On ne voyait pas trop quoi ajouter au chapitre de la vie des Sept Samouraïs en haute définition depuis que Wild Side et La Rabbia avaient clôturé les débats avec leur superbe coffret de 2014. La Rabbia non plus, visiblement, qui ressort sans Wild Side mais avec M6 vidéo le chef-d’œuvre d’Akira Kurosawa dans une édition qui reprend peu ou prou le contenu de la précédente.
Un temps annoncé avec de nouveaux bonus (dont un entretien avec Jean Douchet aux abonnés absents), le millésime DVD 2017 de Les Sept Samouraïs colle à la lettre à son prédécesseur en termes d’interactivité. Sans surprise, vous pourrez donc retrouver l’excellent documentaire « Kurosawa, la voie » de Catherine Cadou. La traductrice d’Akira Kurosawa depuis Kagemusha est partie à la rencontre de cinéastes aux quatre coins de la Terre pour parler de l’influence qu’a pu exercer le maître japonais sur leurs vies de spectateurs, ainsi que leurs pratiques de cinéastes. Un module indispensable pour appréhender l’extraordinaire aura qui continue d’envelopper un réalisateur comptant parmi la poignée d’artistes (aux côtés de Hitchcock, Ford, Lean, Leone et Kubrick) qui ont largement contribué à façonner le langage cinématographique moderne. Vous retrouverez également un making-of d’époque ainsi qu’une rencontre avec certains membres de l’équipe de tournage.
Du pas neuf avec du vieux
Autant de bonus réjouissants mais déjà présents dans la précédente édition. De quoi s’interroger franchement sur l’utilité du coffret, d’autant que La Rabbia et SND ne se donnent pas vraiment la peine d’habiller la légèreté de la démarche. Même les menus d’entrées reprennent à quelques détails près l’interface de la précédente ! Au final, la seule nouveauté que compte cette édition par rapport à la précédente…est l’absence d’un supplément justement, à savoir le livret écrit par Catherine Cadou qui était intégré au coffret de 2014.
Botox Haute définition pour les sept magnifiques
Difficile de trouver une raison d’être à cette ressortie, si ce n’est la remasterisation qui semble avoir été opérée sur le master précédent, qui était déjà le produit d’un complément de restauration que la Rabbia avait effectué à l’occasion de la ressortie en salles du film en 2013. Reprenant la répartition du film sur deux disques opérée par le coffret Wild Side/ La Rabbia, le résultat est un véritable lifting numérique qui gomme tous les marqueurs d’époque que le blu ray de 2014 avait conservés. Le grain en premier lieu, porté disparu ici et première victime d’un abus de réducteur de bruit qui fait certes disparaître les traces de rayures ou de défauts de la pellicule qui subsistaient, mais accuse également une fâcheuse tendance à plastifier les visages sur certains plans. Donner l’impression que le film a été tourné hier d’accord, à condition de ne pas oublier son âge durant le processus ! On y déplore également un effet de saccade dès que le cadre s’anime et que l’action s’emballe, au point que l’image semble parfois passer en mode accéléré. De fait, bien qu’il soit présenté dans sa version intégrale et doté d’un chapitrage identique à l’édition précédente, le film ne comptabilise au total que 198 minutes, contre 205 en 2014 !
Version « livre de poche » de l’édition sortie il y a trois ans ou tentative grossière de grappiller quelques sous des portefeuilles des cinéphiles à l’approche des fêtes de Noël, difficile de juger en l’état. Mais une chose est sûre : si vous possédez déjà le coffret Wild Side, rien ne vous oblige à repasser à la caisse, à moins d’être un collectionneur compulsif d’Akira Kurosawa…
France 2 a récemment misé sur Thirteen, une brillante mini-série britannique en cinq épisodes traitant d’un sujet délicat : le retour d’une victime de kidnapping chez elle.
Synopsis : Ivy Moxam, 26 ans, parvient à s’échapper de la cave où elle était retenue prisonnière depuis treize ans. La jeune femme va devoir aider les enquêteurs à retrouver son ravisseur, qui en a profité pour enlever une autre petite fille. Elle va aussi apprendre à avoir une vie normale entourée des siens…
Une semaine après avoir diffusé le tout dernier épisode de la magnifique série Broadchurch, qui a certainement bouleversé le paysage télévisuel (les séries, de tous pays confondus, qui se sont inspirées de cette dernière, sont désormais nombreuses !), France 2 a misé de nouveau sur un autre excellent objet télévisuel britannique. Produite par la BBC, Thirteen est une bouleversante mini-série composée de cinq épisodes uniquement (et il n’y aura pas de saison 2 comme l’a affirmé la créatrice Marnie Dickens). Elle rappelle évidemment la terrible histoire très médiatisée de Natascha Kampusch. Ainsi, Ivy Moxam est une jeune femme de 26 ans qui est restée en captivité dans une cave, suite à un enlèvement, pendant 13 ans. Elle parvient un jour à s’en échapper. La série part alors sur deux axes qui finissent par se rejoindre : d’un côté, un axe autour de la psychologie des personnages (tentant de se reconstruire après un tel traumatisme), de l’autre, l’enquête autour du ravisseur Mark White, toujours en liberté et ayant kidnappé par la suite une petite fille (et cela doit aussi permettre de résoudre les zones d’ombre autour de l’enlèvement d’Ivy).
13 : le signe d’un malheur éternel ?
Le chiffre 13 peut être un élément clé intéressant pour appréhender la série. Ivy avait 13 ans quand elle a été enlevée et y est restée 13 ans. Physiquement, le spectateur aura toujours l’impression d’observer une jeune fille de 13 ans et non celle d’une vingtaine d’années désormais. 13 est aussi un chiffre symbolique, souvent associé à du malheur ou au bonheur : cette ambivalence est donc proposée, même si la série penche vers la fin sur l’une des deux possibilités. En sortant de sa cave, en retrouvant les siens, on ne peut que souhaiter à Ivy d’aller de l’avant même si sa vie sera brisée pour toujours. Mais justement, à cause de l’inimaginable, les choses ne seront plus comme avant, que ce soit pour elle ou ses proches, eux-mêmes bouleversés par cette nouvelle littéralement inattendue. La série propose donc un sujet puissant : contrairement à de nombreuses séries (comme dans Broadchurch – décidément, on y revient toujours !), l’enfant disparu est vivant et revient parmi les siens. A priori, il s’agit d’une « bonne » nouvelle, le signe d’un espoir possible. Cela dit, contrairement à Unbreakable Kimmy Schmidt (qui reprend un sujet similaire mais sur un ton bien plus optimiste), on se demande si cette « liberté » concrète, notamment en retrouvant le foyer initial et sa famille, peut vraiment exister ou si elle ne devient pas rapidement illusoire. Comment se réintégrer dans sa propre famille éclatée ? Au cœur de son petit groupe d’anciens amis ? Dans la société qui a considérablement évolué ?
Une série à regarder aussi pour la formidable Jodie Comer
Thirteen est une série sombre aux tons grisâtres exposant des personnages aux visages fatigués, confrontés aux fantômes du passé, tentant de survivre au présent. Et le futur ? Est-il envisageable ? C’est certainement aussi pour cette raison qu’une saison 2 ne semble pas être envisagée par la créatrice : comment peut-on imaginer un quelconque avenir ? La mini-série a beau être poignante, extrêmement difficile par moments (même si on n’assiste pas à des actes de violence), elle ne se veut pas tire-larmes à tout prix. Les réactions des personnages, tous complexes et fragilisés par tant d’épreuves, sont crédibles. Ils sont incarnés par des comédiens fantastiques, notamment par Jodie Comer dans le rôle principal, vue notamment dans les séries Doctor Fosteret Journal d’une ado hors norme (My Mad Fat Diary). Retenez le nom de cette jeune actrice talentueuse qui ne devrait pas rester totalement méconnue dans les années à venir.
Thirteen : bande-annonce
Thirteen : fiche technique
Créée par Marnie Dickens
Casting : Jodie Comer, Richard Rankin, Valene Kane, Natasha Little, Stuart Graham, Aneurin Barnard…
Genre : Drame
Format : 60 mn
Premier épisode : 28 février 2016
Chaîne d’origine : BBC Three
Il est parfois bien difficile de devoir écrire une critique. Comment partager avec un lecteur/spectateur l’expérience d’un film Pixar quand on a usé tous les superlatifs possibles et imaginables sur les précédentes œuvres du studio ? Comment retranscrire l’expérience profonde et intime vécue sans en briser la magie ? Et surtout, que dire de neuf sur des créateurs qui depuis des années incarnent la quintessence de ce que le 7ème art est capable de proposer ? La réponse est finalement très simple, cette critique n’en est pas une, c’est un éloge. Celui dressé à la gloire de Coco, authentique (et énième) chef d’œuvre du studio à la lampe.
Ainsi, serions-nous tentés de dire, cette critique ne servira à rien. Elle ne sera qu’un papier de plus dans le mérité océan de louanges que vous aurez déjà lues ou entendues à l’heure où ces lignes défileront sous votre regard. Et comme souvent dans ce cas, on vous enjoindra à franchir directement les portes de votre cinéma plutôt que lire jusqu’à l’écœurement ce que d’autres en pensent. Il n’y a aucun intérêt à se remplir le crâne de mon avis quand vous pouvez vous faire le vôtre dès maintenant. Et Pixar a suffisamment fait ses preuves pour ne pas hésiter une seconde à courir voir son dernier rejeton séance tenante.
D’autant plus quand votre serviteur répétera les mêmes choses que la sphère médiatique : Oui, Coco est d’une beauté visuelle effarante, autant dans sa fabuleuse direction artistique que dans sa mise en scène virtuose. Oui il est encore la preuve que l’exigence de fabrication est la clé de voûte du cinéma. Oui, son discours est passionnant et offre de vertigineux niveaux de lecture. Oui, les personnages sont attachants. Oui, c’est blindé jusqu’à la gueule d’idées. Oui, c’est drôle. Oui, c’est bouleversant. Oui, oui, cent fois oui.
Mais tout ça vous le savez déjà depuis Toy Story !
Alors plutôt que répéter jusqu’à plus soif pourquoi Pixar est la perle la plus précieuse du monde culturel, il semble plus intéressant d’aborder la singularité profonde de ce Coco, une singularité qui, comme toujours, s’exerce dans le même champ que les précédentes œuvres du studio.
C’est en premier lieu le contexte, organiquement connecté à ce que le film construit dramaturgiquement. Nous sommes au Mexique (qui fera de Coco, à n’en pas douter, un trésor national), un pays où la notion de famille est généalogique et concomitante (pour le pire et le meilleur) de la vie de ses membres. Le respect dû aux ancêtres, vivants comme morts, est une valeur constitutive de cette culture et le Jour des Morts une date pivot dans cet état de fait. Le noeud dramatique en jeu, ainsi que la place de chaque protagoniste, résulte donc avant tout de l’univers dans lequel le film prend place et prépare en cela la fluidité absolue du récit, à l’image de ce que Ratatouille opérait avec la France. Les 20 premières minutes, déjà une pépite au sein du joyau, délivrent en cela authentiquement et avec une maîtrise absolue toutes les informations nécessaires à ce qui sera une totale implication spectatorielle puisque liant ici plus qu’étroitement l’histoire à la culture mise en jeu. Nul besoin, en sus, de souligner l’évidente virtuosité de cette introduction qui rappelle le récent Kubo et l’armure magique.
Explorant toujours les thématiques de filiation et de famille, le studio franchit ici un cap puisque avant que le film ne se trouve un délicieux grand méchant (dans un hommage inattendu aux telenovelas), c’est bel et bien la famille qui se constituera antagoniste de notre héros, le petit Miguel. Or, si Le Monde de Nemo l’amorçait un peu en son temps, Coco fonce dans cette voie, opposant une juvénile figure d’artiste à sa famille empesée par son héritage déterministe et ses absurdes secrets jusqu’à un point de rupture qui en formera l’enjeu principal (et double). Si, en premier lieu, le film semble adopter la voie fascinante d’un retour impossible du rêveur chez soi, il choisit finalement (et de façon organiquement Pixarienne) la nécessité d’une réconciliation qui s’exercera à différentes strates et dans une cohérence qui laisse pantois. On en garde bien entendu la surprise mais le mono-mythe Campbellien est encore une fois servi de la plus belle des manières.
Après avoir offert l’étonnant Voyage d’Arlo, une suite au Monde de Nemo et un troisième opus à Cars, Pixar revient aussi à un film d’univers en ceci qu’il donne vie à un monde inédit, dense et construit. Cette nouvelle mythologie à explorer, au-delà de son faste graphique, ouvre les vannes d’un imaginaire foisonnant, fourmillant d’idées passionnantes sans jamais perdre de vue son potentiel ludique. La facilité d’appréhension et de compréhension des règles et codes formant le Monde des Morts en remontre à 80% de la production actuelle, incapable d’atteindre cette virtuose évidence dans la construction de sa mythologie.
Autre défi du film, aborder la thématique de la mort dans ce qui reste une œuvre grand public. Forcément, Pixar offre encore un modèle d’intelligence et de pédagogie, rattachant sa vision du deuil à cette célébration enjouée qu’est la Fête des Morts et abattant, de facto, la barrière entre morts et vivants. Ce comme un appel très latin à ne pas opposer les deux mais bel et bien à les lier. Ce qui permet au film de viser droit au cœur quant à la question du souvenir, et de ce qui reste après un deuil, dans une croyance et une adéquation si absolue avec la philosophie de l’auteur de ses lignes qu’il peine encore à s’en remettre. Vice-Versa reste encore le mètre étalon de l’émotion traumatique chez Pixar mais Coco, dans son genre, se défend plus que bien et s’avère d’utilité publique.
Enfin, et c’est loin d’être un détail, Coco boucle une très grande année pour le film musical, genre qui nous aura livré pas moins de trois sublimes itérations en 2017 avec La La Land et Baby Driver. Au-delà d’user de la musique avec maestria, aussi bien dans le score d’un Michael Giacchino investi que dans les chansons des Lopez (La Reine des Neiges, Avenue Q, The Book of Mormons,…),Coco franchit une étape supplémentaire dans la jonction des styles Disney et Pixar au point d’inverser une tendance jusqu’ici plus profitable à Mickey qu’à Luxo. Pour son premier film musical, Pixar fait donc une prodigieuse entrée en matière.
Il y aurait encore tant à dire sur Coco. Mais plutôt que prolonger cet (inutile, rappelons-le) papier, allez-y immédiatement. Seul, à deux, en famille, en groupe, allez-y ! Il y a tant à voir, à entendre, à aimer, à vivre, à ressentir ici qu’on se demande si Pixar a encore quelque chose à voir avec le cinéma ou a définitivement muté en l’expression sur grand écran du meilleur de nous-mêmes. La réponse se trouve peut-être dans la question.
Coco : Bande-annonce
Coco : Fiche technique
Réalisation : Lee Unkrich et Adrian Molina
Scénario : Adrian Molina et Matthew Aldrich
Interprétation : Anthony Gonzalez (Miguel), Gael Garcia Bernal (Hector), Benjamin Bratt (Ernesto De La Cruz),…
Photographie : Matt Aspury et Danielle Feinberg
Montage : Steve Bloom et Lee Unkrich
Musique : Michael Giacchino
Producteurs : Darla K.Anderson
Sociétés de Production : Walt Disney Pictures et Pixar Animation Studios
Distributeur : Walt Diseny Pictures
Budget : 175 000 000 USD
Genre : Animation, Fantastique, Comédie, Musical
Durée : 110 minutes
Date de sortie : 29 novembre 2017
Ce mercredi 15 novembre est ressorti en vidéo Le Flingueur (The Mechanic). Édité dans un coffret Blu-ray + DVD + Livret chez Wild Side, le film de Michael Winner suit Charles Bronson en tueur à gage vieillissant mais loin d’être dépassé. Un thriller implacable pour un assassin redoutable.
Synopsis : Arthur Bishop est un tueur à gages pour le compte de la mafia. Sa rapidité, son professionnalisme et son perfectionnisme lui ont valu d’être surnommé « le flingueur ». Mais Bishop vieillit, et ne semble plus être en mesure d’assurer seul ses contrats. Il décide de prendre sous son aile Steve McKenna, un jeune chien fou arrogant et sûr de lui, et de lui apprendre ce qu’il sait du métier…
Bishop, un tueur taiseux et solitaire
Le réalisateur anglais Michael Winner ne filme pas le tueur Arthur Bishop comme une brute sanguinaire. Le personnage n’en est pas une. Dans la brillante introduction du film, il cadre méticuleusement tous les détails du travail de l’homme. Ainsi sont exposés les actes précis – presque mécaniques dans le sens de routiniers – de cet assassin silencieux, oeuvrant à la tâche comme un artisan travaille son métier. Une forme de quotidien est visible dans cette introduction. Bronson n’incarne pas un commando explosif ou un action hero débitant une punchline après chacun de ses exploits spectaculairement mortels, à l’image de Jason Statham dans le remake homonyme et sa suite Mechanic : Ressurection. C’est justement tout le contraire ici : le personnage est un taiseux invisible au service d’une organisation tout aussi occulte.
Le réalisateur du Justicier dans la Ville I, II & III ainsi que des Collines de la terreur, tous avec Charles Bronson, travaille la persona de l’acteur vieillissant. Winner aime filmer son visage ridé qui permet de suggérer simplement et efficacement au public des personnages marqués par la vie. La star n’a pas la gueule séduisante d’un Yul Brynner quinquagénaire. Mais il a ses tactiques de charmes : sa petite moustache, son regard perçant et son silence qu’il ne cessera d’exercer. Dans Le Flingueur, Bronson interprète un personnage âgé de quarante-quatre ans, alors qu’il a en réalité atteint la cinquantaine. Si son personnage est plus vieux de deux ans que l’acteur Steve McQueen en 1972, Winner exploite le visage marqué de Bronson vieillissant pour suggérer une longue et pénible vie pour Arthur Bishop. Le personnage a une splendide demeure, mais il s’est usé dans une vie solitaire avec un emploi fort particulier.
Charles Bronson est Arthur Bishop, un tueur à gages implacable surnommé « le flingueur »
Winner va plus loin : Bronson joue un tueur qui se sent vieillir. Bishop est conscient d’atteindre un certain âge. Il ne rejette pas le malaise qu’il subit. Au contraire, il accepte le fait qu’il perdra de plus en plus d’énergie et de capacité au fur et à mesure qu’il prendra de l’âge. Justement, Bishop intéresse Steve McKenna, un jeune homme dont il vient d’assassiner le père. L’intérêt est double : d’abord crypto-gay ; puis, de façon plus explicite, dans le potentiel d’action que peut lui apporter cette voie. Le jeune homme a soif d’aventure et n’a pas peur de la mort qui semble au contraire le fasciner. S’ensuit un récit de transmission qui avancera au fur et à mesure des contrats, et qui devra faire face au retournement de l’organisation contre Bishop et son jeune étudiant. Mais une autre question sera posée au cours de ce débordement de violence : enseigner à son apprenti l’art de l’assassinat ne nécessite-t-il pas d’accepter l’ultime épreuve du meurtre du maître par l’élève ? Suspense ! Le reste de l’intrigue ne sera dévoilé, nul doute que vous la dévorerez avec un immense et jouissif plaisir.
Tuerie de Blu-ray
L’édition proposée par Wild Side est comme d’habitude soignée. Comme souvent, on aurait apprécié obtenir davantage de compléments audiovisuels, et comme à l’accoutumée, le livret vient compléter le manque de bonus video. Quant au film, malgré quelques plans nocturnes où le grain est fortement présent, l’image est soignée et même resplendissante (il n’est pas nécessaire de revoir le carnage video du DVD proposé par MGM il y a déjà plus de dix ans pour s’en rendre compte) à l’image du son. Ainsi Le Flingueur (The Mechanic) s’en sort avec une très belle ressortie video.
EXTRAIT – Le Flingueur
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD
Master restauré HD – Format image : 1.85, 16/9ème compatible 4/3 –
Format son : Anglais DTS 2.0 & Dolby Digital 2.0, Français Dolby Digital 2.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h34
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray
Master restauré HD – Format image : 1.85 – Résolution film : 1080 24p – Format son : Anglais & Français DTS HD Master Audio – Sous-titres : Français – Durée : 1h38
COMPLÉMENTS
– American Samourai (30’) : entretien avec Dwayne Epstein, historien du cinéma et biographe de Charles Bronson
– Hired Hand : l’homme de main (10’), ou comment le cinéaste Monte Hellman a failli réaliser Le Flingueur
+ un livret de 86 pages, avec un texte écrit par Samuel Blumenfeld, accompagné de photos d’archives
Avec ses combats titanesques et ses interrogations existentielles, Mazinger Z Infinity plaira aux inconditionnels du genre et pourrait permettre à certains profanes du genre de découvrir un monde animé à la grandiloquence épanouie.
Au regard de Mazinger Z Infinity, dont le personnage de Mazinger Z fête les 45 ans de création, les spectateurs que nous sommes se croiraient sur le canapé de la maison familiale en train de regarder un épisode de Goldorak durant le club Dorothée. Tout cela ne nous rajeunit pas mais le plaisir reste intact. Certes, avec ses personnages déjà caractérisés, son univers ample, ses enjeux mondiaux et son dialecte technologique qui lui sont propres, le film de Junji Shimizu pourrait parler à un public de connaisseurs, notamment ceux de Goldorak et de Mazinger Z. Sauf que derrière cette mécanique, déjà plus ou moins bien huilée, Mazinger Z Infinity ne révolutionne pas le genre et s’inscrit dans cette veine héroïque des films d’animations mettant en scène des combats entre méchants.
Loin d’avoir l’atmosphère crépusculaire et dépressive d’un Neon Genesis Evangelion, Mazinger a un parfum des années 1980 tant dans ses dessins et le découpage de ses scènes d’actions aériennes et explosives que durant ses plages d’expositions où les personnages dérivent sur eux-mêmes. Même si parfois, le contexte peut parfois paraître inconnu pour les néophytes, voire brouillon avec ses multiples strates de récit (les multiples dimensions etc…), le film traite de nombreux sujets et brasse un éventail assez large de combats pour que l’intrigue devienne rapidement limpide : le duel entre ceux qui veulent protéger la Terre et ceux qui veulent la détruire ou s’en emparer, le questionnement sur l’être humain et sa place face à la science, l’héroïsme de tout à chacun et le plaisir d’une vie, les traumatismes japonais .
Dès lors Junji Shimizu arrive à rendre lisible mais complexe un récit qui aurait pu être très vite incompréhensible pour un film qui prend les allures de conclusion d’une saga. Les rouages du film sont à la portée de tous mais les antécédents entre les personnages et le background de chacun nous sont plus ou moins méconnus : à ce moment-là, la barrière du langage cinématographique devient forte et l’empathie se rapproche du zéro. De ce postulat, on peut se demander à qui s’adresse la distribution d’un tel film ? Notamment avec cette exploitation en salle de manière totalement isolée.
La réponse n’est pas évidente : et à l’image du film, qui, si on n’est pas fin connaisseur de la saga, voit l’intérêt du spectateur décroître au fur et à mesure des minutes. Mazinger Z ne démérite pas et offre un spectacle qui pourrait ravir au plus grand nombre, aux petits comme aux grands, avec ces batailles épiques et ses « robots géants » à l’iconisation guerrière terrassante. Malgré ses personnages un peu transparents et ses sous-couches de récit, Junji Shimizu arrive à joindre les deux bouts avec une œuvre généreuse.
Synopsis : Dix ans sont passés depuis que Kôji Kabuto (Alcor), aux commandes du super robot Mazinger Z, créé par son grand-père, a ramené la paix en combattant l’Empire des Ténèbres et le maléfique Dr Hell. Aujourd’hui, Kôji Kabuto n’est plus pilote, il a pris le chemin de son père et grand-père en devenant scientifique. A l’occasion de ses recherches, il découvre une structure gigantesque profondément enterrée sous le mont Fuji. Il détecte de mystérieux signes de vie. Il s’en suit de nouvelles rencontres, de nouvelles menaces et bientôt, un nouveau destin pour l’humanité. Kôji Kabuto doit prendre une décision pour l’avenir : Dieu ou Démon, il lui faut choisir. Une nouvelle fois, c’est à MAZINGER Z que revient la lourde charge de sauver le monde.
Bande Annonce : Mazinger Z Infinity
Fiche Technique : Mazinger Z Infinity
Titre original : Mazinger Z Infinity
Réalisateur : Junji Schimizu
Scénario : Takahiro Ozawa
Musique : Toshiyuki Watanabe
Distribution (France) : Eurozoom
Durée : 90 min.
Genre : film animation
Date de sortie : 22 Novembre 2017
La septième édition du Paris International Fantastic Film Festival va se dérouler du mardi 05 au dimanche 10 décembre 2017. Toutes les séances seront programmées dans l’écrin du Max Linder Panorama. Cette nouvelle édition regorge de longs-métrages attendus de pied ferme par les passionnés de cinéma de genre.
Si la séance de Jigsaw n’a pas été suffisante pour étancher votre soif de films d’horreur pour Halloween et que vous attendez désespérément la réunion des légendes du genre dans les années 1980 et 1990 avec Death House, le cinéma Max Linder Panorama et les organisateurs du PIFFF ont pensé à vous !
Les cinéphiles, qui ont une passion inavouable pour le cinéma de genre, vont en effet pouvoir profiter de séances exceptionnelles dans la magnifique salle des Grands Boulevards durant la folle semaine du mardi 05 jusqu’au dimanche 10 décembre 2017. Le PIFFF propose, depuis sa création en 2011, une sélection de courts et de longs-métrages fantastiques inédits. Une rétrospective est dédiée chaque année aux classiques et aux raretés. Le PIFFF milite donc courageusement pour la reconnaissance et l’exposition du cinéma de genre. Le festival offre l’opportunité au public de découvrir le meilleur de la production fantastique dans un cadre et dans des conditions exceptionnelles. Les équipes des films et de nombreux invités sont présents pour la plupart des projections.
L’édition 2017 de ce festival est attendue avec beaucoup d’impatience par tous les lecteurs de Mad Movies. La programmation de cette septième cuvée du PIFFF est en effet particulièrement alléchante. Entre le tout dernier Godzilla, une nouvelle adaptation barrée de manga signée Takshi Miike, le survival du réalisateur japonais Ryûhei Kitamura (Versus, Godzilla Final Wars), ou les origines de ce bon vieux Leatherface (Massacre à la tronçonneuse), proposées par les frenchies Alexandre Bustillo et Julien Maury, les spectateurs auront l’embarras du choix pour célébrer le cinéma de genre et expérimenter des séances cultes. Des courts-métrages français et internationaux seront également projetés dans le cadre du festival.
Comme chaque année un système de pass est proposé afin d’assister à toutes les séances. Les places à l’unité sont accessibles depuis le site de l’événement ou sur la billetterie du Max Linder Panorama. Le lundi 11 et le mardi 12 décembre, des projections supplémentaires de films en compétition sont orchestrées. Le PIFFF est notamment organisé en association avec le magazine Mad Movies et en partenariat avec Ciné + Frisson et Sens Critique.
En restant dans la veine du film sombre et imprégné des fantômes du passé, le norvégien Joachim Trier s’essaye au thriller teinté d’horreur dans une version très personnelle. Verdict.
Synopsis : Thelma, une jeune et timide étudiante, vient de quitter la maison de ses très dévots parents, située sur la côte ouest de Norvège, pour aller étudier dans une université d’Oslo. Là, elle se sent irrésistiblement et secrètement attirée par la très belle Anja. Tout semble se passer plutôt bien mais elle fait un jour à la bibliothèque une crise d’épilepsie d’une violence inouïe. Peu à peu, Thelma se sent submergée par l’intensité de ses sentiments pour Anja, qu’elle n’ose avouer – pas même à elle-même – et devient la proie de crises de plus en plus fréquentes et paroxystiques. Il devient bientôt évident que ces attaques sont en réalité le symptôme de facultés surnaturelles et dangereuses. Thelma se retrouve alors confrontée à son passé, lourd des tragiques implications de ces pouvoirs….
Chemin de croix
Que le distributeur du film livre un synopsis d’une telle longueur est une indication quant à la nature du film : l’intrigue n’est pas le plus important, puisqu’on la dévoile beaucoup dans ledit synopsis, mais la manière de faire du réalisateur qu’on a appris à apprécier depuis le culte Oslo, 31 Août…
Et pourtant, le film commence par une très belle séquence enveloppée d’un mystère prometteur. Un homme et sa fillette partent à la chasse en traversant un lac gelé sous la surface duquel circulent des poissons. Une très belle scène qui débouche sur une autre bien plus inquiétante lorsque l’homme détourne son fusil de la biche qu’il était en train de viser pour le pointer vers la petite fille.
Cette ambiance de mystère est cependant assez vite mise de côté, car Joachim Trier revient vers une réalité plus terre-à-terre où Thelma (Eili Harboe), la fille de Trond (Henrik Rafaelsen), l’homme au fusil, est à l’université pour la première fois, très réservée et très timide, rencontrant peu, voire pas d’amis le jour et, le soir, racontant par le menu sa journée assez vide à ses parents. La famille est ultra-chrétienne et Thelma semble traverser sa vie sans aucun élan ni aucune passion, entre les prières et l’obéissance filiale. Très vite pourtant, sa vie change. Elle rencontre la belle Anja (Okay Kaya), dont la présence l’hypnotise et lui provoque des crises semblables à l’épilepsie. Thelma est en proie à un désir violent et interdit pour Anja. Anja quitte son petit copain, et semble happée par le même désir. A moins que…
Le spectateur est emmené vers un univers métaphorique au centre duquel se dressent, telles des bûches, tous les refoulements possibles et imaginables d’une Thelma conditionnée par des parents qui appliquent à la lettre les paroles de leur bible. Quand on découvre que les crises ne sont pas épileptiques et qu’en plus elles déclenchent des « facultés surnaturelles et dangereuses » chez Thelma (dixit le synopsis) on se dit qu’à nouveau le réalisateur n’a pas les mots pour décrire l’indicible, pour décrire ce que la jeune femme semble vivre : hier quand elle était une petite fille inquiétée et inquiétante, aujourd’hui comme jeune adulte torturée percluse de traumatismes, ce contre quoi elle se bat de manière littéralement surhumaine. Il n’avait pas non plus les mots pour exprimer la souffrance du taiseux Anders (Anders Danielsen Lie) dans Oslo 31 Août, recroquevillé dans un mutisme fatal, ni le désarroi de cette famille que le personnage d’Isabelle Huppert a laissée endeuillée. Joachim Trier aime les personnages sobres en surface, scandinaves au fond, mais bâillonnés par la mort jusqu’à l’obsession.
Tous les personnages du film présentent d’ailleurs cette façade de glace nordique, impassible, illisible. Les voix ne sont que murmures, et tout est incroyablement effacé, de manière presque fascinante, sauf bien sûr les fantaisies de Thelma à propos d’Anja, enveloppées là d’une couleur chaude et d’une musique caressante.
Le film est un maëlstrom de genres. Le genre initiatique tout d’abord pour cette jeune fille qui expérimente la première gorgée d’alcool, la première bouffée de cigarette et surtout ses premiers émois sexuels à l’université. Loin de ses parents castrateurs d’ego, Thelma s’essaie à l’interdit. Le genre onirique ensuite qui met en scène des serpents malfaisants et des oiseaux de mauvais augure dans les rêves de Thelma, des symboles pseudo-mystiques tout en étant hyper-sexualisés. Mais surtout le cinéaste invente un film d’horreur très low key et sans beaucoup de budget, où des disparitions de personnes se règlent à coups de champ/contrechamp et où l’ennemi prend bêtement feu au milieu d’un lac, sans aucune esbroufe. C’est ce mélange, plutôt bien mis en scène et joliment filmé, qui fait la réussite de Thelma, un métrage viscéralement mélancolique et dont le côté un peu programmatique de la réalisation très léchée ne nuit pas à son attrait. Joachim Trier et son co-scénariste Eksil Vogt (Blind) ont trouvé le bon dosage pour leur cinéma très particulier, infiniment triste sans être plombant et dont la beauté nous reste longtemps après. Le sourire et la scène de la fin ont beau faire une référence appuyée à certains films de Brian de Palma, Thelma n’en reste pas moins un film très personnel et Joachim Trier s’impose comme un cinéaste singulier qu’on espère pouvoir suivre encore longtemps.
Thelma : Bande-annonce
Thelma : Fiche technique
Titre original : Thelma
Réalisateur : Joachim Trier
Scénario : Joachim Trier, Eksil Vogt
Interprétation : Eili Harboe (Thelma), Okay Kaya (Anja), Henrik Rafaelsen (Trond), Ellen Dorrit Petersen (Unni), Grethe Eltervåg (Thelma à 6 ans), Vanessa (Vilde la mère de Anja)
Musique : Ola Fløttum
Photographie : Jakob Ihre
Montage : Olivier Bugge Coutté
Producteurs : Thomas Robsahm, Coproducteurs : Eksil Vogt, Stephan Apelgren, Tomas Eskilsson, Fredrik Heinig, Eva Jakobsen, Mikkel Jersin, Jean Labadie, Mattias Nohrborg, Thomas Pibarot, Katrin Pors
Maisons de production : ProductionMotlys, Eurimages (Fonds du Conseil de l’Europe), Film i Väst, Le Pacte, Snowglobe Films
Distribution (France) : Le Pacte
Budget : NOK 47 500 000
Durée : 116 min.
Genre : Drame, Science-fiction
Date de sortie : 22 Novembre 2017
Le nouveau long-métrage d’Anne Fontaine, Marvin ou la belle éducation, divise les téléspectateurs. S’agit-il d’un film moralisateur à l’égard d’une classe sociale défavorisée ou bien simplement d’une œuvre pleine de cœur?
Synopsis: l’histoire de Marvin Bijoux et sa volonté de quitter son petit village des Vosges ainsi que sa famille dysfonctionnelle. Fuir l’intolérance et le rejet dont il est victime, lui qui est « différent ». Plus tard, devenu Martin Clément, il décide de créer sa propre pièce de théâtre racontant son histoire.
Précédemment annoncé comme l’adaptation du roman d’Edouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule, le long-métrage d’Anne Fontaine ne s’inspire en vérité que partiellement de cette histoire, le statut d’adaptation propre ayant été retiré du générique. Cela dit, les deux histoires sont tout de même similaires.
Une sensation d’étouffement
Le cadre est très serré, tant pour montrer l’étau dans lequel est pris le jeune Marvin, collégien, que pour faire partager son ressenti intérieur. Lui qui rêve de s’en aller, de se laisser aller à être comme il est au fond de lui, homosexuel. Mais dans son village, les habitants sont du genre à taguer sur les abribus des insultes aux « pédés ». Alors il voudrait trouver du réconfort auprès de sa famille, mais on ne l’accepte pas non plus. Constamment pris entre son intériorité et la vérité à laquelle il est confronté, il est également victime du rejet de son grand-frère violent, de son père au chômage et sa mère qui a du mal à joindre les deux bouts. Au collège, il n’a pas d’amis et est la tête de turc d’une bande de gamins qui, eux, savent ce qu’il a en lui. Alors comment s’épanouir dans de telles conditions? Quand la violence des autres fait taire ce que l’on a en soi?
Anne Fontaine n’hésite pas à nous confronter à des images crues pour montrer qu’une telle réalité existe. Elle appuie d’autant plus la souffrance et le questionnement intérieur de Marvin en confrontant le spectateur à des dialogues simples mais vraisemblables et parfois incompréhensibles. Toutefois, le film n’échappe pas à quelques clichés, celui de la famille campagnarde arriérée par exemple. L’on pourrait s’interroger sur la qualité d’écriture du film, qui présente un Marvin adulte, devenu Martin qui ne semble pas épanoui par sa liberté pourtant retrouvée. Le film montre le cheminement intérieur complexe de l’enfant qui grandit et ne s’accepte pas pour autant. Sans doute brisé par ce qu’il a vécu. L’histoire ne se fait pas moralisatrice : la caméra de la réalisatrice choisit de nous montrer les personnages tels qu’ils sont, sans jugement de valeur. C’est au spectateur de se faire sa propre idée.
Un rêve d’émancipation
C’est au travers d’autres personnages que Marvin ou Martin va trouver son salut. Tout d’abord, par hasard, grâce à la directrice de son collège qui lui présente des cours de théâtre. Ou bien plus tard, quand il commence enfin à accepter son homosexualité, à travers le personnage d’Abel Pinto, joué par Vincent Macaigne, toujours très juste. La réalisatrice décide de nous livrer avec cette œuvre une histoire d’émancipation, dans laquelle le personnage essaie de s’extirper de sa condition sociale défavorisée jusqu’à arriver dans les hautes sphères de la société. Mais il n’en est pas heureux pour autant. Lui qui vient de la campagne ne se trouve pourtant pas à sa place au sein des classes aisées.
Trois scènes particulièrement fortes retiennent notre intention: celle où le collégien attend que le train le percute mais qui le rate, montrant sa détresse intérieure, et filmée avec brio de dos par Anne Fontaine. Celle où Martin adulte arrive finalement à trouver un modèle auquel se rattacher, lors de sa première rencontre avec Abel. Et enfin, la dernière scène, celle du spectacle avec la magnifique Isabelle Huppert, où la caméra demeure en retrait. La réalisation choisit de se trouver au plus près des personnages, avec des couleurs parfois ternes (dans la maison familiale) ce qui rappelle également de, par son cadre, le film de Xavier Dolan, Mommy.
D’ailleurs les acteurs sont tous justes et pertinents dans leurs rôles. A commencer par le jeune Jules Porier dont le regard voilé tout au long du film reste saisissant. L’interprète de Marvin (Finnegan Oldfield), devenu Martin une fois adulte confirme quant à lui son talent. Les autres acteurs, livrent aussi une performance correcte (Catherine Salée dans le rôle de la mère dépassée, Grégory Gadebois dans le rôle du père…), seul le personnage de Charles Berling est peut-être un peu caricatural, en tant qu’homme d’affaires aux nombreuses liaisons.
Le bémol du long-métrage est cependant d’être un peu trop long, et comme il est assez éprouvant aussi bien au niveau sensationnel qu’émotionnel, il peut paraître trop étouffant. Ceci prouve aussi sa valeur car il ne laisse pas indifférent.
Marvin ou la belle éducation, donc, livre une histoire intéressante, sous le prisme du parcours atypique d’un personnage désireux de s’extirper de sa condition première. Et on n’en ressort pas indemne.
Marvin ou la belle éducation : Bande-Annonce
Marvin ou la belle éducation : Fiche Technique
Titre : Marvin ou la belle éducation
Réalisation : Anne Fontaine
Scénario : Anne Fontaine et Pierre Trividic
Interprétation : Jules Porier, Finnigan Oldfield, Vincent Macaigne, Grégory Gadebois, Catherine Salée, Catherine Mouchet, Charles Berling…
Photographie : Yves Angelo
Décors : Emmanuel de Chauvigny
Costumes : Elise Ancion
Produteurs : Philippe Carcassonne, Jeans-Louis Livi, Pierre-Alexandre Schwab, Christophe Spadone, Stéphane Célérier, Valérie Garcia (Coproducteurs)
Sociétés de Production : Ciné@, P.A.S Productions, F comme Film
Distributeur : Mars Films
Durée : 113 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 22 novembre 2017
Le Brio est le 7e film d’Yvan Attal en tant que réalisateur et son 1er sans Yvan Attal comme acteur. C’est une histoire de contraires qui s’attirent et finissent par adorer se détester. Rien de bien nouveau sous le soleil du cinéma français, mais de quoi passer un moment plutôt agréable à rêver d’ascension sociale et de cynique au grand cœur.
Salaud, on t’aime
Cette semaine chez CineseriesMag, on a décidé de faire un jeu. Le principe est de changer nos habitudes. Les films ont donc été attribués « au hasard » à une plume et si possible en éloignant chaque critique de son univers habituel. En quelque sorte, nous avons décidé que le film ne fait pas le critique. Et c’est aussi un peu, tiens tiens, le sujet du dernier film en date d’Yvan Attal, Le Brio. Dans le film, Neïla se demande si l’habit fait ou non le moine au cours d’un des tours du concours d’éloquence auquel elle est inscrite pour sa « fac de fachos » (en apparence), Assas. Le jeu du film, est de tenter de déconstruire les clichés. Comment ? A coup de mots, et d’une petite dose (mais quand même!) de bons sentiments. Si le film donc ne fait pas le critique, et que le cinéphile peut tout autant s’extasier avec Justice League, Faute d’amour ou encore Jalouse pour prétendre aimer le cinéma, le critique peut-il faire le film ? Non, nous ne tentons pas de raviver ici la vieille polémique sur le critique aigri car il n’a pas pu faire de film/ou autre oeuvre d’art et passe donc sa vie à critiquer (le terme est ici forcément négatif et sans nuance) l’œuvre d’un autre (et le plus souvent s’il vous plait, un génie incompris). Ici, nous nous demandons plutôt si le critique peut faire la réputation du film. Là encore Le Brio se prête assez facilement à la réponse, ou du moins au questionnement, puisqu’il est partout (sans chercher à parodier le titre du précédent film d’Yvan Attal). Oui, littéralement partout dans la presse télévisuelle et écrite, mais aussi à la radio à tel point que l’on peut finir par croire qu’un seul film seulement sort cette semaine au cinéma. Il ne sera donc pas ici question de vous convaincre ou non que Le Brio est un bon film, qui peut-être remplit bien son contrat et vaudrait alors le déplacement dans une salle obscure.
Quand l’élève dépasse le maître
Un contrat rempli d’abord en apparence grâce à celle que la presse qualifie d’ores et déjà de « révélation » (mais la semaine dernière c’était la Maryline de Galienne interprétée par Adeline d’Hermy), Camelia Jordana. La jeune actrice de 25 ans fait bien le job, sans surprise cependant, devenant peu à peu au cours du film, un peu comme son personnage, plus sûre d’elle, plus sereine. Elle parvient à bien parler et à faire passer des émotions. A ses côtés se trouve la parfaite antinomie en la personne de Daniel Auteuil qui, n’ayant plus rien à prouver à personne, se contente de faire ce qu’on attend de lui, à savoir jouer le salaud, mais au cœur tendre. Bref, Daniel Auteuil est le paradoxe du film, la figure forte, soit le prof d’Assas provocateur Pierre Mazard, qui se fait dépasser par son élève, la lumineuse et banlieusarde Neïla Salah. Le tout est saupoudré d’une rencontre houleuse et pour le moins fracassante qui laissera place à une belle amitié. Nous ne sommes pas là face à une « bataille des sexes », comme celle qui se joue dans le film de Jonathan Dayton et Valerie Faris, mais plutôt à une lutte des classes où il s’agit de se détacher de son passé pour de se donner un avenir. Coïncidence ou non, la même semaine Marvin (ou la belle éducation, le sous-titre a de l’importance) se bat lui aussi pour s’extirper de son milieu d’origine. Il est le petit frère de cinéma du personnage aussi fictif que réel qu’Edouard Louis a dépeint, se dépeignant ainsi lui-même, dans En finir avec Eddy Bellegueule, faisant naître la polémique sur le dédain avec lequel il traitait sa famille dans ses pages. Pour en revenir au Brio, c’est aussi en quelque sorte « l’amende honorable » (comme Neïla l’est et ne veut pas l’être pour Pierre) d’Yvan Attal qui se relève un peu de l’échec critique que fût Ils sont partout. Pour cela, il vante des valeurs aussi simples que le pouvoir des mots, la force de l’éducation. Et son film s’ouvre sur des mots justement prononcés par des figures majeures qui s’opposent à la paresse, à leur époque (et si c’était elle qui avait tort?), et qui disent que ce sont les mots qui font l’idée et pas le contraire. Cette dernière formulation, on la tient d’une apparition furtive de Gainsbourg dans Le Brio, non pas celle qu’on attend, mais plutôt son père, oui le père de la femme d’Yvan Attal qui est une actrice. Serge nous prouve donc dans une image d’archive, la force du mot qui va véhiculer l’idée. Au final, Le Brio vaudra quelques mauvais jeux de mots aux critiques sur sa mise en scène réalisée « avec brio ». Ici, on est plus nuancés sur cette mise en scène : il y a quelques belles idées, notamment dans le métro, sinon c’est l’opposition classique entre le vieux solitaire qui mange seul et la jeune fille aimée qui s’amuse avec ses amis. Puis il y a les scènes de « foule » où Neïla fait entendre sa voix, promet de dire la vérité, même si celle-ci n’existe finalement que le temps qu’elle parle. Au final, Le Brio est ivre de mots, tente sans cesse de faire évoluer ses personnages, de les sortir des sentiers battus, quitte à forcer le trait. Pierre est ainsi dans les mots de Neïla un cynique qui a trop de mots, de passions. Le Brio lui aussi est un produit un peu trop beau, un poil trop calibré pour nous convaincre complètement.
Le Brio : Bande annonce
Le brio : Fiche technique
Réalisateur : Yvan Attal
Scénario : Yaël Langmann, Victor Saint Macary, Yvan Attal
Photographie : Remy Chevrin
Montage : Cécile Lafite-Dupont
Sociétés de production : Chapter 2, Moonshaker, Pathé Production, France 2 Cinema, CN6 Productions
Distributeur : Pathé Distribution
Genre : Comédie
Durée : 95 minutes
Date de sortie : 22 novembre 2017
Avec La Lune de Jupiter, le réalisateur hongrois Kornél Mundruczó réutilise la recette qui avait marché avec son précédent film White God, à savoir mélanger un récit réaliste et social avec une dimension fantastique. Un exercice pour lequel le cinéaste préfère s’attarder sur la forme plutôt que le fond.
Depuis quelques années, le formaliste Kornél Mundruczó devient petit à petit une coqueluche des festivals internationaux. Ayant marqué les esprits avec White God en 2014 qui faisait miroiter les maux de la société au travers des yeux d’un chien, il était reparti de Cannes avec le prix de la sélection un Certain Regard et du Festival Européen du film Fantastique de Strasbourg avec l’Octopus d’or. Rebelote 3 ans après, avec La Lune de Jupiter le voilà en compétition officielle à Cannes, en compétition au FEFFS et à l’Étrange Festival d’où il repartira avec le Grand Prix. Une nouvelle fois, le cinéaste hongrois va utiliser le cinéma de genre afin de faire passer un message sociétal. Comme le titre l’indique, c’est l’Europe qui sera cette-fois ci prise pour cible par Mundruczó. En effet, Europe est l’un des 69 satellites (ou lunes) de la gigantesque planète Jupiter. S’intéressant à la crise migratoire qui secoue le continent depuis quelques années, Mundruczó va conter le destin d’un jeune immigrant qui se retrouve, après s’être fait tirer dessus, avec la faculté de léviter.
Dès le départ, Mundruczó plante le contexte particulièrement dur dans lequel va se dérouler son histoire. L’ouverture du film est certainement la séquence la plus réussie, et la plus impressionnante du film. Nous suivons un groupe de migrants à leur arrivée en Hongrie qui commence à se faire prendre en chasse par les autorités. Ce long plan-séquence résume à lui tout seul la situation actuelle que l’on retrouve en Europe, et la difficile condition de migrants. L’un d’eux, le jeune Aryan, se fait tirer dessus et se découvre la capacité de léviter. La mise en scène de Mundruczó va alors s’envoler en compagnie du jeune homme afin d’en mettre plein les yeux aux spectateurs, incorporant avec aisance son imagerie fantastique dans un récit des plus réalistes. Malheureusement malgré ce départ saisissant, le reste de l’affaire ne sera pas aussi reluisant. En effet, Mundruczó va accumuler de nombreux faux pas et cela va clairement atténuer le message de son entreprise.
Ce genre de projet est assez casse-gueule, et l’on peut très vite tomber dans du misérabilisme ou du manichéisme. Après que le pouvoir particulier de Aryan ait été découvert par le docteur Stern, celui-ci va alors transformer son patient en véritable bête de foire, le faisant exécuter ses tours mirobolants devant la petite bourgeoisie. À côté de cela, un inspecteur de la police se met en chasse de Aryan, le pensant reliéà une série d’attentats qui ont été commis. Rien qu’à lire ces petites descriptions de l’histoire, on voit les facilités dans lesquelles va tomber Mundruczó. Si la façon dont Stern utilise Aryan arrive à mettre en avant un certain égoïsme et opportunisme de la société européenne (même si ironiquement, c’est un peu ce que fait Mundruczó lui-même), le manichéisme à peine dilué du film rend le tout assez lourd. Hormis le personnage de Stern, qui semble être un bienfaiteur mais qui ne manque pas de se faire un peu d’oseille sur le dos du pauvre Aryan, le reste des personnages manque clairement de nuance. Entre l’inspecteur très méchant qui pense que tous les migrants sont des terroristes et le jeune migrant innocent qui n’a rien demandé à personne et qui se fait mener en bateau, Mundruczó n’a pas cherché très longtemps à développer ses personnages. Cette subtilité inexistante amoindrit clairement le message du film, d’autant plus que Mundruczó y incorpore une dimension christique qui semble être la seule issue pour le migrant.
Malgré tout cela, La Lune de Jupiter est loin d’être un film honteux. S’il pêche sur le fond, il peut se rattraper au niveau de la forme. Mundruczó avait déjà démontré dans ses précédentes œuvres tout l’intérêt qu’il portait à la mise en scène et ici il va s’en donner à cœur joie. Outre le plan séquence d’ouverture déjà évoqué, ce sont bien évidemment toutes ces séquences de lévitation qui marqueront les esprits. Avec sa caméra qui s’envole, qui tourne sur son axe, qui se retrouve à l’envers, Mundruczó multiplie les acrobaties. Le cinéaste hongrois en fait peut-être même un peu trop, quitte à se regarder filmer et préférant enchaîner les tours de forces formels plutôt que d’approfondir son récit. Plutôt amusant d’ailleurs de voir la facilité avec laquelle Mundruczó arrive à enchaîner les plans ahurissants, mais galère à synchroniser le doublage de Merab Ninidze, au point de se demander parfois s’il ne s’agit pas d’une voix off qui parle pour le docteur Stern.
Bilan mitigé donc pour La Lune de Jupiter qui n’arrive pas à transcender son sujet en or, Mundruczó accumulant les démonstrations techniques plutôt que d’offrir une véritable densité à son histoire. Reste que les fameuses séquences de lévitations s’imprimeront sur la rétine du spectateur à défaut de retenir quelque chose d’autre.
La Lune de Jupiter – Bande-Annonce
La Lune de Jupiter – Fiche Technique
Réalisateur : Kornél Mundruczó
Avec Merab Ninidze, Zsombor Jéger, György Cserhalmi, Monika Balsai
Scénariste : Kornél Mundruczó et Kata Weber
Compositeur : Jed Kurzel
Directeur de la photographie : Marcell Rév
Monteur : David Jancso
Genres : Drame, Fantastique
Date de sortie : 22 novembre 2017
Durée : 2h 03 min
Ce 8 novembre est sorti en DVD et Blu-ray The Girl With All The Gifts. Avec au casting Paddy Considine, Glenn Close et Gemma Arterton, le film post-apocalyptique britannique conte le parcours d’une jeune fille qui serait l’antidote d’un virus ayant infecté et transformé la majeure partie de la population mondiale en affamés de viande humaine. Retour sur le long métrage efficace mais sans réelle surprise de Colm McCarthy.
Synopsis : Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène « zombie » qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, Melanie, qui semble être la plus surdouée d’entre eux, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Melanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme celui de l’humanité toute entière.
The Last of Us
Le visionnage du film réveillera les souvenirs de quelques joueurs de PlayStation 3 et 4, précisement ceux liés à The Last of Us, développé par Naughty Dog et sorti 2013. Dans le jeu vidéo, Joel, un survivant de la pandémie qui a ravagé l’humanité, va être chargé du bien être d’Ellie, une jeune fille mordue par un infecté mais qui ne s’est pas transformée. La jeune fille représente ainsi l’espoir d’un traitement pour le genre humain, et elle devra être amenée dans un hôpital de résistants à Salt Lake City. Après un long périple, la vie d’Ellie est menacée par ces mêmes résistants qui veulent déloger le champignon mutant qui se trouve dans son cerveau afin de (tenter de) créer un vaccin contre l’infection… Nous n’irons pas plus loin dans le dévoilement de ce récit qui a plus qu’inspiré The Girl With All The Gifts. Notons que cette histoire vidéoludique a emprunté à un grand nombre de récits, de Je suis une Légende de Matheson au filmique Le Fils de l’Homme en passant bien sûr par l’œuvre riche de George A. Romero.
Le film de Colm McCarthy a même repris la forme d’infection fongique du jeu. Ainsi, les individus touchés sont contaminés via une morsure et des spores par une forme de champignon grandissant à l’intérieur d’eux. Le mal neutralise la volonté des individus qui n’ont plus pour seul objectif que de propager le virus. Spores, infectés ayant du mordant, virus végétal dominant les corps (sans aller jusqu’au claqueur, zombie au visage modifié par le virus), le long métrage britannique s’avère être une adaptation libre, inconsciente ou non, de The Last of Us. Le réalisateur n’aurait pas été inspiré par l’œuvre, et pourtant, force est de dire à quel point son film semble avoir été touché sur son récit et son travail visuel. Néanmoins, n’oublions pas que le long métrage est une adaptation du roman éponyme de Mike Carey qui a aussi signé le scénario mis en scène par McCarthy. Il serait ainsi intéressant de creuser la question des influences du côté de l’auteur.
La petite troupe avance dans un paysage urbain post-apocalyptique verdoyant mais dangereux.
The Girl With All The Gifts, sans surprise mais efficace
Ainsi, sans être d’une grande originalité, The Girl With All The Gifts possède néanmoins un récit qui a fait ses preuves. De ses visions post-apocalyptiques à ses combats face aux zombies en passant par les séquences plus poétiques liées à Melanie, le long métrage efficace et excellemment produit de Colm McCarthy réussit tout de même à surprendre avec sa fin. S’il est enfin très bien servi par son casting, on regrettera toutefois Gemma Arterton et son faciès en trois pauses : sourire, mélancolie, angoisse. L’actrice tend de plus en plus à cristalliser son jeu en un nombre limité de jeux d’émotions.
Alors que le Wu-Tang Clan vient de dévoiler un tout nouvel album (The Saga continues), le 13 octobre dernier, l’un des membres les plus influents du groupe, l’artiste RZA, vient de communiquer une information qui va ravir les cinéphiles et les mordus de la filmographie de Jim Jarmusch.
Une suite de l’ovni cinématographique de Jim Jarmusch, Ghost Dog, pourrait bel et bien voir le jour dans les années à venir. Le rappeur RZA vient en effet de révéler qu’il travaillait actuellement au développement d’un nouveau projet dans l’univers de ce film culte avec Forest Whitaker et Isaak de Bankolé. RZA faisait d’ailleurs un caméo dans Ghost Dog. L’artiste avait également signé la bande originale magistrale du long-métrage. Ghost Dog mélangeait habilement les codes des films de mafieux, de la blaxploitation avec la culture asiatique, chère aux membres du Wu-Tang Clan. De très nombreux extraits du Hagakure, La Voie des samouraïs sont lus et distillés tout au long du long métrage. Jim Jarmusch et RZA ont également travaillé ensemble dans le cadre d’une séquence du film à sketches Coffee and Cigarettes, aux côtés de Bill Murray et GZA !
RZA serait donc actuellement en contact avec Jim Jarmusch et Forest Whitaker pour ce nouveau projet Ghost Dog. Cette informaton a été dévoilée au grand jour dans le cadre d’un entretien vidéo avec la rédaction de Télérama.
Je vais vous dire quelque chose de cool à propos de Ghost Dog. Jim Jarmusch, mon bon pote, et Forest Whitaker, ont tous deux signé avec moi et un autre écrivain nommé Dallas Jackson pour produire un autre Ghost Dog. Et nous avons déjà quelque chose d’écrit. Donc peut-être que Ghost Dog va faire son retour sur grand ou petit-écran.
Ce projet, actuellement en développement, pourrait donc déboucher sur un nouveau film ou une série télévisée. Un défi de taille attend néanmoins les scénaristes au regard du final du film de Jim Jarmusch ! Reste à espérer que les comédiens Isaac de Bankolé (l’inoubliable vendeur de glaces) et Camille Winbush (la petite Pearline) participent également à ce grand retour !