-Unis)

Prix du Jury : Abluka de Emin Alper (Turquie, France, Qatar)

Coupe Volpi du Prix d’Interprétation Féminine : Valeria Golino pour Per Amor Vistro de Giuseppe Gaudino (Italie)

Coupe Volpi du Prix d’Interprétation Masculine : Fabrice Luchini pour L’Hermine de Christian Vincent (France)

Prix Marcello Mastroianni du Meilleur Espoir : Abraham Attah pour Beasts of No Nation de Cary Joji Fukunaga (Etats-Unis)

Prix du Meilleur Scénario : L’Hermine de Christian Vincent (France)

Meilleure Première Oeuvre : L’Enfance d’un chef de Brady Corbet  (Etats-Unis)

Longuement applaudi par la presse lors de sa projection, le vénézuélien Desde allà narre l’histoire d’Armando, un cinquantenaire à la recherche de jeunes à Caracas qu’il paye pour obtenir leur compagnie. Un jour, il rencontre Elder, un jeune homme de 17 ans qui s’avère être le leader d’un gang criminel. Cette rencontre va leur changer la vie à tous les deux. Malgré son rythme lent, cette histoire âpre de sexe et de solitude écrite par Guillermo Arriaga (Babel, 21 Grammes) a particulièrement bouleversé le jury du festival vénitien qui l’a logiquement récompensé.

Sorti déjà depuis quelques semaines en Argentine et déjà un énorme succès, El Clan de Pablo Trapero raconte l’histoire vraie, dans les années 80, d’une famille responsable de nombreux meurtres et kidnappings. Arquimedes Puccio, un notable anciennement chargé de faire disparaître les opposants au régime, est persuadé que la démocratie n’est que passagère. L’activité lui manquant, il met à profit son expérience pour kidnapper ses voisins fortunés afin de les rançonner. Par prudence, il tue ses victimes après avoir ramassé l’argent, aidé par ses fils qu’il implique de force, y compris l’aîné, célèbre pour jouer dans l’équipe nationale de rugby. Le film est produit par Pedro Almodovar. Une première bande annonce est déjà disponible.

Grand Prix du Jury, Anomalisa est un film d’animation co-réalisé par Charlie Kaufman, l’un des plus célèbres scénaristes américains connus pour ses scénarii de Human NatureDans la peau de John MalkovichAdaptation ou Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Il est à l’origine d’un récit d’une fort mélancolie qui suivra le destin d’un quadragénaire qui, lors d’une soirée dans un hôtel anonyme de Cincinnati,  va tenter de rompre sa solitude avec Lisa, une jeune femme dont la voix le bouleverse. Chaleureusement applaudi lors de sa projection de presse, Anomalisa a mis deux ans pour être financé, faisant notamment appel à une campagne de financement participatif via le site Kickstarter.

L’Hermine de Christian Vincent est l’unique vainqueur français cette année. Mais quel vainqueur puisqu’il remporte le Prix du Scénario ainsi que le Prix d’Interprétation pour Fabrice Luchini. Une consécration pour l’un des acteurs français les plus estimés de la profession et qui n’avait pas reçu de prix depuis plus de vingt ans, ayant reçu le César du Meilleur Acteur dans un Second Rôle en 1994 dans Tout ça… pour ça !. L’Hermine racontera le récit de Michel Racine, un Président de cour d’assises redouté donnant rarement des peines sous les dix ans. Tout bascule le jour où Racine retrouve Birgit Lorensen-Coteret. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Peut-être la seule femme qu’il ait jamais aimée. Elle fait parti du jury qui va devoir juger un homme accusé d’homicide. Le long métrage sortira dans les salles le 18 novembre prochain.

 

 

 

Le Limier, un film de Kenneth Branagh : Critique

Un jeu de rôle :

Prenez Michael Caine (Insaisissables, The Dark Knight, Dr Jekyl and Mr Hyde) et Jude Law (The Young Pope, Spy, Sherlock Holmes saga), enfermez-les dans une maison, donnez-leur des rôles de composition machiavéliques et un tantinet malsains, et pis une arme à feu tant qu’à faire : vous obtiendrez un huis clos étouffant et réussi, le tout superbement orchestré par Kenneth Branagh (Hamlet, Frankenstein et Thor).

Le Limier, c’est une ambiance pesante et des personnages aux personnalités troubles : Andrew Wyke (Michael Caine), riche écrivain intelligent et manipulateur et Milo Tindle (Jude Law), acteur raté et coiffeur à ses heures perdues mais surtout amant de Madame Wyke ! Un véritable jeu de rôles et de joute verbale ou chacun tire la couverture et met en valeur l’autre comme dans un miroir. Le scénario du film Le Limier est très bien ficelé. Les dialogues du prix nobel de la littérature, Harold Pinter (qu’on aperçoit d’ailleurs rapidement sur une télévision dans le film), sont à tomber et très justement interprétés par le duo avec sarcasmes et humour noir.

En 1972, Michael Caine interprétait le jeune et impudent Milo et donnait la réplique à Laurence Olivier dans Le Limier de Mankiewicz (La Comtesse aux Pieds Nus). En 2007, il accepte de jouer son opposé dans cette nouvelle version du film. Il choisit ainsi d’inverser la situation comme pour revivre ces instants différemment et avec un certain recul sur le film. Il a mûri, il connaît bien ce personnage de l’extérieur et va le « pénétrer » complètement dans cette adaptation.

Un jeu de Séduction :

Le limier de Branagh, lui, est plus frivole et tendancieux que le premier. C’en serait presque parodique en comparaison avec l’oeuvre originale plus authentique mais ce surjeu est voulu car les personnages sont des caricatures, des « comédiens » comme se plaît à le arguer Milo (en réponse aux moqueries de son adversaire qui le traite de « Garçon coiffeur »). Le ton est excessif, théâtralisé et moqueur et le rapport de séduction entre les deux personnages est palpable voire érotique à la fin du film. Il est très difficile de savoir qui aura le dessus dans ce jeu pervers entre le senior et le freluquet tant les retournements de situations nous embrouillent l’esprit. Malgré son jeune âge, Milo, acteur raté, est moins naïf qu’il n’y paraît mais on sent quand même que le vieil homme est rongé par la haine et la vengeance et qu’il a plus d’un tour dans son sac !

C’est aussi la jalousie qui vient alimenter les sentiments de Mr Wyke ; la jalousie face à cette jeunesse perdue incarnée par Milo mais aussi par ce jeune séducteur qui l’aguiche pour mieux se refuser à lui et l’humilier de surcroît ! Le choix de Michael Caine dans le rôle du vieil homme, alors qu’il était ce fringant jeune homme auparavant, vient stigmatiser ce rapport au passé et renforcer l’aspect dramatique du film.

Le Limier de 2007 est donc une oeuvre atypique et remarquable qu’il convient de ne pas trop comparer au film de 1972. C’est une mise en scène très réussie, contemporaine et vivante qui vient compléter la première version plus sérieuse et plus longue de Mankiewicz. Le Lion d’Or 2007 à la Mostra de Venise s’est joint au Grand Prix du Jury pour récompenser ce petit bijou.

Synopsis : Un riche écrivain d’un âge avancé, Andrew Wyke, rencontre l’amant de sa femme, Milo Tindle, jeune homme fauché et acteur raté à son domicile. Celui-ci lui demande d’accepter de divorcer d’avec son  épouse. Mr Wyke accepte…à la condition que Milo simule le cambriolage de la demeure. Le jeu peut alors commencer…

Fiche technique : Le Limier

Titre original : Sleuth
Réalisation : Kenneth Branagh
Scénario : adaptation de la pièce d’Anthony Shaffer par Harold Pinter
Photo : Haris Zambarloukos
Décors : Tim Harvey
Musique : Patrick Doyle
Montage : Neil Farrell
Pays : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre : comédie dramatique
Durée : 86 minutes
Date de sortie : 13 février 2008
Casting : Michael Caine (VF : Dominique Paturel) : Andrew Wyke, Jude Law (VF : Jean-Pierre Michael) : Milo Tindle
Harold Pinter : l’homme de la télévision, Carmel O’Sullivan : Marguerite Wyke

 

Festival de Deauville 2015 : Le palmarès

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Deauville 2015 : 99 Homes grand vainqueur

La 41ème édition du festival du cinéma Américain de Deauville vient de dévoiler ses lauréats ! La soirée de gala s’est tenue, il y a quelques heures au centre international de Deauville pour la clôture. Du sommet de l’Everest à la frontière mexicaine, le festival a été riche en émotion. Voici le palmarès :

99 Homes de Ramin Bahrani a remporté le Grand Prix de la 41e édition du Festival de Deauville ce samedi soir. Avant de donner les diplômes, le président Benoit Jacquot a tenu à signaler à quel point son jury avait été surpris par la qualité de la sélection. « Nos récompenses sont forcément un peu injustes » a-t-il proclamé sur scène.

Le prix du jury a été attribué à Tangerine de Sean Baker tandis que le public a récompensé Dope de Rick Famuyiwa. Puis, les drames James White de Josh Mond a reçu le Prix de la révélation Cartier et pour finir, le Prix de la critique internationale revient à Krisha de Trey Edward Shults qui avait déjà fait sensation à la Semaine de la Critique.

Le prix Guillaume d’Ornano devenu Guillaume d’Ornano-Valenti du nom de l’ancien président de la Motion Picture Association of America, est revenu aux Cowboys, un film français de Thomas Bidegain qui se voit ainsi ouvrir les portes du festival du film français de Los Angeles

A l’année prochaine, bon pied bon oeil !

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Pour (re)voir les bandes annonces du Palmarès du Festival de Deauville

Grand prix: 99 homes

Prix du jury: Tangerine

Prix du public: Dope

Prix de la révélation quartier: James white

Prix de la critique: Krisha

Prix d’Ornano-Valenti: Les Cowboys

Co-Rédacteur: Antoine Mournés

 

Festival de Deauville: 99 Homes, Mr Holmes avec Ian McKellen

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Festival de Deauville: 99 Holmes, de Ramin Bahrani: Crise des Subprimes et ascension sociale

Nash, dont la maison vient d’être saisie par sa banque, se retrouve à devoir travailler avec le promoteur immobilier véreux qui est responsable de son malheur.

Quatre ans après avoir remporté le Grand Prix (Take Shelter), Michel Shannon est de retour à Deauville devant la caméra de Ramin Bahrani, accompagné d’Andrew Garfield (The Amazing Spiderman). 99 Homes était le premier film de la sélection à être projeté cette semaine, retour sur un candidat sérieux à une récompense.

Bahrani nous replonge, une petite décennie plus tard, dans les mécanismes d’hypothèques et de prêts qui ont précipité les économies occidentales dans le vide; et parvient à insuffler une dramaturgie poignante dans une immersion très réaliste. En effet, Nash, après s’être fait expulsé avec sa mère et son fils, et s’être vu contraint à vivre dans un motel, entrevoit la lumière par le prisme de la même personne qui l’a poussé dans l’obscurité: Rick Carver alias Michael Shannon. Encore une fois impérial, il campe un promoteur qui trouve sa fortune dans l’écroulement du château de cartes, et essayant d’y trouver une once de morale on peut l’entendre citer Darwin ou la Bible… Après une nouvelle expulsion, il se confronte au jeune Nash en perdition, il finit par lui proposer du boulot, à contrecœur et en déroute financière, il accepte. Entreprenant et efficace, il gagne même rapidement la confiance de son boss qui lui ouvre les portes d’une fraude juteuse. Nash aperçoit alors la possibilité de posséder à nouveau sa maison familiale, et se retrouve à expulser les gens de chez eux. Symbole de son malaise, il cache la vérité à sa famille, mais faute de pouvoir se la cacher à lui même, il invoque de plus en plus les raisons que Rick récite à longueur de temps.

Les deux hommes négocient à hauteur de millions de contrats qui les font vider les quartiers, mais pourtant ils ne sont pas clairement responsables du cataclysme économique et social qui les enrichit. Ils ne sont pas les particuliers qui se sont endettés. Ils ne sont pas les banques qui ont accepté les prêts. Ils ne sont pas le gouvernement qui est resté attentiste. Cependant, ils prennent appui sur cette masse qui coule pour rester à la surface, un choix amoral qui empoisonne Nash. Et plus les dollars s’accumulent, plus les conséquences de ces actes prennent matières, et les enfants, les personnes âgés, les familles qu’il a privés de foyer tournoient autours de lui. L’argent qu’il en retire en vaut-il vraiment la peine ?

Mr Holmes de Bill Condon: L’amnésie est dans le pré

Dans le cadre de l’hommage rendu lors du festival de deauville à Ian McKellen, son dernier film Mr Holmes était projeté en avant première cette semaine. Le septuagénaire endosse le rôle du détective Sherlock Holmes, mais sans la pipe ni la casquette cette fois, car l’intrigue prend à contre courant le mythe et l’envisage dans son aspect le plus réel. Sherlock Holmes est un détective dont il doit la renommé aux livres que son ami le Dr Watson a écrits d’après leurs enquêtes. Il coule dorénavant des jours paisibles sur la côte anglaise, avec sa bonne et son fils, ainsi que ses abeilles. A l’orée de son 94ème anniversaire, sa mémoire vacille et l’homme lutte pour résoudre une dernière fois une affaire dont il a oublié la trame. Un voyage dans ses souvenirs qui risque d’éveiller le pire comme le meilleur…

Les Dents de la mer de Steven Spielberg : le premier blockbuster

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Sorti il y a tout juste 43 ans, en 1975, Les Dents de la mer ne se contente pas d’être un chef d’œuvre. Ce film va bouleverser la production cinématographique et ouvrir la voie à une nouvelle forme de cinéma de divertissement.

Spielberg, maître du suspense

Tout d’abord, ce film, le deuxième film de cinéma de Spielberg après Sugarland Express (Duel, sa première œuvre, est un téléfilm), montre la grande maîtrise technique du réalisateur.
Les Dents de la mer est clairement divisé en deux parties. La première se déroule à terre, dans la station balnéaire, et insiste sur le suspense là où la seconde partie, en mer, lorgnera plutôt du côté du film d’aventures.

Spielberg, qui a bien retenu les leçons hitchcockiennes, joue beaucoup avec ses spectateurs, surtout par rapport à ce qu’il montre ou pas à l’écran. Ayant compris que ce que l’on ne voit pas est pire que ce que l’on voit, il retarde le plus possible l’apparition du requin, laissant ses personnages en dresser un portrait des plus terrifiants. Toutes les recherches menées par Brody (Roy Scheider) aboutissent à l’idée que le requin est une machine à tuer quasiment surnaturelle, attiré par le sang, avalant tout ce qui passe à sa portée, impitoyable et dénué de sentiments. Les questions de Brody sur sa longévité (2000, 3000 ans ?) renforcent encore cet aspect fantastique d’un animal transformé en un monstre marin mythologique. Le clou reste le départ du bateau, filmé à travers les mâchoires d’un requin, comme une confirmation que les personnages se jettent, littéralement, dans la gueule du loup.

Spielberg s’amuse à jouer avec les nerfs de ses spectateurs. La scène de la fête nationale est, à ce titre, un exemple. Le montage, le sens du rythme, les fausses pistes, le sentiment de danger permanent, la volonté de ne pas en faire trop, le requin qui reste invisible, une terrible caméra subjective et la musique de John Williams, tout se mêle pour faire une grande réussite.

C’est au milieu que le film prend une autre direction, sans pour autant perdre de son unité. Embarquant les trois personnages principaux sur un bateau, il paraît inverser les règles du jeu : jusque là, c’était le requin qui chassait, et maintenant il est chassé. Du moins théoriquement, mais le cinéaste va vite insister sur la situation très précaire des trois « chasseurs », dont le bateau semble en bout de course. Quant au requin, plus que jamais il apparaît comme un monstre.

Avec beaucoup de subtilité, le scénario instaure des moments plus calmes, des scènes plus légères, voire même comiques mais qui, immanquablement, se concluent par une image qui rappelle le danger imminent. Tout ce procédé permet aux acteurs de montrer l’étendue de leur talent, en particulier Robert Shaw, absolument formidable dans le rôle du vieux loup de mer.

Une date dans l’histoire du cinéma

Ce film va aussi lancer toute une mode dont on voit encore les effets de nos jours. Outre diverses suites aux qualités déclinantes, il faudra compter sur des Shark Attack et autres Peur Bleue, de Renny Harlin, sans oublier les inénarrables Sharknado ou Sharktopus. Le requin va devenir la vedette de toute une production cinématographique, parfois suppléé par ses collègues Piranhas.

Alors, certes, Les Dents de la mer est une immense réussite, mais il ne se contente pas d’être un chef d’œuvre. Bien entendu, il va lancer la carrière de Steven Spielberg, qui enchaînera par la suite avec Les Rencontres du troisième type et se permettra même d’auto-parodier la scène d’ouverture des Dents de la Mer dans son film 1941.

Plus largement, le milieu des années 70 est la période où les cinéastes de ce que l’on appelait le Nouvel Hollywood vont s’affirmer : en 72 c’était Coppola qui signait Le Parrain, quand un an plus tard Scorsese réalisait Mean Streets ; et deux ans après Les Dents de la mer, ce sera à Lucas d’intervenir avec Star Wars. Ceux qui, jusqu’à présent, étaient des petits trublions du cinéma américain, vont imposer leurs méthodes et devenir les maîtres du jeu, transformant le cinéma hollywoodien.

En bref, en lançant la mode des blockbusters, Les Dents de la mer va marquer l’histoire du cinéma. Cependant, la qualité de sa réalisation et du scénario placent ce film bien au-dessus des productions habituelles du genre, à la fois une référence et un chef d’œuvre.

Les Dents de la mer : bande-annonce

Les dents de la mer : fiche technique

Titre original : Jaws
Date de sortie originale : 20 juin 1975
Nationalité : Etats-Unis
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Peter Benchley, Carl Gottlieb, d’après le roman de Peter Benchley
Interprétation : Roy Scheider (Brody), Richard Dreyfuss (Hooper), Robert Shaw (Quint), Lorraine Gary (Ellen Brody), Murray Hamilton (le maire Vaughn)
Musique : John Williams
Photographie : Bill Butler
Décors : John M. Dwyer
Montage : Verna Fields
Production : Richard D. Zanuck, David Brown
Société de production : Zanuck/Brown Productions, Universal Pictures
Société de distribution : Universal Pictures
Budget : $ 8 000 000
Genre : aventures
Durée : 124’

Festival de Deauville: Madame Bovary, Babysitter, Dope

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Festival de Deauville épisode 7: Divorce, trafic, et Flaubert

Babysitter de Morgan Krantz

Dernier jour de compétition à Deauville, tous les dès sont lancés. Le jeune Morgan Krantz présente un premier film (Encore une fois, 6 dans toute la sélection) sur les conséquences houleuses d’un divorce, et sur l’apaisement éphémère amené par la nouvelle babysitteuse. En revisitant (dans les grandes lignes) Kramer contre Kramer (Robert Benton, 1979) à la sauce teenage movie, le cinéaste Californien fait bonne impression.  Peut être influencé par son histoire personnelle, il nous raconte que c’est d’après son vécu qu’il a battît son intrigue, l’enveloppant de fiction pour l’exagérer. C’est sur le lien sacré entre la mère et son fils que le film repose, un lien mis à rude épreuve car pollué par l’argent et les égoïsmes des clauses du divorce.

Ray Longway (Max Burkholder) a 14 ans, il vit avec sa petite soeur chez sa mère, actrice de profession à la carrière insignifiante. Son père qu’il voit très peu, est un grand nom d’Hollywood qui leur a assuré un train de vie confortable. Ray doit maintenant choisir avec lequel de ses deux parents il veut vivre. Sa mère qui doit absolument prouver l’amour de ses enfants devant le Juge, entame une politique de cécité devant les faits et gestes de son fils afin d’assurer son gain de cause. Pour bien préparer le procès (que ses parents paient), elle engage une jeune babysitter pour s’occuper de ses progénitures. L’adolescente, noire, satisfait la mère en s’occupant de la maison, choie la bambine dans les ballades et les déguisements, et entraîne Ray sur une vie d’adulte qui se profile. Car ces derniers tombent très rapidement amoureux, et entame une histoire qui devient vite trop belle pour cet adolescent dans la marge, qui deal pour s’intégrer. Un doute s’implante dans l’esprit de Ray: Sa mère lui a t-elle servi sur un plateau cette femme qui le comble, afin de s’assurer de sa fidélité au procès ? Morgan Krantz signe un bon film sur la famille moderne à l’ambiance douce amère.

Dope de Rick Famuyiwa

La dernière pièce de la sélection était projetée cette après-midi en l’absence de l’équipe du film. Un métrage déjà présenté à Sundance et qui devrait trouver son public dans les salles. Parce qu’il se trouve que c’est un certain Pharell Williams qui a produit le film, et que surtout le film est super sympa ! Rick Famuyiwa nous entraîne, pour son 4ème long métrage dans les bas fonds de L.A (une ville décidément à l’honneur dans cette édition) dans la vie agitée emprunte de nostalgie de Malcolm. Un jeune noir, premier de la classe, geek, fan du hip hop des 90’s. Alors qu’il soigne sa candidature pour Harvard il se retrouve en possession d’un sac remplie de Molly, la nouvelle drogue qui fait fureur. Tout en humour, le cinéaste nous empreigne de cet air de WestCoast qui fait le succès d’une saga comme GTA, tout en l’abordant avec un second degrés rafraîchissant. En se penchant sur l’ère du réseau et du multimédia, Famuyiwa réinvente le trafic de drogue, et rend une copie savoureusement comique et discrètement militante.  (Lire la critique du film Dope)

Madame Bovary de Sophie Barthes

Séance de rattrapage au Casino de Deauville sur un film qui était projeté jeudi en compétition. La réalisatrice Sophie Barthes se penche, avec se second long métrage, sur un classique parmi les classiques: Madame Bovary (Flaubert, 1856). Mia Wasikowska prête ses traits à la versatile et volage Emma, une interprétation de qualité relevé par les  costumes de Valérie Ranchoux et la photographie d’Andri Parekh. L’image est d’ailleurs le grand atout du film qui recréer l’aspect huileux des vieux tableaux, et la froide brume des campagnes Normandes. Une atmosphère à la fois belle et inhospitalière qui sied parfaitement à la chute morale et sociale d’Emma Bovary. Si l’on peut regretter un certain soporifisme, on prend plaisir à redécouvrir en image les lignes de Flaubert.