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Pendant ce temps sur Outbuster… Boy Wonder, Terribly Happy et Love Fiction

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Cette semaine, trois nouveaux films sur Outbuster, et toujours un gage de qualité.

Boy Wonder (Michael Morrissey, Etats-Unis, 2011) Et non, cette histoire d’adolescent traumatisé par le meurtre de sa mère et déterminé à patrouiller, armé d’une batte de base-ball, dans les rues New-yorkaises n’est ni un film de super-héros ni même un viligante movie, même si on sent, derrière le travail de Michael Morrisey, l’influence des grands noms de ces deux genres. L’ingénieuse idée de placer la narration depuis le point d’une policière qui enquête sur l’affaire plutôt que du anti-héros permet un recul les actes de ce dernier. Et pourtant, ce sont bien la mentalité torturée de ce dernier et la légitimité morale discutable qui sont au cœur des enjeux de ce thriller psychologique dont l’étonnant fatalisme en fait l’antithèse de l’humour léger de cette apologie de l’autodéfense armée qu’était Kick-ass 2. Cette façon de nous faire vivre de l’extérieur cette spirale de violence se présente comme un renouveau prometteur d’un sujet pourtant surexploité.

Terribly Happy (Henrik Ruben Genz, Danemark, 2008) Barré et inquiétant: étrange et surprenant mélange que propose le Danois Henrik Ruber Genz. Un flic à problèmes est envoyé au fin fond de la campagne danoise, il y découvre des us et coutumes parfois en marge de la loi et y trouve à la fois à la déchéance et la rédemption. Le film est en équilibre instable et s’en sort parfaitement, alternant le cocasse, l’absurde et la tension. Robert le flic, se promène au milieu de tout ça d’abord en spectateur, puis en acteur pour finir en complice. Mention particulière pour Kim Bodnia, massif, charismatique et particulièrement inquiétant en mari violent qu’on sent en permanence au bord de la rupture. « Borderline » est finalement le meilleur qualificatif pour Terribly Happy (quel titre ironique). Tout est ici à la marge, comme cette prise d’otage d’un genre nouveau qui vient clore un film étonnant et totalement passionnant, qui sonne presque comme une morale de La Fontaine.

Love Fiction (Jeon Kye-Su, Corée du Sud, 2012) Le pitch peut sembler peu original, celui d’un jeune homme mal dans sa peau qui tombe amoureux d’une femme qui va l’aider à se décoincer, mais ce serait sans compter sur la fraicheur de l’humour que le réalisateur et les acteurs injectent à cette comédie romantique. Que les deux tourtereaux soient des artistes, lui écrivain et elle photographe, apporte à leur relation une dimension supplémentaire, celle de la place de la muse dans la création. Car, en plus de s’émanciper, Goo Joo-Wol (interprété par Ha Jung-Woo, le héros de Mademoiselle) va tirer de son amour pour Hee-Jin (Kong Hyo-Jin, une star incontournable de la romcom locale) une inspiration à son écriture, dont la mise à l’image aboutira aux scènes les plus drôles du film. En cela Love Fiction est plus qu’une banale romance, c’est surtout un film d’auteur à tendance introspective et une comédie assez frapadingue.

Saw 8 Legacy, tournage en septembre pour le retour de Jigsaw

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Saw 8 Legacy : Le tournage débute mi-septembre pour le retour du « Tueur au Puzzle » !

Souvenez vous, le 11 février dernier, on vous annoncait déjà le retour de Jigsaw, aka le « Tueur au Puzzle », célèbre croque mitaine de la saga horrifique Saw, initiée en 2004 par James Wan, le génial réalisateur de The Conjuring 2, actuellement en salles. Mais alors que le projet stagnait et que seuls les noms des deux scénaristes, Josh Stolberg et Pete Goldfinger, étaient attachés au projet, le tournage semble avoir été avancé et programmé pour la rentrée.

En effet, IATSE 873, l’un des studios de tournage les plus prisés à Toronto a actualisé sa fiche de production (voir ci-dessous). On peut alors y apercevoir un projet intitulé Legacy et produit par Dan Heffner et Oren Koules, les producteurs historiques de la saga et qu’on ne présente plus. Ainsi, les dates de tournage seraient établies entre le 12 septembre et le 21 octobre, soit un peu plus d’un mois de tournage, ce qui semble tout à fait commun pour une production horrifique tel qu’un volet de la saga Saw. A noter également la présence de Kym Crepin, en tant que production manager. Si ce nom vous est étranger, c’est bien normal, il s’agit d’un collaborateur technique régulier sur les tournages des films de la saga, confirmant ainsi que ce Legacy serait le huitième épisode de la célèbre saga d’horreur.

 

Une annonce qui devrait réjouir les fans de la saga, qui attendent le retour du « Tueur au Puzzle » depuis maintenant six ans. Cependant, ni acteurs, ni réalisateur n’ont été notifiés et attachés au projet, un détail pourtant majeur qui pourrait néanmoins émaner d’une volonté de la production à ne pas dévoiler le casting. « Conclue » en 2010 par Saw 3D : Chapitre final, la saga Saw narre les péripéties de John Kramer, aka Jigsaw, un tueur aux méthodes particulières, testant ses victimes et en leur soumettant le dilemme ultime : Jusqu’où seriez vous prêt à aller pour survivre ? De part son gore extrême et son sadisme jusqu’au-boutiste, la saga Saw est désormais ancrée dans la culture populaire et à su s’imposer pour renouveler un cinéma d’horreur en perdition dans les années 2000. On espère donc le meilleur pour cette saga qui reviendrait donc en salles pour Halloween 2017.

Nouveau montage pour La fille inconnue des frères Dardenne

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La fille inconnue amputée de sept minutes

La fille inconnue, le dernier film des frères Dardenne, connaîtra un nouveau montage pour sa sortie dans les salles obscures, prévue pour le 12 Octobre en France.

Ce nouveau long-métrage avait été présenté en Mai dernier lors du Festival de Cannes. Ce film en compétition n’avait pas obtenu un accueil critique très favorable et n’avait reçu aucun prix lors de la cérémonie de clôture.

Sept minutes seront coupées au montage pour cette nouvelle version que les spectateurs pourront découvrir en salles cet automne. La copie présentée au Festival durait 113 minutes.

Il sera intéressant de voir si ce nouveau montage influencera les critiques qui avaient réservé un accueil mitigé au film de Jean-Pierre et Luc Dardenne lors de son passage à Cannes. Le dynamisme et le rythme de cette nouvelle version pourraient faire évoluer certains avis négatifs et permettre aux cinéphiles et aux critiques de réévaluer ce film des deux cinéastes qui ont triomphé à Cannes par le passé. Les deux cinéastes Belges ont été récompensés à deux reprises de la Palme d’Or pour l’Enfant en 2005 et Rosetta en 1999 et par le Grand prix pour Le gamin au vélo en 2011.

L’intrigue du film confronte le spectateur au choix cornélien d’une médecin généraliste prénommée Jenny qui refuse d’ouvrir la porte de son cabinet à une jeune fille, Félicie, qui sera retrouvée morte le lendemain par la police. À cause de sa culpabilité, Jenny va essayer de comprendre ce qu’il s’est passé en menant sa propre enquête.

Le casting réunit Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Rénier, Louka Minnella, Olivier Gourmet, Marc Zinga, Thomas Doret ou bien encore Nadège Ouedraogo.

Verdict le 12 Octobre dans les salles pour ce nouveau montage de La fille inconnue, dernier film des frères Dardenne.

Le réalisateur français Jacques Rouffio nous a quitté à l’âge de 87 ans

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Mort du réalisateur français Jacques Rouffio

Des proches du réalisateur ont annoncé cette triste nouvelle le vendredi 08 Juillet 2016.

Jacques Rouffio aura marqué le cinéma français des années 1970 et 1980 de son empreinte avec des films engagés.

Ses films les plus marquants rappelleront de bons souvenirs à de nombreux cinéphiles : La passante du sans-souci (adapté du roman éponyme de Joseph Kessel et dernier film de Romy Schneider), Sept morts sur ordonnance sur le monde médical (avec Michel Piccoli, Gérard Depardieu, Jane Birkin, Marina Vlady, Charles Vanel) ou bien encore s’attaquant à la spéculation boursière et aux dérives financières avec Le Sucre (avec Michel Piccoli, Gérard Depardieu et Jean Carmet).

Jacques Rouffio avait débuté sa carrière dans le monde du cinéma en tant qu’assistant auprès du réalisateur Jean Delannoy en 1953 lors du tournage de La route Napoléon.

Jacques Rouffio passe à la réalisation en 1967 avec son premier long-métrage L’horizon. L’orchestre rouge fut son dernier film à être sorti en salles en 1989. Il travailla par la suite pour la télévision et réalisa de nombreux téléfilms dans la fin de sa carrière.

Le cinéma français perd un grand réalisateur.

Irréprochable, un film de Sébastien Marnier : Critique

Au fur et à mesure que le film avance, Constance (Marina Foïs), l’héroïne d’Irréprochable, héroïne si on peut dire, semble gagner dans sa chevelure blonde  (« Tu t’es prise pour Catherine Deneuve ou quoi ?», lui dira Philippe, interprété par Jérémie Elkaïm, son ex), des racines noir corbeau de plus en plus voyantes qui jaillissent de sa tête malade comme autant de fiel symptomatique de sa monstruosité.

Synopsis: Sans emploi depuis un an, Constance revient dans sa ville natale quand elle apprend qu’un poste se libère dans l’agence immobilière où elle a démarré sa carrière, mais son ancien patron lui préfère une autre candidate plus jeune. Constance est alors prête à tout pour récupérer la place qu’elle estime être la sienne. …

Les racines du Mal

Constance est une jeune quadra, agent immobilier au chômage depuis plus d’un an. La première scène du film la montre face à une fenêtre, les yeux perdus dans le vague, le visage dur, fumant une cigarette qu’elle aspire à toute vitesse sans aucun plaisir. La solitude du personnage est criante dès ce début, et la maîtrise du cinéaste, Sébastien Marnier, évidente. La fenêtre est celle d’un appartement géré par son ancienne agence qu’elle occupe illégalement, et qu’elle quitte la tête haute quand elle sera prise sur le fait par une de ses anciennes collaboratrices accompagnée de visiteurs. Car telle est la caractéristique principale de ce personnage trouble : un aplomb maladif et sans limite qui lui donne le ressort pour agir d’une manière de plus en plus désordonnée.

Devenue sans domicile fixe et obligée de retourner dans sa petite province natale, espérant reprendre son poste dans son ancienne agence immobilière, mais la loi du marché étant ce qu’elle est, le poste a été attribué à une nouvelle recrue, moins gourmande en salaires. Pour tenter de récupérer son job, Constance accumule méfaits et mensonges qui la rendent immédiatement antipathique. Anciennes connaissances, ex, ex-employeur, amant de passage, personne n’a le privilège d’être épargné par ses pulsions psycho-névrotiques qui se manifestent sous des formes très variées qui font du film un thriller très abouti, en plus d’être une histoire intime et intimiste sur son héroïne. Contrairement aux thrillers plus classiques, le cinéaste s’attarde beaucoup sur son héroïne dans sa solitude, et il excelle à montrer comment elle fait de son corps une forteresse, afin de protéger plus ou moins inconsciemment son âme vide et/ou tourmentée, et ce, à grands renforts d’activités sportives qui confinent parfois à du pur masochisme. Son corps est sa carapace, mais c’est aussi son seul outil pour attirer le monde dans ses obsessions, que ce soit en proposant à Audrey (Joséphine Japy), la jeune femme qui a « volé » sa place à l’agence, de s’entraîner avec elle, ou que ce soit pour attirer Gilles (Benjamin Biolay), son amant passager (« Je suis à Paris et j’ai une chatte », lui dira-t-elle un jour en guise d’invitation sur le répondeur de son téléphone).

Alors, le corps musclé de Constance (et de Marina Foïs) est exposé à tous vents dans le film, comme rempart donc, mais également comme un moyen de rester en contact avec la réalité, comme une tentative de s’échapper peut-être de sa propre folie : il faut la voir s’allonger nue, arcboutée contre le carrelage de la cuisine comme y cherchant un appui, dans les seuls moments où elle arrive à amener un tant soit peu le spectateur vers l’empathie, car les seuls moments où elle semble vraie, débarrassée de ses monstrueux oripeaux, mais surtout seule, infiniment seule. Rien que pour ces quelques scènes-là, on peut avancer sans se tromper l’idée que Sébastien Marnier, écrivain, scénariste, réalisateur, dont c’est ici le premier long métrage, sera un grand cinéaste dont l’exigence et la justesse de vue, ainsi que la sobriété de la mise en scène seront les atouts majeurs.

Marina Foïs délivre une partition intensément intérieure, centrée sur des jeux de regard totalement en raccord avec le titre choisi pour le film, Irréprochable, : un air d’être dans son droit en toutes circonstances, quelle que soit l’énormité de la forfaiture. Elle n’en fait jamais ni trop, ni trop peu. Dans Darling de Christine Carrière (2007), l’actrice a déjà prouvé que les rôles intensément dramatiques et loin de son répertoire « comique » habituel ne lui font pas peur, bien au contraire… Ses partenaires ne sont pas en reste (Jérémie Elkaïm, Benjamin Biolay, ou encore Joséphine Japy), et parviennent tous à renvoyer en creux une facette ou une autre du personnage de Constance. Chacun a un rôle très précis et clair sans pour autant verser dans les stéréotypes et contribue de manière égale à la réussite d’Irréprochable.

Si on rajoute la lumière extraordinairement chaude du chef opérateur Laurent Brunet,  un travail très intéressant sur le son qui est souvent comme décadré et très présent à l’écran (respirations, pas,…) et une musique que le groupe électro français Zombie Zombie a créée à l’image du film : inquiétant sans en faire trop, à l’image de ces stridences à la Psychose du maître Hitchcock, mais complètement emballées dans un tempo électronique ultra-moderne (L’effondrement – Zombie Zombie, Versatile Records ), alors on a un tableau complet  sur les qualités de ce film, qui à l’instar de son titre, est tout simplement irréprochable…

Irréprochable : Bande annonce

Irréprochable : Fiche technique

Réalisateur : Sébastien Marnier
Scénario : Sébastien Marnier
Interprétation : Marina Foïs (Constance Beauvau), Jérémie Elkaïm (Philippe), Joséphine Japy (Audrey Pailleron), Benjamin Biolay (Gilles Lenquin), Jean-Luc Vincent (Alain), Véronique Ruggia (Avocate)
Musique : Zombie Zombie
Photographie : Laurent Brunet
Montage : Laurence Bawedin
Productrice : Caroline Bonmarchand
Maisons de production : Avenue B Productions
Distribution (France) : Mémento films distribution
Récompenses : –
Budget : 2 300 000 EUR
Durée : 103 min.
Genre : Thriller
Date de sortie : 06 Juillet 2016
France – 2016

 

Top 3 séries comédies américaines 2015/2016

Les nouvelles séries comédies américaines à suivre

L’année 2016 est DÉJÀ bientôt à moitié consumée. Les Upfronts ont eu lieu comme chaque année en mai, l’occasion d’entre-apercevoir les programmes des networks de la future rentrée (ABC, NBS, CBS, Fox, the CW). Il nous fallait absolument nous arrêter sur les crues sitcoms et comédies américaines de la saison déjà passée. Depuis la rentrée 2015-2016, pas moins de 23 séries dites comiques ont été diffusés sur câbles et grandes chaînes. La rédaction a fait le tri et vous conseille LES 3 à ABSOLUMENT ne pas manquer !!!

1) Life in Pieces

CBS – 22 épisodes x 22 minutes

Life in Pieces n’a rien à voir avec Modern Family qui n’a jamais eu autant de potentiel que cette dernière création de Justin Adler et Aaron Kaplan, déjà renouvelée pour une deuxième saison. Malheureusement, il faudra attendre octobre prochain. Rien à voir donc si ce n’est peut-être le réalisateur Jason Winer qui a été nommé aux Emmy pour le pilote de la série mockumentaire. On peut être au plus près des personnages sans forcément passer par l’illusion d’être « inside ». Nous assistons aux moments cruciaux de cette famille aussi (si ce n’est plus) simplement que de notre propre famille. Accouchement sans tabou, anniversaire, funérailles, visite université, première soirée avec notre fraîc(he) dulciné(e)… L’humour, légèrement noir, ne dépasse jamais les limites du politiquement incorrect, contrairement à Arrested Development. Par ailleurs, on y retrouve le scénariste Brad Copeland. D’autres références? Kirker Butler a écrit pour Family Guy, The Cleveland Show ou Galavant. Tandis que Rolin Jones pour Weeds,  The United States of TaraFriday Night Lights et Broadwalk Empire et Alec Sulkin pour Seth MacFarlane C’est indéniable, il y a du potentiel scénaristique. A la mise en scène, rajoutons les noms d’Helen Hunt, Phil Traill (Cougartown, The Middle, The Last Man on Earth), Ken Whittingham (Park & Rec, Community, The Office, Scrubs, Malcolm…)

La famille Short, impossible d’être plus attachante, est la plus drôle jamais vu depuis Malcolm. En 4 chapitres de 5 minutes, les aventures, qui se croisent ou pas, des membres n’en finissent pas de nous amuser, jusqu’à la fascination. La principale force de ce show, outre les scénarios pas tous calibrés sur le même ton, sont les acteurs. On retrouve: le fils Hank, Betsy Brandt (Breaking Bad), le père James Brolin, Dianne Wiest, Zoe Lister-Jones dans le rôle de la belle-fille/soeur qui recèle un potentiel comique sans précédent depuis Chelsea Peretti dans Brooklyn Nine Nine, la talentueuse jeune Giselle Eisenberg, interprétant la petite Sophia Hughes, qui a un CV déjà impressionnant… Au terme de cette première saison, l’envie de vous replonger directement dans les 22 épisodes se fera plus qu’insistante et depuis Friends, il était rare de mémoriser aussi facilement les noms. John, Joan, Matt et Colleen, Heather, Tim, Tyler, Samantha, Sophia, Clementine, Greg, Jen et Lark, impossible d’avoir un préféré!

La maladresse de Greg, la naïveté de John, la gentillesse de Joan, le sarcasme et les TOC de Jen, la nonchalance attrayante de Matt, la douce folie d’Heather… autant de traits de caractère que nous possédons tous. Le rire est effectif, lorsque nous nous reconnaissons, dans la chute par exemple. Le rire est miroir selon Bergson* et la qualité d’une série se juge aussi au soin apporté aux personnages secondaires. L’époux de Chelsea Peretti, encore (pardonnez-nous l’info people) et l’humoriste, Jordan Peele dans le rôle de l’ex fiancé Chad; Martin Starr (Silicon Valley) méconnaissable en nauséabond exterminateur de rats, Oscar; le savoureux Martin Mull (à jamais le septique professeur Willard Kraft dans Sabrina, l’apprentie sorcière) veuf ou encore la succulente Stephnie Weir (The Comedians,  Crazy Ex-Girlfriend) en hippie. A elle-seule, les zygomatiques sont tirée. Inutile donc de vendre ce qui est un succès. Cumulant plus de 9 millions de téléspectateurs, le show ne tardera pas à arriver sur nos écrans, car elle est déjà culte !

First look du pilote

Créateurs :  Justin Adler Aaron Kaplan
Réalisateurs : Jason Winer (1, 2, 4, 6, 7, 10, 14, 16), Jeremy Garelick (3), Claire Scanlon (5), Chad Lowe (8, 20, 22), Fred Goss (9), Phil Traill (11, 19, 21), Helen Hunt (12), Ken Whittingham (13, 17), Lisa Statman (15), Rebecca Asher (18),
Scénaristes : Justin Adler (1, 2, 12, 22), Brad Copeland (3, 13), Kirker Butler (4, 14), Rolin Jones (5), Lesley Wake Webster (6, 15), Alec Sulkin (9, 16), Greg Malins (10, 19), Barbara Adler (11, 20), Elizabeth Tippet (7, 17), Maggie Mull (8, 18), Joe Cristalli (21)
Interprètes : Colin Hanks (Greg Short), Betsy Brandt (Heather (Short) Hughes), Thomas Sadoski (Matt Short), Zoe Lister-Jones (Jen Short), Dan Bakkedahl (Dr. Tim Hughes), Angelique Cabral (Colleen Brandon Ortega), Niall Cunningham (Tyler Hughes), Holly J. Barrett (Samantha Hughes), Giselle Eisenberg (Sophia Hughes), James Brolin (John Short), Dianne Wiest as (Dr. Joan (Pirkle) Short)
Photographie : Tom Magill
Montage : Matthew Barbato, Dean Pollack, Colin Johnson, Steven Lang, Kyle Reiter, Tony Orcena
Musique : Rob Simonsen
Producteurs : Natalia Anderson, Jeffrey Morton, Maria L. Melograne, Justin Adler, Kirker Butler, Aaron Kaplan, Jason Winer
Sociétés de production : Kapital Entertainment, 40 or 50 Years Productions, 20th Century Fox Television
Diffusion : Columbia Broadcasting System (CBS)
Format : 22 épisodes de 22 minutes

*Henri Bergson (auteur) et Antoine de Baecque (préfacier), Le Rire. Essai sur la signification du comique, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot » (no 833), 

2) Superstore

NBC – 11 épisodes x 22 min

La sitcom marque le retour d’America Ferrera sur le petit écran et suit le quotidien d’employés d’une grande surface. Si les personnages principaux sont d’origines ethniques variées, faisant probablement de la série une des premières sitcoms à représenter un maximum de minorités. L’erreur aurait été d’en faire le principal message de tolérance, mais l’écriture est (un peu) plus subtile que ça. Nous sommes plongés dans ce qui ressemble traits pour traits au Lucky Aide où travaillait Loïs, la mère de Malcolm. Personnage impotent et maladroit, simplet ou personne âgée refusant de partir à la retraite, les comparaisons ne permettent pas plus l’analyse, d’autant plus que le personnage de Glenn, le directeur du Cloud 9, double de Craig Feldspar excentrique et maniéré, navre au final plus qu’il n’amuse tandis que Dina, interprétée par Lauren Ash, est la révélation du show. Les interludes absurdes des clients vivant leur quotidien sont comme des cerises sur chaque gâteau. Chaque situation serait par ailleurs réelle, a confessé Justin Spitzer qui assume une critique satirique de notre société de consommation. Au travers des conditions sociales des employés qui, finalement semblent passer peu de temps à véritablement travailler, Superstore dépeint efficacement, avec légèreté et beaucoup de d’humour (de caractère principalement), les relations à autrui au sein d’un environnement professionnel. Comparé à The Office ou Park & Rec, la nouvelle sitcom n’apporte guère de renouveau dans ce paysage de séries mokumentaires, mais elle a le mérite de nous faire rire et c’est déjà un bon début. Les audiences dégringolante de 7 à 4 millions lors de sa diffusion sur NBC de novembre à février derniers, Superstore doit à tout prix se rattraper. Tout est question de rythme et les showrunner ne rigolent pas avec les blagues à la minute. Il faut que ça pulse et, certaines sitcoms donnent la nausée pour ces raisons (Big Bang Theory, 30 Rock…), que les assauts humoristiques semblent toujours provenir de l’intérieur des situations, c’est-à-dire naturellement comme si les personnages étaient attachants malgré eux. Ici, les 11 épisodes sont trop courts et nous désespérons de pouvoir en voir le double, comme habituellement.

A la réalisation, beaucoup sortent du genre, Saturday Night Live30 Rock, Unbreakable Kimmy Schmidt, Ugly Betty, New Girl, The Office, Crazy ExGirlfriend, Grace and Frankie ou encore You’re the Worst… Les influences sont diverses et parfois, les blancs retombent (en neige), mais on finit tous par s’attacher, jusqu’au final, revirement de situation, qui en plus de tirer quelques larmes censée, surprend. Et nous n’en demandions pas tant !

Trailer

Créateur : Justin Spitzer
Réalisateurs : Ruben Fleischer (1, 3, 5), Michael Patrick Jann (2), Victor Nelli, Jr. (4, 8), Alex Hardcastle (6), Andy Ackerman (7), Christine Gernon (9), Linda Mendoza (10), Beth McCarthy-Miller (11)
Scénaristes : Justin Spitzer (1,3 , Matt Hubbard (2, 10), Jonathan Green & Gabe Miller (4), Jackie Clarke (5), Lon Zimmet (6, 10), Jack Kukoda (7), Sierra Teller Ornelas (8), Eric Ledgin (9), Owen Ellickson (10)
Interprètes : America Ferrera (Amy Dubanowski), Ben Feldman (Jonah), Lauren Ash (Dina), Colton Dunn (Garrett), Nico Santos (Mateo Fernando Aquino Liwanag), Nichole Bloom (Cheyenne Tyler Lee), Mark McKinney (Glenn Sturgis)
Photographie : Jay Hunter, Damián Acevedo
Montage : Steven Lang, Mark Sadlek
Musique : Mateo Messina
Producteurs : Ruben Fleischer, David Bernad, Jonathan Green, Gabe Miller, Justin Spitzer, America Ferrera, Eric Ledgin,Jake Aust, Henry J. Lange Jr., Patrick Kienlen
Sociétés de production : District, The, Spitzer Holding Company, Universal Television
Diffusion : National Broadcasting Company (NBC)
Format : 11 épisodes de 22 minutes

3) Casual

Hulu – 10 épisodes x 22 minutes

Apparue en avril en France à Séries Mania 2016 (bien que CSM et autres sériephiles la connaissaient dès sa diffusion), Casual est la meilleure dramédie de cette saison, après Transparent. Diffusé entre octobre et décembre 2015, le show ne provoque pas le même rire décomplexé que les 2 premières sitcoms, ça n’en est d’ailleurs pas une, mais la légèreté de ton et la sincérité des caractères font de cette série apparue sur la plateforme Hulu, un succès véritable au point d’avoir été nommée aux Golden Globes et d’avoir une 3ème saison dans les cartons qui verra le jour début 2017. Explorant les relations intimes d’Alex et Valerie, frère et sœur, oncle et mère de Laura, vivant sous le même toit, le show de Zander Lehmann (et Jason Reitman, producteur délégué et réalisateur à qui on doit Juno notamment) est aussi déprimante que hilarante. Le créateur et showrunner s’est inspiré de sa propre colocation avec sa soeur pour tenter de restituer les difficultés de trouver l’amour à l’heure des appli de rencontres et d’internet. (Lire à ce sujet, un entretien donné par nos confrères de Télérama).

Courte, efficace et plein de bon sens, Casual (pouvant être traduit par plan cul irrégulier ou sexe occasionnel) est le reflet de notre société hétéroclite, dans laquelle la conception de la relation, du couple n’est définitivement plus ce qu’elle était il y a encore 10 ans de cela. Exclusive, cloisonnée dans un mariage ou une fidélité quasi religieuse, 1 + 1 = 1, elle est devenue 1 + 1 = 2 et à présent 3, moi, toi et toi/moi, nous… Autant de possibles qui font que nous sommes perdus et c’est en cela que Casual dérange. Est-il possible encore de nos jours de trouver l’amour? Et si la réponse fait peur, effraie, ou déstabilise, revoyez les 10 épisodes de la saison 1 et plonger dans la 2, actuellement sur Canal +. La famille comme travers existentiel, source de nos maux actuels est toujours au cœur de nos préoccupations. Frances Conroy (Six Feet Under, la comparaison est légitime) et Fred Melamed (A Serious Man, Lady Dynamite) sont les parents hédonistes, Eliza Coupe (Benched, Happy Endings) une petite amie libertine, Nyasha Hatendi dans son premier rôle comique Léon plan cul de Valérie qui devient meilleur ami d’Alex…

La psychothérapie est devenue, depuis Woody Allen, territoire de jeu de nos complexes existentiels. Regardons l’affiche de la saison 2. Tous allongés dans le salon, comme si nous allions les écouter parler. Tandis qu’ils étaient dans une baignoire dans la première affiche, lieu décontracté où l’on termine notre verre en fin de soirée ou l’on veut s’isoler après une dispute… Encore Juno comme référence? Mateo Messina à la musique (déjà sur Superstore), nous propose une rythmique de corde basse couplée de Hang, maracas et xylophone pour une ballade au fin fond de nous-même. A la réalisation de grand nom, Tricia Brock (Twin Peaks (scénariste)Grey’s Anatomy, Breaking Bad, Mr. Robot), Fred Savage (Modern Family, 2 Broke Girls) qui nous sont inconnus, car qui se soucie, malheureusement, de qui écrit et réalise les épisodes de séries? Casual ou « décontracté », « désinvolte » traite de ce que l’on ose pas nous avouer, sur fond humoristique, avec ce qu’il faut de pathos sans déborder sur les côtés. Une glace délicieuse, comico-thérapeutique, que l’on ne se lasse pas de dévorer, peu importe le temps qu’il fait…

Créateur : Zander Lehmann
Réalisateurs : S01 Jason Reitman (1, 2), Max Winkler (3,4), Michael Weaver (5, 6), Tricia Brock (7, 8), Fred Savage (9, 10) / S02 Jason Reitman (1,2), Karyn Kusama (3, 4), Iain B. MacDonald (5,6)
Scénaristes : S01 Zander Lehmann (1, 2, 3, 4, 8, 10), Sheila Callaghan (5), Liz Tigelaar (6), Harris Danow (7, 8), Halsted Sullivan (10) / S02 Zander Lehmann (1, 3, 5), Liz Tigelaar (2),  Harris Danow (4), Molly Smith Metzler (6)
Interprètes : Michaela Watkins (Valerie), Tommy Dewey (Alex), Tara Lynne Barr (Laura), Nyasha Hatendi (Leon), Frances Conroy (Dawn), Fred Melamed (Charles), Julie Berman (Leia), Zak Orth (Drew)…
Photographie : John Guleserian
Montage : Steve Edwards, Dana E. Glauberman, Omar Hassan-Reep, Kabir Akhtar, Suzy Elmiger
Musique : Mateo Messina
Producteurs : Helen Estabrook, Zander Lehmann, Jason Reitman, Kent Zbornak, Liz Tigelaar, James O. Kerry, Halsted Sullivan
Sociétés de production : Casual Productions
Diffusion : Hulu, Canal +
Format : 10 épisodes de 22 minutes + 13 x 22

Mentions spéciales

1) Crazy Ex-Girlfriend

The CW – 18 épisodes (comédie musicale) x 42 minutes

S’il fallait trouver un défaut, ce serait la durée de l’épisode et malgré la crainte que la série puisse faire du sur-place sur 18 épisodes, elle finit presque toujours par nous surprendre, grâce au jeu de Rachel Bloom qui porte sa propre série autobiographique du bout des bras parodiant les clips vidéo et le genre musical, même le cartoon, pour notre plus grand plaisir. Ne jamais abandonner un premier amour? Euh, si il serait peut-être temps. Dommage que l’adresse à la gente féminine soit un peu trop poussée à son paroxysme, contrairement à Amy Schumer qui sa(va)it toucher tout le monde en parlant d’elle-même, et que le message « réussir, être une femme forte et indépendante malgré l’incapacité à aller de l’avant » soit trop prégnant. Lorsqu’Ally McBeal rencontre Bridget Jones sous acides, ça donne une des meilleures comédies (musicales) de cette rentrée 2015-2016. Il faudra patienter octobre prochain pour assister à la suite des aventures de Rebecca Bunch.

Créateur : Rachel Bloom et Aline Brosh McKenna
Réalisateurs : Steven K. Tsuchida, Alex Hardcastle, Joanna Kerns, Tamra Davis, Stuart McDonald, Don Scardino, Lawrence Trilling, Marc Webb, Aline Brosh McKenna, Erin Ehrlich, Michael Patrick Jann, Kenny Ortega, Michael Schultz, Daisy von Scherler Mayer
Scénaristes : Rachel Bloom, Aline Brosh McKenna, Rene Gube, Sono Patel, Rachel Specter, Audrey Wauchope, Jack Dolgen, Erin Ehrlich, Michael Hitchcock, Dan Gregor, Elisabeth Kiernan Averick, Doug Mand
Interprètes : Rachel Bloom (Rebecca Nora Bunch), Vincent Rodriguez III (Joshua « Josh » Felix Chan), Santino Fontana (Greg Serrano), Donna Lynne Champlin (Paula Proctor), Pete Gardner (Darryl Whitefeather), Vella Lovell (Heather Davis), Gabrielle Ruiz (Valencia Maria Perez)
Photographie : Todd Dos Reis, Charles Papert, Jonathan Sela
Musique : Adam Schlesinger, Jerome Kurtenbach, Frank Ciampi
Producteurs : Rachel Bloom, Aline Brosh McKenna, Sarah Caplan, Nicole Carrasco, Marc Webb, Michael Hitchcock, Erin Ehrlich
Sociétés de production : Sunnyside Entertainment, Lean Machine, Webbterfuge, Warner Bros. Television, CBS Television Studios
Diffusion : Showcase (Canada), Sub (Finland), The CW Television Network (The CW)
Format : 18×42

2) Master of None

Netflix 10 épisodes x 22 minutes

Retrouvez la critique sur le site. Il faudra attendre avril 2017 pour la saison 2 ! Heureusement que nous ne sommes pas plus impatients…


You, Me and The Apocalypse NBC / SK1 10 X 43  

Idiotsitter Comedy Centre 10 x 22 + webserie 6 x 6

Angel from Hell CBS 13 épisodes (annulé après 5 épisodes)

Love Netflix 10 épisodes x 30 ★☆

Animals HBO 10 x 22 (animation) ★☆

Dice Showtime (prévu pour le 10 avril) 0

Flaked Netflix x 22 (depuis 11 mars) 0

Benders IFC 8 épisodes x 22 0

The Grinder FOX 22 x 22′ 0

Telenovela ABC 11 épisodes x 22 ☆☆☆☆

Angie Tribeca TBS 10 x 22 ☆☆☆☆

The Real O’Neals ABC 13 x 22 ☆☆☆☆

Grandfathered ABC 22 x 22′ ☆☆☆☆

Crowded NBC x 22 (depuis 15 mars) ☆☆☆☆

Fuller House Netflix 13 x 30 (suite de la série plateau à succès des années 80) ☆☆☆☆

Uncle Buck ABC x 22 (adaptation film avec afro-américains) ☆☆☆☆

Horace & Pete webserie 10 x 30 à 67 minutes ☆☆☆☆

Cooper Barrett’s Guide To Surviving Life Fox 13 x 22 ☆☆☆☆☆

Basket FX 10 x 22 ☆☆☆☆☆

Dr. Ken ABC 22 épisodes (sitcom plateau) x 22 ☆☆☆☆☆

La Couleur De La Victoire, un film de Stephen Hopkins: critique

La Couleur De La Victoire est la démonstration qu’un réalisateur peu réputé pour ses élans artistiques peut s’effacer derrière son sujet, du moment qu’il est porteur.

Synopsis: En 1934, alors que Jim Crow vient de faire passer ses lois ségrégationnistes, Jesse Owens arrive à l’université d’État de l’Ohio pour travailler avec les meilleurs entraîneurs de l’époque. Ce petit‐fils d’esclave va y développer une relation étonnante avec un entraîneur blanc, Larry Snyder. Devenu entraineur d’avant‐garde, obsédé par la réussite, il ne fait aucune distinction de couleur entre ses protégés, contrairement à ses collègues. Les deux athlètes n’ont qu’un objectif : les Jeux olympiques d’été de 1936 à Berlin.

Ce film est également la démonstration que le sport est un thème ô combien cinégénique, tant il est (était ?) riche de valeurs universelles, de lien étroits avec l’Histoire (ici bien manipulée, on y reviendra) et de tout ce qui fait un film prenant : suspense, rebondissements, émotions et panache. Stephen Hopkins, à peine remarqué pour Predator 2 et Lost In Space, s’attaque ici à une page d’Histoire où se mêlent sport, politique, lutte pour les droits civiques et montée du fascisme.

Nous sommes donc en 1936 et les Jeux Olympiques d’été doivent se tenir à Berlin, en pleine Allemagne nazie. Aux U.S.A. se pose alors la question de faire participer ou non les athlètes à des jeux en terre fasciste, alors même (ironie de l’histoire) que le pays de l’oncle Sam vient de voter les fameuses lois ségrégationnistes envers les noirs. Question d’autant plus importante qu’une des stars montantes de la course à pieds, Jesse Owens, est noir de peau et par définition indésirable aux U.S.A. Ce n’est pas réellement un biopic que signe Stephen Hopkins, son histoire ne suit pas de personnage en particulier, même si la caméra se braque un peu plus sur Jesse Owens et son entraineur Larry Snyder. Non, c’est plutôt à une tranche d’Histoire qu’on a droit, une tranche de petite histoire dans la grande, de ces événements faibles en conséquences mais forts en symboles et les symboles, Hopkins sait les manipuler.

Si le film de Stephen Hopkins est une réussite cinématographique, c’est sans doute parce-qu’il a su capter, au-delà d’une mise en scène bien frileuse, la portée symbolique qu’on a décidé d’attribuer aux victoires de Jesse Owens, sa détermination (malgré l’opposition des militants pour les droits civiques) à aller démontrer (au Américains autant qu’aux aryens) qu’un noir n’est pas un sous-homme. Ce film réserve quelques grands moments de panache, comme cette incroyable série de victoires en l’espace d’une heure qu’Owens enregistra lors de championnats universitaires, ou encore lors des ces fameux jeux et sa lutte fraternelle face à l’Allemand Luz Long.

Quant aux acteurs, si Stephan James manque par moments de convictions et de relief dans le jeu, Jason Sudeikis est surprenant. Il est totalement à l’aise dans cet univers des années trente à grosses voitures et chapeaux mous. Il cabotine c’est vrai, mais n’en fait jamais un usage abusif, comme un vieux routard d’Hollywood. Jeremy Irons est par contre une énigme, son jeu est toujours parfait, son personnage ambigu mais cette manie qu’il a (question d’âge), de faire cette moue étrange qui lui donne des lèvres de poisson, est épouvantable.

Sans être dispensé de quelques tares, La Couleur De La Victoire est une réussite, car le sujet dépasse tous les enjeux techniques du cinéma. Sur le plan historique c’est autre chose, ce film est une œuvre de propagande, au même titre qu’Olympia, le fameux film de Leni Riefenstahl, interprétée ici par Carice Van Houten. En effet, Owens affirmait ne jamais avoir été snobé par Hitler (au contraire le chancelier l’aurait salué, comme les Berlinois l’avaient acclamé) mais n’avoir, en revanche, jamais été félicité par Roosevelt. Ce film reprend donc la version des vainqueurs (comme toujours) qui déforme et embellit la vérité historique pour en faire un objet de propagande. Sans être destiné à devenir un classique, ce film s’inscrit dans l’héritage des grands moments d’Hollywood: grande histoire, grands principes moraux lénifiants et victoire de l’individu face à l’adversité. Si l’on oublie la manipulation politiquo-historique qu’est ce film, le moment de cinéma restera agréable.

La Couleur De La Victoire : Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=i8529cjgCOg

La Couleur De La Victoire : Fiche Technique

Titre original: Race
Réalisation : Stephen Hopkins
Distribution : Stephan James, Jason Sudeikis, Jeremy Irons, William Hurt, Carice Van Houten
Scénario : Joe Shrapnel et Anna Waterhouse
Direction artistique : David Brisbin
Costumes : Mario Davignon
Montage : John Smith
Photographie : Peter Levy
Production : Jean-Charles Levy, Luc Dayan, Nicolas Manuel, Karsten Brünig, Kate Garwood, Stephen Hopkins, Thierry Potok, Louis-Philippe Rochon et Dominique Séguin2
Sociétés de production : Forecast Pictures, JoBro Productions & Film Finance, Solofilms et Trinity Race
Sociétés de distribution : La Belle Company (France), SquareOne Entertainment (Allemagne)
Pays d’origine :  France,  Allemagne,  Canada
Langue originale : anglais
Genre : biographie, drame, sport
Durée : 134’

Date de sortie : 27 juillet 2016

 

Euphoria : Lisa Langseth réunit Charlotte Rampling, Eva Green et Alicia Vikander

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La réalisatrice suédoise Lisa Langseth s’apprête à diriger Charlotte Rampling, Eva Green et Alicia Vikander pour son premier film en langue anglaise

Lisa Langseth va retrouver pour son troisième long-métrage, Euphoria, la comédienne Alicia Vikander, qui avait joué dans ses deux précédentes réalisations, Pure, en 2009 et Hotell, en 2013. Les cinéphiles se souviennent que la comédienne Alicia Vikander avait obtenu un Oscar pour son rôle dans The Danish Girl et avait également été remarquée pour ses interprétations dans Mémoire de jeunesse, Ex Machina, A vif !, Le cinquième pouvoir ou bien encore Royal Affair. La jeune actrice suédoise de 27 ans sera à l’affiche du prochain Jason Bourne (sur nos écrans le 10 août 2016) et elle est annoncée dans le reboot de Tomb Raider, prévu pour 2017.

L’intrigue du film Euphoria se concentre sur le voyage de deux soeurs à travers l’Europe. Leur périple vers une destination mystérieuse sera l’occasion de découvrir que leurs relations sont conflictuelles. Alicia Vikander et Eva Green interprèteront le rôle de ces deux soeurs que tout oppose.

Le tournage du film devrait commencer  cet été, en août 2016, en Allemagne. Euphoria sera le premier film en langue anglaise pour la réalisatrice suédoise Lisa Langseth. Le rôle précis occupé par Charlotte Rampling n’a pas été dévoilé par la production.

Le film sera produit pour la Suède par B-Reel Film ainsi que par Vikarious Production (société lancée très récemment par Alicia Vikander et son agent Charles Collier).

Tarzan, un film de David Yates : Critique

Hormis un bel apollon torse nu poussant –hors champ– le légendaire cri du célèbre homme-singe, cette énième adaptation n’a pas grand-chose à offrir, nous baladant maladivement entre les tons sans jamais trouver celui qui lui sied.

Synopsis : Ayant abandonné sa jungle natale pour rejoindre la vie aristocratique de ses aïeux britanniques, John Clayton, alias Tarzan, vit au calme son mariage avec la belle Jane Porter. Mais, sur ordre du Premier Ministre, il fait un voyage au Congo en tant qu’agent de commerce. Sur place l’attend un piège tendu par un groupe de mercenaires à la solde du Royaume de Belgique.

Pas seulement une suite… malheureusement

Entre la franchise de la MGM avec Johnny Weissmuller qui, entre les années 30 et 40, contient pas moins d’une douzaine de films, le Greystoke qui, en 1987, offrit un de ses meilleurs rôles à Christophe Lambert et le sympathique film d’animation Disney en 1999 –pour ne citer que les plus mémorables–, on peut aisément affirmer que le roman d’aventures de Edgar Rice Burroughs, datant de 1912, a connu suffisamment de déclinaisons cinématographiques, souvent malgré le désaccord de son auteur les jugeant pro-colonialistes, pour qu’une énième adaptation puisse paraître dérisoire. Mais on sait que le manque d’inspiration dont souffre Hollywood depuis plusieurs années pousse les grands studios à recycler leurs vieilles recettes. Et, même si l’idée n’est pas neuve, avoir imaginé une suite au roman initial (sans tenir compte évidemment du fait que Burroughs a lui-même écrit de nombreuses nouvelles, virant souvent audacieusement vers le fantastique, qui font suite au premier épisode de sa saga littéraire) pouvait alors laisser espérer un récit inédit et plein de promesses. Mais, rassurez-vous si vous avez vécu dans une grotte et que cette histoire de garçon élevé par des singes ne vous parle pas, Hollywood n’oublie pas que,  du moins à ses yeux, son public est constitué de crétins illettrés. En effet, en plus d’être une suite, le film fait office de reboot à travers une série de flashbacks malvenus qui viennent nous rappeler régulièrement les origines de ses personnages principaux. Un procédé narratif d’une lourdeur comme on n’en avait pas vu depuis longtemps!

Un film d’action au discours politique cohérent et affirmé, serait-ce trop demander ?!

Pour saisir les tares de ce blockbuster estival, il suffit d’analyser le cas du rôle octroyé à Samuel L. Jackson. Rarement a-t-on vu l’acteur dans un pareil exercice de cabotinage, mettant son personnage le cul entre deux chaises, entre le stéréotype ringard du sidekick Noir rigolo et le support didactique à un discours bien-pensant de dénonciation de l’esclavage. Son improbable personnage de cowboy humaniste étant de plus celui qui va mener le héros dans le piège de ses ennemis, il aurait pu faire de lui une belle figure de traître… mais cela serait sous-estimer l’extrême manichéisme de cette écriture enfantine ! Cette tendance à ne pas assumer son propre potentiel fun pour vainement essayer de se prendre au sérieux est pesant sur l’ensemble du film. Dès les cartons d’ouverture, les enjeux géopolitiques sont posés. Ils nous présentent les Belges comme les grands vilains de l’histoire, avec à leur tête un Christoph Waltz en ersatz de René Belloq, l’odieux français des Aventuriers de l’Arche Perdue, et dans une prestation proche d’une caricature de ses célèbres rôles de méchants. Voir, au bout de quelques minutes, cet émissaire du Plat Pays discuter avec un chef de tribu africaine (Djimon Hounsou, plus monolithique que jamais) dans un anglais parfait laisse comprendre que nous sommes bel et bien devant un produit formaté aux vieilles conventions hollywoodiennes. Et voir, une heure plus tard, son personnage se battre avec pour arme de prédilection un chapelet, enfonce définitivement son caractère grotesque, presque cartoonesque, loin de la gravité horrifique qu’aurait dû inspirer ce personnage historique connu pour sa barbarie envers les autochtones.

Mais qu’en est-il de l’héroïque roi de la jungle ? Le constat est tout aussi décevant. Le choix du beau suédois Alexander Skarsgård (srtout connu pour son rôle d’Éric dans la série True Blood) semble n’avoir été motivé que par son physique sculptural . Tout comme Margot Robbie, face à lui dans le rôle de Jane et elle-aussi chargée d’assurer la part glamour du film, le personnage principal livre une palette de jeu en encéphalogramme plat. Ce manque d’émotions dans leur interprétation fait d’eux un couple qui, malgré leur plastique alléchante, souffre d’un manque de charisme qui empêche toute empathie envers leurs personnages mythiques. On peut aussi imputer l’absence de crédibilité du héros au parcours que lui fait suivre le scénario : Le retrouver, dans sa première scène, parfaitement intégré dans la haute société du Londres victorien en vient à rendre douteux tout le passif qu’on lui accorde, et donc l’aisance de son retour à l’état sauvage. Une amorce de relecture méta de la légende pointe d’ailleurs le bout de son nez au début du film, alors que tout le monde avoue le connaitre de réputation à travers des romans de gare, mais cette bonne idée ne sera hélas jamais exploitée.

Égarements dans la jungle numérique

David Yates pouvait-il se dépatouiller d’un scénario à ce point mal écrit qu’il se prétend anticolonialiste alors qu’il exploite des clichés impérialistes dans sa représentation réductrice des tribus africaines ? C’est en tout cas à lui que l’on peut reprocher l’atroce direction des acteurs. C’est également le réalisateur qu’il faut blâmer pour avoir voulu multiplier les effets de mise en scène tape-à-l’œil, à commencer par les ralentis dans les scènes d’action, ainsi que sa volonté de reproduire une photographie assez sombre similaire à celle de ses derniers Harry Potter… à la différence que le chef opérateur qu’il a cette fois à sa disposition est loin d’avoir le talent d’Eduardo Serra. De plus, sa caméra, plutôt que de nous faire profiter de la majesté de ses décors, préfèrera  toujours filmer de près le corps de ses deux acteurs principaux, confirmant ainsi les raisons libidinales de leur recrutement, mais sans jamais s’éloigner pour autant de la bienséance puritaine. Même les nombreux effets spéciaux, qui rendent son aventure écolo « à l’ancienne » hypocritement dépendante du tout-numérique, sont mal mis à profit : Parmi les animaux de synthèse, tous ne sont pas réussis (les éléphants étaient nettement plus convaincants dans Le livre de la Jungle !), mais les plus impressionnants sont sans surprise les gorilles. Un regret donc qu’ils n’apparaissent à l’écran que de façon anecdotique. De la même manière, les inévitables scènes, sur fond vert, où Tarzan saute de liane en liane sont au moins aussi laides que celles d’Amazing Spider-man. La comparaison n’est pas anodine, tant l’homme-singe reproduit à plusieurs reprises les postures propres à l’Homme-araignée! Et inutile de préciser que la 3D n’apporte strictement rien à la production design… Avoir aussi mal su profiter des moyens techniques à sa disposition est la preuve que le réalisateur ne maitrise pas son art et que ses précédents succès -et probablement les prochains- n’étaient imputables qu’à l’univers mis en place par J. K. Rowling.

Cette série B de divertissement familial, aussi onéreuse que mainstream, est une des victimes collatérales de la tendance d’Hollywood à calquer ses grosses machines sur les films Marvel. De façon évidente, ce film, qui commençait pourtant par une entrée en matière voulant affirmer sa réalité historique, a rapidement vendu son âme en s’alignant sur les codes du film de super-héros sans parvenir à retomber sur ses pattes. Un accident artistique en bonne et due forme!

Tarzan : Fiche technique

Titre original : The Legend of Tarzan
Réalisation : David Yates
Scénario : Stuart Beattie, Craig Brewer, Adam Cozad, John Collee d’après les personnages imaginés par Edgar Rice Burroughs
Interprétation : Alexander Skarsgård (Tarzan/John Clayton), Margot Robbie (Jane Porter Clayton), Christoph Waltz (Capitaine Léon Rom), Samuel L. Jackson (George Washington Williams), Djimon Hounsou (Chef Mbonga)…
Photographie : Henry Braham
Montage : Mark Day
Supervision des effets visuels : Tim Burke
Musique : Rupert Gregson-Williams
Producteurs : Alan Riche, David Barron, Mike Richardson, Jerry Weintraub, David Yates, Tony Ludwig
Sociétés de production : Warner Bros., Jerry Weintraub Productions, Village Roadshow Productions
Budget : 180 millions de dollars
Sociétés de distribution : Warner Bros.
Durée : 109 minutes
Genre : Aventures
Dates de sortie : 6 juillet 2016
Etats-Unis – 2016

Hommage à Abbas Kiarostami (1940-2016)

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Le carnage de cette maudite année 2016 s’accélère… Après Michael Cimino moins de 48 heures plus tôt, c’est un autre Grand du Cinéma qui nous quitte. Abbas Kiarostami, âgé de 76 ans et réalisateur de pas moins d’une quarantaine de films, est mort à Paris ce lundi 4 juillet, des suites d’un Cancer.

Celui qui avait commencé sa carrière artistique dans le domaine de la bande-dessiné après des études aux Beaux-Arts de Téhéran et avait, dès le début des années 70, participé à ce mouvement qui fut appelé « nouvelle vague iranienne », était devenu depuis longtemps le porte-étendard du cinéma de son pays.

Alternant entre fictions et documentaires, le réalisateur s’est, depuis ses débuts, montré polémique vis-à-vis de la répression politique au travers d’une prose poétique passant aisément entre les fils de la censure sous l’ère du Shah. Mais, alors que beaucoup de ses compatriotes réalisateurs optèrent alors pour l’exil, l’Après-révolution islamique aura été pour lui une période plus difficile, le contraignant à concentrer son travail sur des courts-métrages.

Le cinéaste n’abandonnera toutefois jamais de cumuler parallèlement ses activités de graphiste, de photographe et de peintre. Il s’affirma ainsi comme un  artiste polymorphe, explorant avec une virtuosité sans pareil les frontières entre ces différents formats, comme il approfondissait dans ses réalisations les limites entre l’instinct de survie et l’attrait pour la mort à travers le parcours de personnages qui, dans la plupart des cas, étaient des enfants. Une figure de l’innocence face à la fatalité devenue récurrente dans son cinéma.

Il faudra alors attendre la fin des années 80, et en particulier La Clef (1987), Close-Up (1990) et La Trilogie de Koker (1987 / 1991 / 1997), pour que sa renommée internationale commence à peser en sa faveur vis-à-vis des autorités islamistes et des fonds de financements locaux. Toutefois, ses œuvres, qu’il a pour la plupart autoproduites, restèrent interdites de diffusion en Iran, car jugées « contraires à la morale coranique ».

La Palme d’Or acquise par Le Goût de la cerise en 1997 fut alors un tournant dans sa carrière, dans le sens où, en plus de pousser le gouvernement iranien à autoriser la diffusion de ses films, désormais considérés comme une fierté nationale, elle marque le début de travaux à l’international d’Abbas Kiarostami qui n’avait, jusque-là, jamais tourné hors de sa patrie.

C’est ainsi que, dès 2001, il signe le documentaire ABC Africa en Ouganda pour le compte d’une association humanitaire. Plus tard, Copie Conforme (2010) et Like Someone in Love (2012), tournés respectivement en Toscane et à Tokyo, resteront dans l’Histoire comme ses deux dernières fictions. Il préparait un tournage en Chine quand sa maladie s’est déclarée.

Une vie de combat entièrement dévoué à sa carrière artistique, à sa lutte contre l’obscurantisme et à la défense de la liberté d’expression dans un pays sclérosé par la censure s’est achevée ce jour. Le monde du cinéma est en deuil… encore.

     No, un des derniers courts-métrages d’Abbas Kiarostami, et la preuve de sa délicatesse dans l’art de filmer des enfants.

https://www.youtube.com/watch?v=jxpKOlQ4L4I

Free State Of Jones, un film de Gary Ross : Critique

Synopsis : 1862, le Mississipi est ravagé par la guerre de sécession. Fuyant le champ de bataille, Newton « Newt » Knight rejoint un groupe d’ex-esclaves fugitifs cachés dans un marécage dont il va prendre la tête. Alors que de plus en plus d’autres déserteurs et de villageois rejoignent sa cause, Newt va mener le comté à se battre contre l’armée confédérée en vue de devenir un Etat libre.

Ce héros blanc dont les Noirs opprimés avaient besoin… ou pas

Sans doute par peur de revenir sur le principal point de clivage de la courte Histoire américaine, Hollywood s’est régulièrement servi de la Guerre de Sécession comme contexte à des westerns ou d’autres films d’époque (à commencer évidemment par Autant en emporte le vent), mais, à sauf de rares exceptions (Major Dundee !), jamais à des films de guerre. C’est dans cette direction que semblent aller les premières images de ce Free State of Jones, dont la crudité sanglante avec laquelle sont dépeints les champs de bataille laisse à penser que Gary Ross a eu envie de rattraper la violence qui manquait tant à son Hunger Games. Quelques courts instants de pure barbarie militaire pendant lesquels on se demande toutefois où est ce cher Matthew McConaughey. Or c’est justement dès l’arrivée de celui-ci que les choses s’enrayent. Non pas que l’acteur oscarisé deux ans plus tôt fasse mal son travail –il est même, avec son fort accent texan, un choix de casting évident, mais il serait étonnant qu’il soit récompensé cette année–, c’est plutôt la façon dont est pensé le personnage et son parcours qui va renvoyer Gary Ross vers une consensualité qui alourdissait déjà ses précédents films. On le retrouve ainsi, en aide-soignant altruiste, proférant de grands discours sur les injustices de la guerre civile, puis prendre héroïquement sous son aile un jeune homme avec qui ses liens de parenté restent flous et dont la disparition arrivera trop vite pour que l’on ait eu le temps de s’y attacher. Tout cela ne servira en rien la suite mais se déroule en moins d’un quart d’heure qui contient déjà implicitement tout ce qui va composer le reste, à savoir une hagiographie pleine de dialogues pompeux, de personnages secondaires mal définis et d’émotions noyées dans un surplus de sous-intrigues mal exploitées.

L’ère Obama aura vu une multiplication des films qui, chacun à leur manière, ont traité la question de l’émancipation des Noirs face à des esclavagistes immanquablement détestables. Avoir déniché l’histoire vraie de Newton Knight est avant tout l’occasion de briser l’image presque caricaturale donnée par Hollywood des sudistes, ceux là-même qui défendaient la sécession vis-à-vis de la politique abolitionniste de Lincoln, représentés comme des êtres odieux et profondément racistes. Renverser le manichéisme à l’échelle nationale en l’exacerbant à l’échelle locale, tel semble être le parti-pris de Gary Ross. Méconnu dans son propre pays, le parcours de Newton Knight est pourtant typiquement le genre d’histoire dont Hollywood est friand : celui d’un homme qui part du statut de simple quidam pour devenir un leader héroïque, défenseur de la veuve et l’orphelin. Ses prises de position politiques ont toutefois laissé de lui une réputation douteuse, que le film se devait de réhabiliter. Fallait-il pour autant en faire une pure figure messianique ? Car c’est ainsi qu’apparait Newt tout au long du film, physiquement d’abord, mais surtout à travers cette morale à ras des pâquerettes, qui peut se résumer à « L’esclavage et la guerre c’est mal, voler aux riches pour donner aux pauvres c’est bien », qu’il profère sans jamais se remettre en question du début à la fin.

Construit dans un récit trop étalé dans le temps pour prendre le temps de développer les relations entre ses personnages (un comble quand on sait que la motivation première de Newt est son amour pour une belle esclave), le film s’octroie de plus des flash-forwards qui nous font faire à plusieurs reprises des allers-retours entre la fresque autour de Newt et le drame de l’un de ses lointains descendants 80 ans plus tard. Une seconde histoire qui aurait pu mériter un film à part (encore qu’il s’agisse in fine de la même que celle de Loving) mais qui, en montage alterné dans celui-ci, ne sert strictement à rien d’autre qu’à rallonger un long-métrage qui souffre déjà de nombreuses longueurs.  Car c’est sans conteste la construction scénaristique, et le rythme en dents de scie qu’elle génère, qui nuisent le plus à cette fresque historique d’une facture esthétique somme toute académique. Le premier tiers introduit assez bien son héros, même si il laisse déjà présager un manque d’intérêt pour les personnages secondaires en les rendant peu identifiables. En revanche, le second tiers, consacré aux batailles entre la bande de Newt et les méchants confédérés (notons que, bizarrement, la violence aveugle et meurtrière de la scène d’ouverture en est complètement absente), et plus encore le dernier tiers qui dépeint la reconstruction politico-sociale d’après-guerre, souffrent d’une narration brouillonne et de nombreuses ellipses qui empêchent d’en saisir pleinement tous les enjeux. N’est pas Aaron Sorkin qui veut. De la période qu’il dépeint, celle qu’avait déjà traité D.W. Griffith d’une façon beaucoup moins politiquement correcte dans son Naissance d’une Nation, ce biopic ne nous apprend finalement strictement rien, il ne fait que nous en offrir un point de vue différent mais avec un manque de recul qui l’empêche de pleinement l’approfondir.

Parce que tout le monde, acteurs comme techniciens, fait bien son travail -hormis peut-être le compositeur qui livre le minimum syndical-, c’est décidément l’écriture de Gary Ross qu’il faut blâmer pour avoir empêché à Free State of Jones d’atteindre le statut d’épopée spectaculaire et de leçon d’histoire palpitante qu’il aurait voulu avoir.

Free State Of Jones : Bande-annonce (VOSTFR)

Free State Of Jones : Fiche technique

Titre original : The Free State of Jones
Réalisation / Scénario: Gary Ross
Interprétation: Matthew McConaughey (Newton Knight), Gugu Mbatha-Raw (Rachel Kan), Mahershalalhashbaz Ali (Moses Washington), Keri Russell (Serena Knight), Bill Tangradi (Lt. Barbour)…
Image : Benoît Delhomme
Montage: Juliette Welfing, Pamela Martin
Musique: Nicholas Britell
Costumes : Louise Frogley
Décor : Philip Messina
Production : Scott Stuber, Gary Ross, Jon Kilik
Budget : 20 000 000 $
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Durée : 138 minutes
Genre: Biopic
Date de sortie : 14 septembre 2016

Etats-Unis – 2016

Sherlock, « L’Effroyable Mariée », une série de Steven Moffat et Mark Gatiss

Le tournage de la quatrième saison de Sherlock a commencé depuis quelques mois et une cinquième est déjà en préparation. Dans l’actualité, l’épisode spéciale « The Abominable Bride » (« L’Effroyable mariée« ) est à ce jour le dernier diffusé, à l’occasion du passage à la nouvelle année 2016 sur la BBC et le 19 mai dernier sur France 4. Il faudra attendre encore pour découvrir les nouvelles aventures de Sherlock Cumberbatch et Martin Watson. Sir Arthur C. Doyle est le premier à avoir construit des intrigues policières menées par un duo complémentaire. Dans cet épisode, nous plongeons dans une réalité alternative victorienne. Les costumes sont de sorties. Casquette de tweed et capes, robes victoriennes filmées avec élégance et virtuosité. Ce deuxième épisode spécial, après celui de Noël 2013 « Many Happy Returns » sur l’éventuel décès de Sherlock, a été diffusé au passage de la Nouvelle Année 2016 et, librement adapté des « Cinq pépins d’orange » (« The Five Orange Pips »), a rassemblé plus d’un million de téléspectateurs français et plus de 8 de l’autre côté de la Manche, faisant de ce programme, le plus regardé du week-end !

Il fallait l’oser et ils l’ont fait. Replonger dans l’univers originale de l’Angleterre industrielle pour une intrigue double FF. Entre Fantastique et Féminisme, « L’Effroyable mariée » nous permet, une fois encore, de replonger dans les prémisses du duo d’enquêteurs jusqu’à faire la lumière sur la mort présumée de Moriarty. Rien n’est prétexte et la lente immersion, liée à l’enquête de cette folle mariée qui se serait suicidée à la vue de tous, permet bien des surprises concernant les personnages qui dans cette réalité alternative ont des doubles symboliques étonnants. La vertigineuse photographie promet toujours des élans admiratifs. La séquence du salon, oscillant entre onirisme psychologique et merveilleux tour de main, nous fait glisser d’une temporalité à l’autre sans quitter les murs rouges, fauteuils cuirs et la cheminée du bureau de Holmes.

Cette épisode, en avance sur son temps, semble être inspiré d’Inception dans la mesure où le temps présent se déroule dans un avion privé et le passé… Ne gâchons aucun plaisir. L’heure et demi ne manque pas d’être épique et les bonus compris dans le DVD achèvent de nous satisfaire. Ils comprennent une suite de courts making-of par thématique, un journal de production, des entretiens avec scénaristes et acteurs et plein d’autres surprises… Le parfait cadeau à petit prix pour les adeptes inconditionnés.

Fiche Technique : Sherlock L’Effroyable Mariée

Création et Scénarios : Mark Gatiss et Steven Moffat
Réalisation: Douglas Mackinnon
Interprétation : Benedict Cumberbatch, Martin Freeman, Una Stubbs, Rupert Graves, Mark Gatiss, Andrew Scott, Louise Brealey, Amanda Abbington, Catherine McCormack, Tim McInnerny…
Photographie : Neville Kidd, Suzie Lavelle
Montage: Andrew McClelland
Musique : David Arnold, Michael Price
Casting : Kate Rhodes James
Producteurs délégués : Rebecca Eaton, Mark Gatiss, Bethan Jones, Steven Moffat, Beryl Vertue
Genre : drame, policier
Format: image 16/9 compatible 4/3 format respecté 1.78
Langue 1 français : Dolby Digital 5.1
Langue 2 anglais: Dolby Digital 5.
Qualité Pal
Durée (mn) 86 Minutes
Couleur/noir blanc Couleur
Stéréo / Mono stéréo
Diffusion: BBC One, France 4
Bonus vidéo DVD :Sherlockologie, Mark Gatiss : Une étude de Sherlock, Mark Gatiss : Journal de production, Création de l’univers visuel, Entretien avec les scénaristes