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Le chasseur et la reine des glaces, un film de Cédric Nicolas-Troyan : critique

Préquel, séquel ou spin-off de Blanche Neige et le chasseur (réalisé en 2012 par Rupert Sanders) ? Cette histoire mélange assez bien ces trois notions à la fois. Nous pouvons qualifier ce long métrage  de spin-off parce que le héros n’est plus Blanche Neige, mais son chasseur Eric (toujours interprété par Chris Hemsworth). 

Synopsis : Freya, sœur cadette de la méchante reine Ravenna, assista impuissante au meurtre de son bébé, assassiné par son ancien amant. Le cœur brisé, sa colère réveilla ses pouvoirs de glace et elle décida de quitter les terres de sa sœur afin de construire son propre royaume dans le Nord. Elle enleva tous les enfants du pays afin de les libérer de leurs souffrances en les élevant pour devenir son armée de chasseurs…

Miroir, mon beau miroir, redis-moi qui est la plus belle…

La trame est bien équilibrée avec une excellente introduction, qui permet aux spectateurs de connaître les origines du chasseur, mais aussi le passé de la mauvaise reine Ravenna (interprétée par Charlize Theron). Ce prologue, qui constitue la première demi-heure du film, installe deux nouveaux personnages : Freya, la reine des glaces (et non la reine des neiges) et Sara, la guerrière (respectivement interprétées par Emily Blunt et Jessica Chastain). De plus, il pose les enjeux et explique comment Eric fut séparé de son grand amour Sara (évoqué dans le premier film). Par la suite, le préquel se termine pour laisser place au sequel, « 7 ans plus tard ». Ainsi, l’histoire reprend les événements qui ont eu lieu après la victoire de Blanche Neige contre sa belle-mère. Son miroir magique ayant disparu, le chasseur a pour mission de le retrouver, alors que Freya se donne aussi pour but de le récupérer, afin d’obtenir le pouvoir de dominer tous les enfants du monde, sans réaliser qu’elle pourrait ramener sa sœur à la vie.

Ce scénario permet de créer un background aux personnages du chasseur et de la reine démoniaque du premier volet. Mais finalement, sans forcément le vouloir, nous pourrions considérer Freya comme le protagoniste principal. En effet, en apportant des éléments de réponses sur le passé d’Eric et de Ravenna, le réalisateur français, Cédric Nicolas-Troyan, a créé une « origin story » sur Freya, expliquant comment elle deviendra la reine des glaces. On s’intéresse donc beaucoup plus à son personnage qui sert de lien par sa connexion avec sa sœur Ravenna, et sa relation avec « son enfant » Eric.
Bien qu’on nous présente Chris Hemsworth comme le héros qui recherche le miroir pour protéger le royaume, tout le cheminement nous ramène à Freya qui serait l’héroïne. Le spectateur commence cette histoire par le drame qu’elle a vécu, et qui explique pourquoi elle s’est exilée et se refuse d’éprouver le moindre sentiment. Les questions ici ne seront pas de savoir qui est la plus belle, mais plutôt qui est la plus forte entre les deux soeurs, notamment à travers une vraie lutte de pouvoir. Le film se donnera aussi l’enjeu de savoir si une rédemption est encore possible pour le personnage d’Emily Blunt qui est victime des événements, et qui montre une grande détresse.

Ce second chapitre des Chroniques de Blanche Neige est très certainement meilleur que le premier qui se voulait beaucoup plus sombre et qui reprenait la mythologie déjà suffisamment connue du conte d’origine. Cette suite propose une histoire inédite en mélangeant les univers, mais aussi une réelle aventure : rechercher le miroir magique avant la reine des glaces. Ce pèlerinage joue beaucoup plus sur l’humour à travers les quatre compagnons nains du chasseur qui permettent de poser une certaine légèreté et trouver le juste milieu face à la tragédie du personnage de Freya. Nous aurons d’ailleurs un certain plaisir à suivre le jeu de séduction avec Eric tentant de reconquérir Sara, ou encore cet échange attraction/répulsion très amusant entre les nains qui pourra amener plus facilement le jeune public à vouloir suivre cette histoire.

De plus, le casting est excellent avec de bons acteurs et des personnages assez bien construits, apportant une évolution plus profonde que Blanche Neige et le chasseur. Il y a une vraie implication pour que le spectateur puisse apprécier les héros, ressentir une certaine empathie pour Freya, ou encore avoir plaisir à détester Ravenna, l’antagoniste principal. On regrettera peut-être la présence des nains, trop peu développée pour qu’on s’y intéresse réellement, servant juste à apporter une note humoristique. Enfin, la construction des décors et des effets spéciaux magnifient encore plus les paysages et renforcent les spectateurs à s’immerger dans ce monde fantastique, comme l’avait fait Ruper Sanders pour son film.

Finalement, nous avons plus l’impression, après La reine des neiges de Disney, et Once Upon A Time d’ABC, d’avoir une nouvelle ré-adaptation plus fidèle du conte de Hans Christian Andersen. Nous pouvons l’imaginer comme le film live qui a réussi à moderniser le mythe de 1844, au même titre que Maléfique pour La belle au bois dormant. Comme dans le conte, le miroir magique de Ravenna peut rappeler le miroir brisé de la mauvaise reine des neiges qui utilisait ses pouvoirs et son influence à travers ces morceaux, et les deux chasseurs qui affrontent Freya feraient directement écho aux deux enfants qui ont affronté la sorcière.
En dehors des fans de Blanche Neige et le chasseur et du conte écrit par Andersen, cette suite pourra ainsi plaire aux nouvelles générations qui ont aimé le dessin animé de Disney, car un rapprochement évident peut se faire ici entre Elsa et Anna, deux sœurs qui s’entraident contrairement à Ravenna et Freya qui sont deux sœur en rivalité.

Par conséquent, ce tout nouveau conte de fée a réussi à réunir différentes mythologies avec subtilité et apporter une certaine modernité.

Le chasseur et la reine des glaces : Bande-annonce

Le chasseur et la reine des glaces : Fiche Technique

Titre original : The Huntsman : Winter’s War
Réalisation : Cédric Nicolas-Troyan
Scénario : Craig Mazin, Evan Spiliotopoulos
Acteurs principaux : Chris Hemsworth (Eric), Charlize Theron (Ravenna), Emily Blunt (Freya), Jessica Chastain (Sara), Nick Frost (Nion), Rob Brydon (Gryff), Alexandra Roach (Doreena), Sheridan Smith (Mme Bromwyn)
Décors : Dominic Watkins
Costumes : Colleen Atwood
Musique : James Newton Howard
Producteur(s): Joe Roth
Sociétés de production : Roth Films, Prime Focus World, Universal Pictures
Sociétés de distribution : Universal Pictures (Etats-Unis), Universal Pictures International France (France)
Budget : 200 000 000 $
Date de sortie : 20 avril 2016 (France)
Durée : 114 minutes
Genre : Dark fantasy

Etats-Unis – 2016

Adopte un Veuf, un film de François Desagnat : Critique

Il semble que le cru 2016 de la sélection de l’Alpe D’Huez, ce festival incubateur de comédies populaires franchouillardes, ait été sous le signe du bon-sentimentalisme. Après La Vache (Grand prix du jury et Prix du Public) et Pataya qui tous deux prônaient avec plus ou moins de délicatesse le multiculturalisme, et les comédies romantiques douceâtres Encore Heureux, Joséphine s’arrondit et Tout pour être heureux, voici que sort le dernier film de la compétition. Vainqueur du Prix spécial du Jury, Adopte un Veuf est lui-aussi une ode à la solidarité, cette fois-ci intergénérationnelle.

Synopsis: Vivant seul depuis le décès de sa femme, Hubert vit mal sa retraite et est au bord de la dépression nerveuse. Suite à un quiproquo, débarque chez lui la jeune Manuela, convaincue de trouver chez lui un logement de substitution. Après moult hésitations, Hubert finit par céder et l’accepter comme colocataire. Le duo ainsi formé va même décidé de s’agrandir en accueillant deux autres locataires au sein de l’appartement, Paul-Gérard et Marion, qui eux-aussi vont peu à peu se décoincer en apprenant à vivre ensemble.

Comédie Populaire cherche Sens de l’Humour pour Colocation

La proposition est celle d’un pitch qui n’est finalement qu’un croisement batard entre celui de L’Etudiante et Monsieur Henri, sorti en octobre dernier et où un vieil homme accueillait déjà chez lui une jeune étudiante, et Five, pour ne citer que la plus récente des innombrables comédies tournant autour de la question de la colocation. Sur le papier, le film ne promettait rien de bien original en somme. Et y voir rattacher le nom de François Desagnat, un ancien acolyte de Mickael Youn, coréalisateur des lamentables La Beuze et Les 11 Commandements, et dont l’unique film qu’il ait réalisé seul, Le Jeu de la vérité, a fait un flop assez risible, assurait au résultat une lourdeur des plus déplorables. Seuls les noms d’André Dussolier, Bérengère Krief et Arnaud Ducret avait de quoi rendre le projet un minimum attirant.

Filmée en grande partie en huis-clos et en caméra portée, la mise en scène pantouflarde de Desagnat participe pour beaucoup au problème de dynamique don va souffrir le film. Car la qualité formelle s’accorde finalement très bien à la façon dont semble avoir été pensé le scénario, c’est-à-dire comme  épisode étiré de Nos Chers Voisins. A l’origine du projet, Jérôme Corcos et Antoine Pezet ont eu ensemble l’envie de produire cette comédie qui tente de combiner deux des approches du genre les plus populaires en France : le feel-good-movie et le théâtre de boulevard, deux modes d’écriture certes lucratives mais dont on sait les limites en termes de dramaturgie. Il aura fallu pas moins de quatre scénaristes pour mettre en place l’histoire de ce rapprochement entre plusieurs personnages que tout opposait au début. Comme souvent, en cas de scénario écrit à plusieurs, celui-ci souffre du manque flagrant de développement de chacune des pistes dans lesquels il s’engage: Tandis que le mal-logement se révèle être moins une problématique qu’un prétexte, le divorce de PG et la vie amoureuse de Manuela font partie des nombreuses sous-intrigues qui ne seront pas menées à terme.

C’est ainsi que, en plus de se bâtir sur un pitch d’une naïveté confondante, l’intrigue ne réussit jamais à proposer de situations un tant soit peu surprenante ni d’idées pertinentes dans la caractérisation des personnages et le traitement de leurs relations. La maladresse avec laquelle sont exploités tant de grosses ficelles scénaristiques rend chaque scène prévisible une heure à l’avance. A la lourdeur de ce sentiment de déjà-vu et à cette bien-pensance assommante s’ajoute un manque de finesse évident dans l’écriture des dialogues –sur lesquels se doivent pourtant de reposer toute bonne comédie de boulevard– et donc ce manque de rythme qui fait tomber à plat les quelques gags potentiellement amusants. Résultat, aucune situation ni réplique ne parvient à sortir du lot de ces échanges fades, servis de plus par un casting peu convaincant.

Que l’ancien acteur fétiche d’Alain Resnais, autrefois découvert par Truffaut, Chabrol et Rohmer, en vienne à accepter ce rôle ultra-caricatural du « vieux bonhomme ronchon qui va reprendre gout à la vie » en dit long sur le déclin qu’a pris le cinéma populaire français. André Dussolier a toutefois contribué ces dernières années à de bien meilleurs films (notons, entre autres, Diplomatie et Trois souvenirs de ma jeunesse), et on le sent ici conscient du manque d’intérêt du tournage auquel il participe en n’offrant que le service minimum, alors qu’on lui connait un talent comique certain. A l’inverse, la jeune Bérangère Krief se révèle être la véritable bonne surprise de ce vaudeville en lui apportant la fraicheur et l’énergie dont manquait justement cruellement son scénario ankylosé par son académisme désuet. Entre ces deux personnages principaux, l’installation de la relation père/fille est sans conteste l’argument le plus émouvant que le film ait à proposer, mais encore une fois celui-ci n’est pas suffisamment exploité pour être réellement attachant. Les deux autres membres du quatuor, Arnaud Ducret et Julie Piaton, sont dans la redite de leurs rôles précédents, le premier dans un surjeu jamais crédible (comme souvent chez les humoristes de stand-up reconvertis dans le cinéma), la seconde trop en retrait pour faire vivre son personnage. Et l’inévitable relation amoureuse qui va naitre entre eux est d’une superficialité hermétique à la moindre émotion. Et vient s’y ajouter le personnage, parfaitement inutile à la narration en dehors d’y ajouter quelques blagues graveleuses et donc dispensables, de Nicolas Marié, dont le surjeu est tout simplement insupportable à encaisser.

Boursoufflé par ses clichés omniprésents et bâti sur une écriture aussi fourre-tout que paresseuse, Adopte un veuf est le fruit d’une volonté évidente de bienséance autour du sempiternel thème de l’indispensable solidarité entre ses personnages. Une candeur qui peut se montrer rafraichissante mais qui ne parvient en aucun cas à aboutir à une comédie marquante.

Adopte un veuf : Bande-annonce

Adopte un veuf : Fiche Technique

Réalisation : François Desagnat
Scénario : Jérôme Corcos, François Desagnat, Catherine Diamant, Romain Protat, Richard Pezet
Interprétation : André Dussollier (Hubert), Bérengère Krief (Manuela), Arnaud Ducret (Paul-Gérard Langlois), Julia Piaton (Marion), Nicolas Marié (Samuel)…
Photographie : Vincent Gallot
Montage : Béatrice Herminie
Récompense: Prix Spécial du Jury à l’Alpe d’Huez
Production : Jérôme Corcos, Richard Pezet
Société de production : Someci, Nac Films
Distribution : SND
Genre : Comédie
Durée :  97 minutes
Date de sortie : 27 avril 2016
France – 2015

 

Critiques Séries : Vinyl, Saison 1

Après un premier épisode exceptionnel, tant du point de vue de la longueur (quasiment deux fois plus long qu’un épisode), que de la structure (le rise and fall si cher à Scorsese, surprenant pour un pilote), Vinyl s’est achevée cette semaine avec un dixième épisode, celui-ci très classique. Entre les deux, huit épisodes pour nous raconter les déboires d’un producteur de musique autant en proie à ses démons qu’à ses concurrents.en

Synopsis : New York, 1973. Richie Finestra, producteur de musique, décide au dernier moment de ne pas vendre sa compagnie American Century Records, pourtant sur le point de couler. Persuadé qu’il peut encore révolutionner le monde de la musique, il va tenter de dénicher de nouveaux talents pour faire renaître son label de ses cendres.

La musique que j’aime

En découvrant Vinyl, la première chose qui saute aux yeux (et aux oreilles) c’est la reconstitution des années 70, qui fait des merveilles. À l’image, cela se traduit par des chemises chatoyantes, des décors somptueux et des objets délicieusement rétros. Le Terence Winter de Boardwalk Empire n’est pas loin. Dans la bande-son, ce sont les plus grands classiques de l’année 1973 qui s’enchaînent quasiment sans interruption que ce soit sur scène, à travers un transistor ou en musique extra-diégétique. L’influence du parrain David Chase, fin collectionneur de musique américaine sur Les Soprano, se fait sentir. Toute cette reconstitution, et particulièrement le choix des morceaux entendus, rend la série très agréable à visionner, mais est aussi l’un des éléments centraux de ce qu’elle raconte.

La multitude de musiques rencontrées par Finestra au cours de ses affaires, vise à représenter l’ensemble du spectre musical présent à cette époque : blues, hard-rock, reggae, pop, rock’n’roll, tout y passe. La série insiste particulièrement, et l’on sent bien que cela va constituer le cœur des saisons suivantes, sur les tendances émergentes que sont le début du punk et du hip-hop. C’est une vraie leçon de musique qui est dispensée ici par Scorsese, Jagger, Winter et Cohen. L’éventail atteint cependant ses limites lorsqu’au cours d’une seule saison, on croise les visages de David Bowie, Elvis Presley, Bob Marley, Lou Reed, Alice Cooper, John Lennon, Robert Plant (de Led Zeppelin)… À défaut de namedropping, la série invente le facedropping et malgré la précision des reconstitutions, difficile de s’empêcher de penser que ça fait beaucoup. Mais assez parlé de ce qui les entoure, intéressons-nous aux personnages.

Le blues du businessman.

Richie Finestra est un homme d’affaires. L’épisode pilote le place dans une situation délicate, et il décide de tout miser quitte à tout perdre. C’est assez intéressant comme positionnement pour un personnage principal, car il n’est ni au sommet (comme peut l’être Nucky Thompson au début de Boardwalk Empire par exemple) ni totalement un nouveau concurrent parti de rien. Il est juste entre les deux. De ce fait, il cumule les enjeux de l’outsider qui doit tout inventer pour se faire sa place dans le milieu ; et ceux du boss qui doit résister à la folie des grandeurs et aux attraits de la drogue et de l’argent facile.

Dans le premier cas, c’est très intéressant, car on est là au cœur de ce qui fait un producteur de musique : il doit à la fois tenter de garder un maximum d’intégrité et mettre en avant des groupes de qualité, songer à faire rentrer de l’argent et sortir des tubes, ainsi qu’ anticiper sur les tendances futures, pour être le premier à signer avec les artistes à succès de demain. C’est là que se jouent les enjeux vraiment passionnants de la série, notamment avec le groupe Nasty Bits, dont le leader est incarné par James Jagger (fils de Mick) parfait punk torturé venu d’Angleterre, et dont la manager en herbe est incarnée par Juno Temple.
Dans le deuxième cas, c’est tout de suite moins excitant. Même si les excès de Finestra s’incarnent parfaitement dans le physique et le jeu bigger than life de Bobby Cannavale, difficile de ne pas voir dans ses magouilles une énième déclinaison d’intrigues mafieuses. Prêt d’argent, chantage, drogue, enquête policière, meurtre… la série ne semble parfois être qu’une version vintage et musicale d’un film de mafia. Et c’est dommage, car les enjeux musicaux sont souvent relégués aux personnages secondaires, alors qu’on aimerait précisément les voir plus souvent.

Cœur de rocker.

Malgré cela, il faut bien avouer que la sympathie dégagée par la série la rend rapidement addictive, et ses paresses scénaristiques sont vite oubliées au rythme de l’air d’ « un bon vieux rock bien rétro ». La série préfère mettre en avant la sensation plutôt que la narration. Cela peut être perçu un peu rapidement comme un défaut de fond, pourtant c’est certainement une de ses qualités. Nous l’évoquions plus haut, la reconstitution de l’époque est un point primordial. Et elle s’y emploie aussi dans l’esprit et la dynamique qu’elle met en place. De toute manière condamnée à faire cohabiter l’historique et le fictif, la série abandonne régulièrement le réalisme pour des séquences plus oniriques. Le but ici est moins de raconter l’époque que de la faire (re)vivre par procuration aux spectateurs.

Cela semble confirmé par le discours de Richie à la fin du dernier épisode : la génération de cette époque avait une voix à faire entendre, et la musique (et ici la série) sont là pour s’en faire le relais. L’énergie de l’esprit « sexe, drogues et rock’n’roll » traverse la série de part en part, et vous aurez la sensation d’en faire partie, pour peu que vous y soyez sensible. En y repensant, c’est aussi tout l’objet de l’épisode pilote. La dernière scène de celui-ci, c’est ce que la série cherche à recréer à tout prix : un moment unique, une sorte d’épiphanie, de révélation, cette sensation que la musique peut parfois provoquer, celle d’entendre la bonne chanson au moment exact où l’on voudrait l’entendre, la bande originale qui donnera un sens à votre vie.

Vinyl est une série qui mise sur les sensations et le rythme, plus que sur la narration. Comme son personnage principal, elle déborde d’énergie et d’ambitions. Comme lui également, elle est un peu traumatisée par l’épisode pilote, et peine parfois à se montrer à son niveau. Si plusieurs arcs narratifs promettent une deuxième saison (déjà confirmée) excitante, le renvoi par HBO du showrunner Terence Winter n’annonce malheureusement rien de bon.

Vinyl Saison 1 : Bande annonce

Vinyl Saison 1 : Fiche technique

Création/Scénario : Rich Cohen, Mick Jagger, Martin Scorsese, Terence Winter
Réalisation : Allen Coulter, Jon S. Baird, S.J. Clarkson, Carl Franklin, Nicole Kassell, Mark Romanek, Martin Scorsese, Peter Sollett
Producteurs Exécutifs : Mick Jagger, John P. Melfi, Martin Scorsese, Emma Tillinger Koskoff, terence Winter, Allen Coulter…
Interprétation : Bobby Cannavale, Paul Ben-Victor, P.J.Byrne, Max Casella, Ato Essandoh, James Jagger, J.C. MacKenzie, Jack Quaid, Ray Romano, Birgitte Hjort Sørensen, Juno Temple, Olivia Wilde…
Décors : Ellen Christansen, Regina Graves, Devon O’Leary
Costumes : John Dunn, Mark Bridges
Photographie : Reed Morano, David Franco, Rodrigo Prieto
Montage: Kate Sanford, Tim Streeto, David Tedeschi, Perri B. Frank, Eric Lorenz
Musique (supervision) : Meghan Currier, Randall Poster
Casting : Meredith Tucker, Ellen Lewis
Genre : Musique, Drame
Format : 10 épisodes de 60 minutes
Diffusion: HBO (USA), OSC (France)

Auteur : Amaurych

To Walk Invisible : un film sur les soeurs Brontë

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Sally Wainwright aux commandes d’un drame sur les célèbres soeurs Brontë

En 1979, André Téchiné sortait son mélancolique et magnifique film Les Soeurs Brontë incarnées par les toutes jeunes à l’époque Isabelle Adjani, Marie-France Pisier et Isabelle Huppert. Bien plus tôt, en 1946, paraissait La Vie passionnée des sœurs Brontë (Devotion), une version romancée de Curtis Bernhardt. Aujourd’hui, la réalisatrice et scénariste Sally Wainwright s’apprête à donner le jour à une nouvelle adaptation américaine pour BBC. Le film, titré To Walk Invisible : The Brontë Sisters, explorera la relation entre les frères et sœurs Brontë et ce père de famille autodidacte, qui a grandi dans la pauvreté et a encouragé ses enfants à se passionner pour les lettres. Et ce, quel que soit leur sexe !
Le drame de Sally Wainwright abordera aussi la relation de plus en plus difficile avec Branwell, le frère qui, suite à une histoire d’amour tragique, a fini par sombrer dans l’alcool et la drogue.

La créatrice de Happy Valley vient d’ailleurs de dévoiler le casting de son drame To Walk Invisible : The Brontë Sisters. Chloe Pirrie (War & Peace, Black Mirror) sera Emily Brontë et Finn Atkins (Common, Eden Lake) jouera sa sœur Charlotte. Charlie Murphy (Happy Valley, The Last Kingdom, Northmen : les derniers Vikings ) incarnera la plus jeune des trois soeurs, Anne. Quant au patriarche de la famille, il sera interprété par Jonathan Pryce ( Game of Thrones ). Enfin, le frère Branwell, dont le comportement destructeur menacera de déchirer la famille, sera joué par Adam Nagaitis (Les suffragettes, Happy Valley).

Sally Wainwright a écrit le scénario du film sur l’illustre famille d’écrivains. To Walk Invisible sera tourné dans les environs du Yorkshire, là où ces soeurs qui ont marquée la littérature anglaise ont vécu. Selon la BBC : « Les soeurs Brontë ont toujours représenté une énigme mais le drame brillamment authentique de Sally Wainwright va ramener à la vie ces femmes derrière les plus grands chef-d’oeuvre de la littérature. C’est une fable extraordinaire qui témoigne de la tragédie de cette famille, de leur passion et de leur détermination à faire reconnaître leur génie dans le monde masculin du 19ème siècle. »

Les Soeurs Brontë d’André Téchiné : bande-annonce

Bande annonce musclée du nouveau Jason Bourne

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Neuf ans après « La mort dans la peau », Matt Damon retrouve son rôle d’agent secret amnésique.

Après un Jason Bourne : l’Héritage des plus décevants, Paul Greengrass et Matt Damon, le réalisateur et l’interprète de la première trilogie de cette saga d’action, rempilent pour un cinquième épisode, sobrement intitulé : Jason Bourne. Si l’annonce d’une nouvelle paraissait redondante, la présence des deux figures de la première trilogie, véritable référence en terme de cinéma d’action et d’espionnage dans les années 2000, nous a instantanément rassuré. Ainsi, Jason Bourne fait suite à la Vengeance dans la peau, sorti en 2007 et voit le retour de Julia Stiles dans la franchise, toujours pour le rôle de Nicky Parsons.

Jason Bourne n’est pas un super héros ; il ne porte ni cape, ni masque. Ce n’est pas son style. C’est juste un homme normal. Je pense que quand les spectateurs regardent ses aventures, ils s’identifient, en se demandant comment ils réagiraient à sa place, dans de telles circonstances. Et le voir se débattre et finalement trouver un plan pour s’en sortir en devient d’autant plus captivant.’’  Paul Greengrass

 

Le trailer dévoile ainsi très peu d’éléments scénaristiques, on comprend ainsi que la traque des services secrets américains pour retrouver Jason Bourne se poursuit dans des lieux comme Las Vegas, Londres ou les Îles Canaries. On peut ainsi entrevoir des scènes d’actions efficaces et quelques affrontements qui donnent l’eau à la bouche. Les arrivées de Tommy Lee Jones, Alicia Vikander et Vincent Cassel sont aussi appréciables dans le sens où l’on perçoit un renouvellement enthousiasmant au sein de la franchise. On espère que Greengrass et Damon auront réussi à redonner un petit coup de fouet à cette franchise qui a tout pour triompher.

Bande-annonce du cinquième volet de la franchise Jason Bourne

«  Je sais qui je suis  » Jason Bourne

« Se souvenir de tout n’implique pas que tu sais tout » Julia Stiles

Matt Damon revient dans son rôle le plus emblématique, Jason Bourne. Paul Greengrass, le réalisateur de La Mort dans la peau  et La Vengeance dans la  peau, se joint une nouvelle fois à Matt Damon pour ce nouveau chapitre de la franchise Jason Bourne, dans lequel l’ancien agent le plus mortel de la CIA se voit forcer de sortir de l’ombre.

Alicia Vikander, Vincent Cassel et Tommy Lee Jones rejoignent Matt Damon pour ce nouvel épisode, tandis que Julia Stiles reprend son rôle. Frank Marshall produit à nouveau aux côtés de Jeffrey Weiner pour Captivate Entertainment et de Paul Greengrass, Matt Damon, Gregory Goodman et Ben Smith. Basé sur les personnages créés par Robert Ludlum, le film est écrit par Paul Greengrass et Christopher Rouse.

Le film sortira dans les salles de cinéma le 10 août

Le Livre De La Jungle, une bande-originale de John Debney: critique

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Le Livre De La Jungle – La B.O./Trame sonore/Soundtrack

Drôle De Mélange…

La structure de cette bande-originale est une erreur, qui n’est pas du tout à l’avantage de John Debney. L’idée d’y mélanger des morceaux originaux à ceux du film de 1967, creuse un écart abyssal aussi bien entre deux époques, qu’entre deux talents. Quand bien même les grands classiques sont réarrangés et réinterprétés (par Scarlett Johansson ou Christopher Walken, ce qui d’ailleurs en baisse la qualité) pour faire plus contemporain, le contraste avec les compositions de Debney est important. John Debney, s’il a participé à des films d’une certaine importance comme Spy Kids, Sin City ou encore Iron Man 2, n’est pas encore un compositeur de renom. Il fait son job honorablement, mais son travail n’existe pas encore pour lui-même.

C’est un vrai problème, puisque sur cette bande originale ses œuvres, qui tiennent plus lieu de bande sonore, côtoient les chefs-d’œuvre des légendaires frères Sherman, grands auteurs et compositeurs ayant œuvré des années pour les studios Disney. Ils sont à l’origine entre autres, des chansons de Merlin l’Enchanteur, Mary Poppins, Les Aristochats et donc Le Livre De La Jungle. Ils n’ont arrêté de travailler pour Disney qu’en 2000, avec Les Aventures De Tigrou. Au fond, ce n’est peut-être pas John Debney dont le travail est médiocre, mais celui des frères Sherman qui sort bien trop du lot, qui le surclasse de plusieurs niveaux. Sans vouloir non plus dénigrer l’immense acteur qu’est Christopher Walken, et même si son interprétation d’I Wanna Be Like You est pleine d’efforts louables, comment penser qu’il puisse se hisser au niveau du mythe Louis Prima, formidable interprète original ?

La solution aurait certainement été de tout reprendre à zéro, de ne pas tenter de satisfaire anciens et nouveaux fans à travers la musique. Il aurait fallu confier à un compositeur habitué de l’exercice, la création de morceaux et chansons, soit qui révolutionnent le genre, soit en respectent les codes. Mais cette espèce de chose hybride, qui laisse penser qu’on est, parfois dans le film 1967 sans tout à fait y être, parfois on ne sait pas trop où, laisse un arrière-goût étrange et pas vraiment agréable. Le Livre De La Jungle est un remake, la bande-originale l’est aussi…et c’est une énorme erreur.

Sortie: 15 avril 2016

Distributeur: Walt Disney Records

Tracklist:

1. Bare Necessities (Performed By Dr. John And The Nite Trippers) 3:36
2. Trust In Me (Performed By Scarlett Johansson) 2:55
3. Main Titles (Jungle Run) 2:27
4. Wolves / Law Of The Jungle 2:16
5. Water Truce 3:40
6. Rains Return 1:46
7. Mowgli’s Leaving / Elephant Theme 3:28
8. Shere Khan Attacks / Stampede 2:06
9. Kaa / Baloo To The Rescue 5:21
10. Honeycomb Climb 3:31
11. Man Village 2:59
12. Mowgli And The Pit 3:26
13. Monkeys Kidnap Mowgli 1:52
14. Arriving At King Louie’s Temple 4:35
15. Cold Lair Chase 4:03
16. Red Flower 3:15
17. To The River 3:05
18. Shere Khan’s War Theme 2:37
19. Shere Khan And The Fire 4:52
20. Elephant Waterfall 3:27
21. Mowgli Wins The Race 0:41
22. Jungle Book Closes 2:16
23. I Wanna Be Like You (Performed By Christopher Walken) 3:02
24. Bare Necessities (Performed By Bil Murray & Kermit Ruffins)

The Handmaiden: Bande-annonce du film du Sud-Coréen Park Chan-wook

Festival Cannes 2016

« The Handmaiden » du Sud-Coréen Park Chan-wook, adapté du roman « Du bout des doigts » en version originale « Fingersmith » de Sarah Waters, en lice pour la Palme d’Or.

 The Handmaiden: Bande-Annonce du nouveau thriller lesbien du cinéaste Sud-Corée.

Park Chan-wook avait eu en 2004 le Grand Prix du festival pour Old Boy inspiré du manga de Nobuaki Minegishi et Garon Tsuchiya et le Prix du Jury en 2009 pour le film d’horreur Thirst, ceci est mon sang En 2013 le réalisateur livre sa première production en langue anglaise avec le long métrage Stoker mettant en vedette Mia Wasikowska et Nicole Kidman.

Le synopsis

Corée. Années 30, pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. Mais Sookee a un secret. Avec l’aide d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, ils ont d’autres plans pour Hideko…

Au scénario de ce drame social Jeong Seo-kyeong et Park Chan-wook et à l’affiche, on retrouve Kim Min-Hee, récemment vue dans le dernier Hong Sang-Soo, Un jour avec, un jour sans, Kim Tae-ri, Ha Jeong-woo, Jo Jin-woong…

The Handmaiden: Fiche Technique

Titre original : 아가씨
Titre international : The Handmaiden
Réalisation : Park Chan-wook
Décors : Ryu Seong-hee
Photographie : Chung Chung-hoon
Production : Lee Yong-seung et Park Chan-wook
Sociétés de production : Moho Film ; Yong Film (coproduction)
Sociétés de distribution : CJ Entertainment (Corée du Sud) ; The Jokers (France)
Pays d’origine : Corée du Sud Corée
Langue originale : coréen
Genre : drame romantique
Dates de sortie : France : mai 2016 (Festival de Cannes) et en Corée du Sud : juin 2016

Money Monster: Affiche et Bande-annonce du film de Jodie Foster

Jodie Foster de retour sur la Croisette avec un long métrage en tant que réalisatrice avec un casting haut de gamme George Clooney et Julia Roberts.

Douze ans après Ocean’s Twelve, le duo de stars se retrouvent dans film réalisé par Jodie Foster, la cinéaste a été à  l’affiche de trois films présentés en compétition à Cannes : Alice n’est plus ici et Taxi Driver, de Martin Scorsese, et Bugsy Malone, d’Alan Parker. 

Money Monster – Bande-annonce 2 – VF

Après Le complexe du castor, présenté hors compétition en 2011 Jodie Foster est de retour comme réalisatrice avec Money Monster

Le synopsis

Lee Gates est une personnalité influente de la télévision et un gourou de la finance à Wall Street. Les choses se gâtent lorsque Kyle, un spectateur ayant perdu tout son argent en suivant les conseils de Gates, décide de le prendre en otage pendant son émission, devant des millions de téléspectateurs…

Sortie française le 8 Juin 2016.

Séries Mania 2016 : webséries 1ère séance

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Festival Séries Mania 7ème édition : 8 webséries en lice pour un prix qui n’a que 3 ans d’existence

En cette 5ème journée de festival qui bat son plein avec des salles toujours combles (le chiffre des 22 000 sera facilement dépassé), l’attention se porte sur les webséries. Cela ne fait que trois ans que Séries Mania leur permet une récompense et donc une légitimité au même titre que les autres séries. Sur la centaine visionnée, les programmateurs ont dû en sélectionner 16 venues du monde entier. Voici notre avis sur les 8 présentées. La deuxième séance aura lieu samedi 23 avril à 18h30 au FDI pour les intéressés.

The Impossibilities  

Etats-Unis – 2015 (8×10′)

Achetée par Hulu, cette websérie aux allures aleniennes dépeint deux personnages new-yorkais un peu à l’ouest : un magicien pour enfant et une prof de yoga lesbienne. Si ce premier épisode pose maladroitement les bases, il est peu difficile de s’attacher à ces caractères taillés pour nous ressembler. Une dramédie urbaine qui a toute sa place dans le paysage web si ce n’est audiovisuel ! Moins cinglant qu’Unbreakable Kimmy Schmidt (en saison 2 sur Netflix), plus rafraîchissante que Master of None, légèrement en-dessous de Casual jugée plus subtile, The Impossibilities raconte l’alchimie entre une BCBG friquée et un looser au grand coeur.

Lily Fever 

Corée – 2015 (9×4’30 + Prologue)

Inspirée des mangas japonais et du gaming pocket, cette websérie coréenne aux peu de moyens raconte l’attirance soudaine et inattendue pour deux jeunes femmes. Il faut apprécier la culture pop asiatique sur-édulcorée…

Beard Club 

France – 2016 (6×15′)

Vendue comme un thriller surréaliste dans lequel deux flics désabusés enquêtent sur un tueur en série qui affuble ses victimes d’une barbe postiche, la websérie française pâtit d’un manque cruel de fond au profit d’un exercice de style visuel incompréhensible.

Exode 

Canada – 2016 (4×7’30)

https://www.youtube.com/watch?v=LHrTZvrriOk

Seule websérie de science-fiction, en huis-clos, canadienne et produite par TV5, Exode se concentre sur un survivant en orbite dans une cabine qui tente de reprendre contact avec ses proches avec l’aide d’une intelligence artificielle, LEO. Si visuellement, elle a tout d’une grande, elle tourne rapidement en rond et manque relativement de rythme.

Transatlantics 

Allemagne – 2015 (6×15′)


Un portrait d’une génération surconnectée dans un Berlin cosmopolite et moderne. Les caractères énervent par une préciosité de la mise en scène qui rend indigeste l’ensemble bien trop long pour le vide que cela raconte. Arte Creative encourage l’initiative, nous ne sommes pas fan de cet ovni qui ne semble s’adresser qu’à un public ciblé.

American Dream 

France – 2015 (6×7′)

Réalisé par un scénariste des Lascars, Barthélémy Grossmann, l’univers ne trouve pas son point d’équilibre entre vouloir taper du poing comme Tarantino et tourner à la dérision comme Dupieu. L’absurde aux teintes machistes gratuites n’est jamais porteur.

Charon 

France – 2016 (10×3′)

https://vimeo.com/159227733

Prometteur, le pitch est alléchant, le résultat un peu scolaire et trop appuyé sur l’humour d’Alexandre Astier (Kaamelot). On ne peut cependant qu’encourager ce projet lancé par un étudiant de la Sorbonne Nouvelle.

Burkland 

Belgique – 2016 (11×6′)

https://www.youtube.com/watch?v=RgAvknVncfU

Bénéficiant d’un meilleur budget, notamment par la RTBF (Radio-Télévision Belge de la communauté Française au chiffre d’affaire de plus de 316 millions, possédant six chaînes de radio (sans compter les webradios) et quatre chaînes de télévision), Burkland revisite le genre zombie et le pocketfilm pour un résultat déséquilibré. Entre effets spéciaux démonstratifs, relativement ratés (le risible est autant plaisant que ridicule) et structure scénaristique maîtrisée, la websérie nous présente dans cet épisode introductif, un couple qui n’est jamais revenu de Burkland, mais dont la mystérieuse disparition a été immortalisée par un smartphone. On était à ça du presque jouissif.

Pensez à voter vous aussi. Vous avez jusqu’au 23 avril, minuit! 

Truman, un film de Cesc Gay : Critique

Voilà que sort enfin en France – cinq mois plus tard – le grand vainqueur de la dernière cérémonie des Goyas 2016 ! Retrouvant deux des acteurs de son précédent film, Les Hommes ! De quoi parlent-ils ? (2014), le catalan Cesc Gay, qui n’a jusque-là pas connu de succès au-delà de l’Espagne, a réussi à former ce qui est sans nul doute le duo le plus talentueux du cinéma hispanophone contemporain : l’argentin Ricardo Darín et l’espagnol Javier Cámara.

Synopsis : Par un petit matin d’hiver, Tomás, un professeur de mathématiques, quitte sa famille à Montréal pour s’envoler à Madrid où il retrouve Julián, un acteur solitaire et bougon. Les deux amis sont émus de se revoir après de nombreuses années de séparation. Mais la visite surprise de Tomás n’a rien d’anodin : Il a appris que son vieil ami est atteint d’un cancer incurable et refuse le traitement proposé par son médecin.

La vie, la mort, l’amitié… et un chien

 C’est sur les épaules de ces deux acteurs que va se reposer toute la qualité du film, la relation entre leurs personnages que tout semble opposer étant le cœur du long-métrage. Grâce à une finesse qui évite de bout en bout de sombrer dans le pathos, cette ode à l’amitié réussit à se montrer aussi émouvante qu’intelligente.

Davantage encore que les liens qui unissent Julián et Tomás, les sujets qui font de Truman un film poignant sont ceux de l’acceptation de la mort de ses proches et de la transmission que l’on laisse derrière soi. Et pourtant, le pari était loin d’être gagné d’avance : le sujet de la visite à un vieil ami mourant fleurait bon le tire-larmes lourdaud. En jouant énormément sur les non-dits entre les personnages, le scénario parvient à laisser planer une délicatesse aux antipodes de la théâtralité bavarde ou du cynisme que l’on a trop souvent l’habitude de voir dans de tels drames intimistes. Incarnant l’héritage que Tomás doit laisser derrière lui, le fameux Truman qu’annonce le titre n’est autre que son chien. Un Bullmastiff dont le devenir réussit à devenir un enjeu émotionnel plus fort que la mort annoncée de son propriétaire. En effet, même si le futur foyer d’accueil du chien est assez prévisible, la place symbolique qu’il prend dans le drame à venir apporte un poids affectif à la question de la responsabilité du libre-arbitre face à l’inévitable.

Contrairement à ce que l’on pouvait en craindre, les quatre jours que vont passer ensemble les deux amis d’enfance, ne sont en rien une épreuve tragique marquée par des adieux larmoyants, mais bel et bien une tranche de vie filmée avec sincérité et sobriété. Partager ce moment, en passant du rire aux larmes aux cotés de deux acteurs qui l’interprètent avec une justesse remarquable, est donc agréablement touchant. 1h45 d’émotions attendrissantes et jamais superficielles, voilà un programme qui est immanquablement rafraîchissant mais toutefois pas mémorable en tant que tel. Le discours sur le droit à chacun de mourir dans la dignité vient fort heureusement apporter un support moral qui fait de Truman un long-métrage humaniste plein de finesse et de pudeur. Adoptant d’abord le point de vue de Tomás sur son ami, afin de nous faire partager la peine de le voir accepter son sort en refusant un traitement qui lui ferait gagner du temps avant de mourir puis, se concentrant de plus en plus sur la façon dont Julián va accepter ses responsabilités en faisant ses adieux à ses proches (les retrouvailles avec son fils est un passage véritablement bouleversant), le scénario réussit à constamment capter les émotions les plus touchantes de chacune des situations.

Ecrit et réalisé avec un souci d’authenticité et de tendresse sans artifice, Truman est un film très touchant porté par un excellent binôme d’acteurs. La peur de la mort y est abordée d’une façon telle que la mélancolie et la joie de vivre semblent faire bon ménage. Le discours sous-jacent pointant du doigt l’inutilité de l’acharnement thérapeutique parvient à se faire à travers une histoire d’amitié à laquelle il est difficile de se montrer insensible.

Truman : Bande-annonce

Truman : Fiche technique

Réalisateur : Cesc Gay
Scénariste : Cesc Gay, Tomas Aragay
Casting : Ricardo Darin (Julián), Javier Camara (Tomás), Dolores Fonzi (Paula), Eduard Fernandez (Luis), Oriol Pla (Nico), Alex Brendemuhl (le vétérinaire), Pedro Casablanc (le médecin), Elvira Minguez (Gloria)….
Musique : Nico Cota
Photographie : Andreu Rebes
Montage : Pablo Barbieri Carrera
Décors : Irene Montcada
Son: Albert Gay, Jesica Suarez
Production : Marta Esteban, Diego Dubcovsky
Récompenses : Goyas 2016 du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario original, du meilleur acteur pour Ricardo Darin et du meilleur acteur dans un second rôle pour Javier Camara
Production : Marta Esteban, Diego Dubcovsky
Société de production : BD Ciné
Distribution : La Belle Company
Genre: Comédie dramatique
Durée : 104 minutes
Date de sortie : 6 juillet 2016

Espagne / Argentine – 2015

Dalton Trumbo, un film de Jay Roach : Critique

Synopsis : En 1947, Dalton Trumbo est le scénariste le plus en vue, et le mieux payé, d’Hollywood mais il est parallèlement membre du Parti communiste. Lorsque la Commission sur les activités anti-américaines décide de l’écarter de l’industrie cinématographique, il choisit de poursuivre son activité dans la clandestinité.

Au nom du premier amendement

Même s’il n’est connu des spectateurs français que pour ses comédies, la trilogie Austin Powers et Mon beau-père et moi, Jay Roach a également signé des téléfilms politiques sur les élections présidentielles de 2000 et 2008. Cela faisait-il de lui le cinéaste le plus légitime pour mettre en scène un biopic révélateur de la période la plus sombre de la politique américaine du siècle dernier ? Rien n’est moins sûr. Pour quiconque connait un tant soit peu l’histoire du cinéma américain, le nom de Dalton Trumbo évoque deux choses : d’une part le film le plus antimilitariste de la guerre froide, Johnny s’en va en Guerre, et d’autre part la liste noire à laquelle il a été rattaché pour ses convictions politiques communistes. C’est sur cet aspect de la vie du scénariste que ce biopic a fait le choix de se concentrer.

Ayant déjà collaboré avec Bryan Cranston dans le cadre d’une pièce de théâtre (qui fut depuis elle-aussi déclinée en téléfilm) dans laquelle il incarnait le président Lyndon Johnson, Roach a décidé de lui confier le rôle-titre. De quoi satisfaire les fans de l’ancien interprète de Walter White dans Breaking Bad qui ne trouve depuis que des rôles très secondaires (Argo et Godzilla). Une opportunité d’autant plus alléchante que l’on sait l’Académie des Oscars amatrice de ces interprétations de personnages réels, un adage qui s’est d’ailleurs vu confirmé par la nomination de Cranston à l’Oscar du meilleur acteur. Et pourtant, la prestation Cranston dans la peau du scénariste blacklisté est à l’image de l’ensemble du film : bien trop sage. Il est indéniable que l’acteur fait profiter au personnage de son charisme naturel, mais l’ambiguïté que le film aimerait lui donner n’est jamais concrète.

Si le personnage est bien plus lisse qu’on aurait pu l’espérer, c’est toutefois moins du fait du jeu en retenue de son acteur que de l’écriture frileuse. L’une des intentions premières du scénariste John McNamara était d’observer les conséquences de la « chasse aux sorcières » sur les proches de ses victimes. C’est ainsi que l’intrigue tourne essentiellement autour de la vie de famille Trumbo. Une approche bien moins intéressante à suivre que ne l’aurait été une interrogation sur la création artistique ou la façon dont un discours politique anticonformiste peut se diffuser via le cinéma. Au lieu de ça, ce sont donc les relations entre Dalton Trumbo, sa femme et leurs enfants qui réussissent à devenir un enjeu au moins aussi important que la carrière de l’homme de la maison. Un comble quand on réalise, au final, à quel point les personnages de Cléo, Chris et Niki ont été sous-exploités par le développement de l’intrigue. Et la vie de cette famille aurait encore été bien plus captivante si le film avait respecté un minimum la vérité historique, c’est-à-dire en retranscrivant son exil forcé au Mexique plutôt que de les installer dans un petit pavillon américain.

Le non-respect de la vérité historique est en effet l’un des plus gros reproches que l’on puisse faire à ce biopic : Le fait de ne jamais évoquer Johnny s’en va en Guerre (hormis une jaquette de livre  aperçue dans le générique d’ouverture), dont la réalisation fut tout de même l’aboutissement de la carrière de Dalton Trumbo relève presque du manque de respect à son égard !

Le réalisateur préfère concentrer ses efforts sur la reconstitution du Hollywood des années 40-50. Il faut reconnaitre que la direction artistique est en cela très réussie, et que le plaisir de croiser quelques stars connus rend certaines scènes agréables. Peut-être d’ailleurs aurait-on aimé en voir un peu plus… ne serait-ce que Kubrick ou Paul Newman. Mais autant Dean O’Gorman (le nain Fili dans Le Hobbit) est étonnamment convaincant en Kirk Douglas, autant David James Elliott offre une image des plus réductrices de John Wayne. De quoi choquer ses fans. Encore une fois, la faute en revient à l’écriture du scénario et à sa volonté de vulgarisation de la réalité. Preuve en est le stéréotype de producteur opportuniste interprété par John Goodman, une version poussive de ses rôles dans The Artist ou  Panic sur Florida Beach. Mais le pompon du surjeu revient immanquablement à Helen Mirren qui, dans la peau d’une chroniqueuse de la presse à scandale, réussit à être plus caricaturale que ne l’est Tilda Swinton qui tenait un rôle similaire dans Ave Ceasar des frères Coen.

La mise en scène de Roach s’accorde de plus à l’académisme du scénario. Sa réalisation très plan-plan, aucunement supérieure à un format téléfilmique, ne met que trop rarement en avant son personnage et son interprète (seule la scène du passage devant la commission est en cela assez réussie). Plus dommageable encore, l’idée que les excès de la censure anti-communiste puisse faire écho à  l’actuel conservatisme dont souffre Hollywood ne semble pas avoir traversé l’esprit du réalisateur. Il est même difficile de discerner vers quel message politique tend ce long-métrage qui, pourtant, a tout du film à discours. Au-delà des valeurs familiales et du manichéisme puéril opposant les vilains censeurs aux gentils défenseurs de la liberté d’expression sur lesquels repose cette dramaturgie pleine de bons sentiments, l’idéologie communiste semble tout autant défendue que la loi du marché régissant l’industrie hollywoodienne. Un paradoxe sur lequel a vraisemblablement su jouer Dalton Trumbo pour faire prospérer sa carrière mais à propos duquel il aurait été bon que ce film ait le courage de trancher clairement. Le manque d’audace, tant sur la fond que sur le forme, dans le traitement de ce sujet qui, il y a de ça moins de 20 ans entre les pattes d’un réalisateur tel qu’Oliver Stone, aurait abouti un brûlot acerbe sur les ravages de la bien-pensance américaine sur la liberté d’expression, est symptomatique du déclin artistique que traverse actuellement Hollywood s’interdisant toute innovation et remise en question.

De nombreux films ayant déjà abordé la question épineuse des conséquences du Maccarthysme sur l’industrie cinématographique (à commencer par le très bon La Liste Noire d’Irwin Winkler en 1991), ce biopic de Dalton Trumbo n’a rien de neuf à nous apprendre sur le sujet. Aussi pompeux et impersonnel que peut l’être le discours d’hommages qui lui sert de conclusion, on ne retiendra de ce long-métrage que la surprise de constater que Bryan Cranston porte bien la moustache.

Dalton Trumbo : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=HgxxEgiLnUo

Dalton Trumbo : Fiche technique

Titre original : Trumbo
Réalisation : Jay Roach
Scénario : John McNamara d’après le livre de Bruce Cook
Interprétation : Bryan Cranston (Dalton Trumbo), Diane Lane (Cleo Trumbo), Elle Fanning (Niki Trumbo), Helen Mirren (Hedda Hopper), Louis C.K. (Arlen Hird)…
Montage : Alan Baumgarten
Photographie : Jim Denault
Musique : Theodore Shapiro
Production : Michael London, Janice Williams, John McNamara, Jay Roach, Shivani Rawat, Nimitt Mankad
Société de production : ShivHans Pictures
Distribution : UGC Distribution
Genre : Biopic
Durée : 124 minutes
Date de sortie : 27 avril 2016
Etats-Unis – 2015

Les enquêtes du Département V : Délivrance, un film de Hans Petter Moland : Critique

Initiée il y a tout juste un an avec deux films sortis coup sur coup avec une terrible maladresse de la part de son distributeur (Wild Bunch, qui a sorti le premier, Miséricorde, en e-cinéma, alors que le second, Profanation, a eu droit à une sortie en salles à peine quelques jours plus tard), la saga policière danoise Les enquêtes du département V prend de l’ampleur.

Synopsis : La police danoise trouve une bouteille contenant un appel au secours. Celui-ci datant de huit ans, l’enquête est confiée au Département V, en charge des affaires non résolues. Assad va en profiter pour faire sortir Carl de son congé prolongé pour se lancer à la recherche d’un kidnappeur fanatique.

Ayant battu tous les records, d’abord en librairie et maintenant au box-office danois, il ne fait aucun doute que les six romans de Jussi Adler-Olsen (et, à long-terme, les dix prévus) se verront adaptés à l’écran, devenant ainsi une saga potentiellement longue et fructueuse. L’ambition initiale des studios Zentropa films (crée par Lars Van Trier, rappelons-le) était de confier chaque opus à un réalisateur différent, ce qui n’a pas pu être fait pour les deux premiers, réalisés coup sur coup, d’où le sentiment de redite dont souffrait quelque peu Profanation. En faisant réaliser le troisième épisode au norvégien Hans Petter Moland –dont on a remarqué le talent grâce à son savoureux Refroidis récompensé au festival de Beaume en 2014-, la saga s’assure davantage qu’une une rupture formelle, mais un renouveau qui la remet sur les meilleurs rails. A l’inverse de Mikkel Nørgaard dont la mise en scène très « fincherienne » avait tendance à noyer ses personnages dans un univers extrêmement sombre, un poncif formel de ce que l’on appelle le « scandi-noir », l’approche de Moland est de les placer dans des décors plus apaisants afin de mieux faire ressortir leur part de ténèbres.

Lorsqu’on le retrouve, la mécanique du trio que forme cette section spéciale de la police n’a pas évolué : Carl est toujours aussi irascible, poussé au bord du burn-out par le manque de travail, tandis qu’Assad fait preuve de beaucoup de flegme et que leur secrétaire Rose est pleine d’énergie. Toutefois, une nouvelle thématique va apparaitre dans cette affaire et devenir un angle d’approche intéressant dans la relation entre les deux enquêteurs, il s’agit de la religion. Lorsque Assad parle de sa foi en Dieu, il suscite une certaine défiance de la part de son collègue, mais non pas parce qu’il musulman –contrairement à certains racistes qui croiseront leur route– mais parce que la simple idée d’une divinité protectrice est une aberration pour quelqu’un d’aussi nihiliste que Carl. L’excellente interprétation de Nikolaj Lie Kaas apporte une nouvelle fois à son personnage une fragilité à fleur de peau sans s’embarrasser à évoquer les stigmates de son passé et de sa vie de famille explosée comme ça a été, légitimement, le cas dans les films précédents. De la même manière, le jeu très posé de Fares Fares assure à Assad une certaine profondeur, même si on regrettera qu’il reste une fois de plus en retrait. Mais incontestablement, le personnage le plus emblématique de ce troisième opus est son « méchant ». Incarné par l’emblématique Pål Sverre Valheim Hagen, ce tueur se définit lui-même comme un « serviteur du Diable », de quoi introduire instinctivement un affrontement manichéen au sens le plus romanesque du terme. Or Carl et Assad, malgré leurs efforts, sont incapables d’incarner cette justice divine que recherchent les parents des victimes et, implicitement, leur ravisseur. Cet état de fait va mener Carl à se remettre en question, brisant l’armure nonchalante que les deux premiers films n’avait fait finalement que renforcer.

Cette volonté de creuser les personnages pour faire ressortir leurs contradictions se ressent également dans la mise en scène. Là où le réalisateur des deux précédents opus enfermait constamment Carl, Assad et plus encore les victimes dans des lieux glauques, et que son chef opérateur lui fournissait une photographie grisonnante constante, ce troisième film assure une vision radicalement différente. S’y multiplient notamment les plans larges et ensoleillés sur les champs en fleurs, ou des lieux symboles de vie (un hôpital, la mer ou bien une église) et de mouvements (un train, des éoliennes). Même le petit bureau dans lequel travaillent les trois héros semble avoir gagné en superficie et en luminosité. C’est donc bien plus grâce à l’approfondissement psychologique, appuyé par de nombreux gros plans, qu’à la mise en place d’une atmosphère visuelle que le film parvient s’affirmer comme polar noir et tendu. Une tension qui d’ailleurs devient palpable dans les moments de suspense qui faisaient, là encore, défaut aux précédents films. On retiendra évidemment la course-poursuite du train, dans laquelle le réalisateur fait preuve d’un sens du rythme et du découpage qui nous garantissent une montée d’adrénaline magistrale. Peut-être la limite du film, et de la saga dans sa globalité, vient de sa volonté à opposer chaque fois les policiers à des psychopathes dont le sadisme est si exacerbé qu’ils en deviendraient presque granguignolesques. Evidemment, ceci est à mettre sur le compte de Jussi Adler-Olsen et non pas des réalisateurs qui vont se succéder pour donner corps à ces enquêtes macabres, même si c’est à Nikolaj Arcel, en charge des adaptations, que l’on peut reprocher d’avoir fait le parti-pris de simplifier les enjeux humains, en faisant l’impasse sur la vie privée de Carl et en délaissant complètement le personnage d’Assad, pour se concentrer sur une narration purement digne d’une série policière.

Incontestablement, ce troisième épisode des Enquêtes du Départmement V est à l’heure d’aujourd’hui le plus maitrisé de la saga, mais ce semblant de pente ascendante pourrait n’être que de courte durée. On attend maintenant de connaitre le nom du réalisateur qui sera en charge du suivant (intitulé Dossier 64) pour se donner une idée de la façon qu’il aura de faire perdurer cette franchise qui risque de rapidement être rendue ronronnante par sa mécanique scénaristique privé de réel renouveau.

Les enquêtes du Département V : Délivrance : Bande-annonce (VOST)

Les enquêtes du Département V : Délivrance : Fiche Technique

Titre original : Flaskepost fra P
Réalisateur : Hans Petter Moland
Scénario : Nikolaj Arcel, d’après l’oeuvre de Jussi Adler-Olsen
Interprétation :  Nikolaj Lie Kaas (Carl Mørck), Fares Fares (Assad), Johanne Louise Schmidt (Rose Knudsen), Pål Sverre Valheim Hagen (Johannes), Jakob Oftebro (Pasgård), Soren Pilmark (Marcus Jacobsen)…
Photographie : John Andreas Andersen
Montage : Olivier Bugge Coutté
Musique : Nicklas Schmidt
Productrice: Louise Vesth
Société de production: Zentropa Entertainments
Distribution (France) : Wild Bunch
Durée : 112 minutes
Genre : Policier
Date de sortie : 6 mai 2016 en e-cinema

Danemark – 2015v