Silence : on connaît la durée finale du nouveau Martin Scorsese

Dans la course aux Oscars, plusieurs films se démarquent par leurs sujets, leurs ambitions ou leurs auteurs : c’est le cas de Silence, dernière œuvre de Martin Scorsese après Le Loup de Wall Street, qui semble se prédestiner à une belle carrière en festival. Après de nombreuses rumeurs, la durée finale du long-métrage à été dévoilée et cette décision pourrait diviser les spectateurs.

C’est un projet qui en fait saliver plus d’un. Silence, le nouveau long métrage de Martin Scorsese, réalisateur légendaire qu’on ne présente plus, sortira en salles le 23 décembre prochain dans les salles américaines, avant une sortie française le 18 janvier 2017. Long-métrage aux ambitions christiques, philosophiques et oniriques, le film narre les persécutions religieuses subies par des missionnaires jésuites portugais dans le Japon féodal du XVIIe siècle. Pourvu d’un casting de rêve (Andrew Garfield, Liam Neeson, Adam Driver, Ciaran Hinds et Tadanobu Asano), il est adapté du best seller éponyme nippon, publié en 1966 et écrit par Shūsaku Endō. Alors que les rumeurs filaient bon train concernant le synopsis, le casting ou encore la durée du film ainsi que sa date de sortie, le producteur Irwin Winkler a tenu à mettre les choses au clair. En effet, il fut annoncé dans un premier temps, une durée totale et fleuve de 3h15. Cependant, cette version, très longue, aurait été écourté d’un peu plus d’une demi-heure pour atteindre 159 minutes, c’est à dire 2h39. Une annonce toujours non-officielle car tenue très au secret par la Paramount, le distributeur n’ayant toujours pas dévoilé de bande annonce du long métrage.

 

C’est le pure player américain spécialisé Deadline qui s’est entretenu avec le producteur du film et qui a donc obtenu de précieuses informations. Selon lui, il s’agit du meilleur film de la carrière de Martin Scorsese et il vise clairement les nominations aux Oscars. La star montante Andrew Garfield (révélé par les deux Amazing Spider-Man et 99 Homes), a pourtant donné une version différente des faits. Pendant la soirée SAG Foundation Q&A, durant laquelle s’est tenu une projection spéciale de Hacksaw Ridge, le prochain Mel Gibson (également dans la course aux oscars et avec pour tête d’affiche l’acteur californien), l’acteur a parlé d’une version de plus de 2h50, plus proche de la version de 3h15 annoncée précédemment. Se pourrait-il que la Paramount exige un final cut sur l’œuvre de Scorsese, quitte à l’étriquer pour la compétition officielle ? Rien n’est moins sûr. Dans tous les cas, l’attente générée par le long métrage ne cesse de s’accroître et janvier prochain n’a jamais semblé aussi loin qu’avec ce film. Reste à savoir si les supposées coupes lui seront préjudiciables dans une course aux Oscars à la concurrence des plus rudes avec des films comme Hacksaw Ridge ou La La Land, qui semble favori dans les suffrages.

Festival

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Deauville 2026 : The Last Pickpocket in New York, les mains dans les poches

Comment survivent les voleurs à la tire dans notre société moderne ultra connectée, où l'argent est devenu virtuel et les téléphones des traceurs ambulants ? En partant de cette question simple, "The Last Pickpocket in New York" propose un polar urbain délicieusement rétro qui rend hommage aux classiques du genre. Porté par la performance impeccable de John Turturro, le film convainc plus par son atmosphère nostalgique que par son scénario ingénu.

Deauville 2026 : The Man I Love, la fureur de vivre

Dans "The Man I Love", Ira Sachs met en scène Rami Malek dans le rôle d'un acteur confronté à la mort. Entre répétitions, danses, chants et désirs sexuels, il compose une ode à la vie exaltant le plaisir de chaque instant. Un drame queer qui manque malheureusement de consistance et d'émotion pour pleinement s'affirmer.

Deauville 2026 : Mouse, la souricière du chagrin

Présenté en compétition au Festival de Deauville après avoir reçu un très bon accueil à la Berlinale, "Mouse" déploie un récit de deuil adolescent sensible et délicat porté par un somptueux duo d’actrices. En filmant l’intime avec autant de tendresse que de naturalisme, Kelly O’Sullivan et Alex Thompson s’imposent comme des cinéastes incontournables du cinéma indépendant américain.

Newsletter

À ne pas manquer

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Louis Verdoux
Louis Verdouxhttps://www.lemagducine.fr/
Louis Verdoux : Lycéen passant en première économique et sociale, j'ai commencé ma passion cinéphilique avec le film Spider-Man de Sam Raimi, devenu mon super héros préféré. Cependant mon addiction au cinéma s'est confirmé avec deux films, The Dark Knight de Christopher Nolan et surtout Drive de Nicolas Winding Refn que je considère encore comme mon film préféré. En si qui concerne mes goûts, je suis quelqu'un de bon public donc je déteste rarement un film et mes visionnages ne se limite à aucun genre, je suis tout aussi bien tenté par Enemy que par Godzilla. Le cinéma est bien plus qu'un art et j'espère vous le faire partager

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.