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Sparrows, un film de Rúnar Rúnarsson : Critique

Les « sparrows », les hirondelles du titre du film de l’islandais Rúnar Rúnarsson ne sont pas très présentes dans l’image.

Synopsis : Ari, 16 ans, vit avec sa mère à Reykjavik lorsqu’il doit soudain retourner vivre chez son père Gunnar, dans la région isolée des fjords, au nord-ouest de l’Islande. Sa relation avec son père n’est pas des plus faciles et ses amis d’enfance semblent avoir bien changé. C’est dans cette situation difficile à laquelle il ne peut échapper qu’Ari devra s’imposer pour trouver sa voie…

(De)constructing Ari

On comprend cependant bien vite que le cinéaste parle de ses personnages, d’Ari (Atli Oskar Fjalarsson) en particulier, ce jeune de Reykjavik obligé de vivre tout un tas de chambardements lorsque sa mère, pour des raisons inconnues, part vivre en Afrique avec son nouveau mari. L’hirondelle en chef, c’est lui, un adolescent qui prend un difficile envol, et le fait que le cinéaste soit très elliptique quant au voyage de sa mère, sur la durée que cela va prendre notamment, est une très bonne idée, car enferme le protagoniste dans une situation qui lui déplaît, et dont on ne sait pas quand ni comment l’issue va survenir.

Ari retourne vivre avec son père Gunnar (Ingvar Eggert Sigurðsson) au fin fond de l’Islande, dans un environnement aussi splendide qu’anxiogène. Il laisse la grande ville derrière lui, l’insouciance, ainsi que le chœur façon petits chanteurs à la croix de bois dont les voix angéliques n’ont pas encore été touchées par la gravité de l’âge adulte. Le film raconte le passage d’Ari, 16 ans, à l’âge adulte, un thème qui n’a été que trop embrassé par le cinéma, intéressant aussi bien les adultes en devenir que les nostalgiques de leur innocence, mais que le cinéaste islandais renouvelle par sa nationalité même, son environnement même, et par la lecture en filigrane qu’il offre de cette société islandaise au travers de la vie d’un village de pêcheurs, presque d’un hameau, tant les âmes qui vivent sont rares.

Les thématiques, bien que multiples, ne sont donc pas nouvelles. Les retrouvailles avec son père en sont le centre, des retrouvailles rendues difficiles par l’absence totale de résilience de ce dernier après son divorce d’avec la mère d’Ari. Incapable de « remettre de l’ordre dans sa vie » comme il le dit lui-même, il passe ses soirées de beuveries en bacchanales, sous les yeux hagards de son fils, complètement affolé par les perspectives qui l’attendent dans ce trou paumé et en si mauvaise compagnie.

Tourné au fond d’une vallée où les anciens pêcheurs en sont réduits à revendre leurs petites embarcations pour travailler dans les grosses poissonneries des multinationales, le film est truffé de plans où le regard se heurte aux nombreuses montagnes, belles mais n’offrant aucune échappatoire, aucune envolée possible aux personnages qui sont comme pris au piège. Rúnar Rúnarsson qui connaît très bien cette région, réussit à en montrer le caractère ambivalent, presque oppressant sur ses habitants.

D’une tonalité sombre et très mélancolique, Sparrows est quand même traversé par de belles fulgurances de tendresse superbement filmées par le chef opérateur Sophia Olsson. La relation avec sa grand-mère (Kristbjörg Kjeld) comme substitut de l’amour maternel, est décrite par petites touches de minuscules scènes de la vie quotidienne qui sont comme des havres dans lesquels le spectateur lui-même se ressource véritablement par empathie pour Ari. De même, ses rares sorties avec les jeunes de son âge, ou avec Lara (Rakel Björk Björnsdóttir) son amie d’enfance, ponctuent tant bien que mal la tristesse d’Ari de quelques trouées de pure joie d’enfance, telle cette très belle scène de fou rire filmée sous l’eau de la piscine municipale. Tout est très délicat, comme les chants qu’Ari ne renonce pas à entonner, seul, avec son chef d’équipe à la poissonnerie comme unique auditeur (Rade Serbedzija), ou au milieu de la foule compacte d’une assemblée chrétienne unanimement bouleversée.

Comme tout film de passage et d’initiation, Sparrows matérialise la perte de l’innocence, sexuelle en l’occurrence, dans deux scènes choc qui se répondent par leur antagonisme : la douceur dans l’une, la violence dans l’autre, l’empathie du cinéaste dans les deux cas. Une scène en particulier, impliquant directement Ari, résume la beauté du film de Rúnar Rúnarsson, avec des jeux de miroir qui font penser à un rêve éveillé, et avec une lumière particulièrement bien choisie, presque aveuglante et douce en même temps….

Même s’il brasse des thèmes qui n’apportent rien de nouveau dans le genre, Sparrows est un beau film qui se regarde avec beaucoup d’émotions. Le cinéaste n’évite pas toujours le manichéisme, comme avec cette scène de caresses prodiguées à un bébé phoque versus la chasse à la version adulte du même animal, chasse que bien entendu, Ari ne conduira pas jusqu’à son terme.Mais il le fait sans insistance, sans surlignage du texte, et avec suffisamment de richesse dans le scénario pour que le spectateur pose et fixe  son regard là où il a envie de la faire sans jamais avoir l’impression d’y être contraint. Pour un film qui n’est seulement que le deuxième long métrage de son auteur (après Volcano, nommé à la Caméra d’Or au festival de Cannes de 2011), Sparrows s’ajoute à la longue lignée de ces films nordiques récents , certes terriblement mélancoliques , mais aussi et surtout terriblement humains, avec des personnages en quête d’eux-mêmes, avec plus ou moins de bonheur…

Sparrows – Bande annonce

Sparrows – Fiche technique

Titre original : Þrestir
Réalisateur : Rúnar Rúnarsson
Scénario : Rúnar Rúnarsson
Interprétation : Rade Serbedzija (Tomislav), Ingvar Eggert Sigurðsson (
Gunnar), Atli Oskar Fjalarsson (Ari), Arnoddur Magnus Danks (l’oncle de Bassi), Kristbjörg Kjeld (Grand-mère), Valgeir Skagfjörð (Bassi), Rakel Björk Björnsdóttir (Lára),           Arndís Hrönn Egilsdóttir (Vera)
Musique : Kjartan Sveinsson (Ancien membre du groupe Sigur Rós)
Photographie : Sophia Olsson
Montage : Jacob Secher Schulsinger
Producteurs : Mikkel Jersin, Rúnar Rúnarsson, Igor Nola, Lilja Ósk Snorradóttir, Birgitte Hald, Suza Horvat
Maisons de production : MP Film, Nimbus Film Productions, Nimbus Iceland Pegasus Pictures
Distribution (France) : ASC Distribution
Récompenses : 13 prix , dont : meilleur film aux festivals de São Paulo, San Sebastian, Les Arcs, Varsovie, Göteborg, etc.
Budget : –
Durée : 99 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 13 Juillet 2016
Islande, Danemark, Croatie – 2015

Sur quel pied danser, un film de Paul Calori et Kostia Testut: Critique

Sortis de la 17e promotion de la Fémis en réalisation et en scénario, Kostia Testut et Paul Calori réalisent en 2007 Le Silence des machines, un court métrage commandé par Arte où des ouvrières dont les machines sont délocalisées se révoltent en chantant. L’écriture du long-métrage qui deviendra Sur quel pied danser, ses chansons et son développement prendront sept ans. Pour la musique du film, ils s’entourent du compositeur Olivier Daviaud et de plusieurs auteurs et compositeurs dont les univers correspondent aux univers des personnages du film : Jeanne Cherhal, Olivia Ruiz, Philip Katerine, Albin de la Simone, Clarika, Jean-Jacques Nyssen, Agnès Bihl, Polo. Le conflit social par le biais de la comédie musicale n’est pas chose nouvelle.

Synopsis: Alors que Julie pense décrocher un CDI dans une fabrique d’escarpins de luxe, un plan social vient chambouler ses rêves de stabilité : entre lutter aux côtés d’ouvrières frondeuses ou bien faire profil bas, la jeune femme ne sait sur quel pied danser. Mais quand Samy, un camionneur aussi roublard que charmeur, vient prêter main forte au combat, ce n’est déjà plus la même chanson…

On connait la chanson

Julie, au regard de biche, cherche la stabilité de l’emploi. On ne sait absolument rien d’elle et son personnage enfant désorientée se laissant séduire sur une chanson relativement désagréable par le jeune Samy, pour finalement le repousser et le retrouver, manque cruellement de contraste. Malgré quelques entrains surprenants, qui rappellent plus la mécanique rouillée de Crustacés et coquillages de Ducastel et Martineau que les chorégraphies colorés des Demoiselles de Rochefort de Demy, et un hommage rendue aux ouvrières en grève des années 70, le film tout entier, finalement peu abouti, mériterait plus de…disparités. Zoom sur une heure vingt d’une apologie avortée sur l’existence qui n’a rien de mémorable.

Pauline Etienne est une de ces jeunes actrices, nommée deux fois aux Césars pour meilleur espoir féminin (Qu’un seul tienne et les autres suivront et La Religieuse), qui ont un certain potentiel, mais mal exploitée au travers des rôles similaires et un jeu mutin à répétition. La Religieuse sous la direction de Guillaume Nicloux était saisissante d’altérités, Louise amoureuse dans Eden de Mia Hansen-Løve éclatait d’une fraîcheur antipathique et Amélie (Nothomb) dans Tokyo fiancée de Stefan Liberski, devenait électrique. Ici, elle incarne Julie, jeune femme un peu paumée aux contours flous et imprécis dont la seule motivation est de trouver un emploi stable. Le personnage n’a d’autres ambition que de signer un CDI, peu importe le secteur, les conditions… La mise en scène est simple, la danse légère et les paroles naïves. C’est ainsi qu’après la chanson d’introduction « Un nouveau départ », fraîche et de bon ton, la dérive plonge progressivement l’intrigue dans une succession superficielle d’événements mièvres et attendus. Ne nous attardons pas sur les mouvements soit-disant chorégraphiés qui attendrissent plus qu’ils n’attisent l’admiration et le lyrisme. Coquilles semi-vides et automates au sourire tiré à quatre épingles, les acteurs (mal dirigés) n’ont rien à envier à la pseudo-comédie Tiens-toi droite de Katia Lewkowicz, sortie fin 2014 sur nos écrans. François Morel se dégage péniblement, mais le problème ne vient pas tant de l’écriture manichéenne et stéréotypée, mais de l’absence de rythme dans ce continuum foutraque où la chanson est prétexte à la comédie dans un film social sur la dominance capitaliste au détriment des salariés vus comme du bétail interchangeable. L’histoire d’amour adolescente est plus que mal amenée et encore moins tenue pour que l’on daigne y attacher la moindre importance. La résolution, si tant est qu’il y ait des « péripéties », s’avère plus élémentaire et arrangeante qu’un conte de fée pour un enfant de 3 ans et finit en queue de poisson frustrant le spectateur qui semble être passé à côté de quelque chose.

Imaginez les parents, fatigués du rituel de bordage, n’ouvrant que la première et dernière page du livre d’histoire. Ils vécurent heureux et… Fin. Bonne Nuit! L’impression est semblable ici et malgré des clichés scénaristiques – excusons les réalisateurs, ils sortent d’école, même si 14 promotions sont passées depuis -, 15 minutes supplémentaires de prolongation auraient été nécessaires, mais point trop de cohésion n’en faut l’ami. Restons dans la facilité rassurante du pauvre téméraire et du riche lâche pour que chacun de nous puisse dormir sur nos deux oreilles. Une galéjade sur le travail aussi vite regardée aussi vite oubliée. « Consommateur malgré lui », le spectateur est piégé. Avant de se prendre pour Molière, il faut savoir maîtriser la fable et un diplôme ne suffit pas pour s’en enorgueillir. Un point pour l’audace du genre ! Dommage qu’il n’explore pas davantage le mouvement des corps dans un cadre limité. Parenthèse à part, plus de répétitions aurait peut-être suffit à harmoniser ces danseuses/ouvrières (où sont les hommes? Non aucune référence à Plastic Bertrand ou The Weather Girls)…

Sur quel pied danser : Bande annonce

Sur quel pied danser : Fiche Technique

Réalisateurs :  Paul Calori et Kostia Testut
Scénaristes : Paul Calori et Kostia Testut
Interprétation : Pauline Étienne (Julie), Olivier Chantreau (Samy), François Morel (Félicien Couture), Loïc Corbery (Xavier Laurent), Julie Victor (Sophie), Clémentine Yelnik (Françoise), Vladimir Granov (Igor), Michèle Prélonge (Corinne), Laure Crochet-Sernieclaes (Cathy), Yasmine Youcef (Rachida), Sophie Tabakov (Nathalie), Valérie Masset (Isabelle) …
Musique originale et orchestration : Olivier Daviaud
Photographie : Julien Meurice
Montage : Damien Maestraggi
Décors : Angelo Zamparutti
Costume: Florence Fontaine
Son: Sophie Laloy
Chorégraphe : Nasser Martin-Gousset
Production : Xavier Delmas
Société de production : Loin derrrière l’Oural
Distribution : Rezo Film
Genre: Comédie musicale
Durée : 85 minutes
Date de sortie : 6 juillet 2016

2015 – France

Elvis & Nixon, un film de Liza Johnson : Critique

La réalisatrice Liza Johnson donne à voir avec Elvis & Nixon, les coulisses de l’improbable rencontre entre l’icône du rock Elvis Presley et le président conservateur Richard Nixon. Tour à tour enivrante et grave, cette fiction décapante teintée de vraie vaut clairement le détour.

Synopsis : Le 21 décembre 1970, Elvis Presley se rend à la Maison-Blanche où il demande à parler à Richard Nixon, le président des États-Unis. Le célèbre artiste a écrit une lettre au président Nixon, dans laquelle il dénonce les problèmes de drogue dans la société. Le “King” veut lui exprimer son souhait d’être engagé comme agent infiltré du Bureau des narcotiques et des drogues dangereuses, pour lutter contre le trafic de stupéfiants. Nixon le républicain, qui n’est qu’au début de son mandat, est alors assez impopulaire auprès des jeunes. Il pense que sa rencontre avec Elvis améliorera son image. 

A l’origine c’est une rencontre. Celle du King de Memphis, la star planétaire, déjà en proie à l’alcool et aux stupéfiants, face à Richard Nixon, le président conservateur et aigri pas encore empêtré dans le scandale du Watergate. Le premier, concerné par la sécurité de son pays et la recrudescence du communisme et des narcotiques, veut utiliser sa gloire pour aider son pays. Le deuxième, n’ayant que faire du prestige de son interlocuteur, ne veut pas en entendre parler et souhaite l’éconduire sans ménagement. Débute alors un petit manège entre le King, Nixon et leurs services relationnels respectifs pour tenter de mener à bien cette improbable entrevue.

A Little Less Conversation

De ce postulat, forcément comique, Liza Johnson, surprend et ce d’entrée de jeu. Pas tant par le style, assez linéaire en somme puisque grandement hagiographique, mais davantage par l’audace. Un écriteau apposé au début du film explique ainsi que le Bureau-Ovale, qui aura accueilli la fameuse entrevue, se sera vue dotée d’un dispositif d’enregistrement que quelques années après la tenue de cette conversation. De quoi relancer l’idée d’un film, seulement quelques mois après le Steve Jobs de Danny Boyle, basé sur un incroyable fantasme. Et fatalement, libéré de cette assise historique dans laquelle se serait probablement planté le récit, le film peut se plaire à dévier de sa route quitte à s’inscrire dans une veine clairement insoupçonnée au vu de ses premières images : l’étude comportementale. Dans l’idée, il s’agit loin d’être une mauvaise chose tant le King, objet de tous les désirs, n’aura jamais joui d’un film prompt à révéler toutes ses facettes et à le décortiquer en tant qu’homme. Partant donc de ce postulat éminemment plus cartésien que ne pourrait le sous-entendre l’intrigue, la réalisatrice Liza Johnson peut alors s’adonner à dépeindre un Elvis résolument humain : du genre de ceux soumis par les aléas de la vie tels que les dettes, le manque de confiance ou la difficultés des relations…

Une approche osée loin s’en faut, tant elle démythifie l’icône, mais qui trouve un étonnant écho dans la prestation faite par Michael Shannon. Si le bougre ne ressemble que peu au natif de Memphis, force est d’admettre qu’il joue à la perfection cet homme blessé, incompris et en proie aux plus grands doutes quant à son avenir. Une instabilité d’autant plus vraie qu’elle est constamment suggérée, autant par son comportement téméraire (la star porte une quinzaine d’arme à feux sur lui à tout instant) que par sa lucidité, la voyant assimiler pleinement son statut quasi-schizophrénique d’homme tiraillé entre la personne qu’il est réellement et le personnage qu’il véhicule auprès des autres. Mais outre de révéler le comportement de l’homme qu’il aura été, cette approche a le mérite de dresser la personnalité de celui qu’il fût, à savoir un artiste conscient mais en proie à une existence tendant à la plus pure vacuité. Pourtant au firmament de la gloire au moment des faits allégués, le King semble en effet vidé. A la recherche de quelque chose peut-être ? Mais quoi au juste ? Les doutes qui émaillent son personnage au fur et à mesure du métrage ne seront ainsi qu’une des facettes rendant impératif sa venue à la Maison-Blanche : le bougre du Tennessee veut compter. Et si possible pour son pays.

Quand le fantasme rejoint la réalité.

Ironiquement, c’est après un badge imaginaire, sensé lui conférer des passes droits unique dans l’échelle de la police fédérale, que le chanteur court. Une distinction honorifique mais surtout fantaisiste qui provoquera aisément le rire, tant la hargne du chanteur à l’obtenir, traversera toutes les strates du film, quitte à se répercuter sur les autres acteurs du film, Kevin Spacey en tête. Ce dernier excelle ainsi encore une fois après son personnage acariâtre de Frank Underwood (House of Cards), à camper une figure présidentielle détestable, ici assimilable à Quasimodo. Son Richard Nixon, bourru, conservateur et aigri en diable, parvient ici à tenir la dragée haute à son homologue musicien. On ne pourra alors que saluer la dynamique instaurée par la fameuse rencontre, les deux hommes passant un temps fou à se jauger, se confronter tels deux félins en cage, impatient de savoir qui décrochera de son personnage en premier. Et en ça, la veine biopic à laquelle le film était inexorablement liée s’effrite quitte à laisser transparaître une dimension quasi théâtrale ou aparté, montage alterné et répliques grandiloquentes se frayent un chemin. Passé ce constat, on ne saura que mieux apprécier de voir le film assumer sa simplicité (ça ne reste qu’une banale rencontre après tout) et pourtant tenter d’y déroger à bon coup d’une BO truculente et d’un script éclairant autant la condition de la célébrité, de la ségrégation, du protocole et de la popularité. Autant de thèmes brassés qui, couplé à un sens inné du casting (le duo Colin Hanks/Evan Peters est d’un ravissement total) et un rythme trépidant sauront réjouir les férus de l’Histoire avec un grand H et ceux fans du King

Sous couvert de raconter l’improbable rencontre ayant eu lieu entre le King et le président Nixon, la réalisatrice Liza Johnson craquelle le vernis entourant la star pour mieux révéler les fêlures d’un homme en proie aux doutes et aux relations compliquées. Ambitieux dès lors qu’on sait que c’est une comédie.

Elvis & Nixon : Bande-annonce VOST 

Elvis & Nixon : Fiche Technique 

Titre original : Elvis & Nixon
Réalisation : Liza Johnson
Scénario : Joey Sagal, Hanala Sagal et Cary Elwes
Casting : Kevin Spacey (Richard Nixon), Michael Shannon (Elvis Presley), Alex Pettyfer (Jerry Schilling), Johnny Knoxville (Sonny), Colin Hanks (Egil Krogh), Evan Peters (Dwight Chapin),
Direction artistique : Kristin Lekki
Décors : Mara LePere-Schloop
Photographie : Terry Stacey
Montage : Michael Taylor et Sabine Hoffman
Musique : Ed Shearmur
Production : Cassian Elwes, Holly Wiersma
Producteurs délégués : Robert Ogden Barnum, Jason A. Micallef, Byron Wetzel, Hanala Sagal (co), Joey Sagal (co)
Producteurs associés : Brandon Park
Société de production : Prescience
Distribution : Amazon Studios / Bleecker Street Media (États-Unis), Warner Bros. France
Langue originale : anglais
Format : couleur
Genre : comédie dramatique, historique
Durée : 86 minutes
Date de sortie : 20 juillet 2016

Etats-Unis – 2016

Instinct de Survie (The Shallows), un film de Jaume Collet-Serra : Critique

Instinct de Survie s’annonçait comme un survival aquatique qui dépote. Manque de pot, la seule victime à déplorer sera le réalisateur Jaume Collet-Serra, qui surnage dans ce plagiat à peine digeste de Gravity et des Dents de la Mer.

Synopsis : Partie surfer sur une plage déserte, Nancy se retrouve coincée sur un rocher à quelques mètres du rivage. Un grand requin blanc rôde dans les parages.

On serait probablement en train de mentir si l’on vous disait que l’on n’attendait pas Instinct de Survie. Un squale qui veut se faire la plantureuse Blake Lively pour son quatre-heure et une nature devenue en un rien de temps un enfer : c’est bien simple, Instinct de Survie s’annonçait comme la déclinaison aquatique du Gravity d’Alfonso Cuaron. Et vu la claque éprouvée par le trip philosophico-spatial du réalisateur mexicain, autant dire que la perspective de se frotter, quelques mois après Desierto, à un nouveau survival minimalo-naturaliste n’était pas pour nous déplaire. D’autant plus que derrière la caméra on retrouve Jaume Collet-Serra, un réalisateur espagnol, qui à défaut de figurer parmi les grands de la profession, a su prouver par plusieurs fois son talent à emballer des thrillers de bonne facture, qui plus est venant de scénarios faiblards (Night Run) ou clairement risibles (Non-Stop). Mais force est d’admettre que si ses deux précédentes moutures avaient su trouver leur public, rien n’indiquait cette fois-ci que cette virée dans les eaux turquoises du Queensland soit créditée d’un même succès. D’autant qu’en convoquant un tel sujet, mâtiné de pléthore de références cinématographiques, le bougre s’aventurait sur une pente (très) glissante.

Shark is coming !

Et ça n’a pas manqué. A ceux espérant un petit miracle de la part du réalisateur espagnol, passez donc votre chemin. Si tant est qu’aujourd’hui il soit difficile de faire des suites, il demeure assurément plus compliqué encore de faire de l’ombre ou tout au plus d’exister dès lors que les références que drague le projet dans ses filets proviennent de grands noms de la pellicule. D’abord Seul au Monde, puis Gravity, tout en finissant par Les Dents de la Mer -la référence obligée dès lors qu’un squale débarque devant un objectif-, le film n’a ainsi besoin que de quelques minutes pour dévoiler son criant manque d’inventivité. Entre une héroïne pour le moins nunuche, prétextant une virée dans l’inconnu pour faire le point sur sa vie (le scénario énonce discrètement que la belle fait des études de médecine), un squale pour le moins antipathique qui n’aura de cesse de tourner en rond attendant sa proie comme le ferait un petit gros sur son Twix, et une représentation de la nature hyper stylisée teintée de ralentis incessants et d’une musique électronique insupportable, autant dire que le style erratique de l’espagnol agace prodigieusement. Manque de pot, ce ballet aquatique se paie le luxe de compter sur un scénario tout bonnement crétin enchaînant les incohérences mais surtout les situations les plus délirantes, comme celle de voir la belle Lively, salement amochée, lancer la conversation avec un goéland, faute de pouvoir communiquer avec la terre ferme. Juste retour des choses diront certains, tant ledit passage semble renvoyer directement au cas voyant Tom Hanks converser avec son ballon dans Seul au Monde. La différence est faible certes, mais suffisante pour montrer que là où Wilson symbolisait une nouvelle preuve de l’isolement de son interlocuteur, le volatile représente pour la belle un espoir. Et malgré sa situation pas bien engagée, cet espoir s’avérera payant car le personnage campé par la blonde incendiaire arrivera à trouver les forces nécessaires pour mettre la misère à un requin qu’on n’imaginait pas aussi mécanique dans son comportement et sa gestuelle, puisque doté d’une faculté de déplacement et vitesse calculées par Lively (!!!)

Never met a girl like you before

Fatalement, avec un script aussi risible et un style clipesque assez gênant, le metteur en scène ne peut se tourner que vers son actrice principale pour assurer le spectacle. Si l’on louera sans problème la plastique avantageuse de Lively, on ne pourra qu’être attristé en fin de compte, de voir la jeune femme se muer en vulgaire argument commercial, tant le sieur ibérique semble décidément plus concentré à l’idée de faire des ralentis sur ses cuisses ou ses seins, que de distiller ne serait-ce une once de tension dans ce joyeux foutoir aquatique. Opéra dédié à sa beauté et son physique (on passera sur le développement de son personnage qui ne se résume qu’à une femme en quête d’un diplôme de médecine, et accessoirement à la survie), le film se contente alors d’aligner les scènes en pilotage automatique, distillant ça et là, quelques pics de tensions, sans cesse désamorcés par un effet de style soit clinquant soit navrant et ruinant peu à peu la moindre touche d’espoir qu’on pourrait éprouver à la vue de cet hybride mal dégrossi des Dents de la Mer et 127h.

La maestria de ses modèles en moins, Jaume Collet-Serra a quand même tenté de faire son Gravity dans les eaux du Queensland. Si un vilain squale a remplacé le vide de l’espace, reste que le film donne à voir les limites du genre et celles du cinéaste espagnol avec.

Instinct de Survie : Bande-annonce (VOSTFR)

Instinct de Survie : Fiche Technique

Titre original : The Shallows
Réalisation : Jaume Collet-Serra
Scénario : Anthony Jaswinski
Interprétation : Blake Lively (Nancy) ; Óscar Jaenada (Carlos) ; Sedona Legge (Chloe)
Direction artistique : Nathan Blanco Fouraux
Décors : Hugh Bateup
Photographie : Flavio Martínez Labiano
Musique : Marco Beltrami
Production : Lynn Harris et Matti Leshem
Sociétés de production : Ombra Films et Weimaraner Republic Pictures ; Sony Pictures Entertainment (coproduction)
Sociétés de distribution : Columbia Pictures (États-Unis), Sony Pictures Releasing France (France)
Langue originale : anglais
Format : couleur – 2.35:1
Genre(s) : Drame, horreur, thriller
Durée : 87 minutes
Dates de sortie : 17 août 2016

Etats-Unis – 2016

Florence Foster Jenkins, un film de Stephen Frears : Critique

Toujours très à l’aise dans l’art de la reproduction de la reconstitution, Stephen Frears signe une comédie qui se révèle un peu fade à partir d’un sujet dont, paradoxalement, le potentiel mélodramatique a déjà été brillamment exploité.

Comme un air de déjà-vu

En 1988, Stephen Frears avait adapté Les Liaisons Dangereuses avec un tel brio que cette version avait rendu parfaitement anecdotique celle réalisée quelques mois plus tard par Milos Forman, sortie sous le titre Valmont. 28 ans plus tard, c’est l’effet inverse qui se produit puisque le biopic de la diva Florence Foster Jenkins, qui avait déjà inspiré Hergé lorsqu’il imagina la Castafiore, a été précédé du brillant film Marguerite de Xavier Giannoli qui, même s’il en modifiait le contexte, s’en inspirait directement. Frears a quant à lui fait le choix de rester fidèle à la reconstitution fidèle du New-York des années 40 dans lequel a vécu son anti-héroïne. Autre différence notable, puisqu’elle va déterminer le ton de leur film, entre les variations de Giannoli et de Frears: Le point de vue. Tandis que le premier adoptait celui de la chanteuse, pour lequel Catherine Frot a remporté le César de la meilleure actrice, nous faisant ainsi partager son aveuglement pour mieux rendre effrayant l’expectative dramatique d’une inéluctable révélation de sa médiocrité et pathétique la manipulation dont elle est victime, le second s’attache aux difficultés de son mari pour lui dissimuler la vérité, provoquant inévitablement des décalages comiques. C’est par ce procédé que les enjeux se retrouvent déplacés dans ce petit jeu de duplicité, auquel va se prêter un troisième personnage – celui du pianiste– qui sert à nous y introduire, et que l’hypocrisie perd son caractère malsain pour devenir l’unique expectative à la survie de son personnage.

Un casting qui ne sonne pas toujours juste

Dans le rôle-titre, on retrouve donc l’inénarrable Meryl Streep, à présent grande habituée des films musicaux. Dans la peau d’une chanteuse qui, à l’inverse d’elle, est parfaitement dénuée de talent, elle livre une prestation basée sur le caractère extrêmement naïf, voire enfantin, de son personnage. Une interprétation assez limitée, parfois même un peu agaçante, qui ajoute à la légèreté ambiante de ce long métrage. Face à elle, Hugh Grant interprète un mari dévoué, un rôle qui au contraire lui sied à merveille puisqu’il ne lui est guère demandé beaucoup plus que de jouer de son charme de gentleman anglais qui lui avait permis de percer dans le domaine de la comédie romantique. Autant dire que ce choix de casting est tout simplement brillant, puisqu’en tant que personnage principal il réussit parfaitement à nous faire partager ses sentiments contradictoires envers sa femme. Alors qu’il aurait tout aussi bien pu être un odieux arriviste, son comportement paternaliste et sa générosité le rendent tout à fait attachant, et même sa relation adultérine est brillamment rendue pardonnable par une frustration sexuelle qu’il est aisé de comprendre. Quand à Simon Helberg, dans un rôle qui apparaît comme une pièce rapportée au milieu de cette relation atypique, il reproduit évidemment son exaspérant surjeu de Big Bang Theory mais il semble évident que son faciès expressif a été choisi pour appuyer encore la dimension drolatique des situations. Une mission dont il s’acquitte fort bien, même si c’est finalement dans les quelques scènes où il émet des doutes vis-à-vis de sa sincérité que le personnage apparaît comme le plus intéressant malgré un certain manque de subtilité dans la prestation du comédien.

Feel-good movie et ode à l’amour de l’art

Le caractère à la fois invraisemblable et puéril qui transparaît de cette biographie telle qu’elle est reproduite via cette réalisation académique ne pouvait aboutir qu’à un film limité par le poids de ses bon-sentiments. Une petite déception de la part de Stephen Frears qui avait su dissimuler derrière deux de ses derniers films, The Program et The Queen, eux-mêmes adaptés d’histoires vraies, une touche de transgression dans la remise en question de l’irréprochabilité de deux figures sacrées dans leur pays respectif. Ici, rien de tout ça, uniquement une morale très appuyée sur la façon dont le fait de vivre sa passion jusqu’au bout est l’unique rempart à la fatalité de tomber dans l’oubli. A message similaire, on préférera revoir le Ed Wood de Tim Burton qui au moins avait le courage de confronter l’indignation du public au manque de talent de son personnage plutôt que de se contenter de quelques rires forcés qui nuisent plus encore à la crédibilité du récit et plus encore à la portée du discours sur la place des artistes dans notre société, et en l’occurrence de ce modèle de volontarisme en temps de guerre. Notons tout de même que, malgré la sobriété pesante de la mise en scène et des acteurs, le compositeur Alexandre Desplat semble s’être bien amusé lorsqu’il a dansé à Hugh Grant, sur sa propre musique,  une chorégraphie rappelant étrangement celle de The Artist. Ce rare moment de pure fantaisie est justement ce qui  manque tant à cette comédie qui voudrait communiquer un certain enthousiasme, certes un peu benêt mais non moins exaltant, alors qu’il se retrouve maladroitement corseté par son classicisme impersonnel.

Florence Foster Jenkins : Bande-annonce

Florence Foster Jenkins :

Réalisation : Stephen Frears
Scénario : Nicholas Martin
Interprétation : Meryl Streep (Florence Foster Jenkins), Hugh Grant (St Clair Bayfield), Simon Helberg (Cosmé McMoon), Rebecca Ferguson (Kathleen)…
Musique : Alexandre Desplat
Photographie : Danny Cohen
Montage : Valerio Bonelli
Direction artistique : Patrick Rolfe
Production : Michael Kuhn, Tracey Seaward
Société de production : BBC Films, Qwerty Films, Pathé Pictures International
Distribution : Pathé Distribution
Genre: Biopic, Comédie
Durée : 110 minutes
Date de sortie : 13 juillet 2016

Royaume-Uni / France – 2016

 

Sweet Home : Sortie en Blu-ray, DVD & VOD le 27 Juillet 2016

[Critique] Sweet Home

Synopsis: Chaque année, en Espagne, il y a plus de 50 000 expulsions. 85 % sont réalisées pacifiquement. 13% par la force. Et 2%, en utilisant d’autres méthodes…

Inutile de rappeler que le cinéma de genre en Espagne est bel et bien présent. Au-delà des films policiers et autres thrillers (Cell 211, Malveillance ou plus récemment La Isla Minima), c’est bel et bien dans le cinéma fantastique d’horreur que les réalisateurs hispaniques plaisent à s’illustrer. On peut citer notamment le cador du genre, Guillermo Del Toro (L’Echine du Diable, Le Labyrinthe de Pan), Alejandro Amenabar (Les Autres) ou encore Jaume Balaguero (La secte sans Nom, la saga REC…). Il faudra maintenant ajouter à cette liste non exhaustive Rafa Martinez, qui, pour son premier long métrage, a décidé de se frotter au genre du slasher avec Sweet Home.

Ce dernier nous plonge au cœur d’une Espagne peu commune : le soleil, les plages, les cocktails ont laissé la place à un contexte social des plus défavorables et des plus déshumanisés. Martinez a en effet décidé d’ancrer son film dans un  réalisme social assez prononcé, avec le souci de décrire les conditions de vie parfois difficiles de certaines couches de population pouvant être victime d’expulsions de leur logement. L’héroïne, interprétée par Ingrid Garcia Jonsson, travaille d’ailleurs pour une agence immobilière, chargée de dresser le bilan des dettes des propriétaires et locataires, et de décider si oui ou non ces derniers, fébriles quant à leur avenir, peuvent garder leur logement. Ce contexte social, thématique originale et peu commune dans le cinéma d’horreur, suscite la curiosité et maintient notre intérêt quant  à la suite des événements. C’est malheureusement là où le bât blesse.

 

Loin de révolutionner le genre, le film ne fait que recycler avec une certaine paresse tous les lieux communs propres au slasher. C’est bien simple, rien de ce qui nous est présenté ici n’a pas été vu et revu des dizaines de fois dans d’autres productions du même genre : l’héroïne en détresse, se révélant en définitive bien plus forte qu’il n’y paraît, le sidekick comique en la présence du petit ami, leur histoire d’amour compliquée… Même le tueur, se devant être l’attraction principale du long métrage, bien que glacial et à la carrure impressionnante, possède des intentions fort mal amenées.

Néanmoins, le film se suit bien, essentiellement grâce à l’intelligence de sa mise en scène, et  l’utilisation de son unique décor : un immeuble désaffecté et abandonné. Construit comme un véritable huis clos, avant de se transformer progressivement en une poursuite labyrinthique à travers les pièces des appartements, les conduites, les parties communes, et mêmes les sous-sols de la ville, le réalisateur tire profit de son décor amenant ainsi une certaine tension, habilement menée tout le long des 80 minutes que nous propose le film. Efficace et sans temps mort, aux scènes gores suffisamment distillées, Sweet Home ravira les amateurs du genre, et place Rafa Martinez sur le podium des réalisateurs à suivre.

 

Interview du réalisateur Rafael Martínez

Sortie de Sweet Home Co-écrit et réalisé par Rafael Martínez

Avec Ingrid Garcia Jonsson, Bruno Seville

Poussez les portes de l’horreur ! Nouveau frisson des producteurs de la saga Rec, SWEET HOME revisite le home invasion, se muant en un slasher féroce, angoissant et sanglant.

Dans la lignée de Hostel, cette traque infernale est un concentré de terreur et de tension claustrophobe !

Sortie en Blu-ray, DVD & VOD  le 27 Juillet 2016 chez Wild Side

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Format image : 2.35, 16/9ème compatible 4/3 Format son : Espagnol  DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0, Français DTS 5.1 Sous-titres : Français Durée : 1h20

 CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Format image : 2.35 – Résolution film : 1080 25p  Format son : Espagnol & Français DTS HD Master Audio 5.1 Sous-titres : Français Durée : 1h20

Sweet Home : Bande annonce

Sweet Home : Fiche Technique

Réalisation : Rafa Martinez
Scénario : Angel Agudo, Rafa Martinez, Teresa de Rosendo
Casting : Ingrid Garcia Jonsson (Alicia), Bruno Sevilla (Simon), Oriol Tarrida (le tueur), Eduardo Lloveras (l’homme cagoulé), Miguel Angel Alarcon (l’homme cagoulé 2), Luka Perso (l’homme cagoulé 3)

Direction artistique : Silvia Steinbrecht
Photographie : Antonio J. Garcia
Musique : Gines Carrion
Durée : 80 minutes
Date de sortie : 27 juillet 2016
Producteurs : Valentina Chidichino, Stanislaw Dziedzic, Carlos Fernandez, Laura Fernandez, Adria Mones, Anna Rozalska, Klaudia Smieja
Société de production : Castelao Pictures, Film Produkcja
Société de distribution : Wild Side

 

 

 

 

 

Juillet Août, un film de Diastème : critique

Après la petite polémique créée par Un Français en 2015, on ne s’attendait pas à voir revenir Diastème aux commandes d’une petite comédie sans prétention. Qui plus est une comédie dans laquelle officient de jeunes actrices en devenir. Juillet Août est presque un film prototype : c’est l’été, nous sommes face à une famille recomposée et à deux jeunes sœurs dont les cœurs sont tous prêts à balancer pour des flirts de vacances déchirants.

Synopsis : C’est l’été. Les familles migrent et se recomposent. Laura, 14 ans, et Joséphine, 18 ans, partent en juillet avec leur mère dans le Sud, puis en août chez leur père en Bretagne. La cohabitation entre ados et adultes ne manque ni de tendresse, souvent non-dite, ni d’exaspération, parfois bruyante… Car les filles ont leurs secrets, qui n’ont pas grand-chose à envier aux problèmes de leurs parents et de leurs beaux-parents. C’est l’été de tous les dangers ? Pas tout à fait. Quoique.

L’été meurtrier ?

On croyait au pire, voire être en plein cauchemar, en découvrant la bande annonce. Mais le réalisateur parvient à s’en sortir grâce à des interprètes très bien dirigés, qui finissent par sortir un peu des clichés dans lesquels ils semblaient avoir été enfermés. Mention spéciale à Thierry Godard en papa breton survolté et à la jeune Luna Lou en ado révoltée, râleuse, mais finalement plus mature qu’il n’y paraît. Le passage de juillet à août permet justement au film de prendre de la bouteille, de s’émanciper des plages ensoleillées et de ne pas enfermer la grande sœur dans un amour de vacances plan-plan. Loin de là d’ailleurs. C’est en effet un bijou volé par une bande de « bras cassés » qui fait le lien entre le sud et la Bretagne. L’été est donc bien loin d’être de tout repos, il est même « potentiellement dangereux ».

« C’est beau la vie, la longue vie »

Le film se déroule comme un moment de vie, un passage, des instants volés au cœur de l’été, avant qu’il ne faille vivre encore, grandir et devenir soi. Ce passage du temps, ces petits aléas de la vie sont le moteur du film, très ingénieusement mis en musique par Alex Beaupain qui a écrit les textes de cinq chansons qui ponctuent Juillet Août tout du long, racontant simplement la vie, l’amour. Ce sont autant de petites ritournelles qui pincent le cœur, entourent joliment les petits moments non parlés, les transitions du film. En choisissant de ne pas se focaliser seulement sur les coups de gueule de ses personnages, mais en cherchant aussi à les accompagner vers l’émancipation, sans les écraser, Diastème parvient à signer un film de vacances qui essaie d’en détourner les clichés. La mer bretonne s’ouvre au spectateur, ses chants et sa fraîcheur revigorante le temps d’une soirée ou d’une journée d’initiation à la voile. On y déjoue même des bandes de trafiquants du dimanche. Rien n’y est jamais bien grave car tout est assumé comme ayant une odeur de déjà vu.  De même qu’il n’avait pas la prétention de parler de toute la France et de ses habitants avec Un Français, Diastème n’a de nouveau pas celle de parler de tous les adolescents avec ce film, mais simplement des « petits drames à soi ». Un bon petit moment sans plus. L’esprit des vacances nous poussent sûrement à l’indulgence, puisque l’on fredonne encore les paroles d’Alex Beaupain en sortant de la salle. Un artiste capable de faire chanter avec douceur et force des textes aussi simples et banals qu’un premier « je t’aime ». C’est l’esprit de ce petit film moins manichéen que prévu et porté par l’envie de tout recommencer, de croire que c’est possible. A cette image, les deux séquences qui encadrent le film mettent en scène la jeune Laura (Luna Lou). On la trouvait révoltée et déterminée au début, la voilà plus qu’apaisée, sans pour autant être résignée, quand on la laisse à l’aube de ses 15 ans.

Juillet Août : Bande-annonce

Juillet Août : Fiche technique

Réalisation : Diastème
Scénario : Diastème, Camille Pouzol
Interprétation : Thierry Godard, Pascale Arbillot, Patrick Chesnais, Alma Jodorowsky, Luna Lou, Jérémie Laheurte, Lou Chauvain, Ali Marhyar
Montage : Mathilde Van de Moortel
Musique : Frédéric Lo (Compositeur), Alex Beaupain (Parolier), Jérémie Kisling (Interprète)
Sociétés de production : Karé Productions, France 3 Cinéma
Sociétés de distribution : Diaphana Films
Durée : 96 minutes
Genre : Comédie dramatique
Dates de sortie : 13 juillet 2016
France – 2016

The 9th Life of Louis Drax : Bande annonce du prochain Alexandre Aja

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The 9th Life of Louis Drax : La bande annonce mystique d’un thriller surnaturel

Malgré un talent indéniable à la réalisation et le succès de son dernier long métrage Horns, Alexandre Aja n’a pas confirmé avec ses petites productions horrifiques. En témoignent les échecs critiques et commerciaux de Pyramide de son comparse Grégory Levasseur ainsi que de The Door de Johannes Roberts. Armé d’un second degré implacable et d’une tendance agréable à tendre vers le surnaturel, Alexandre Aja est un modèle de réussite à la française, qui nous rappelle néanmoins la difficulté à produire en France de telles productions, du fait d’un circuits de production et de distribution bien trop renfermés.

Cette fois ci, fini le gore extrême pour le français qui s’attaque à un thriller qui mélange surnaturel, drame et épouvante. Après avoir survécu à la mort à huit reprises, le jeune Louis Drax tombe dans un ravin le jour de son neuvième anniversaire. Alors qu’il est en état de mort clinique, la police enquête sur sa chute et s’intéresse de près à son père violent. Le Dr. Allan Pascal, un neurologue, décide de sonder l’esprit de Louis afin de découvrir ce qui lui est arrivé. Un pitch prometteur qui semble annoncer un renouveau dans la filmographie d’Alexandre Aja de par l’absence de second degré et la mise en avant d’un style dramatique plutôt rare chez lui.

 

Affublé d’une réalisation élégante et d’une ambiance surnaturelle maîtrisée, The 9th Life of Louis Drax intrigue et attire l’œil du spectateur. Le casting quatre étoiles (Jamie Dornan, Sarah Gadon, Aaron Paul) impressionne également et promet un thriller fantastique très alléchant, lorgnant vers Dream House et Prémonitions mais avec une plus belle image. Promettant également une approche dramatique avec le surnaturel, le nouveau film d’Alexandre Aja nous rend très impatient. Espérons donc que le film fonctionne aux États Unis, pour sa sortie en salles prévue le 2 septembre prochain.

Bande-annonce de The 9th Life of Louis Drax d’Alexandre Aja

Gaycation, une série de Ellen Page et Ian Daniel : Critique

Présentée sur Viceland, la toute nouvelle chaîne câblée du groupe A&E Networks, elle-même spécialisée dans les biographies, documentaires et séries dramatiques (Bad Ink, Bates Motel, Longmire, Damien), Gaycation marque d’une pierre blanche le retour d’Ellen Page sur le devant de la scène, qui tient, depuis son discours-coming-out émouvant à Las Vegas le 14 février 2014 lors de l’ouverture de la Time To THRIVE Conference (promouvant la sécurité, l’inclusion et le bien-être pour les jeunes LGBT), à lutter contre les discriminations.

Synopsis: Ellen Page et son meilleur ami Ian Daniel parcourent le monde entier à la rencontre de personnes LGBTQ* pour souligner l’homophobie encore latente…

Elle s’est en effet lancée dans un périple international accompagnée de son meilleur ami Ian Daniel pour venir à la rencontre de personnes à la sexualité différente, qu’elle soit lesbienne, gay, bi, trans ou queer. En 4 épisodes, 4 pays, les deux protagonistes découvrent et nous font découvrir les politiques et les enjeux actuels au Japon, au Brésil, en Jamaïque et aux Etats-Unis. Il est frappant d’apprendre qu’un métier existe pour accompagner ceux qui désirent faire leur coming out à leur proche au pays du soleil levant et nous assistons avec Ellen et Ian et toute l’équipe (l’ingé son, le cadreur et la productrice), aux mots difficiles prononcés par un jeune homme à sa mère. Il est bouleversant de voir le Carnaval de Rio de Janeiro comme une fête à part, une journée d’émancipation comme aucune autre, tandis que la loi interdit encore formellement deux personnes du même sexe de témoigner leur amour en public. Incompréhensible pour nous occidentaux de savoir qu’il existe des ghettos insalubres en Jamaïque dans lesquels des adolescents, des hommes et des femmes fuient pour leur survie, car le crime organisé est la première cause de mortalité chez ces jeunes LGBTQ. Ecoeurant d’écouter des politiciens américains qui luttent encore contre les droits de ces minorités. En dehors des grandes villes telles que San Fransisco, capitale LGBTQ, Portland, Salt Lake City ou New Orleans, les conservateurs ont la peau dure et continuent de perpétuer une homophobie forçant les homosexuel(le)s, trans à se replier sur soi.

En 45 minutes, il est difficile de cerner toutes les problématiques et enjeux d’un pays, mais Ellen et Ian, touchés par une mère brésilienne qui a perdu son fils, par le combat et d’une militante jamaïcaine (et sa propre survie quotidienne) ou par un tueur en série revendiqué d’homos sous anonymat (la tension est palpable), s’interrogent sensiblement avec plus de sincérité qu’il n’en est possible sur ces conditions qui finissent par tous nous concerner. Leurs yeux sont les nôtres et en plus du dépaysement lié à l’exotisme perçu par le regard étranger, le voyage initiatique finit toujours par prendre les traits d’une dramaturgie sérielle. Dramaturgie, entendons-nous sur la définition, aucune consonance péjorative sur une volonté de surdramatiser, mais simplement « l’art de transformer une histoire, vraie ou imaginaire, en un récit construit, comportant un ou des personnages en action ». Comment la Californie peut être un des états où il fait le plus bon vivre sa sexualité alors qu’en Oklahoma, Texas ou Arkansas, vivre heureux rime avec vivre caché? Imaginez en France, – attendons la saison 2 annoncée pour espérer être au centre de cette expédition politico-socio-existentielle – un découpage du territoire, région par région à la manière de « qui vote le plus à gauche ou à droite », afin de savoir dans quelle ville ce n’est pas dangereux de se balader main dans la main de son compagnon ou sa compagne. Absurde n’est-ce pas ? Ellen et Ian ont réussi à démontrer l’absurdité d’un combat qui ne devrait pas en être un en nous captivant un peu à la manière de Lost in Translation de Coppola junior ou d’une tout autre façon Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato. Le rapprochement semble élucubrant, mais la violence des images rejoint celle des propos.

Lorsque le chant new rave de CSS, groupe brésilien, proche de The Ting Tings et également issu de la pop culture émergente des années 80/90, résonne en guise de générique, les ceintures ont intérêt d’être bouclées, car l’avion décolle sans turbulence. Le transport s’apparente tant à une ballade indie pop-rap une fin de journée d’été qu’une danse endiablée électro. Mêlant la fougue d’une nuit rythmée au calme et paisible couché de soleil, Gaycation nous émeut, nous galvanise, nous effraie, nous console, nous emporte loin pour nous laisser bouche bée, le cul terré sur un coin de pelouse au bord d’une route quasi déserte, le regard humide et perdu à l’horizon.  Si la structure semble prévisible par habitude, la voix off d’Ellen, conteuse et interrogatrice, permet une meilleure cohésion. Seul défaut, il n’y a que 4 épisodes…

*Il est vrai qu’à aucun moment le terme queer n’a été définit dans la série ou dans cet article, alors voici de quoi vous instruire en vous amusant.

Trailer Japan Clip

Clip promo USA

https://www.youtube.com/watch?v=DoFiX-X-rHo

Fiche Technique

Créateur : Niall Kenny et Ellen Page
Réalisateur : Niall Kenny
Interprètes : Ellen Page, Ian Daniel …
Photographie : Niall Kenny
Montage : Sam Nalband, Niharika Desai, Jessica Potter
Musique : CSS
Producteurs : Alec Macrae, Lucy King, Brendan Fitzgerald, Bradley J. Levin, Jim Czarnecki, Nomi Ernst Leidner, Alex Braverman, Ellen Page
Sociétés de production : –
Diffusion : Viceland
Format : 4 épisodes de 45 minutes
USA – 2 mars 2016

Pendant ce temps sur Outbuster… Boy Wonder, Terribly Happy et Love Fiction

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Cette semaine, trois nouveaux films sur Outbuster, et toujours un gage de qualité.

Boy Wonder (Michael Morrissey, Etats-Unis, 2011) Et non, cette histoire d’adolescent traumatisé par le meurtre de sa mère et déterminé à patrouiller, armé d’une batte de base-ball, dans les rues New-yorkaises n’est ni un film de super-héros ni même un viligante movie, même si on sent, derrière le travail de Michael Morrisey, l’influence des grands noms de ces deux genres. L’ingénieuse idée de placer la narration depuis le point d’une policière qui enquête sur l’affaire plutôt que du anti-héros permet un recul les actes de ce dernier. Et pourtant, ce sont bien la mentalité torturée de ce dernier et la légitimité morale discutable qui sont au cœur des enjeux de ce thriller psychologique dont l’étonnant fatalisme en fait l’antithèse de l’humour léger de cette apologie de l’autodéfense armée qu’était Kick-ass 2. Cette façon de nous faire vivre de l’extérieur cette spirale de violence se présente comme un renouveau prometteur d’un sujet pourtant surexploité.

Terribly Happy (Henrik Ruben Genz, Danemark, 2008) Barré et inquiétant: étrange et surprenant mélange que propose le Danois Henrik Ruber Genz. Un flic à problèmes est envoyé au fin fond de la campagne danoise, il y découvre des us et coutumes parfois en marge de la loi et y trouve à la fois à la déchéance et la rédemption. Le film est en équilibre instable et s’en sort parfaitement, alternant le cocasse, l’absurde et la tension. Robert le flic, se promène au milieu de tout ça d’abord en spectateur, puis en acteur pour finir en complice. Mention particulière pour Kim Bodnia, massif, charismatique et particulièrement inquiétant en mari violent qu’on sent en permanence au bord de la rupture. « Borderline » est finalement le meilleur qualificatif pour Terribly Happy (quel titre ironique). Tout est ici à la marge, comme cette prise d’otage d’un genre nouveau qui vient clore un film étonnant et totalement passionnant, qui sonne presque comme une morale de La Fontaine.

Love Fiction (Jeon Kye-Su, Corée du Sud, 2012) Le pitch peut sembler peu original, celui d’un jeune homme mal dans sa peau qui tombe amoureux d’une femme qui va l’aider à se décoincer, mais ce serait sans compter sur la fraicheur de l’humour que le réalisateur et les acteurs injectent à cette comédie romantique. Que les deux tourtereaux soient des artistes, lui écrivain et elle photographe, apporte à leur relation une dimension supplémentaire, celle de la place de la muse dans la création. Car, en plus de s’émanciper, Goo Joo-Wol (interprété par Ha Jung-Woo, le héros de Mademoiselle) va tirer de son amour pour Hee-Jin (Kong Hyo-Jin, une star incontournable de la romcom locale) une inspiration à son écriture, dont la mise à l’image aboutira aux scènes les plus drôles du film. En cela Love Fiction est plus qu’une banale romance, c’est surtout un film d’auteur à tendance introspective et une comédie assez frapadingue.

Saw 8 Legacy, tournage en septembre pour le retour de Jigsaw

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Saw 8 Legacy : Le tournage débute mi-septembre pour le retour du « Tueur au Puzzle » !

Souvenez vous, le 11 février dernier, on vous annoncait déjà le retour de Jigsaw, aka le « Tueur au Puzzle », célèbre croque mitaine de la saga horrifique Saw, initiée en 2004 par James Wan, le génial réalisateur de The Conjuring 2, actuellement en salles. Mais alors que le projet stagnait et que seuls les noms des deux scénaristes, Josh Stolberg et Pete Goldfinger, étaient attachés au projet, le tournage semble avoir été avancé et programmé pour la rentrée.

En effet, IATSE 873, l’un des studios de tournage les plus prisés à Toronto a actualisé sa fiche de production (voir ci-dessous). On peut alors y apercevoir un projet intitulé Legacy et produit par Dan Heffner et Oren Koules, les producteurs historiques de la saga et qu’on ne présente plus. Ainsi, les dates de tournage seraient établies entre le 12 septembre et le 21 octobre, soit un peu plus d’un mois de tournage, ce qui semble tout à fait commun pour une production horrifique tel qu’un volet de la saga Saw. A noter également la présence de Kym Crepin, en tant que production manager. Si ce nom vous est étranger, c’est bien normal, il s’agit d’un collaborateur technique régulier sur les tournages des films de la saga, confirmant ainsi que ce Legacy serait le huitième épisode de la célèbre saga d’horreur.

 

Une annonce qui devrait réjouir les fans de la saga, qui attendent le retour du « Tueur au Puzzle » depuis maintenant six ans. Cependant, ni acteurs, ni réalisateur n’ont été notifiés et attachés au projet, un détail pourtant majeur qui pourrait néanmoins émaner d’une volonté de la production à ne pas dévoiler le casting. « Conclue » en 2010 par Saw 3D : Chapitre final, la saga Saw narre les péripéties de John Kramer, aka Jigsaw, un tueur aux méthodes particulières, testant ses victimes et en leur soumettant le dilemme ultime : Jusqu’où seriez vous prêt à aller pour survivre ? De part son gore extrême et son sadisme jusqu’au-boutiste, la saga Saw est désormais ancrée dans la culture populaire et à su s’imposer pour renouveler un cinéma d’horreur en perdition dans les années 2000. On espère donc le meilleur pour cette saga qui reviendrait donc en salles pour Halloween 2017.

Nouveau montage pour La fille inconnue des frères Dardenne

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La fille inconnue amputée de sept minutes

La fille inconnue, le dernier film des frères Dardenne, connaîtra un nouveau montage pour sa sortie dans les salles obscures, prévue pour le 12 Octobre en France.

Ce nouveau long-métrage avait été présenté en Mai dernier lors du Festival de Cannes. Ce film en compétition n’avait pas obtenu un accueil critique très favorable et n’avait reçu aucun prix lors de la cérémonie de clôture.

Sept minutes seront coupées au montage pour cette nouvelle version que les spectateurs pourront découvrir en salles cet automne. La copie présentée au Festival durait 113 minutes.

Il sera intéressant de voir si ce nouveau montage influencera les critiques qui avaient réservé un accueil mitigé au film de Jean-Pierre et Luc Dardenne lors de son passage à Cannes. Le dynamisme et le rythme de cette nouvelle version pourraient faire évoluer certains avis négatifs et permettre aux cinéphiles et aux critiques de réévaluer ce film des deux cinéastes qui ont triomphé à Cannes par le passé. Les deux cinéastes Belges ont été récompensés à deux reprises de la Palme d’Or pour l’Enfant en 2005 et Rosetta en 1999 et par le Grand prix pour Le gamin au vélo en 2011.

L’intrigue du film confronte le spectateur au choix cornélien d’une médecin généraliste prénommée Jenny qui refuse d’ouvrir la porte de son cabinet à une jeune fille, Félicie, qui sera retrouvée morte le lendemain par la police. À cause de sa culpabilité, Jenny va essayer de comprendre ce qu’il s’est passé en menant sa propre enquête.

Le casting réunit Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Rénier, Louka Minnella, Olivier Gourmet, Marc Zinga, Thomas Doret ou bien encore Nadège Ouedraogo.

Verdict le 12 Octobre dans les salles pour ce nouveau montage de La fille inconnue, dernier film des frères Dardenne.