Accueil Blog Page 642

Channel Zero, une série de Nick Antosca : Critique du pilote

Channel Zero rappelle étrangement le Ça : Il est revenu de Stephen King. Pourtant, la série s’inspire en grande partie de Candle Cove, une légende urbaine qui circule sur le net (aussi appelée « creepypasta ») sous la forme d’une nouvelle écrite par Kris Straub en 2009.

Synopsis : Ravagé par la disparition de son frère jumeau et par des événements morbides survenus dans son enfance, Mike retourne dans sa ville natale pour enquêter. Mais rapidement, de nouveaux drames surviennent…

Un peu de Ça  :

Celle-ci fait le récit des épisodes d’une émission glauque et effrayante diffusée quelques mois seulement en 1971. Dans l’histoire originale, les personnages se remémorent les marionnettes épouvantables qui présentaient le show et les épisodes gratinés qui l’alimentaient jusqu’à arriver au plus terrible : le douzième. Un retour dans le passé qui fait froid dans le dos.
Ce retour dans le passé, Mike (le personnage principal incarné par Paul Schneider) va aussi devoir le faire pour résoudre les crimes mystérieux qui ont eu lieu en 1988 dans cette adaptation. Le pilote de Channel Zero est ainsi parsemé de flashbacks qui entretiennent non seulement le suspense mais aussi le stress chez le spectateur. Certaines images sont fugaces mais assez sanglantes pour marquer notre esprit. Dès lors, nous sommes un peu comme ces enfants devant Candle Cove, otages de l’écran, otages de cette fichue émission de télé.
En effet, les enfants semblent victimes d’un (ou plusieurs ?) monstres dont on se demande s’ils sont ou non imaginaires. Car si certains font échos à la petite souris ou à la « Fée des Dents », l’horreur est pourtant bien réelle, la souffrance aussi : violence, enlèvements, meurtres, tout y est – et le squelette Skin Taker (littéralement Preneur de Peau) nous ferait presque regretter le clown de Ça !
Channel Zero est sordide et dérangeant à souhait car elle s’attaque à nos peurs ancestrales et à l’enfance. Mais là où l’œuvre de Stephen King présentait ces enfants presque comme des héros combatifs, la série en fait des victimes passives, soumises, à la merci d’un « Grand méchant », d’un père fouettard, cruel et injuste. On n’a alors que peu d’espoir pour ces pauvres bambins, d’autant que le seul adulte qui puisse leur venir en aide est aussi étrange que perturbé mentalement. Autre similitude avec Ça, l’ancienne victime du monstre a perdu son frère et va tenter de résoudre l’affaire… Humm ça nous rappelle quand même des choses.
Hanté par ses démons et manipulé par cette chose irrationnelle et mystérieuse, Mike manque tout de même de crédibilité et de sang-froid aux yeux des autres personnages, qui ne lui font pas confiance évidemment, mais aux nôtres aussi. Quels espoirs reste-t-il aux victimes potentielles dans de telles circonstances ? La suite nous le dira mais notre crainte est latente : pari tenu pour les créateurs !

Cette nouvelle série d’horreur d’anthologie, après Channel Zero : Candel Cove, donnera lieue à une saison 2  intitulée Channel Zero: The No-End House, officiellement commandée et également constituée de 6 épisodes que nous pourrons découvrir en 2017.

Pilote de Channel Zero : Fiche Technique

Créateur : Nick Antosca
Réalisateurs : Craig William Macneill, Nick Antosca
Casting : Paul Schneider, Fiona Shaw, Luisa D’Oliveira, Natalie Brown, Shaun Benson, Luca Villacis, Abigail Pniowsky, Cassandra Consiglio…
Producteurs : Nick Antosca, Craig William Macneill, Universal Cable Productions, Don Mancini, Harley Peyton, Max Landis, Dawn Parouse
Genre : Drame, Epouvante-horreur, Thriller
Nationalité : Américaine
Format : 6 épisodes de 42 minutes
Date de sortie : mardi 11 octobre 2016

Etats-Unis – 2016

Braquo, une série d’Abdel Raouf Dafri : critique saison 4

0

Canal Plus a proposé à ses abonnés en cette rentrée 2016 l’apothéose et le final tant attendu de la série Braquo tout au long du mois de septembre.

Synopsis : A peine ont-ils réglé le cas de la mafia russe que Caplan, Morlighem et Roxane se retrouvent aux prises avec «Baba» Aroudj, patron de la mafia turque. Morlighem a tué son fils unique lors d’une opération de police. Le groupe SDPJ 92 est dans le viseur de l’IGPN. Vogel, quant à lui, se retrouve dans un sale état en prison. Mais c’est encore insuffisant pour Caplan, qui compte bien le mettre définitivement hors d’état de nuire. Seulement, pour l’atteindre, il va devoir renouer avec le fantôme d’un passé personnel très douloureux. Pour Caplan, Morlighem et Roxanne, désormais tous les moyens, même les plus extrêmes, sont nécessaires pour s’en sortir. Mais les chemins pavés des meilleures intentions n’ont tous qu’une seule destination: l’enfer sur terre.

Cette série a marqué un renouveau dans le genre de la fiction policière française à son lancement en 2009. Olivier Marchal continuait d’explorer les dures réalités du métier de policier et les frontières poreuses entre la loi et l’illégalité comme dans ses polars sur grand écran. Les inspecteurs et les officiers de police du SDPJ92 de la série Braquo ont recours à des méthodes peu orthodoxes.

Très loin de Julie Lescaut, Navarro, Une femme d’honneur et beaucoup plus punchy que L’Inspecteur Derrick, Braquo a dépoussiéré les séries policières françaises comme a su le faire France 2, à son niveau et avec des approches distinctes, avec Les Beaux Mecs, Alex Hugo ou bien encore Cherif.

A titre de comparaison et côté modèle US, Braquo s’apparenterait plutôt à The Shield.

Malgré des évolutions scénaristiques survitaminées et des méthodes douteuses, la série Braquo est un magnifique témoignage sur les difficiles conditions de travail des forces de l’ordre et une ode sombre aux flics borderline. La série reprend les codes du genre et n’échappe pas aux classiques : le travail d’enquête, l’importance et la nécessité du renseignement humain, les planques, les relations capitales avec les indics, l’emprise des mafias, les règlements de compte, les interrogatoires musclés, le trafic de stupéfiants, les caisses noires secrètes au sein de la brigade. Tous ces éléments et bien d’autres font le sel de la série et pimentent allègrement chaque épisode.

Caplan et ses hommes vont encore une fois franchir la ligne jaune dans cette ultime saison dans leur quête de rédemption et devoir tenter de ne pas vendre leur âme au diable.

L’une des particularités de la série et l’un de ses atouts scénaristiques vient de la sensation de tenaille qui enserre les inspecteurs, les anti-héros de la série, qui sont pris entre deux feux : assurer le maintien de l’ordre, résoudre leurs enquêtes en déjouant les plans des malfrats de la pire espèce tout en étant menacés par la police des polices, l’IGPN, et son escouade de vrais cerbères qui n’attendent qu’une chose, que Caplan et ses hommes commettent la moindre erreur qui pourra les priver de leur plaque.

Après avoir été lancé en 2009 par Olivier Marchal, c’est le scénariste Abdel Raouf Dafri (Un Prophète, Mesrine) qui a repris les rênes de la série et qui est aux commandes de cette ultime saison en forme de chant du cygne.

Deux réalisateurs ont participé au tournage de cette ultime saison. Xavier Palud et Frédéric Jardin proposent des choix de mise en scène pertinents et de très beaux plans dans les ultimes épisodes.  L’esthétique très sombre de la série sur cette unité policière est encore une fois au rendez-vous tout au long des épisodes.

 « Nos meilleurs jours dans la police sont derrière nous »

Les premières secondes de cette quatrième saison sont haletantes. La saison trois avait laissé les spectateurs sur leur faim avec un final, un climax et une tension insoutenable. Caplan doit sauver deux femmes retenues prisonnières et séquestrées par l’infâme Vogel, un des inspecteurs de la police des polices, de l’IGPN, qui rêve de faire tomber Caplan depuis le début de la série. Vogel s’est transformé lors de la dernière saison en dangereux psychopathe, prêt à tout pour pourrir la vie Caplan et ses hommes. Le comédien Geoffroy Thiebaut est saisissant. Il livre une performance exceptionnelle en interprétant une nouvelle fois avec maestria ce difficile rôle de Roland Vogel dans le début de cette quatrième et ultime saison de Braquo. Son interprétation de Vogel a été l’une des plus belles réussites de la série.

Le début de la quatrième saison de Braquo prend une tournure particulièrement intéressante et superbement mise en scène avec la découverte de la part d’ombre du personnage d’Eddy Caplan (interprété avec maestria par Jean-Hugues Anglade pour cette ultime virée infernale du SDPJ92). Le comédien Boris Terral incarne le frère de Caplan, Nathan Ovazza Caplan, emprisonné depuis 15 ans à La Santé pour un double meurtre. Il a écopé d’une lourde peine après s’être vengé du chauffard ivre qui avait tué sa fille et sa femme enceinte à un arrêt de bus. Ce frère qui débarque dans la saison 4 un peu comme un cheveu sur la soupe est en réalité un atout considérable sur l’ensemble de la série. La performance de Boris Terral est remarquable dans ce personnage torturé en quête de rédemption qui tente de se reconstruire peu à peu. Le frère tourmenté de Caplan permet aux scénaristes de broder différentes trames scénaristiques en parallèle de l’intrigue principale ce qui permet de densifier la série et aura de multiples conséquences dans les derniers épisodes dans des séquences à couper le souffle notamment et avec des twists assez réussis.

L’environnement carcéral décrit dans ce début de saison de Braquo est à l’image de la série et de cette ultime cuvée d’épisodes : ultra violent, sombre, suffocant, infernal, sans aucune échappatoire possible. La prison de la Santé, les murs austères, les cellules exiguës, les grillages menaçants et les scènes de parloirs participent à une esthétique particulièrement bien travaillée et superbement rendue qui plaira aux amateurs de films ou de séries qui ont pour cadre la prison. Même si le genre est vu et revu, le scénario et l’écriture survitaminée d’Abdel Raouf Dafri permet de voir dans Braquo des scènes mémorables et borderline pour la série et très éloignées des standards des programmes télévisés français qui s’attachent souvent uniquement à l’aspect social, dégradant et aliénant. On retrouve dans cette ultime saison son travail colossal effectué et sa griffe à l’écriture du scénario sur Un prophète. Dans cette saison 4, la prison sert de théâtre et de cadre idéal pour la mise en place de plusieurs plans machiavéliques. L’univers carcéral devient un espace de jeu et un terrain d’expérimentation sans limite pour l’imagination du scénariste Abdel Raouf Dafri qui manipule les personnages à sa guise pour mieux dénoncer l’horreur et la dure réalité des prisons même si le trait est extrêmement forcé : la touche Braquo, la série étant accusée depuis ses débuts d’une violence excessive voire gratuite et de déployer les gros moyens pour la mise en scène et les séquences d’action.

Il est vrai que rien n’est épargné aux spectateurs de cette quatrième saison. Les personnages principaux devront surmonter leurs tendances autodestructrices. Le travail sur le terrain avec son adrénaline et les risques du métier sont leurs seuls carburants pour tenir.

Cette représentation de la violence est la plus insoutenable lorsque l’intégrité physique d’une policière est menacée lors d’une intervention solitaire ou lors de nombreuses scènes de torture dans cette saison 4. L’un de ces interrogatoires musclés orchestré par la mafia turque pour impressionner Caplan rappelle les pires moments de la trilogie Pusher ou le film culte de Brian De Palma, Scarface.

Abdel Raouf Dafri a d’ailleurs exprimé son étonnement face à ce snobisme de la critique en France et ce deux poids, deux mesures concernant la représentation et le choix de la violence dans les séries françaises, jugé indécent et impardonnable, alors que les séries américaines ultra-violentes ou qui banalisent la violence sont glorifiées, acclamées et ne subissent pas la même grille de lecture (Breaking Bad, Banshee, Narcos ou The Shield).

Les principaux protagonistes concernés par cette première phase de la saison en prison sont Vogel (le flic psychopathe placé derrière les barreaux grâce à l’intervention in extremis de Caplan dans la planque de Vogel qui a permis de sauver le lieutenant Delgado et l’ex-femme de Caplan), Kasari (un détenu qui fait régner la loi et la terreur en prison, incarné avec force et conviction par le rappeur et comédien Doudou Masta), le frère de Caplan mais également les gardiens de prison (qui ne font pas de cadeau aux détenus, ne se laissent pas impressionner et n’hésitent pas à utiliser la manière forte pour ramener l’ordre ou remettre un prisonnier à sa place).

Braquo, l’anti-Marseille, la série

La deuxième partie de la série va permettre de délocaliser l’action à Marseille. Walter et Caplan traquent un mafieux turc, Baba Aroudj (Gerald Papasian, brillant dans son rôle de criminel aux abois). Walter Morlighem cherche à faire payer le malfrat du Bosphore qui a martyrisé ses enfants. Morlighem vit en effet avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête depuis la saison dernière durant laquelle il a tué le fils de Baba Aroudj. Mais ce dernier a commis une terrible erreur, en répondant œil pour œil, dent pour dent en s’attaquant aux enfants de Walter.

La rage folle de Morlighem va le pousser jusqu’à Marseille pour traquer Aroudj avec l’aide et le soutien de Caplan.

Les deux inspecteurs parisiens vont mettre les pieds sur le sol marseillais, un territoire où ils ne peuvent pas faire la loi. Caplan va avoir fort à faire face à un flic local, le commandant Guido Frankeur (Pierre Laplace, magistral).

Le scénario se densifie peu à peu avec cette intrigue Marseillaise. Fort heureusement, Braquo ne sombre pas autant dans les clichés sur la cité phocéenne que la série politique de Netflix, Marseille, avec Gérard Depardieu, Benoît Magimel, Géraldine Pailhas et Nadia Farès. La saison 4 de Braquo se sert plutôt de la ville de Marseille pour dresser des portraits de grandes figures du crime.

Michel Subor interprète le rôle de Joseph-Marie Pietri, le doyen indétrônable de la pègre marseillaise, craint de tous et respecté. Il formera, au cours de la saison, un jeune criminel ambitieux Redouane Buzoni (joué par Assaad Bouab).

Pietri verra d’un mauvais œil la traque de Aroudj par la police et cherchera à faire monter les enchères dans le cadre d’un important trafic de drogue.

Marseille est souvent caricaturée, comme Chicago ou Baltimore aux USA, comme une ville où la violence gangrène les quartiers sensibles et où les forces de police semblent impuissantes.

Les scénaristes de Braquo se sont plus focalisés sur des personnages forts en gueule, de vrais durs qui échappent depuis des années à la prison que sur une analyse minutieuse du trafic de stupéfiants ou d’une critique sociale. Ces deux éléments sont plutôt visibles dans l’excellente série Gomorra, dont la saison 2 est diffusée en ce moment sur les antennes de Canal + également.

Deux autres personnages clés de la saison 4 de Braquo gravitent dans l’entourage de Pietri et Aroudj.

Serge Greiner et Geoges Mandeville ont tous les deux du sang sur les mains. Ils ont participé à un braquage, non élucidé, il y a plusieurs années, en 2005, une attaque de fourgon à Aubagne. Le butin important a permis aux deux hommes de bâtir un empire dans la région, chacun de leur côté. Mais Mandeville et Greiner ont non seulement trahi leurs associés du braquage comme dans les westerns spaghettis pour se garder le butin mais ils ont également massacré les convoyeurs lors de l’attaque, de sang-froid.

Depuis cette sombre affaire, Serge Greiner (rôle incarné par Philippe Résimont) est rangé des voitures. Il est devenu un notable bon teint et respecté dont le passé criminel est complètement passé sous silence. Il aime passionnément sa femme, Jackie Greiner (Philippine Leroy-Beaulieu).

Georges Mandeville (Renaud Rutten) a ouvert un restaurant luxueux dans la région de Marseille comme couverture mais continue de mener des trafics de drogue en sous-main. Mandeville est également très proche de Pietri.

Le commandant Frankeur va donc demander à Walter et Caplan de prolonger de quelques jours leur promenade touristique au cœur de la cité phocéenne. Il souhaite grâce au soutien de la SDPJ92 et de la ténacité des deux policiers parisiens coincer, une bonne fois pour toutes, les barons de la pègre marseillaise : Pietri, Mandeville et Greiner.

Le château de cartes des mafieux pourrait en effet vaciller. Frankeur et ses hommes ont accumulé de nombreuses preuves irréfutables pour faire tomber Greiner dans l’affaire non élucidée et qui semblait enterrée à jamais du braquage d’Aubagne. Greiner, Pietri et Mandeville pourraient même avoir eu les yeux plus grands que le ventre sur une magouille financière qui risque de causer leur perte.

Les fantômes du passé du braquage sanglant vont tenir les spectateurs en haleine jusqu’à l’ultime partie de la série. Même si les liens entre les personnages et les évolutions scénaristiques pourraient paraître un peu tirés par les cheveux pour les plus pointilleux, le scénario et la séquence marseillaise de la série (assez longue) est une vraie réussite. Le travail de terrain des enquêteurs marseillais, épaulés par Walter et Caplan, fonctionne à merveille et cette partie de la saison est marquée par une tension extrême et très peu de temps morts.

De très beaux portraits de femmes

L’ultime saison de Braquo offre également de très beaux rôles de femmes flics.

Isabelle Renauld qui incarne la commissaire divisionnaire Michelle Bernardi a une partition extrêmement difficile à relever tout au long de la série. Ses dernières apparitions dans la quatrième saison sont remarquables et interrogent sur la difficile mission des policiers au quotidien et la violence ordinaire. Isabelle Renauld a les scènes les plus marquantes, les plus éprouvantes et les plus difficiles à jouer dans la saison. Chargée de découvrir des preuves et de saisir la moindre faute pour faire tomber Caplan et ses hommes pour le compte d’Henri Brabant (l’excellent Thierry Rene), qui occupe la fonction de chef du cabinet central de discipline à l’inspection générale de la police nationale, Bernardi va être renvoyée sur le terrain par Brabant lui-même. Elle devra se confronter à l’horreur, aux voyous de la pire espèce et à la fange.

L’autre rôle de femme important dans cette saison 4 et le très beau portrait de femme-flic reviennent à la comédienne Karole Rocher qui interprète le lieutenant Roxane Delgado depuis le début de la série. Toujours prête à épauler Eddy et Walter dans les plus mauvais moments et face aux regrets des fantômes du passé (la mort du Lieutenant Théo Wachevski, Nicolas Duvauchelle dans les premières saisons), le personnage de Delgado permet à Karole Rocher de livrer une partition plus sensible et humaine que lors des précédentes saisons. Elle va connaître une forme de renaissance et un épanouissement personnel salvateur (auprès d’un écorché vif sur le plan des sentiments) après les débuts terrifiants et suffocants lors de l’ouverture de la saison avec un suspense insoutenable où elle est laissée pour morte, enterrée vivante par l’immonde Vogel.

La compagne de Serge Greiner (la comédienne Philippine Leroy-Beaulieu) occupe une place importante dans la fin de la série également avec le portrait d’une femme prête à tout par amour et qui a dû malheureusement avaler de nombreuses couleuvres dans sa vie.

Toutes les bonnes choses ont une fin

Gage de qualité supplémentaire et synonyme de montagnes russes émotionnelles pour les téléspectateurs, le final de cette ultime saison de Braquo tient les téléspectateurs en haleine avec un suspense insoutenable et s’apparenterait presque, toutes proportions gardées, au final de Breaking Bad.

L’ultime saison de Braquo tient toutes ses promesses pour les amateurs des trois précédentes saisons. Les personnes frileuses voire hostiles aux séries policières françaises ne pourront pas rester insensibles à la marque de fabrique de Braquo depuis quatre saisons : un scénario survolté, de bonnes séquences d’action, des dialogues soignés, une pléiade d’acteurs jouant avec justesse et ne cherchant pas à cabotiner, des personnages suicidaires en quête de rédemption, les lignes blanches franchies par Caplan et ses hommes, le côté flics ripoux, les frontières poreuses entre les policiers et le banditisme pour résoudre certaines affaires ou bien encore le portrait de la dure réalité du métier de policier).

D’autres spectateurs risquent d’être échaudés et déçus pour plusieurs raisons : la violence de cette ultime saison (présente presque dans chaque épisodes qui comportent tous une séquence hardcore assez insoutenable pour les âmes sensibles) ou bien déçus par le scénario survolté et parfois too much de Abdel Raouf Dafri. Il n’a pas cherché à calquer la réalité du métier de policier mais à placer les personnages dans des situations intenables, ingérables et étouffantes qui semblent parfois exagérées et placent notre bande de flics de choc dans la gueule du loup pour faire durer le suspense et monter la pression.

Certains trouveront la conclusion finale un peu facile, les personnages de mafieux un peu caricaturaux et le récit un peu vain mais les épisodes s’enchaînent malgré tout à un rythme effréné et sans temps-morts.

La saison 4 de Braquo semble parfois tourner au jeu de massacre ce qui risque de déplaire à certains téléspectateurs. La violence de certaines scènes pourra rebuter un certain nombre de personnes. Cette ultime saison, assez sombre, oscille entre la vie intime des personnages et leurs tendances suicidaires. La série est divertissante et plaira aux amateurs des précédentes saisons et des ambiances de polar décalées et sombres.

Caplan : « des couilles et du cran jusqu’au suicide. »

Les ultimes épisodes de la saison 4 de Braquo tiennent la route, l’agencement complexe des personnages et des situations confuses entre Paris, Marseille, la mafia Turque, le milieu marseillais, l’IGPN, des caïds de prison, un frère en pleine rédemption, des flics poussés à bout dans une spirale suicidaire et autodestructrice permettent d’agencer pièce par pièce un puzzle  qui dessine les contours d’une fin apocalyptique (rock n’ roll comme la souhaitait le scénariste Abdel Raouf Dafri) et permet d’immortaliser Caplan, Walter et Delgado dans l’imaginaire des téléspectateurs français amateurs de séries policières.

Les deux derniers épisodes ne laissent pas les spectateurs indifférents. Jean-Hugues Anglade est une nouvelle fois exceptionnel dans le rôle de Caplan notamment dans une des tirades émouvantes de l’ultime épisode où il se dit prêt à se sacrifier et à accepter de prendre toutes les responsabilités professionnelles  et de subir les foudres de l’IGPN pour défendre Delgado et Morlighem.

Jean-Hugues Anglade avait expliqué dans des interviews qu’il avait demandé à Abdel Raouf Dafri de ré-écrire et de changer la fin. La version finale et les ultimes minutes de la saison 4 de Braquo sont donc le fruit du travail collaboratif du scénariste Abdel Raouf Dafri et de Jean-Hugues Anglade qui a porté le cuir de Caplan pendant ces quatre saisons éprouvantes où la SDPJ 92 s’est brûlée les ailes.

This is the end or I’ll be back ?

Comme toutes les grandes séries ou celles que l’on apprécie, il est difficile de voir ses personnages favoris quitter définitivement le petit écran. Sans trahir le final de la saison 4 de Braquo et même si l’équipe de la série et les créateurs ont souhaité mettre un terme à la série avec ces huit nouveaux épisodes pour ne pas faire la saison de trop, il est possible de se demander si Canal Plus ne décidera pas dans les années à venir d’exploiter à nouveau la licence Braquo. Cette série a fait les belles heures de la chaîne cryptée ces dernières années en dynamitant les codes du genre policier grâce à l’écriture survoltée du scénariste Abdel Raouf Dafri et la patte si particulière d’Olivier Marchal lors de la première saison.

Braquo est une formidable série sur la transgression, le difficile boulot des flics de terrain, forcés de franchir la ligne jaune, face à des adversaires qui n’ont pas de règles. Cette ultime saison est survoltée, sous l’influence constante de l’écriture punchy du scénariste de Mesrine et du Prophète d’Audiard, qui sort l’artillerie lourde dans des scènes d’action intenses ou lors de passages âpres et violents.

Les créateurs de la série, Olivier Marchal et son successeur à l’écriture, n’ont jamais voulu faire une photographie du métier de policier avec Braquo.

Braquo fait partie du cercle très fermé des productions originales de Canal + de qualité comme Baron Noir, Les Revenants, Engrenages mais également Le Bureau des Légendes.

La saison 4 de Braquo est disponible en DVD et Blu-Ray depuis le 04 octobre. La série est également accesible en intégralité à la demande et gratuitement pour tous les abonnés Canal + grâce à l’application et l’interface MyCanal jusqu’au 26 décembre.

Pour finir, voici l’une des citations qui dépeint bien l’état d’esprit de la série dans cette ultime saison lors d’une discussion d’homme à homme entre Caplan et Walter où ils semblent de plus en plus désabusés sur leur métier, nostalgiques et à bout de forces :

« -On est des flics.

-Arrête, y’a bien longtemps qu’on est devenu autre chose… »

Braquo : Bande-annonce de la Saison 4

https://youtu.be/3j4aG19a140

Braquo – rappel des faits des saisons 1 à 3 (Attention risque de spoils) :

https://youtu.be/KqRTFxg3n-4

Braquo – Saison 4 : Fiche Technique :

Création : Olivier Marchal
Réalisation : Xavier Palud, Frédéric Jardin
Scénario : Abdel Raouf Dafri
Interprétation : Jean-Hugues Anglade (Eddy Caplan), Joseph Malerba (Walter Morlighem), Karole Rocher (Roxane Delgado), Geofroy Thiebaut (Roland Vogel), Isabelle Renauld (Michelle Bernardi), Boris Terral (Nathan Ovazza Caplan)…
Casting : Sylvie Brochere
Producteurs : Claude Chelli
Producteurs exécutifs : Yorick Kalbache
Producteur associé : Abdel Raouf Dafri
Société de production : CAPA DRAMA
Montage : Jacqueline Mariani
Décors : Pascal Peignet
Costumes : Emmanuelle Pertus
Musique originale : Erwann Kermorvant
Chaîne d’origine : Canal +
Genre : Policier
Format : 8 épisodes de 45 mn
France – 2016

Fear the Walking Dead, une série de Robert Kirkman: Critique Saison 2

Après une première saison qui faisait du surplace, Fear the Walking Dead nous offre une saison 2 plus haletante et cruelle pour ses héros.

Synopsis : Madison est conseillère d’orientation dans un lycée de Los Angeles. Depuis la mort de son mari, elle élève seule ses deux enfants : Alicia, excellente élève qui découvre les premiers émois amoureux, et son grand frère Nick qui a quitté la fac et cumule les problèmes. Ils n’acceptent pas vraiment le nouveau compagnon de leur mère, Travis, professeur dans le même lycée et père divorcé d’un jeune adolescent. Autour de cette famille recomposée qui a du mal à recoller les morceaux, d’étranges comportements font leur apparition…

La boucle est bouclée pour la deuxième saison de Fear the Walking Dead qui s’est achevée il y a quelques semaines. Pourtant loin d’être parfaite, cette dernière saison tire toutefois son épingle du jeu, en comparaison à la saison 1 qui avait pour excuse en seulement 6 épisodes de ne pouvoir librement développer les personnages principaux et explorer les tenants et aboutissements de l’horrifiant monde apocalyptique auquel nos héros se retrouvent confrontés. A contrario, la saison 2 dotée, elle, de 16 épisodes coupés en 2 parties (une première diffusée en été et l’autre cet automne), eut la lourde responsabilité de corriger les erreurs réalisées pendant la saison 1 et d’approfondir ses personnages.

Démarrant sur les chapeaux de roues avec une aventure maritime à bord du yacht « Abigail », la saison 2 de Fear the Walking Dead fut l’occasion d’en apprendre plus sur ses personnages comme le charismatique Victor Strand (interprété par Colman Domingo). Devenu rapidement un des protagonistes les plus appréciés du public après la saison 1, l’escroc Strand se révéla être un dur à cuir au cœur tendre, porté par l’amour de son compagnon.

Fidèle allié du séducteur Strand lors des premiers épisodes, l’ancien junkie Nick Clark (joué par Frank Dillane) termina d’asseoir cette saison son hégémonie sur les autres personnages de la série. Présenté comme le véritable héros de ce préquel, c’est le passé trouble de Nick qui le prépara spécifiquement à prendre à bras-le-corps l’horreur de ce monde apocalyptique où il passa de jeune homme instable, irresponsable et non fiable, au héros indispensable à la survie du groupe dans lequel il gravite  – comme en témoigne son implication maîtresse dans l’organisation de la communauté de la Colonia. Fils prodigue de la famille Clark, le périple traversé par Nick dans ce cataclysme servit en outre de catalyseur à l’histoire de sa mère, Madison Clark (Kim Dickens).

Conseillère d’éducation dans un lycée avant l’épidémie, la dévotion portée par Madison pour son prochain et sa volonté de régler tous les problèmes s’étendirent au-delà de l’apocalypse lui permirent plus facilement d’endosser le rôle de leader de son groupe de survivants. D’autant plus que plusieurs allusions faites par cette dernière laissent entendre qu’elle eut un passé tumultueux qui solidifia son caractère. Cependant, Madison commença à craquer et perdre le contrôle après le départ de Nick du groupe. Ainsi, obsédée à l’idée de le retrouver et guidée par ses émotions, l’irascible maman constitua cette saison le personnage le plus irrationnel de la série, enchaînant avec maladresse et absurdité, des actions risquées pour elle et pour les autres (cavaler dans le quartier général d’un gang mexicain à la recherche de son fils, allumer toutes les lumières d’un hôtel dans l’espoir que celui-ci les voit, etc.) qui ne manquèrent pas de faire grincer les dents des téléspectateurs.

Toutefois, le personnage le plus développé de cette seconde saison fut sans aucun doute Chris Manawa (Lorenzo James Henrie). Introduit dans la saison 1 comme un jeune rebelle et très proche de sa mère, Liza, Chris vécu mal le fait que son père ait refait sa vie avec une nouvelle famille. Traumatisé dans un premier temps par l’arrivée post-apocalyptique des zombies, l’adolescent se révéla dès le début de la saison 2 être comme un poisson dans l’eau. A l’opposé de Nick qui semble avoir été fait pour ce monde, Chris rejoint ses aînés Madison, Daniel Salazar (Rubén Blades) ou bien encore Strand, dans la cour de ceux qui s’adaptèrent le plus rapidement à ce nouvel ordre mondial. Chris surpassa ainsi son père par sa compréhension de ce qu’il était désormais nécessaire de faire pour survivre, comme il le lui dira d’ailleurs lui-même : c’est « tuer ou être tué ». Toutefois, le fils de Travis Manawa (Cliff Curtis) passa à l’extrême lorsqu’il tua son premier humain. Devenu virulent et amoral, le développement opéré par les scénaristes sur Nick n’est pas sans rappeler celui apporté sur le personnage de Shane dans The Walking Dead. Influençable et condamné à avoir un destin tragique par son jeune âge, son insouciance et son manque d’encadrement (faute d’un père trop gentil et dont les valeurs morales demeurent difficilement justifiables dans cet univers), il est aisé de dire que le décès de Chris était logique.

A l’instar de la mort de Lori dans The Walking Dead pour Rick, celle de Chris fut une étape importante pour l’évolution de Travis. En effet, particulièrement touchés par leur mort, cette épreuve morale permit à leurs proches Rick et Travis de changer et d’accepter que tuer faisait dorénavant partie de leur quotidien. Il est intéressant d’observer que pour chaque mort dans The Walking Dead et aujourd’hui sa franchise Fear the Walking Dead, la question de qui cela affectera le plus et comment cela permettra de faire avancer l’histoire, se pose toujours. Pour Travis, son catalyseur fut la mort de Chris qui était la personne qui le maintenait sain d’esprit, en vie. Sans ce point de repère, une période charnière s’ouvre dans l’histoire de Travis, habituellement calme et rationnel et qui perd le contrôle à la fin de la saison.

Mises sur le banc de touche avec la prééminence des protagonistes que sont Nick, Madison, Daniel, Strand, Travis et même Chris cette saison, Alicia Clark (Alycia Debnam-Carey) et Ofelia Salazar (Mercedes Mason) ont tout de même bénéficié de l’approfondissement de leurs personnages. Fille de Madison, Alicia est tout l’opposé de son frère Nick. C’est l’enfant sur qui on peut compter. Intelligente et consciencieuse, la saison 1 la décrivait comme une jeune femme dynamique et plein de bon sens dans son approche sur la société bien qu’elle vivait dans l’ombre de son frère addict et de ses turpitudes et dut s’élever toute seule car sa mère était trop préoccupée par son frère qui nécessitait le plus d’affection et d’attention. Plutôt effacé dans ce premier chapitre de sa vie, la cadette de la famille Clark apparaît au cœur de l’intrigue dans la première partie de la saison et prend définitivement son envol dans la deuxième partie lorsque Nick se sépare du groupe. Beaucoup plus active, affirmée et brave après son départ, Alicia gravit  par ailleurs un échelon important dans ce monde apocalyptique lorsqu’elle tua un humain. La saison 3 sera ainsi l’occasion de voir l’évolution de son personnage suite à ce bouleversement.

Un changement notable aussi fut opéré dans le portrait esquissé d’Ofelia cette saison. Alors qu’on découvrait la belle dans la saison 1 comme une jeune femme douce, simple d’esprit et très proche de ses parents dont elle s’occupait, Ofelia se remit en question à la suite de la découverte de la véritable identité de ses parents. Cette révélation combinée à la disparition succincte de ses parents entraîna Ofelia dans un périple initiatique dans la deuxième partie de la saison 2.

On peut ainsi dire que le drame familial promis par les producteurs de la série lors de son lancement fut honorablement respecté. Cependant, le concept initial de la série qui était de raconter les prémices de l’anéantissement de l’espèce humaine par l’apparition de zombies fut bâclé.  De fait, alors que les premiers épisodes de la saison 1 étaient dédiés à la retranscription de la confusion et du chaos qu’entraînait la découverte des zombies, la suite de la série ne continua pas sur cette ligne directrice. L’essence même de ce drame familial annoncé, les personnages, ont quant à eux été particulièrement stéréotypés et pauvrement écrits. Ainsi, bien qu’agacé par le sens moral à toute épreuve post-apocalyptique du nonchalant Travis, ou par l’incroyable et intolérable insolence de l’irrespectueux Nick, c’est néanmoins le manque de pragmatisme et la stupidité latente des personnages dans son ensemble qui finirent de gentiment exaspérer les téléspectateurs. Certaines perles tout droit sorties de cette saison 2 sont à évoquer comme la beuverie improvisée de Strand et Madison alors qu’ils n’avaient pas fini de vérifier si la voie était libre, Ofelia qui abandonne ses camarades à l’hôtel sans prévenir et prend la route avec la seule voiture que le groupe avait, Madison qui allume toutes les lumières de l’hôtel désormais visible à des kilomètres à la ronde pour le bonheur de tous (zombies, antagonistes, protagonistes), Travis qui se lance dans une véritable croisade avec son fils Chris dans l’espoir fou de le sauver de ses travers de jeune sociopathe en herbe, etc.

Un des grands points cette saison que les fans de la série The Walking Dead ont pu reconnaître, a été la scission de la bande en petits groupes après la fin de la première partie de la saison. Nick tout seul, Travis/Chris, et Madison/Strand/Alicia/Ofelia dans un premier temps, puis Ofelia toute seule. Avec à chaque épisode, 3 à 4 sous-histoires, ce procédé permit de développer l’histoire de chaque personnage et servit de catalyseur afin de faire avancer l’intrigue et de rendre actifs les personnages. D’où le changement constant de lieux dans les deux séries par nos héros qui gagnent par la même occasion la mauvaise réputation de tout détruire sur leur passage. Cette saison, l’intrigue s’est respectivement tenue sur un bateau (« l’Abigail »), une île, une plantation à Baja, au sein du Rosarito Beach Hotel et dans la Colonia à Tijuana. Un clin d’œil à Shane et Herschel de The Walking Dead qui avaient dit à Rick dans la saison 2 de la série mère qu’ils détruisaient tout partout où ils passaient.

Au final, malgré de graves lacunes scénaristiques, Fear the Walking Dead s’est significativement améliorée au fur et à mesure de sa seconde saison. Alors que la première partie de la saison manqua de convaincre les téléspectateurs, c’est véritablement avec sa seconde parti, à Mexico, que la série décolla. A l’image de The Walking Dead, la problématique du danger de l’homme et ses mœurs (les pirates, Marco et son gang, les jeunes adolescents rebelles, Célia et sa foi) fut soulevé. D’ailleurs, le choix de terminer cette saison par la fin tragique de Chris ne fut pas anodine, car, comme le prouva les innombrables mésaventures vécues par Rick et sa bande, le danger vient d’abord des hommes. Aussi, l’embuscade à la frontière américano-mexicaine qui clôt la saison témoigne de cet état de fait. Loin d’être original et sans véritable suspens pour la saison 3, ce cliffhanger dépeint parfaitement le sentiment partagé du public. Entre satisfaction et déception, plusieurs bémols (la disparition soudaine et mystérieuse de l’intraitable Daniel Salazar en particulier) et points forts (l’endurcissement du personnage de Travis) sont à dénombrer. Toutefois, le travail opéré cette saison 2 laisse supposer une troisième saison bien plus ficelée.

Fear the Walking Dead : Bandes Annonces

Fear the Walking Dead : Fiche Technique

Créateur : Robert Kirkman et Dave Erickson
Casting : Kim Dickens (Madison Clark), Cliff Curtis (Travis Manawa), Frank Dillane (Nicolas « Nick » Clark), Alycia Debnam-Carey (Alicia Clark), Mercedes Masohn (Ofelia Salazar), Colman Domingo (Strand), Rubén Blades (Daniel Salazar), Lorenzo James Henrie (Chris Manawa), Paul Calderon (Alejandro), Danay Garcia (Luciana), Lorenzo James Henrie (Chris)…
Musique : Paul Haslinger
Production : Bill Johnson, David Alpert, Dave Erickson, Gale Ann Hurd, Robert Kirkman, Greg Nicotero
Genre: Horreur, Drame
Format: 15 épisodes de 42 minutes
Diffuseur : AMC
1ère diffusion de la saison 1 : 23 août 2015

États-Unis – 2015/2016

Fear the Walking Dead : Passage, une nouvelle websérie pour introduire la saison 3

0

Après Flight 462, l’univers apocalyptique adapté du comic-book, s’étend avec une nouvelle websérie intitulée Fear The Walking Dead : Passage

Le Pitch: Cette nouvelle web-série nous plonge dans un camp militaire dévasté où rôdent les morts-vivants, deux femmes Sierra (Kelsey Scott), une redoutable survivante accepte de venir en aide à Gabi (Mishel Prada), une femme blessée. En échange, Gabi va lui promettre de l’emmener dans un sanctuaire, à l’abri de l’apocalypse zombie.

Alors que le roulement de tambour est entamé pour le lancement de la septième saison de The Walking Dead, la chaîne AMC vient de dévoiler le premier épisode de Fear the Walking Dead : PassageDestinée à créer un pont avec la saison 3 de la petite sœur de The Walking Dead qui vient de s’achever, Passage a été créée sous la forme d’une web-série de 16 épisodes d’une minute environ.

Expert dans le genre, ce n’est pas la première mini-série sous forme de webisodes qu’AMC a pu sortir de son chapeau pour son bébé apocalyptique, Fear the Walking Dead. En effet, avant le lancement de sa seconde saison, la chaîne américaine avait dévoilé la web-série Flight 462 qui avait pour particularité de se dérouler à un instant T dans la storyline de la saison 1 de Fear. Une transition entre les saisons 1 et 2 permettant d’introduire le personnage d’Alex (Michelle Ang).

Flight 462 racontait l’histoire des passagers d’un vol aérien qui se sont retrouvés confrontés à des membres d’équipage infectés, lors des premières heures après le déclenchement de l’épidémie de zombies. Issus de cette web-série, les personnages d’Alex et Jake que l’on retrouvait par la suite dans la première partie de la seconde saison de Fear the Walking Dead, diffusée cet été, laissent supposer qu’au moins un nouveau protagoniste dans Passage devrait rejoindre les rangs de sa série mère pour la saison 3.

Fear The Walking Dead : Passage est produit par Dave Erickson, réalisé par Andrew Bernstein (The West Wing) et scénarisé par Lauren Signorino et Michael Zunic.

Les 15 derniers épisodes de cette web-série seront à découvrir après la diffusion de l’épisode hebdomadaire de la nouvelle saison de The Walking Dead, qui démarre le 23 octobre 2016 sur AMC.

Le top 5 des comédies musicales selon la rédaction

En 1927, le premier film parlant était une comédie musicale. Rapidement, le cinéma a prouvé que donner la parole à ses personnages n’avait pas pour unique utilité de les faire chanter. Et pourtant, la tradition a perduré, au point de devenir pour certains une norme en termes de dramaturgie. De Hollywood à Bollywood en passant par le cinéma européen, chacun a sa propre approche de ces créations artistiques probablement plus révélatrices qu’aucune autre de l’identité culturelle de ceux qui les imaginent.

Il apparait d’ailleurs comme évident que, s’il est une forme des formes de spectacle théâtral qui mérite plus que les autres d’être portée sur grand écran, ce sont immanquablement ces pièces faites de chansons et de chorégraphies. Que les films soient bâtis autour de leurs scènes musicales ou que celles-ci n’en soient que des passages anecdotiques, les comédies musicales ont traversé l’histoire du cinéma en se renouvelant avec lui.

Alors que La La Land (dont la sortie à été reportée au 25 janvier) s’apprête à rendre hommage à ces œuvres enthousiasmantes, la rédaction de CineSerieMag s’est demandée lesquels de ses films les ont le plus marqués. L’éclectisme des résultats est la preuve que le genre est loin d’être aussi réducteur que ses détracteurs semblent le croire.

1/ Chantons sous la pluie (Stanley Donen et Gene Kelly, 1952) : Pauvre Gene Kelly ! À cause de la constante humidité du plateau et de son costume en laine perpétuellement trempé, c’est avec 39°C qu’il a dû tourner ce qui sera une des scènes les plus iconiques de l’Histoire du cinéma. Qu’un film donne ses lettres de noblesse au chant sous la pluie était déjà un fait exceptionnel en soi. Sauf que Chantons sous la pluie réussit rien de moins à être à la fois la plus grande comédie musicale de tous les temps mais aussi un des plus grands hommages au septième art. Après le déjà génial Un jour à New-York le tandem Stanley Donen et Gene Kelly collaborent à nouveau et proposent une inoubliable mise en abyme du cinéma. Centré sur la révolution du passage du muet au parlant, Chantons sous la pluie met sur un piédestal le film de studios dans lesquels Donen s’ingénie à chorégraphier ses acteurs.           Jimmy

2/The Rocky Horror Picture Show (Jim Sharman, 1975) : Culte et totalement déjantée, cette comédie Glam Rock a marqué plusieurs générations et fait encore bouger les foules. D’abord, pour l’originalité du sujet, parodie effrontée de Frankenstein et Dracula au scénario inventif, décalé et chaotique. Ensuite, pour ses chorégraphies tendancieuses, sa musique punk rock et son rythme déchaîné. Enfin et surtout, pour son côté contestataire, rock’n roll et libertin, symbolisé par un vampire transsexuel, icône androgyne et bisexuel qui se joue des personnages, hommes ou femmes, et même du public, car TRHPS est d’abord un musical scénique et participatif. Porté par Tim Curry, Franck N. Furter, véritable tyran et pourtant mentor, revendique les plaisirs de la chair et la liberté des genres tout en critiquant la société figée des années 70 et les valeurs familiales. Derrière le spectacle et la parodie, se cachent un vrai mouvement populaire et des questions politiques qui raisonnent encore dans les associations LGBT.             Christel

3/Les Demoiselles de Rochefort (Jacques Demy, 1967) : « Je voudrais vous parler de ses yeux, de ses mains… » C’est sur ces mots que Maxence entame sa complainte, en chanson. Il n’a d’yeux que pour Delphine Garnier, belle jeune fille de Rochefort. Sa sœur Solange est, elle, éprise du bel américain Andy Miller. Quant à leur mère Yvonne, elle regrette son ancien amant Simon Dame. Les Demoiselles de Rochefort est un chassé-croisé d’histoires amoureuses certes, mais surtout un chassé-croisé de danses et de chansons, toujours magnifiquement composées par Michel Legrand. Après son grand succès mélodramatique Les Parapluies de Cherbourg, Jacques Demy change prend un ton plus léger et, comme à son habitude, chante son époque. Il raconte le social dans un univers de comédies musicales, jusqu’à, suprême hommage, l’apparition de Gene Kelly, dieu (encore) vivant du music-hall, qui termine de nous emmener dans cet univers magique, l’espace d’un film, d’une chanson.       Alexandre

4/Mary Poppins (Robert Stevenson, 1964) : Qui n’a pas rêvé de vivre les belles aventures de Jane et Michael Banks ? Les yeux pleins d’admiration lorsqu’elle leur chante « Un Morceau de Sucre », les enfants terribles de Monsieur et Madame Banks vont s’assagir au fil de leurs aventures aux côtés de leur nouvelle et merveilleuse nounou, Mary Poppins. Plonger dans le monde d’un tableau ou ranger le bazar d’une chambre d’un claquement de doigts, voilà des choses que tout enfant a rêvé de faire après avoir vu cette comédie musicale culte réalisée en 1964 par Robert Stevenson, adaptée du roman éponyme de Pamela L. Travers (l’histoire derrière l’adaptation de Mary Poppins a d’ailleurs fait l’objet d’un film en 2013: Dans l’ombre de Mary). Son rôle de nounou magicienne a fait de Julie Andrews une vedette du grand écran et lui a valu l’Oscar de la meilleure actrice en 1965. Ses chansons, dont l’imprononçable Supercalifragilisticexpialidocious, sont devenues d’immenses succès.         Manon

5/ Grease (Randal Kleiser, 1978) : C’est le coup de foudre pour Danny Zuko et Sandy Olsson. Mais les vacances d’été terminées, le couple doit se séparer. De retour au lycée, Danny retrouve sa bande, les T-birds, blousons de cuir et cheveux gominés. Coup du destin, Sandy se retrouve dans la même école et rejoint les Pink Ladies, l’homologue féminin des T-Birds. Adapté du musical de Broadway, dès sa sortie, Grease est un énorme succès. Porte-parole de toute une génération, le film réussi le pari de traverser les âges. Des titres cultes que les plus jeunes fredonnent encore, une ambiance rétro assumée, Grease est un indémodable qui a inspiré de nombreux films du genre. Dans un Roméo et Juliette plus rock et moins tragique, John Travolta et sa partenaire Olivia Newton-John s’aiment et se déchirent en chansons pour le plus grand plaisir des spectateurs, plongés dans la jeunesse acidulée des années 50. Culte !      Yael

Ils auraient pu y être : Les Chaussons rouges (Michael Powell et Emeric Pressburger, 1948), Moulin Rouge ! (Baz Luhrmann, 2001), Phantom of the Paradise (Brian De Palma, 1974), Les Parapluies de Cherbourg (Jacques Demy, 1964), Dancer in the Dark (Lars von Trier, 2000), Hair (Milos Forman, 1979), West Side Story (Robert Wise, 1961)…

 

Grantchester, une série de James Runcie & Daisy Coulam : Critique de la saison 1

Adapté de la saga littéraire britannique de James Runcie intitulée « The Grantchester Mysteries », le programme, diffusé sur ITV depuis 2014, reprend les codes de la série criminelle en mettant en scène des enquêtes policières qui varient d’un épisode à l’autre, à la manière de Sherlock Holmes ou des Petits Meurtres d’Agatha Christie.

Synopsis : Dans le petit village anglais de Grantchester, au début des années 50, le jeune pasteur anglican Sidney Chambers commence à jouer les détectives avec l’aide de l’inspecteur Geordie Keating afin d’élucider les affaires criminelles qui ébranlent la communauté. Peu à peu, l’homme d’église va prendre goût à ses nouvelles activités, devenues pour lui un moyen de tromper l’ennui et de vaincre les démons du passé. 

A la fois feuilletonnant et bouclé, le show a le mérite de se suivre facilement et de nous plonger dans un contexte historique intéressant, puisque l’intrigue se déroule en 1953, occasion pour l’auteur d’exploiter des thématiques pertinentes comme les conséquences de la Seconde Guerre Mondiale sur les anciens combattants, par exemple. Socialement aussi, la série étudie l’évolution des moeurs et des mentalités, parfois avec espièglerie et humour. L’ensemble, servi par un tandem drôle et attachant, n’est pas hautement palpitant mais nous accroche tout de même sur la longueur grâce à son atmosphère naïve et désuète qui apporte un vent de fraîcheur dans le paysage télévisuel actuel, plutôt sombre en matière de crime dramas.

Une série qui fleure bon la nostalgie

Même si l’époque à laquelle se déroule l’intrigue n’est pas la plus gaie, il en émane tout de même une impression de sérénité et de calme qui apaise. Grantchester, petit bourg de campagne, baigne dans la tranquillité avec son église, sa paroisse, ses fidèles, ses champs à perte de vue, son minuscule centre-ville composé de quelques commerces authentiques, son incontournable pub, sa gare avec ses locomotives à vapeur… L’ambiance est agréable, on est plongé dans un univers dominé par la bienveillance, l’entraide. Les habitants se déplacent à vélo, prennent le temps de vivre, de communiquer, de se livrer à des traditions qui renforcent le tissu social. Pas d’agressivité, pas de bruit assourdissant, mais des pique-niques sur l’herbe, des réceptions bourgeoises et des promenades bucoliques ponctuent le quotidien des héros. Cette désuétude gentillette fait plaisir, sans niaiserie aucune : à l’instar de Downtown Abbey ou Poldark, Grantchester s’inscrit dans la lignée de ces séries historiques qui, sans ignorer la complexité de l’âme humaine, restaurent un climat plus joyeux et simple, qui renouent avec des valeurs désormais perdues. On se surprend à regretter des temps que l’on n’a même pas connus, simplement pour fuir le chaos d’une modernité qui fatigue parfois par son effervescence et sa violence. En bref, c’est reposant. Même les histoires d’amour sont légères et mignonnes. Le pasteur est épris de son amie d’enfance à qui il ne s’est jamais déclaré, tandis que cette dernière s’est résignée à épouser un bon parti. Sidney, blessé et meurtri, encaisse la nouvelle avec pudeur mais il règne entre les deux personnages une attirance respectueuse et presque enfantine qui nous touche. Même remarque pour l’idylle naissante entre Sidney et une veuve allemande, emplie de tendresse et d’estime. La noblesse des sentiments de chacun nous rappelle que la séduction était un art et que les émois valaient la peine d’être vécus, contrairement aux relations hommes/femmes d’aujourd’hui, qui ne sont pas forcément aussi galantes. Si on veut apprécier Grantchester, il faut mettre son cynisme au placard et se laisser porter.

Un detective drama sans surprise

En dépit de ses qualités, il est vrai que Grantchester peine à renouveler le genre avec des intrigues policières souvent convenues et plates. Le suspense n’est pas au coeur de la série, qui préfère miser sur la psychologie des personnages et l’évolution du tandem Sidney/Geordie, qui s’opposent dans leur perception du monde. L’un est spirituel, l’autre cartésien, ce qui engendre un décalage parfois drôle dans leur manière d’appréhender leurs enquêtes. C’est davantage sur ce choc culturel que s’appuient les scénaristes. L’intérêt naît grâce à la complémentarité des deux hommes, aussi différents que complices, et dont la relation s’étoffe au fil des six épisodes. Finalement, une dynamique s’installe, et au delà du symbole que leur duo représente (rencontre entre deux institutions, le clergé et la justice), on apprécie de voir le pasteur et l’enquêteur nouer une vraie histoire d’amitié, profonde et, là encore, sincèrement tendre et honnête. Tous deux sont brisés après une guerre qu’ils n’ont pas voulue, et chacun à leur façon, ils ont perdu foi en l’humanité et tentent de se reconstruire difficilement, noyant parfois leur désarroi dans l’alcool. Là encore, on peut relever un paradoxe supplémentaire, dans le sens où c’est en résolvant des crimes et donc en mettant en lumière l’horreur dont sont capables certains individus que Sidney et Geordie vont se réconcilier avec eux-mêmes et avec le monde. Voir la mort en face pour mieux l’accepter et la surmonter : voilà l’un des thèmes majeurs de la série, qui s’interroge beaucoup sur l’au-delà, l’existence de Dieu, la cause de la cruauté des Hommes, le meurtre et ce qui le motive. D’ailleurs, l’un des romans de la saga s’intitule « Sidney et l’ombre de la mort » tandis que l’épisode 3 de la saison 1 est titré : « La mort en face ». L’épisode 6, quant à lui, s’appelle « Les ombres de la guerre », ce qui insiste sur les traumatismes du héros, hanté par son passé de soldat et torturé par ses souvenirs du front, qu’il peine à oublier.

Des hommes et des mœurs

Comme on le sait, la fin de la Seconde Guerre Mondiale a amorcé un tournant décisif dans les mentalités occidentales, notamment en marquant le point de départ de l’émancipation des femmes dans de nombreux pays. Suffragettes, droit de vote, naissance de mouvements féministes un peu partout. Les années 50 sont une période charnière qui fait s’opérer un glissement entre conservatisme et modernité. C’est justement cette transition idéologique que Grantchester passe en revue, avec la présence, par exemple, d’un homosexuel dans la paroisse de Sidney. Dans une société encore réfractaire à la nouveauté, les orientations sexuelles de Leonard Finch font débat : si Sidney accepte sans juger, certains habitants ne le voient pas d’un bon œil et s’acharnent sur le pauvre prêtre, ostracisé. Le racisme et la « dépravation » sont aussi des problématiques qui occupent une place non négligeable dans la série. L’une des héroïnes bataille pour faire valoir son amour envers un noir, accusé de vol par la communauté, tandis que Sidney, qui nourrit une passion pour le jazz, est souvent rappelé à l’ordre par sa vieille logeuse, stricte et très à cheval sur la morale, qui estime que de tels goûts musicaux sont néfastes, voire diaboliques. Enfin, les femmes, qui prennent leurs libertés et tentent de s’affranchir du joug marital et patriarcal, sont au centre de l’histoire et s’érigent comme l’étendard d’un combat qui ne fait que commencer.

Servie par une ambiance agréablement désuète, un interprète principal convaincant (James Norton), un tandem attachant et amusant ainsi que des thèmes de fond pertinents, Grantchester est une série plus moderne qu’il n’y paraît, n’hésitant pas à questionner les mentalités tout en s’interrogeant sur les ravages de la Seconde Guerre Mondiale, le PTSD, la spiritualité et les tourments de l’âme humaine. A défaut de nous prendre aux tripes avec des enquêtes à suspense, le show, qui opte pour un rythme posé et lent, est un detective drama sympathique et léger, qui distrait et instruit tout en piquant notre curiosité au vif sur la longueur. Les épisodes, qui peuvent être regardés à la suite mais aussi individuellement, font passer le temps avec un charme britannique particulièrement agréable qui ne se boude pas.

Grantchester : Bande Annonce

Grantchester : Fiche technique

Créateur : James Runcie
Réalisation : Tim Fywell, Harry Bradbeer, Jill Robertson
Scénario : James Runcie, Daisy Coulam
Interprétation : James Norton (Sidney Chambers) ; Robson Green (Geordie Keating) ; Tessa Peake-Jones (Mrs. Maguire) ; Morven Christie (Amanda Kendall/ Amanda Hopkins) ; Al Weaver (Leonard Finch) ; Pheline Roggan (Hildegard Staunton) ; Tom Austen (Guy Hopkins)
Image : Julian Court
Musique : John Lunn
Production : Emma Kingsman-Lloyd, David Mason, Diederick Santer, Rebecca Eaton
Genre : Détective, drame, historique
Format : 6 épisodes de 45 minutes
Chaîne d’origine : ITV
Diffusion au Royaume-Uni : depuis le 6 octobre 2014

Grande-Bretagne – 2014

 

Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 : le premier teaser est là !

0

Avis aux amateurs des pires bras cassés de la galaxie Marvel : Star-Lord, Gamora, Drax, Rocket et Groot vont mettre le feu dans les premières images des Gardiens de la Galaxie Vol.2 qui viennent d’être diffusées. 

Considéré à juste titre comme la bouffée d’oxygène dont a eu besoin le Marvel Cinematic Universe pour assurer la liaison entre la Phase 2 et 3 de son univers étendu, Les Gardiens de la Galaxie se sera avéré être l’une des plus grosses surprises de l’année 2014. Des personnages frappés, un méchant caricatural, un ton débridé : bref, Marvel s’allouait enfin les services d’un réalisateur capable de résister à la pression et imposer son style face à la grosse machinerie hollywoodienne et c’est tant mieux. Puisque, à peine la sortie du premier film acté, que le deuxième volet était déjà dans les cartons. Et après un tournage qui aura vu Kurt Russell, Sylvester Stallone, Chris Pratt, Dave Bautista, Zoe Saldnaha se bidonner comme jamais, voici les premières images. Comme d’habitude aves Gunn, pas question de cligner de l’oeil. Les images défilent, entre une Gamora expéditive, un Star-Lord en mode bisounours, la team Rocket et Groot réuni, ou un Drax sérieusement concerné par les problèmes de cœurs rencontré par le chef de la team spatialo-marvelienne. Bref, on remerciera bien assez Gunn, qui tel un fils spirituel de J.J Abrams, se garde d’en révéler trop ici et parvient avec un sens du teasing assez édifiant, à montrer les pérégrinations de sa fine équipe tout en ne distillant aucun spoiler ou élément étant à meme de choquer le plus compliqué des puristes. L’attente sera longue d’ici la sortie du film, mais comme le dit si bien la tag-line du film, la galaxie ne va pas se sauver toute seule donc patience.

Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 sortira sur les écrans français le 26 Avril 2017.

Bande-Annonce

 

Jack Reacher : Never Go Back, un film de Edward Zwick : Critique

Librement adapté des écrits de Lee Child sur le héros éponyme, Jack Reacher premier du nom avait connu un succès modeste, suffisamment pour charmer le public mais pas assez pour nous laisser espérer une suite.

Synopsis : Jack Reacher est de retour, prêt à tout pour obtenir justice. Susan Turner, qui dirige son ancienne unité, est arrêtée pour trahison : Jack Reacher ne reculera devant rien pour prouver l’innocence de la jeune femme. Ensemble, ils sont décidés à faire éclater la vérité sur ce complot d’État.

Un retour mitigé 

Pourtant c’est une franchise que semble vouloir explorer Tom Cruise et il revient 4 ans après avec la continuation des aventures de ce personnage taciturne. Christopher McQuarrie, le réalisateur et scénariste du premier opus, cède sa place à Edward Zwick, cinéaste plus inégal mais qui a su prouver par le passé qu’il était très capable pour reprendre le flambeau ; sauf que suite à une bande annonce qui vend le tout comme un film d’action plus proche d’un Mission Impossible que de l’ADN de Jack Reacher, il y avait de quoi s’inquiéter. Au final, on se retrouve face à un film qui cherche le compromis sans trop y parvenir.

L’écriture a très clairement la volonté de rester dans la lignée du film précédent mais elle a aussi l’envie de faire plus en terme de scènes d’actions. Celles-ci sont donc distillées avec moins d’intelligence que dans l’épisode de McQuarrie, qui prenait le temps de bien les préparer et de les poser pour qu’elles n’en soient que plus implacables. Ici, elles sont trop génériques et amenées de façon trop illogique et sans réel tension, ce qui enlève tout l’impact qu’elles devraient avoir. De plus, la caractérisation des personnages se repose bien trop souvent sur la brutalité de ceux-ci, amenant un gimmick redondant qui vient totalement les desservir. Ils ne sont plus que des brutes un peu vides à l’image d’un Jack Reacher qui perd l’aura mystérieuse que le premier opus avait réussi à construire autour de son personnage. Il perd son côté symbolique de justicier solitaire en raison d’une tentative de lui apporter plus de background mais qui va totalement à l’encontre de ce que le personnage représente. Surtout que cette tentative consiste à lui mettre dans les bras une fille illégitime qui fera office de demoiselle en détresse. Le scénario tombe dans tous les poncifs que ce genre de situation peut amener entre le duo principal qui devra jouer au papa et à la maman tandis que l’adolescente rebelle fera preuve de toute sa stupidité pour mettre ce beau monde en danger. Lorsque les principaux enjeux sont provoqués par l’imbécillité d’un personnage, ce n’est jamais bon quant à la qualité de l’écriture.

Mais outre cette idée tout bonnement ridicule, il faut reconnaître qu’on suit cette intrigue sans grand déplaisir. Bien qu’elle soit ronflante, l’histoire gère assez bien son personnage féminin principal, venant vaguement interroger la place de la femme au sein de l’armée, et en lui donnant une place intéressante dans sa dynamique avec Jack Reacher. Le récit pose aussi un contexte géopolitique qui donne un peu de matière à l’ensemble et qui tend par moments vers une critique du système militaire actuel. Cependant, il ne pousse jamais cette bonne idée jusqu’au bout ce qui la rend plaisante mais anodine. Par ailleurs, on reste sur un film qui est pensé pour être à la gloire de son interprète principal mais, étrangement, Tom Cruise devient aussi vide que son personnage. Même s’il assure toujours autant dans les scènes d’actions, on reste avec l’impression qu’il ne s’amuse plus et qu’il n’y croit pas vraiment, perdant ainsi beaucoup de son charisme. C’est Cobie Smulders qui semble vraiment s’éclater ici, elle compose son personnage avec conviction et vient souvent voler la vedette à son collègue masculin. Le duo fonctionne plutôt bien d’ailleurs : les touches d’humour sont efficaces et les deux héros sont pour beaucoup dans l’intérêt qu’on porte au film même s’ils ne sont pas spécialement mis en valeur par la mise en scène d’Edward Zwick. La réalisation est ici très générique, on se croirait par moments dans un épisode version longue d’un procédural du style NCIS. Le tout manque clairement de cinématographie et d’ampleur, aucune scène ne vient sortir du lot au contraire du précédent épisode qui arrivait vraiment à distiller ici et là des moments d’anthologies dont une superbe scène d’intro et une magnifique course poursuite. Le mérite de cette suite est de ne pas vouloir rivaliser avec son aîné et de ne pas essayer de sortir une course poursuite similaire. Mais Jack Reacher : Never Go Back peine à créer le moindre frisson. Le travail de Zwick reste quand même maîtrisé et il offre une lisibilité appréciable sur les scènes de combats qui sont plutôt bien montées mais, il se contente du strict minimum et boucle son film sans le moindre génie.

Jack Reacher: Never Go Back est un film tout juste moyen et qui se montre incroyablement décevant par rapport à son aîné. Le justicier solitaire rentre dans le rang et perd beaucoup de son charisme et de ce qui faisait son intérêt. Toutefois, le duo qu’il forme avec le personnage de Cobie Smulders parvient quand même à divertir, bien aidé par la prestation de l’actrice, mais on reste face à un divertissement générique et anodin. C’est d’autant plus dommage car ces dernières années, Tom Cruise avait fait un sans faute sur ses productions, arrivant toujours à offrir des films de qualité. Ce nouveau Jack Reacher est donc, non seulement, son plus mauvais film de ses 10 dernières années mais aussi, un des plus oubliables de sa carrière. Relativisons en ce disant que le long métrage reste plus que regardable, il n’est jamais véritablement mauvais mais son intrigue cousue de fil blanc et sa mise en scène impersonnelle en font un divertissement dispensable loin du polar élégant et percutant qui sert de base à la franchise.

Jack Reacher : Never Go Back : Bande annonce

Jack Reacher : Never Go Back : Fiche technique

Réalisation : Edward Zwick
Scénario : Marshall Herskovitz, Richard Wenk et Edward Zwick, d’après le roman Never Go Back de Lee Child
Interprétation : Tom Cruise (Jack Reacher), Cobie Smulders (Susan Turner), Aldis Hodge (Anthony Espin), Patrick Heusinger (The Hunter), Danika Yarosh (Samantha Dayton), Robert Knepper (Général James Harkness),…
Image : Oliver Wood
Montage : Billy Weber
Musique : Henry Jackman
Costumes : Lisa Lovaas
Décors : Clay A. Griffith
Producteur : Tom Cruise, Christopher McQuarrie et Don Granger ; David Ellison et Herb Gains
Société de production : Paramount Pictures, Skydance Productions et TC Productions
Distributeur : Paramount Pictures
Durée : 118 minutes
Genre : Action, Thriller
Date de sortie : 19 octobre 2016

Etats-Unis – 2016

Deepwater, un film de Peter Berg : critique

Peter Berg est à première vue un réalisateur iconoclaste. S’étant tout d’abord frotté à la comédie noire (Very Bad Things), il s’est ensuite lancé dans la course aux blockbusters débridés mâtinés de second degré (Bienvenue dans la Jungle, Hancock et surtout Battleship), en passant par des films plus sérieux soulignés par un contexte politico-guerrier fort (Le Royaume et Du sang et des larmes).

Synopsis : La plateforme Deepwater Horizon tourne non-stop pour tirer profit des 800 millions de litres de pétrole présents dans les profondeurs du golfe du Mexique. Mike Williams, électricien sur la plateforme et père de famille, connaît les risques de son métier mais fait confiance au professionnalisme de son patron Jimmy Harrell. En revanche, tous se méfient de la société locataire de la plateforme dirigée par Donald Vidrine, qui ne pense qu’à son bénéfice. Lorsque cette société décide contre l’avis des techniciens de la déplacer trop rapidement, ils sont loin de se douter que les 5 millions de barils sous leurs pieds sont prêts à exploser… Le seul courage de Mike et ses collègues suffira-t-il à limiter les dégâts et sauver ce qui peut encore l’être ?

Un désastre écologique en mode blockbuster

Mais son cinéma, surtout ces dernières années, est essentiellement caractérisé par des aventures humaines où l’authenticité prime sur la fiction, où le spectateur s’intéresse au sort d’une poignée d’individus au courage et à l’héroïsme exemplaires. Ne démordant pas de cette tendance, il revient cette fois à la charge avec Deepwater, retraçant ainsi la plus grande catastrophe écologique des États-Unis à travers les yeux de plusieurs employés.

L’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon survenue en avril 2010 reste malheureusement encore bien présente dans nos esprits. Au-delà de la perte tragique de onze hommes, cet accident industriel a également entraîné un désastre sans précédent pour la nature, avec l’équivalent de plus de 4,9 millions de barils de pétrole déversés dans le golfe du Mexique et d’importantes fuites de gaz menaçant de nombreuses espèces animales. Pour illustrer ce désastre, plutôt que d’opter pour un drame à hauteur d’homme, Berg choisit le genre catastrophe. Et d’emblée, on reconnaît son style : on dénote beaucoup de travellings aériens magnifiant de surcroît la plateforme pétrolière, des travellings circulaires autour de ses personnages ou encore, plus classique, une caméra portée à l’épaule au plus près de leurs visages, soulignant ainsi un côté plus intimiste (procédés déjà présent dans Hancock ou du Sang et des larmes déjà avec Walhberg). Comme dit plus haut, Berg aime ses personnages, et la description de ces derniers, bien que très modeste, est plutôt réussie dans une première partie convaincante où les bases du scénario et les principaux enjeux se développent progressivement. Pendant près d’une heure, beaucoup d’informations nous parviennent du quotidien de ces ouvriers dans ce milieu difficile, des principales problématiques de la gestion d’une plateforme offshore, et des raisons qui ont conduit à cet accident. On se surprend d’ailleurs à découvrir en filigrane la volonté du réalisateur à proposer un réquisitoire contre le capitalisme moderne : le profit au détriment de l’humain, le résultat financier au détriment de la sécurité.

Cette partie descriptive maintient ainsi grandement l’intérêt du spectateur, curieux de savoir comment l’incident s’est produit. Mais c’est surtout dans la deuxième partie, la catastrophe en elle-même, que Berg démontre son savoir-faire indéniable dans la pyrotechnie et une montée crescendo dans la tension. Comme tout bon blockbuster, le spectacle est là, renforcé par une belle partition musicale signée Steve Jablonsky (compositeur attitré des férus d’explosions en tout genre, notamment Michael Bay sur la saga Transformers) et des effets spéciaux réussis visuellement dans l’ensemble. La majorité des épreuves que les personnages traversent suit certes une mécanique plutôt classique dans le cinéma catastrophe, mais parfaitement huilée, permettant un rythme soutenu et, là encore, sans temps mort. On retiendra notamment une puissante émulsion de boue, une impressionnante déflagration provoquant la destruction de la plateforme, et un saut final dans le vide que n’aurait pas renié Chris O’Donnell dans Vertical Limit. Mais aussi rondement menées soient-elles, certaines séquences apparaissent relativement brouillonnes, à l’image de celle de la grue incontrôlable. Notamment à cause d’une mauvaise utilisation de l’espace et une caméra un brin impulsive, on n’arrive pas à comprendre réellement ce qui se passe, ni à identifier les enjeux qui se dégagent de la scène, ni même à voir correctement.

Ce côté brouillon se répercute également sur la nature du film en lui-même. La critique de l’industrialisation effrénée, ainsi que toute la réflexion sur les conséquences désastreuses de cet incident sur l’environnement et les nombreuses espèces animales sont partiellement effleurées. Malgré quelques images fortes, dont celles d’un pélican complètement embourbé souffrant et mourant devant les yeux abasourdis de plusieurs employés, le discours reste bien en surface. De même, avec un tel sujet, on était en droit d’attendre également le procès en question de BP (British Petroleum), la société responsable de tout cela. C’était d’ailleurs ce que laissait supposer les premières minutes du long métrage, avec retranscription des bandes sonores des comparutions devant la justice des principaux intéressés. Tout juste aurons-nous droit à une séquence finale, certes non dénuée d’émotion mais bien trop expéditive pour réellement marquer, sur la fragilité des personnes survivantes, la détresse des familles cherchant à savoir à tout prix si leurs proches s’en sont sortis, et l’hommage pré-générique aux onze personnes disparues durant l’accident. Deepwater préfère donc se reposer sur le canevas classique du blockbuster hollywoodien (la mère de famille désespérée, le sacrifice d’un ouvrier…) plutôt que de développer davantage les thématiques qu’il entame. Et c’est d’autant plus dommage de se dire que ces thématiques restent à ce jour assez inédites dans le genre catastrophe.

Préférant le spectaculaire à l’intime, Peter Berg, fidèle à sa mise en scène, signe un film catastrophe classique, en demi-teinte, ne développant pas assez les enjeux qu’il s’est lui-même fixés au départ, là où un pamphlet véritable dénonçant les ravages du capitalisme moderne sur l’écologie aurait eu plus de sens. Mais grâce à une documentation fournie et une indéniable efficacité, surtout dans sa seconde partie, Deepwater n’en reste pas moins un blockbuster agréable à suivre. Et un hommage somme toute sincère au courage des ouvriers de cette plateforme pétrolière.

Deepwater : Bande-annonce

Deepwater : Fiche technique

Réalisation : Peter Berg
Scénario : Matthew Sand, Matthew Michael Canahan, J.C. Chandor, David Barstow, David Rohde, Stéphanie Saul
Interprétation : Mark Wahlberg (Mike Williams), Dylan O’Brien (Caleb Holloway), Kurt Russel (Jimmy Harrel), John Malkovich (Vidrine), Kate Hudson (Felicita Williams), Gina Rodrigues (Andrea Fleytas)…
Photographie : Enrique Chediak
Montage : Gabriel Flemming, Colby Parker Jr
Directeur artistique : Douglas Cumming, Erik Haraldsted
Producteurs : Lorenzo Di Bonaventura, Mark Vahradian, David Womark, Stephen Levinson, Todd Lewis, Cliff Lanning, Petra Holtorf Stratton, Jeff Skoll, Jonathan King, Mark Wahlberg
Sociétés de production : Summit Entertainment, Participant Media, Image Nation Abu Dhabi, Lionsgate
Distribution (France) : SND
Durée : 107 minutes
Genre : Drame, catastrophe
Date de sortie : 12 octobre 2016

Avertissement – Certaines scènes sont susceptibles de heurter un jeune public
Etats-Unis – 2016

Moontrap, un film de Robert Dyke : critique

« Dans l’espace, personne ne vous entendra crier », peut-on lire sur l’affiche d’Alien Le Huitième Passager de Ridley Scott. Ce slogan faisait référence à la terreur que les spectateurs et l’équipage du Nostromo allaient vivre dans un vaisseau spatial coupé de tout, avançant dans le vide intersidéral où les sons se meurent dans un profond silence.

Synopsis : Lors d’une mission de routine, deux astronautes américains découvrent un étrange cocon dans l’épave d’un vaisseau spatial d’origine inconnue, ainsi que le corps d’un humanoïde qui serait mort depuis… 14000 ans. Ils ramènent leur découverte sur Terre, et sont renvoyés sur la Lune où la NASA espère découvrir l’explication de ces mystères.

On pourrait accoler ce même slogan au film de Robert Dyke, Moontrap, ressorti en DVD chez les éditions Rimini ce mardi 18 octobre. Le film de 1989 mérite toutefois ce slogan pour d’autres raisons. En effet, chez vous, personne ne criera de peur, car le film n’est pas terrifiant, encore moins spectaculaire, ce long métrage est une série Z absolue, entre le navet de compétition et le nanard de petite main – un film qui vous fait rire par dépit.

Le synopsis, aussi proche du remake de 2001 L’Odyssée de l’espace que de celui d’Alien, ne retranscrit pas assez bien l’ambiance du film. Alors, tachons de le faire : Bruce Campbell (le Ash de la saga cinématographique et télévisuelle Evil Dead) est Ray Tanner, un cosmonaute à la blague facile, aussi brave qu’un cowboy, et probablement le seul acteur à avoir compris qu’il ne jouait pas dans un « grand film » ; Walter Koenig est Jason Grant, le héros du film, celui qui parle trop, qui devine tout trop vite, qui se tape la fille dans une tente de survie gonflable sur la Lune après avoir perdu ses amis et l’espoir de survivre, c’est enfin le gars trop sérieux et trop grave à tel point qu’on peut se demander si l’acteur ne tentait pas désespérément d’obtenir un prix, ou du moins de se décoller la peau de son rôle dans l’univers Star Trek, Pavel Chekov ; Leigh Lombardi est Mera, une extraterrestre humanoïde censée prévenir les hommes du danger, elle ne parle pas anglais, ne sait pas ce qu’est embrasser, mais elle saura se déshabiller pour faire « la bête à dodo » avec Koenig. Attendez, le défilé n’est pas fini, il y a des robots tueurs inspirés (beaucoup trop d’ailleurs) par Terminator, Robocop 2 et la Guerre des Mondes entre autres choses ; des effets spéciaux que n’aurait probablement pas utilisé Ed Wood (même lui oui) ; un scénario poubelle et incohérent fait au shaker, qui aurait été refusé par la Warner même si elle a accepté Suicide Squad, c’est pour vous dire…

« Certaines personnes disent qu’il y a des millions de façons de filmer une scène. Je ne pense pas, peut-être deux ou trois façons. Toutes les autres sont fausses. » – David Fincher

Si Fincher a raison, c’est dommageable pour Robert Dyke – responsable des miniatures sur Evil Dead 2 –  qui semble avoir fait les mauvais choix. La réalisation est pauvre et médiocre tant la qualité de l’image est problématique, en effet le film semble avoir été tourné en cassette vidéo – ce qui peut être intéressant si c’est bien exploité, sauf qu’ici nous sommes censés être face à un film spectaculaire -, mais on peut compter sur quelques éclairs de « génie » (voir photographie ci-dessous) ; un score cliché digne d’un navet ou nanar de Joseph LoDuca, le compositeur de la trilogie Evil Dead ; puis – attention SPOILERS – une ouverture finale sur une possible suite qu’on ne voudrait pas voir même gratuitement et dont l’idée n’a hélas pas été oubliée par l’équipe créative puisqu’une suite intitulée Moontrap Target Earth devrait débarquer sur les écrans cette année.

Et enfin vous obtenez Moontrap, un film à voir le samedi soir entre potes autour d’une pizza ou autre pornfood. Comme l’a déclaré Bruce Campbell dans une interview, Moontrap « est un film de science-fiction à bas budget, cool et funky ». Et nous conseillons d’en rester là, de ne pas y chercher plus que ça. En effet, si vous comptiez regarder un film de science-fiction bien fabriqué, bien écrit, bien interprété, soit un bon film en somme, détournez-vous de Moontrap, de sa version cinéma comme de sa version « longue » (de trois minutes de plus avec leur lot de ridicule). On pourrait alors se demander le pourquoi de cette réédition par Rimini, l’argument commercial entourant les deux acteurs principaux Bruce Campbell et Walter Koenig serait probablement déployé. On déplorera l’absence de bonus sur le DVD, et on notera une remasterisation plutôt propre malgré une image étrange.

Moontrap : Bande-Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=v2ZPNqSj7Uw

Moontrap : Fiche Technique

Réalisation : Robert Dyke
Scénario : Tex Ragsdale
Interprétation : Walter Koenig, Bruce Campbell, Leigh Lombardi, Robert Kurcz, John J. Saunders, Tom Case, Reavis Graham…
Photographie : Peter Klein
Montage : Steven C. Craig, Kevin Tent
Direction Artistique : Larry Fox, Peter Gurski
Décors : B. K. Taylor
Costumes : Deborah K. Larsen
Musique : Joseph LoDuca
Production : Shapiro Glickenhaus Entertainment, Magic Films
Producteurs : Victor Malone, Frank Isaac
Distribution vidéo en France : Éditions Rimini
Durée : version courte – 81 min ; version longue – 85 min
Genre : science-fiction / horreur
Date de ressortie vidéo (France) : 18 octobre 2016
Etats-Unis – 1989

Willy 1er : Critique du film

Le kitsch et la maladresse du dispositif vont en faire rigoler plus d’un, mais ils s’accordent si bien à la naïveté du personnage, que d’en rire revient à rire de lui. C’est ce malaise qui fait de Willy 1er une fable politiquement incorrecte.

Synopsis : Le suicide de son frère jumeau fait à Willy l’effet d’un électrochoc. Ce quinquagénaire attardé ne se sent plus le bienvenu chez ses parents, où il a pourtant toujours vécu. Bien décidé à prendre son envol, il quitte le cocon familial, prêt à s’attaquer à cette dure réalité dont il a jusque-là été préservé.

… et j’vous emmerde !

Cette interjection lancée par Willy à ses parents en claquant la porte de la maison pourrait bien être celle faite implicitement par les jeunes réalisateurs à l’égard des diktats du cinéma grand public prônés notamment par Luc Besson, le fondateur de l’école où ils se sont rencontrés. Tous les codes et les clichés des récits romanesques et spectaculaires, ou des personnages glamour et héroïques, « à l’américaine », se retrouvent astucieusement inversés dans le parcours de cet homme a priori pitoyable, filmé avec une inventivité qui exploite le média cinématographique dans toutes ses largeurs. Alors que son ton décalé aurait pu le catégoriser – comme les sketchs de Groland auxquels il est régulièrement comparé – comme une moquerie de mauvais goût à l’égard des défavorisés de la France rurale, la part biographique de ce long-métrage inclassable en fait une œuvre tout simplement bouleversante. Et même si l’équilibre entre le rire et le drame est quelque chose de terriblement délicat, il est tout à fait assumé par sa note d’intention, qui prend soin de laisser le spectateur libre de ses propres réactions, et ce même s’il devra après quoi culpabiliser d’avoir ri devant ce qui, au fond, quelque chose de purement tragique.

C’est en exacerbant le décalage entre les attentes du spectateur et leur mise en scène que les réalisateurs parviennent à rendre drôle ce qui pourtant ne l’est pas. L’un des premiers exemples est cette vidéo-hommage à Michel, ce frère tout juste décédé, et dont la ringardise formelle est si grotesque qu’il est impossible de ne pas s’en moquer… jusqu’à ce que l’on se souvienne de la gravité diégétique à laquelle elle se rattache. Et tout le film va jouer sur ce paradoxe. Là encore, que le scénario soit directement inspiré de ce qu’a vécu son principal interprète autorise aux metteurs en scène de se permettre ce ton. Autrement, le second degré aurait pu être perçu, soit comme un inacceptable mépris, soit comme du pathos putassier. Déjà présent dans les courts-métrages estudiantins des réalisateurs, Daniel Vannet est une figure de cinéma hors du commun, comme on n’en croise que trop peu, en tant que personnage, mais surtout en tant qu’acteur. Le retrouver ici dans un premier rôle est donc, en soi, la preuve d’une audace révélatrice de l’impertinence avec laquelle a été conçu ce film au demeurant si convenu.

La liberté de ton avec laquelle son destin est mis en images, laissant une place non négligeable à son imagination foisonnante, tout en gardant un visuel épuré, est une magnifique représentation de son inadéquation à ce monde. Musiques outrancières, effets visuels vulgaires… tout semble être fait pour qu’apparaisse comme risible le récit de ce handicapé mental si éloigné de ce que le cinéma à l’habitude de nous montrer. Et l’on en rit, presque malgré soi, complétement détachés de ce que peut ressentir à Willy à l’écran. Mais tandis que le film avance, la réalisation s’apaise et il devient de plus en plus facile de s’attacher à lui, jusqu’à ce qu’on le voit victime des railleries de personnages qui apparaissent alors comme détestables… et que l’on se rappelle que, quelques minutes plus tôt, nous avons eu un comportement similaire. Le constat est dur à avaler. Alors, ne valons-nous pas mieux que ces odieux piliers de bar qui se servent et se moquent de ce pauvre Willy ? La question éthique est posée, et de nous mettre ainsi face à nos propres contradictions vaudra toujours plus que tout discours consensuel sur la tolérance et l’acceptation de l’autre.

Le souci de naturalisme qui s’éloigne tant des disproportions de la mise en scène passe pour beaucoup dans le choix d’acteurs non-professionnels. En plus de ce Daniel Vannet dont le film salue le courage, l’autre personnage de marginal que l’on devra prendre soin de ne pas juger trop vite est celui de cet homosexuel incarné par Romain Léger. Qu’il se nomme également Willy renforce l’effet de miroir entre les deux individus, et qu’ils soient marginalisés et moqués pour des raisons radicalement opposées permet à l’interrogation sur l’intolérance de dépasser le seul sujet de l’insertion sociale des handicapés. Alors oui, le film joue sur les clichés, poussant parfois à l’extrême la caractérisation des personnages secondaires, mais ce qui les rend moins « normaux » permet de ne pas faire du cas de(s) Willy un cas à part. On remarque d’ailleurs au casting la présence de Noémie Lvovsky, or l’idée que le seul personnage qui entre dans ce créneau de « normalité » soit incarné par l’unique actrice identifiée comme telle aide le public à se trouver une forme de repère, comme elle peut justement le faire pour Willy. Après tout, si l’on a cessé de rire de l’un, n’était-ce pas parce que les autres étaient eux aussi risibles ? A nouveau, le spectateur sera seul juge de sa propre réaction devant ces situations et ces personnages caricaturaux, et tentera à tout prix de se rassurer en se fixant une barrière entre réalité et fiction. Que de si jeunes réalisateurs aient réussi à comprendre que le cinéma a pour vocation première de nous faire douter de cette limite, et à l’exploiter avec une telle insolence, est la preuve que l’on n’a sans doute pas fini d’entendre parler d’eux.

Willy 1er : Bande-annonce

Willy 1er : Fiche technique

Réalisation : Hugo P. Thomas, Marielle Gautier, Ludovic & Zoran Boukherma
Scénario : Hugo P. Thomas, Marielle Gautier, Ludovic & Zoran Boukherma
Interprétation : Daniel Vannet (Willy/Michel), Noémie Lvovsky (Catherien), Romain Léger (Willy), Robert Follet (le père), Geneviève Plet (la mère)…
Image : Thomas Rames
Son : Rémi Chanaud, Renaud Bajeux, Charlotte Butrak, Martial de Roffignac
Montage : Xavier Sirven, Héloïse Pelloquet
Musique : Hugo P. Thomas, Shakedon
Récompenses : Grand Prix au 1er Festival International du Film Culte de Trouville-sur-Mer, Amphore d’or et Amphore du Peuple au Festival International du Film Grolandais de Toulouse
Distribution : UFO
Genre : Comédie dramatique
Durée : 82 minutes
Date de sortie : 19 octobre 2016

France – 2016

 

Silence : on connaît la durée finale du nouveau Martin Scorsese

0

Dans la course aux Oscars, plusieurs films se démarquent par leurs sujets, leurs ambitions ou leurs auteurs : c’est le cas de Silence, dernière œuvre de Martin Scorsese après Le Loup de Wall Street, qui semble se prédestiner à une belle carrière en festival. Après de nombreuses rumeurs, la durée finale du long-métrage à été dévoilée et cette décision pourrait diviser les spectateurs.

C’est un projet qui en fait saliver plus d’un. Silence, le nouveau long métrage de Martin Scorsese, réalisateur légendaire qu’on ne présente plus, sortira en salles le 23 décembre prochain dans les salles américaines, avant une sortie française le 18 janvier 2017. Long-métrage aux ambitions christiques, philosophiques et oniriques, le film narre les persécutions religieuses subies par des missionnaires jésuites portugais dans le Japon féodal du XVIIe siècle. Pourvu d’un casting de rêve (Andrew Garfield, Liam Neeson, Adam Driver, Ciaran Hinds et Tadanobu Asano), il est adapté du best seller éponyme nippon, publié en 1966 et écrit par Shūsaku Endō. Alors que les rumeurs filaient bon train concernant le synopsis, le casting ou encore la durée du film ainsi que sa date de sortie, le producteur Irwin Winkler a tenu à mettre les choses au clair. En effet, il fut annoncé dans un premier temps, une durée totale et fleuve de 3h15. Cependant, cette version, très longue, aurait été écourté d’un peu plus d’une demi-heure pour atteindre 159 minutes, c’est à dire 2h39. Une annonce toujours non-officielle car tenue très au secret par la Paramount, le distributeur n’ayant toujours pas dévoilé de bande annonce du long métrage.

 

C’est le pure player américain spécialisé Deadline qui s’est entretenu avec le producteur du film et qui a donc obtenu de précieuses informations. Selon lui, il s’agit du meilleur film de la carrière de Martin Scorsese et il vise clairement les nominations aux Oscars. La star montante Andrew Garfield (révélé par les deux Amazing Spider-Man et 99 Homes), a pourtant donné une version différente des faits. Pendant la soirée SAG Foundation Q&A, durant laquelle s’est tenu une projection spéciale de Hacksaw Ridge, le prochain Mel Gibson (également dans la course aux oscars et avec pour tête d’affiche l’acteur californien), l’acteur a parlé d’une version de plus de 2h50, plus proche de la version de 3h15 annoncée précédemment. Se pourrait-il que la Paramount exige un final cut sur l’œuvre de Scorsese, quitte à l’étriquer pour la compétition officielle ? Rien n’est moins sûr. Dans tous les cas, l’attente générée par le long métrage ne cesse de s’accroître et janvier prochain n’a jamais semblé aussi loin qu’avec ce film. Reste à savoir si les supposées coupes lui seront préjudiciables dans une course aux Oscars à la concurrence des plus rudes avec des films comme Hacksaw Ridge ou La La Land, qui semble favori dans les suffrages.