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UTU, le Maori Te Wheke se venge en DVD et Blu-ray chez La Rabbia

Ce mercredi débarque pour la première fois en vidéo en France UTU. Réalisé en 1983 par le Néo-Zélandais Geoff Murphy, le long métrage nous plonge dans les dernières années des Guerres de Nouvelle-Zélande et suit la désertion puis la vengeance du caporal Te Wheke, un guerrier maori alors prêt à tout pour exterminer les britanniques.

Synopsis : Nouvelle-Zélande, 1870. Te Wheke, un éclaireur maori des troupes coloniales, retrouve sa tribu massacrée par l’armée – et notamment son colonel – pour laquelle il travaille. Trahi et étreint par la douleur, il jure d’infliger le même châtiment – Utu soit vengeance en maori – aux Pakeha (les Néo-Zélandais d’origine européenne)…

« On a une Histoire qui est à tous » – Geoff Murphy

La citation du scénariste et réalisateur du film est conséquente pour approcher UTU. Si le synopsis suggère un revenge movie suivant Te Wheke, le long métrage suit différents points de vue. En effet, le film va capter les parcours de différents personnages pris dans la tourmente des combats et de la vengeance du Maori. Williamson, un mari venant de perdre sa femme assassinée par Wheke, part alors à sa poursuite en quête de vengeance ; un jeune officier aux tactiques prometteuses ne cesse de voir son habilité au combat remise en question par son supérieur ; ce dernier, colonel, est un crétin arrogant pédophile qui n’a d’yeux que pour la gloire ; Wiremu, un officier maori au service des Britanniques, ouvert au monde et connecté à ses racines et à sa terre, accomplit son devoir sans oublier le sens de la justice ; une jeune Maori jongle entre le camp de Te Wheke et celui des British, elle se rapprochera d’ailleurs du jeune officier ; un des soldats de Wheke est fidèle à son poste puis sera blessé au cours d’une bataille pour être assassiné par son propre leader… Autant de regards croisés qui vont venir construire le périple historique et donc collectif d’UTU.

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‘UTU’, un western néo-zélandais de Geoff Murphy

Cette expérience plurielle de l’Histoire trouvera son point culminant dans l’émouvante scène finale du film (attention, les lignes qui vont suivre risquent de vous spoiler la fin du métrage). Te Wheke est blessé puis arrêté après une importante traque et un tumultueux gunfight. Le veuf, qui n’aura cessé de s’armer lourdement (on le retrouvera dans le dernier acte avec un fusil à quatre canons), réclame la vengeance. La cousine du soldat de Wheke assassiné, qui est aussi la mère de la jeune amoureuse qui aura aussi été tuée des mains de Te Wheke, veut elle aussi se venger. Le jeune officier, qui préside un tribunal militaire de fortune, déclare l’inculpé coupable, mais il désire surtout le voir mort parce qu’il a perdu son amour maori. Multiples sont les individus qui cherchent à mettre en œuvre leur vengeance, soit Utu. C’est l’officier Wiremu qui leur fait remarquer cela. Ils sont aveuglés comme Wheke a pu l’être. Oui, ce dernier est coupable : il a assassiné des innocents, tué ses pairs pour leur fragilité ou par paranoïa… L’officier explique alors qu’il est le plus impartial juge d’entre tous, quand bien même il serait le grand frère de Te Wheke. Il a d’ailleurs abattu le colonel en pleine bataille sans qu’il soit reconnu par un soldat. Car il fallait rendre justice. Le colonel était responsable du massacre et de la destruction du village, cause de la quête de vengeance de Te Wheke. A ce propos, ce dernier, lors de son périple vengeur, a rendu coup pour coup, a pris un civil pour un Maori tué, et caetera. Mais il est allé bien au-delà. Ainsi justice doit être rendue. Si celle-ci sera executée par un coup de fusil, Wiremu la rendra dans la paix via un rituel maori que toutes et tous partageront.

Cette merveilleuse séquence met en avant l’harmonie d’hommes et femmes de groupes différents et aux objectifs propres conséquents. Tous réussissent à aller au-delà, pour se réunir autour d’un rituel qu’ils partagent et qui leur appartient à tous. Murphy met ainsi fin aux violences de son western en mettant face à l’Utu qui traverse l’ensemble du film une réunion harmonique néo-zélandaise. Les combats continueront même dans cent ans, déclarait un jeune Maori au service des Anglais. Peut-être, nous répond le film, mais savourons ce moment de paix. Enfin, Wimeru confirme à Te Wheke qu’il ira au paradis malgré tout. Car Utu est un mal bien humain et qui n’a pour l’instant cessé de hanter les esprits. Mais lorsque les ténèbres nous aveuglent, n’oublions pas ce qui est juste, le dialogue, la communion avec l’autre et notre espace… N’oublions pas de faire exister la paix.

Une édition vidéo soignée

La Rabbia propose de découvrir le film dans une édition vidéo soignée, que ce soit en DVD ou en Blu-ray, malgré une certaine instabilité visuelle sur certains plans et quelques flous. Grâce à un remaster formidablement réussi, le grain est préservé sans être envahissant. Au niveau sonore, le film, à nouveau grâce au remaster, a bénéficié d’une piste 5.1 supervisée elle aussi par le réalisateur. Du côté des bonus, vous trouverez un making of inédit fort intéressant d’une durée de quarante minutes, ainsi que l’éternelle présence de la bande-annonce du film. Ces deux éléments sont complétés par un livret empli de « photos inédites » et de textes revenant entre autres sur l’intrigante histoire de la tumultueuse remasterisation du film. La Rabbia propose ainsi une excellente édition pour découvrir ce monument néo-zélandais dans une version redux supervisée par l’équipe d’origine. Ainsi la version proposée ici n’est pas celle (d’origine) qui a pu être vu au Festival de Cannes en 1983 et en Nouvelle-Zélande à l’époque mais elle porterait la vision « ultime » d’UTU, dixit son scénariste-réalisateur Geoff Murphy : « Le film est plus âpre, plus intelligent, ce qui le rend plus fort. Nous avons retiré des choses qui à l’époque étaient drôles ou pertinentes mais qui, trente ans plus tard, n’ont plus aucun sens. Le travail de Weta Digital sur l’image est incroyable. Elle est plus belle que lors de la sortie initiale du film. Quant au son, il a été remixé en stéréo 5.1. C’est une toute nouvelle expérience. Je suis fier d’y avoir participé. » Quant aux scènes retirées du montage original, ou aux scènes déjà coupées à l’époque, aucun élément n’est présent dans les bonus de l’édition.

Bande-Annonce – UTU, ressortie vidéo chez la Rabbia

INFORMATIONS TECHNIQUES

Langue : Maori et Anglais – Sous-titres : Français – Son : Dolby Digital et DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0 – Image : 16/9 – 1.85 – Couleur – Durée : 1h48

SUPPLÉMENTS

Le making of de 1983 réalisé par Gaylene Preston (42 mn) – La bande-annonce version restaurée – le livret de 40 pages

Prix public : 24,99 €

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UTU
Prix indicatif de l’édition : 24,99 €

E.T. de Steven Spielberg : Petites histoires d’un grand film

36 ans après sa sortie, que reste t’il à dire d’E.T – L’Extraterrestre ? Que peut-on bien ajouter aux milliers de papiers d’analyse et de louanges de ce film culte ? Et surtout, qui ne l’a pas vu ? Alors plutôt que d’en remettre une couche sur l’évidence, racontons les petites histoires d’un grand film…

Traumatisé(e) ? On n’en serait pas moins quand il y a quelques années émergeait ce concept-art reptilien du bon E.T sur Internet. Car, effectivement, le tendre film de votre enfance aurait pu ne jamais voir le jour si, quelques années plus tôt, un autre projet de Spielberg s’était concrétisé.

Intitulé Night Skies, le projet produit par Columbia Pictures est conçu comme une réponse horrifique à Rencontres du troisième type. Soit le débarquement de cinq aliens plus ou moins malfaisants et leur confrontation à une famille de fermiers. Au-delà du budget exponentiel alloué aux effets spéciaux (confiés à Rick Baker pour un tiers du budget global), c’est bel et bien Spielberg qui est de moins en moins convaincu par le traitement de l’histoire, la partie qui l’intéresse le plus étant finalement la plus tendre, soit l’amitié entre Buddee, un gentil extraterrestre et un enfant autiste.

Night Skies n’aboutit donc pas pour toutes ces raisons. Mais Spielberg parle du projet à la regrettée scénariste Melissa Mathinson (qui signera aussi son segment pour La Quatrième Dimension ainsi que Le BGG). Elle développe un script entièrement basé sur la relation entre un extraterrestre et un enfant : E.T and me. Spielberg trouve le scénario parfait et revient donc vers Columbia Pictures qui n’est pas convaincu par le ton enfantin et très Walt Disney. D’autres sources rapportent cependant que Columbia, développant un autre film similaire à l’époque (Starman de John Carpenter) préféra privilégier ce dernier.

 

Quoi qu’il en soit, la suite, on la connait, Universal reprend le bébé et Columbia s’assoit sur le plus gros succès de tous les temps avant qu’un certain Jurassic Park le détrône en 1993. Au-delà des chiffres mirobolants qu’il alignera, de l’amour que le public lui portera, l’impact de E.T se mesurera surtout à l’aune de son rayonnement dans le champ culturel. Si on ne compte plus les reprises du plan iconique du vol devant la lune (devenu logo de la bien aimée Amblin) ou de la réplique « ET téléphone maison », on compte aussi quelques anecdotes savoureuses :

Ainsi, dans le monceau de produits dérivés (livres, figurines, attraction,…), un jeu Atari fut créé à la va-vite en cinq semaines. Considéré comme l’un des pires jeux de tous les temps, nombre d’exemplaires invendus du titre furent enterrés dans le désert du Nouveau-Mexique. Certains voient d’ailleurs dans l’échec du jeu la mort d’Atari. L’exhumation des cartouches en 2014 donnera lieu au documentaire Atari – Game Over.

De même, un succès n’allant pas sans sa cohorte de procès pour plagiat, citons le réalisateur indien Satyatij Ray, soutenu par Martin Scorsese, et son script The Alien écrit en 1967. Citons aussi le procès perdu de Lisa Litchfield accusant Spielberg d’avoir plagié sa comédie musicale Lokey from Maldemar. Plus proche de nous, la française Yvette de Fonclare nota l’étrange similitude entre son roman L’Enfant des Etoiles et le script d’E.T. D’autant plus qu’elle avait envoyé son roman en 1981 chez Disney, compagnie pour laquelle travaillait Mathison à l’époque. L’ironie est qu’on retrouve la « colonne vertébrale » d’E.T dans nombre d’œuvres depuis 1982, jusque dans le récent La Forme de l’Eau de Guillermo Del Toro.

A noter aussi qu’en 1982, il fut un temps envisagé une suite à E.T par Melissa Mathison et Steven Spielberg qui en écrivirent d’ailleurs le premier traitement. Intitulé E.T II – Nocturnal Fears, cette dernière renouait avec l’esprit de Night Skies en voyant Eliott et ses amis kidnappés par des aliens malfaisants et appelant E.T à l’aide. Spielberg décida de ne pas poursuivre le projet, estimant qu’elle ne ferait qu’enlever la pureté de l’original. Une chose assez ironique quand on sait la polémique qui entoura la réédition augmentée du film en 2002 (dans le même esprit que George Lucas et les Star Wars originaux). Abus d’images de synthèses, remplacement des armes par des talkies-walkies, rajouts inutiles,…. Devant le tollé, Spielberg prit publiquement la parole pour s’excuser, comprenant ce qu’il avait altéré pour les fans. A sa demande, les ré-éditions les plus récentes ne comportent même plus la version de 2002.

Couronné de quatre Oscars, 800 millions au box-office mondial depuis 1982, près de 10 millions de spectateurs en France, E.T est encore l’un des rares exemples d’un succès critique et public immédiat qui n’aura pas eu besoin des années pour accéder au rang d’œuvre culte et intemporelle de l’histoire du cinéma. Alors après tous ces tours et ses détours pour ne pas tartiner davantage sur ce que tout le monde sait, parlons très simplement du film et demandons-nous pourquoi ce succès ?

Est-ce parce qu’il convoque nombre des figures du cinéma d’un réalisateur essentiel (la parentalité, l’émerveillement, la candeur) ? Parce qu’il fait figure de film formellement parfait ? Parce qu’il recèle à tout niveau de fabrication une pureté totale ?

Non, nous savons tous parfaitement pourquoi. C’est parce qu’il a fait lever au monde entier des yeux humides vers le ciel, attendant de revoir un jour cet ami extraordinaire venu des étoiles. Nous intimant que tout était possible, surtout l’impossible.

Et cela, nous avions, avons et aurons toujours besoin de l’entendre.

E.T. : Bande-annonce

E.T. : Fiche Technique

Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Melissa Mathison
Interprétation : Dee Wallace, Henry Thomas, Peter Coyote, Drew Barrymore
Photographie : Allen Daviau
Montage : Carol Littleton
Musique : John Williams
Production : Kathleen Kennedy, Melissa Mathison et Steven Spielberg
Studios de production : Universal Pictures
Durée : 115 minutes
Date de sortie : 1 décembre 1982

États-Unis – 1982

Auteur : Adrien Beltoise

Indiana Jones et le Temple Maudit de Steven Spielberg : un deuxième volet à l’identité plus sombre

Diamétralement opposé au premier volet par sa noirceur et un côté exotique moins prononcé, Indiana Jones et le Temple Maudit n’en demeure pas moins une suite d’excellente facture. Cette suite ne fait que confirmer les fondements solides d’une saga devenue culte et intemporelle grâce à son personnage principal.

Synopsis : L’archéologue aventurier Indiana Jones est de retour. Il poursuit une terrible secte qui a dérobé un joyau sacré doté de pouvoirs fabuleux. Une chanteuse de cabaret et un époustouflant gamin l’aideront à affronter les dangers les plus insensés.

Qu’il est difficile de passer après un très bon premier film. Surtout si le premier film en question, Les Aventuriers de l’Arche Perdue, initiateur de la résurrection du genre aventure, est considéré comme culte aujourd’hui. Au-delà de l’impatience des fans de la première heure qu’il fallait combler, l’objectif premier était d’offrir avec Indiana Jones et le Temple Maudit une aventure digne de ce nom à notre héros, sans pour autant afficher une volonté de surfer sur la vague et d’opportunité commerciale. Pari à première vue réussi dès sa sortie en 1984 : le film trouve son public, et rapporte plus de 330 millions de dollars au box-office mondial, tout en convainquant de façon plutôt homogène la presse. Et pourtant …

Rejeton renié

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A l’occasion de la sortie d’Indiana Jones et la Dernière Croisade en 1989, soit 5 ans après son exploitation en salles, un déferlement de critiques négatives heurtent le film. Et ces dernières pour la plupart ne proviennent pas de n’importe qui : en l’occurrence du propre père d’Indiana Jones, Steven Spielberg himself. Il déclara lors d’une interview accordée au Sun Sentinel qu’il n’est « absolument pas content de ce second film », le trouvant  » trop sombre, trop souterrain, et vraiment trop effrayant », le jugeant « même pire que Poltergeist » (qu’il a produit), et « n’y décelant rien comme apport personnel ». Il déclara dans cette même interview que le film n’était qu’une commande après le succès du premier opus, n’était qu’une démonstration de son savoir-faire en tant que réalisateur, et n’était alimenté que par les décisions et prises de position de son comparse George Lucas. En résumé : il s’agit selon lui de son pire film !

Même le mal aimé Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, signant le retour de l’archéologue sur les écrans après quasi vingt ans d’absence,  n’a pas connu un tel dénigrement. On ne peut donc que rester circonspect face à ce désaveu le plus total de la part de tonton Spielberg. Si la majorité de ses arguments sont contestables, on ne peut nier qu’Indiana Jones et le Temple Maudit concentre des défauts que le premier volet ne présentait pas, nuisant un chouïa à la qualité de l’ensemble.

Steven Spielberg affirme que le seul bon point qu’il trouve à ce deuxième film est le fait d’y avoir rencontré et épousé sa femme de l’époque, Kate Capshaw, qui campe Willie Scott, chanteuse de cabaret et comparse malgré elle d’Indiana durant cette aventure. Paradoxalement, cela sera un des principaux reproches faits au film. Bien loin de la témérité et de la force de Marion Ravenwood dans le précédent volet,  Capshaw est l’archétype même du personnage féminin accessoire des années 1980. Gesticulant tous azimuts, criant (« le problème avec elle c’est le bruit ! » attestera Indiana), se plaignant du manque d’un certain confort, elle sera à l’origine d’une ambiance somme toute machiste où Indiana Jones s’imposera en mâle alpha sans subtilité, particularité ne collant pas forcément au personnage, ni au contexte du film. On se souvient plus précisément de cette scène finale où le personnage attrape Scott au lasso et l’amène vers elle afin de lui soutirer un baiser. On a donc l’impression qu’elle soit davantage présente pour ses attributs physiques que pour sa participation au bon déroulement de l’intrigue.

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Cette dernière est le deuxième bât qui blesse : dès la découverte du temple, le sentiment de surplace pré pondère. Contrairement à la première demi-heure, où nous vadrouillons à toute berzingue entre les rues de Shanghai aux forêts indiennes en passant par des montagnes enneigées, le film semble prendre en otage le spectateur pour l’enfermer dans un seul et unique décor, celui du temple en question, et y concentrer son intrigue. Privée de la magnificence des paysages indiens, cette deuxième partie se passe essentiellement sous terre et rejoint ainsi l’argument de Steven Spielberg (« trop souterrain »), participant également au côté trop sombre de l’ensemble. Mais ce dernier point constitue-t-il un argument convaincant ? Pas vraiment !

Une aventure entre noirceur et légèreté

Car ne nous volons pas la face : la violence a toujours plus ou moins implicitement fait partie de l’identité de la saga Indiana Jones. Bien que le Temple Maudit monte le cran au-dessus niveau noirceur (le film a d’ailleurs entraîné la création de la classification PG-13 aux États-Unis), tous les autres opus de la saga présentent certaines scènes au caractère graphique à ne pas mettre sous les yeux du jeune public. Qui n’a jamais été impressionné par l’extermination des nazis lors du final des Aventuriers de l’Arche Perdue ? Ou bien des têtes coupées et la mort de Donovan dans La Dernière Croisade ? Ou dans une moindre mesure, de l’attaque des fourmis dans Le Royaume du Crâne de Cristal ? Une violence certes aseptisée dans les deux derniers opus suite à la mauvaise surprise du rendu final du Temple Maudit, mais présente tout de même. Le côté trop sombre reproché au film est par conséquent un faux problème.

Premièrement, il lui donne en conséquence un visage qui lui est propre au sein de la saga : jamais un épisode ne connaîtra une atmosphère aussi dérangeante que celui-ci. Le Mal prendra la forme d’une secte dirigée par un impitoyable gourou, maître ès sciences occultes et magie noire, pratiquant rituel et autres sacrifices, et réduisant de jeunes enfants à l’état d’esclaves, sans lésiner sur les coups de fouet. Il est incarné par un Amrish Puri des plus effrayants, et en fait le meilleur méchant de la saga. Parfaitement représentative du personnage, la scène du sacrifice, dont le point d’orgue reste le cœur enflammé de la victime au creux de sa main accompagné d’un rire sadique, glace le sang. De même, Harrison Ford apporte une dimension nouvelle au personnage éponyme, plus complexe qu’il n’y paraît. Voulant récupérer les pierres pour son gain personnel, il fera de cette quête une affaire personnelle lorsqu’il s’agira de délivrer les enfants. Défenseur de la veuve et l’orphelin, père de substitution au personnage de Demi-Lune (la seule apparition à l’écran de Jonathan Ke Khan avec Les Goonies !) passant à un moment du côté obscur, le développement du personnage dans cet opus en fait un héros des plus complets.

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Deuxièmement, cet aspect sombre est amoindri par une légèreté que l’on ne soupçonnait guère et que bizarrement beaucoup de spectateurs oublient au premier abord. Le personnage de Demi-Lune, qui a marqué des générations entières, s’éloigne du côté purement sidekick rébarbatif en offrant beaucoup de tendresse, surtout vis-à-vis de sa relation avec le docteur Jones, se mêlant à de vrais moments comiques. D’ailleurs, Spielberg va même plus loin en entremêlant souvent de l’effroi avec de purs instants de comédie. Et ce parfois dans le même plan. La scène du dîner au temple en est le parfait exemple. Entourée de mets plus que douteux, entre des serpents, des araignées et de cervelles de singes, Kate Capshaw demande à un serveur une simple soupe. Cette dernière, visiblement ravie de la recevoir, se met à la touiller … avant de trouver des globes oculaires y baignant.

En résulte en définitive un blockbuster très bien mené, au rythme mené tambour battant, et aux allures de véritable roller coaster, à l’image de l’hallucinante poursuite en chariots de mine à la fin du long métrage. Car dans le difficile exercice de la suite, Indiana Jones et le Temple Maudit s’en sort très bien. Bien que désavoué par Tonton Steven, il reste ce qui se faisait de mieux en matière de divertissement pop-corn dans les années 80. Et l’ensemble porte malgré tout la patte de son auteur.  

Indiana Jones et le Temple Maudit : Bande Annonce

Indiana Jones et le Temple Maudit : Fiche Technique

Titre original : Indiana Jones and The Temple of Doom
Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Williard Huyck, Gloria Katz
Interprétation : Harrison Ford (Indiana Jones), Kate Capshaw (Willie Scott), Jonathan Ke Khan (Demi-Lune), Amrish Puri (Mola Ram), Roshan Seth (Chattar Lal), Philip Stone (Le Capitaine Blumburtt)…
Photographie : Douglas Slocombe
Montage : Michael Kahn
Musique : John Williams
Décors : Eliott Scott
Production : Franck Marshall, Kathleen Kennedy, George Lucas, Robert Watts
Studios de production : LucasFilms Ltd., Paramount Pictures
Genre : Aventure
Durée : 118 minutes
Date de sortie : 12 septembre 1984

États-Unis – 1984

Concours Hostiles de Scott Cooper : gagnez vos places du film

Concours Hostiles de Scott Cooper (Crazy Heart, Les Brasiers De La Colère, Strictly Criminal) : A l’occasion de la sortie du film le 14 Mars avec au casting Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi et Timothée Chalamet et en partenariat avec Metropolitan Films et Mensch Agency, gagnez 5×1 places pour aller voir le film au cinéma.

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

En 1892, le capitaine de cavalerie Joseph Blocker, ancien héros de guerre devenu gardien de prison, est contraint d’escorter Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres tribales. Peu après avoir pris la route, ils rencontrent Rosalee Quaid. Seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, la jeune femme traumatisée se joint à eux dans leur périple. Façonnés par la souffrance, la violence et la mort, ils ont en eux d’infinies réserves de colère et de méfiance envers autrui. Sur le périlleux chemin qui va les conduire du Nouveau-Mexique jusqu’au Montana, les anciens ennemis vont devoir faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus comanches qu’ils rencontrent.

Titre original : Hostiles
Réalisation : Scott Cooper
Distribution : Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi, Adam Beach, Ben Foster, Timothée Chalamet, Q’orianka Kilcher, Adam Beach, Rory Cochrane, Paul Anderson, Stephen Lang, Scott Wilson, Bill Camp, Peter Mullan, Ryan Bingham…
Scénario : Scott Cooper, d’après une histoire de Donald E. Stewart
Direction artistique : Elliott Glick
Décors : Donald Graham Burt
Costumes : Jenny Eagan
Photographie : Masanobu Takayanagi
Montage : Tom Cross
Musique : Max Richter
Sociétés de distribution : Metropolitan Filmexport (France)
Genre : western
Durée : 134 minutes
Dates de sortie : 14 mars 2018

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Plus d’infos sur la page officielle du film : https://www.facebook.com/Hostiles.lefilm  et pour Twitter @Metropolitan_Fr

Modalités du jeu concours 

Pour participer à notre concours, réservé à la France Métropolitaine, il vous suffit de compléter le formulaire avant le 18 Mars 2018. Pour augmenter vos chances, abonnez-vous à notre page Facebook ou notre compte Twitter. Renseignez vos réponses, vos coordonnées et cliquez à chaque étape sur les boutons « Suivant », puis « Envoyer » situés en bas du formulaire. Attention, aucune réponse mise en commentaire ne sera validée. En cas de problème, contactez-nous en utilisant le formulaire de contact.

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Les Aventuriers de l’Arche Perdue de Steven Spielberg : l’aventure a désormais un nom!

A travers la résurrection d’un genre qu’on croyait disparu depuis les années 1940, Spielberg et son comparse Lucas signent avec Les Aventuriers de l’Arche Perdue bien plus qu’un simple film d’aventure : un mythe traversant les âges, et l’iconisation d’un véritable héros de cinéma.

Synopsis : 1936. Parti à la recherche d’une idole sacrée en pleine jungle péruvienne, l’aventurier Indiana Jones échappe de justesse à une embuscade tendue par son plus coriace adversaire : le Français René Belloq.
Revenu à la vie civile à son poste de professeur universitaire d’archéologie, il est mandaté par les services secrets et par son ami Marcus Brody, conservateur du National Museum de Washington, pour mettre la main sur le Médaillon de Râ, en possession de son ancienne amante Marion Ravenwood, désormais tenancière d’un bar au Tibet.
Cet artefact égyptien serait en effet un premier pas sur le chemin de l’Arche d’Alliance, celle-là même où Moïse conserva les Dix Commandements. Une pièce historique aux pouvoirs inimaginables dont Hitler cherche à s’emparer…

Un plan d’ouverture sur une montagne au loin, se mouvant dans les formes du logo de la Paramount. Une silhouette vue de dos, affublée d’un chapeau, d’un révolver et d’un fouet. Un groupe d’hommes errant dans une forêt sombre, hostile, aux bruits inquiétants. En quelques plans judicieusement choisi, le mystère est lancé, le visage de notre héros sort de l’ombre : Indiana Jones ! Et il ne faudra que 10 minutes de plus en sa compagnie, rythmés par une chasse à la relique alternant pièges, un rocher qui écrase tout sur son passage, trahisons et fuite face aux indigènes, soulignés par la bande entraînante de John Williams et la somptueuse photographie de Douglas Slocombe, pour se rendre compte que l’on est face à un grand film. Et pas n’importe lequel : un grand film d’aventure ! Une pépite, un pur joyau cinématographie qui a profondément su redéfinir le genre. Ce qui peut sembler étrange vu la décrépitude de ce dernier au fil des ans, et surtout à l’époque des seventies – début eighties, où l’heure était plutôt aux polars,  aux films d’action et à la consécration de la science-fiction.

La passion au service de l’Histoire

A l’origine du projet se manifeste avant tout la passion et la volonté sans faille de deux hommes : Georges Lucas d’abord, grand nostalgique des serials de son enfance, ayant envie de faire revivre ce genre d’aventures sur grand écran (entreprise déjà commencée avec son premier volet de ce qui allait devenir la saga Star Wars). Steven Spielberg ensuite, conteur parfois au ton grave mais ayant gardé une part de rêve et d’enfance. C’est ensemble et main dans la main qu’ils vont retranscrire leur rêve sur pellicule, sur la base d’un script de Lawrence Kasdan et Phillip Kaufmann. Ce scénario sera pour ainsi dire la clé de voûte du film, car de cette intrigue vont découler bon nombre d’éléments propres au genre du film d’aventure qui seront maintes fois repris et imités, mais jamais égalés.

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L’un d’entre eux sera bien évidemment la quête du McGuffin. Terme d’abord instauré par Hitchock, il prendra bientôt la forme d’un objet rare et précieux, prétexte au bon déroulement de l’histoire puisque au centre de la quête de nos héros. Car ces derniers parcourent parfois une bonne partie du globe afin de le dénicher, d’où un  exotisme prononcé et propre au genre, dont se réclamera bien évidemment Les Aventuriers de l’Arche Perdue, avec une quête transportant le spectateur du Pérou au Népal en passant par l’Egypte. Ici, il ne s’agira ni plus ni moins de l’Arche d’Alliance, le coffret biblique qui aurait transporté les Tables de la Loi par Moïse, les 10 Commandements. Et plutôt que d’en faire une quête superficielle aux enjeux amoindris (richesse et gloire personnelle, don à un musée…), Spielberg et Lucas décident de la réadapter dans un contexte bien déterminé : celle de l’avant-guerre en 1936, lors des prémices de l’avènement des nazis. Particularité scénaristique ne se justifiant que trop bien, puisque qu’il était bien ancré qu’Hitler était fasciné par les sciences occultes et les arts mystiques. Bien plus que la diversité des paysages et des décors, c’est par ce scénario que le film trouve sa richesse, symptomatique d’ailleurs d’une envie de Spielberg d’évoquer la Seconde Guerre mondiale. Même si la trame semble assez convenue et classique aujourd’hui, elle a été l’initiatrice de beaucoup de suiveurs, misant également sur ce cocktail exotisme/aventure, des plus réussies (La Momie de 1999, les deux Benjamin Gates…) aux plus ridicules (Alan Quatermain et la Cité de l’Or Perdu, Sahara…).

Harrison Ford ou la nouvelle incarnation du Héros

Cette incursion de la réalité dans le caractère purement fictionnel de la quête participe aussi à la caractérisation des méchants. Outre Wolf Kahler en général du IIIe Reich, c’est surtout Ronald Lacey qui marque la rétine. Homme de main du Führer, sa physionomie, son sourire sadique, ses lunettes derrière ses yeux menaçants, son accent à couper au couteau, et son costume noir surmonté d’un chapeau, font de ce personnage l’archétype du serviteur du diable, le parfait représentant de l’armée du mal. Mais il ne constituera pas l’antagoniste principal du long métrage. Ce dernier prendra les traits de René Belloq, archéologue français motivé par sa seule recherche de gloire et de célébrité. Ce personnage n’a cependant pas la même aura menaçante que ses confrères, l’interprétation tout en douceur orientée « force tranquille » de Paul Freeman y étant surement pour quelque chose. Il y apparaît même plutôt énervant par son opportunisme et sa chance, et ce, bien que ses envies primaires et son inexpérience le conduiront à sa perte. A ce titre justement, il constitue donc plutôt la parfaite antithèse de notre héros.

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Et quel héros ! Si on ne le présente plus aujourd’hui, c’est que le personnage d’Indiana Jones a tout simplement marqué les esprits dès sa première apparition au cinéma. Se définissant d’abord comme un professeur et un académicien avant d’être un archéologue et un aventurier, le personnage du professeur Jones s’éloigne bien des standards de l’époque. Il n’est pas l’archétype du good guy infaillible, tirant d’abord et réfléchissant après, sous une montagne de muscles ou un physique d’athlète. Il n’hésite pas à prendre des coups, à accumuler les échecs et à faire preuve d’un humour léger et pince sans rire sans que la situation ne l’exige forcément. Et pour donner corps à ce personnage, il fallait bien la décontraction et la nonchalance d’Harrison Ford, qui, un peu à la manière d’un Han Solo, bouscule la conceptualisation de ce qui se faisait en matière de héros dans les années 80. Un exemple parmi tant d’autres : la manière dont il tue un assaillant faisant une démonstration de sabre des plus chorégraphiées. Son impassibilité, causée d’ailleurs par une turista générale survenue pendant le tournage, a participé à l’humour et au rendu culte de la scène !

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Un personnage haut en couleurs se devait de l’accompagner afin de lui tenir tête en tant que comparse ! Interprétée par Karen Allen, Marion sera la meilleure des Indiana Girl de la saga. Garçon manqué maniant aussi bien le couteau que l’ingurgitation d’alcool fort, elle ne sera pas seulement le faire valoir d’Indiana Jones, mais bien un personnage féminin fort au caractère bien trempé. Ce qui là encore à l’époque n’était pas une évidence sur les pellicules.

Une équipe artistique au sommet de sa forme

Et en termes d’innovations, il faudrait bien plus qu’une critique pour énoncer et décrire les nombreuses scènes cultes parsemant Les Aventuriers de l’Arche Perdue, où chaque plan et prise de vue semble avoir été millimétré, médité, réfléchi. Toute la partie au Caire lors de la découverte du tombeau où se trouve l’Arche d’Alliance, bien qu’accusant un ralentissement du rythme, en témoigne : la découverte de l’emplacement exact grâce au rayon du soleil, les ouvriers travaillant sous un soleil couchant, la descente dans le tombeau encerclé par des centaines de serpents …  Mais c’est surtout la séquence finale qui marquera les mémoires : l’ouverture de l’arche et le déchainement infernal qui s’ensuit. Véritable malstrom visuel et sonore qui a très bien réussi l’épreuve du temps, renforcé par des effets de maquillages du plus bel acabit (jamais on n’aura trouvé de « face melting » plus convaincant, même dans le cinéma d’horreur), la scène démontre tout le savoir-faire de son réalisateur coordonnée avec celle de son équipe artistique. Les morceaux de bravoure ne sont d’ailleurs pas en berne. Outre la séquence d’ouverture, les combats et courses poursuites s’enchaînent à vitesse V. Que ce soit une fusillade dans un bar népalais, une course poursuite avec des paniers en osier sur les marchés du Caire, un duel entre les hélices d’un avion, ou la prise d’un camion transportant l’Arche, la mise en scène est d’une précision et sans conteste d’une technicité avant-gardiste. On vous l’a dit : souvent imité, jamais égalé !

C’est par tous ces éléments que Les Aventuriers de l’Arche Perdue a pu faire renaître le genre : considéré à ce jour comme un des meilleurs blockbusters de tous les temps, il consolide un scénario bien écrit, une mise en scène novatrice, une équipe artistique mobilisée, et la passion de ses pères fondateurs, Georges Lucas et Steven Spielberg. Grâce à eux, une nouvelle icône est née, tant et si bien qu’un thème musical signé John Williams lui sera propre. En 1981, l’aventure a désormais un nom : Indiana Jones !

Les Aventuriers de l’Arche Perdue : Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=KjuhSnOZn0A

Les Aventuriers de l’Arche Perdue : Fiche technique

Titre original : Raiders of the Lost Ark
Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Lawrence Kasdan, Philip Kaufman et George Lucas
Interprétation : Harrison Ford (Indiana Jones), Karen Allen (Marion Ravenwood), Paul Freeman (René Belloq), Denholm Elliott (Marcus Brody), Ronald Lacey (Toht), John Rhys-Davis (Sallah), Alfred Molina (Sapito), Anthony Higgins (Gobler)…
Photographie : Douglas Slocombe
Montage : Michael Kahn
Musique : John Williams
Direction artistique : Leslie Diley
Production : Franck Marshall, Howard G. Kazanjian, George Lucas, Robert Watts
Studios de production : LucasFilms Ltd., Paramount Pictures
Genre : Aventure
Durée : 115 minutes
Date de sortie : 16 septembre 1981

États-Unis – 1981

Concours L’Amour des hommes : Gagnez des places de cinéma du film

Concours L’Amour des hommes : Gagnez deux places du long métrage du cinéaste Mehdi Ben Attia, un magnifique film sur l’Art et les rapports entre les hommes et les femmes.

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Tunis, aujourd’hui. Une jeune femme, Amel, incarnée par Hafsia Herzi vient de perdre son mari. Encouragée par son beau-père, elle va reprendre goût à la vie en faisant de la photographie. Son regard va accrocher celui des garçons de la rue, des prostitués, qu’elle va sublimer par le biais de son art. Une démarche audacieuse dans une société conservatrice, dont elle va devoir s’affranchir.

Après le Fil interprété par Claudia Cardinale, sorti en France en Mai 2010 (prix du public au festival LGBT de San Francisco) et Je ne suis pas mort, avec Mehdi Dehbi, Maria de Medeiros et Emmanuel Salinger, sorti en Août 2013 ( grand prix du meilleur film français au festival Premiers Plans d’Angers), Mehdi Ben Attia revient avecL’Amour des hommes, un beau portrait d’artiste et une autre vision de la Tunisie loin des clichés stéréotypés avec une sublime Hafsia Herzi (La Source des femmes de Radu Mihaileanu , L’Apollonide : Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello…) et à l’affiche du prochain film de Abdel Kechiche, Mektoub, My Love (en salles le 21 mars)

Réalisateur Mehdi Ben Attia
Scénariste : Mehdi Ben Attia
Co-scénariste : Martin Drouot
Avec Hafsia Herzi (Amel), Raouf Ben Amor (Taïeb), Haythem Achour (Sami), Sondos Belhassen (Souad), Karim Ait M’Hand (Rabah), Nawel Ben Kraiem (Lilia), Rochdi Belgasmi) (Aïssa), Abdelhamid Nawara (Mouldi)…
Compositeur : Karol Beffa
Sociétés Production : 4 à 4 Productions
Coproduction : Cinétéléfilms
Distributeur France sortie en salle : Epicentre
Genre : Drame
Date de sortie : 28 février 2018
Durée : 1h 45min
Nationalité : France – Tunisie

MODALITÉS DU JEU CONCOURS

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Concours Amour Aveugle (Blind) : Gagnez 5 liens du film en VOD

Concours : Gagnez 5 liens du film Amour Aveugle, une romance américaine où l’on retrouve avec grand plaisir le Duo Alec Baldwin & Demi Moore accompagné de Dylan McDermott !

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Un romancier new-yorkais est rendu aveugle par un accident de voiture qui tue sa femme. Des années plus tard, il retrouve l’envie de vivre et d’écrire lorsqu’il commence une aventure avec une femme négligée par son mari, un homme d’affaires.

Titre original : Blind
Titre français : Amour Aveugle
Réalisateur : Michael Mailer
Scénario : John Buffalo Mailer d’après l’œuvre de Diane Fisher
Montage : Jeffrey Wolf
Acteurs principaux : Alec Baldwin, Demi Moore, Dylan McDermott, Viva Bianca, James McCaffrey…
Montage : Jim Mol
Bande originale : Amy Lee, Dave Eggar
Durée : 98 minutes
Genre : Drame, Romance
Sortie en VOD : 6 Mars
Pays d’origine : États-Unis

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MODALITÉS DU JEU

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1941 de Steven Spielberg : un délire antimilitariste

En réalisant 1941, Steven Spielberg connaîtra un gros fiasco commercial complètement immérité, tant ce film est un petit bijou d’humour débridé.

Synopsis : 13 décembre 1941, quelques jours après l’attaque de Pearl Harbour. Un sous-marin japonais fait surface le long des côtes californiennes. Son commandant veut attaquer Hollywood pour porter un coup décisif au moral américain.

Une plage déserte. Une jeune femme qui court, se déshabille et plonge dans l’océan. Quelques notes de musique graves, presque sinistres. Le sentiment d’une présence menaçante dans l’eau. Puis…

…un périscope ! Suivi d’un sous-marin aux couleurs du Japon.

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Dès cette entrée en matière, le ton est déjà donné. 1941 se présente d’emblée comme une parodie et une comédie burlesque qui part d’un fait authentique : en décembre 41, après l’attaque surprise de la flotte nippone sur Pearl Harbour, les habitants de la Côte Ouest, en particulier de la Californie, furent pris d’un mouvement de panique en pensant que les Japonais allaient continuer sur leur lancée, traverser le Pacifique et les attaquer directement. Voilà ce qui va servir de point de départ à la seule comédie burlesque et délirante de la filmographie de Spielberg, une petite pépite méconnue qu’il est impératif de re-découvrir.

Spielberg réunit autour de lui une troupe qui allait, par la suite, illustrer parfaitement le Hollywood du divertissement : le scénario est signé par Robert Zemeckis et Bob Gale (qui, quelques années plus tard, feront ensemble la trilogie culte Retour vers le futur) sur une idée de John Milius (co-scénariste d’Apocalypse Now et futur réalisateur de Conan le Barbare). Le script joue sur les différentes formes d’humour : comique de situation, dialogues délirants (« Un porte-sous-marins a atterri sur la côte ! »), parodie, burlesque destructeur et personnages cinglés.

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Ainsi, au niveau des personnages, 1941 nous propose (liste non exhaustive) :

_ un soldat colérique et violent qui déteste la couleur jaune et se prend pour un grand séducteur (interprété par Treat Williams, acteur que l’on peut voir aussi dans Hair, de Milos Forman ou Le Prince de New-York, de Sidney Lumet) ;

_ un aviateur fou qui est convaincu de pourchasser une patrouille aérienne japonaise dans le ciel de Californie (John Belushi) ;

_ un père de famille fanatique des armes et qui se retrouve avec une DCA installée dans son jardin ;

_ un livreur de sapin de Noël qui s’appelle Wood, Holly de son prénom ;

_ une secrétaire qui ne peut faire l’amour que dans un avion en vol (interprétée par Nancy Allen, qui avait joué dans Carrie, de Brian de Palma) ;

_ un général qui paraît complètement décalé dans ce monde de folie, puisqu’il essaie de garder les pieds sur terre, et qu’il préfère aller voir Dumbo que s’occuper de la sécurité de Los Angeles (incarné à merveille par le génial Robert Stack)…

Tout ce beau monde va se croiser et se re-croiser dans un film qui, suivant la logique du cinéma burlesque, semble être pris dans un crescendo de folie destructrice. 1941 semble être alors un immense terrain de jeu pour un enfant-réalisateur qui cherche à s’amuser, et à nous communiquer son amusement. Rien ne va y échapper : les maisons des particuliers, la salle de bal, les rues de Los Angeles et même un parc d’attraction, tout va être ravagé dans un tourbillon incontrôlable.

Un enfant doué cependant, qui sait parfaitement mettre en scène ce jeu de massacre. Le rythme est idéal, les gags s’enchaînent à toute vitesse et il n’y a aucun temps morts. Les acteurs en font des tonnes sans que cela soit gênant, puisque ça rentre parfaitement dans le cadre du film. L’humour joue aussi beaucoup sur l’inattendu, et de nombreuses surprises émaillent le film.

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La reconstitution aussi est remarquable. Et là, c’est plus le Spielberg cinéphile qui passe aux commandes. Les images des années 40 sont bien celles véhiculées par le cinéma. D’ailleurs, le film est rempli d’allusions, et le cinéphile se voit déjà dans le choix de certains acteurs ; ainsi, au casting, on peut trouver Elisha Cook Jr., acteur habitué aux seconds rôles dans les années 50, et Robert Stack, mais aussi Christopher Lee et le génial Toshiro Mifune (acteur fétiche d’Akira Kurosawa) qui forment ici un duo hilarant.

1941 reprend et détourne avec plaisir les scènes typiques du film de guerre. Nous avons le bal des soldats qui se transforme en baston générale, le discours pour motiver les troupes ou la conclusion sur les « valeurs américaines ».

Or, il faut bien avouer que ces « valeurs américaines » sont bien malmenées dans ce film qui, derrière le divertissement, laisse quand même passer l’image critique d’une Amérique paranoïaque fascinée par les armes. Même le Père Noël prend la figure de l’Uncle Sam bardé de cartouchières. Cette fascination fait des Américains les destructeurs de leurs propres valeurs. Le principal danger pour l’Amérique, ce sont certains Américains, et avec une telle population, le pays n’a finalement plus besoin d’ennemis.

L’ensemble fait de 1941 un divertissement de haut vol, un spectacle ahurissant et hilarant et une sorte d’OVNI dans la filmographie de Steven Spielberg. Coincé chronologiquement entre deux de ses films les plus connus, Rencontres du troisième type et Les Aventuriers de l’Arche perdue, 1941 est un bijou à re-découvrir.

1941 : Bande-annonce

1941 : Fiche Technique

Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Robert Zemeckis, Bob Gale, John Milius
Interprètes : Dan Aykroyd (Frank Tree), Robert Stack (Général Stilwell), Ned Beatty (Ward Douglas), John Belushi (Wild Bill Kelso), Treat Williams (Chuck Stretch Sitarski), Christopher Lee (Wolfgang von Kleinschmidt), Toshiro Mifune (Akira Mitamura)…
Musique : John Williams
Photographie : William A. Fraker
Montage : Michael Kahn
Production : Buzz Feitshans
Société de production : Universal Pictures, Columbia Pictures Corporation, A-Team
Société de distribution : Universal Pictures
Genre : comédie
Date de sortie en France : 12 mars 1980
Durée : 118 minutes (director’s cut : 146 minutes)

États-Unis – 1979

Mute de Duncan Jones : un film qui n’a rien à dire ?

Passant à son tour par la case Netflix, Duncan Jones revient avec Mute à ses premiers amours, la SF d’anticipation, et offre une suite spirituelle à son premier film, Moon. Un intriguant long métrage qui promet d’asseoir son auteur comme un véritable cinéaste, et ce, malgré des retours critiques frileux qui ternissent l’image d’Eldorado du cinéma pour le géant Netflix.

Synopsis : Dans un proche avenir, Leo est barman dans un Berlin en pleine ébullition. A cause d’un accident survenu dans son enfance, Leo perd l’usage de la parole et ne vit plus que pour sa séduisante petite-amie Naadirah. Quand elle disparaît sans laisser de trace, Leo se met à sa recherche et se retrouve dans les bas-fonds de la ville. Deux espiègles chirurgiens américains constituent les seuls indices qui le poussent à affronter ce milieu infernal afin de retrouver son amour.

Les regards se sont très vite posés sur Duncan Jones, lui qui est le fils de David Bowie, et ce, dès la sortie de son premier film en 2009, l’excellent Moon. Il y avait quelque chose d’à part dans ce premier essai qui devenait la promesse d’un cinéma singulier et accrocheur. Une promesse qui ne fut jamais vraiment concrétisé alors que le jeune cinéaste perdait film après film le soutient des critiques et du public, surtout après son Warcraft qui n’a clairement pas fait l’unanimité. Avec Mute, Jones essaye de retourner aux prémisses de son style et d’imposer définitivement une vision de cinéaste avec une œuvre qu’il cite lui-même comme étant la suite spirituelle de son premier né. Se déroulant dans le même univers, Mute construit quelques passerelles avec Moon mais qui sont plus là pour être de petits clins d’œil, et apporter un éclairage plus vaste au film, que d’avoir un vrai intérêt pour son histoire.

Mute-Paul-RuddUne histoire qui manque cruellement de substance et s’enfonce bien trop souvent dans les longueurs au cours de l’errance  peu palpitante de son protagoniste. Le film sera trop souvent à l’image de son héros, superficiel, à côté de ses pompes et qui n’a pas grand chose à dire. Avec la caractérisation maladroite des personnages, où le personnage principal souffre d’être muet et de son appartenance Amish pour la seule justification de ralentir le récit plus qu’à apporter un sens à l’intrigue, et des développements hasardeux dans son dernier tiers, Mute n’évite jamais les erreurs. Il ne possède pas la profondeur qu’il aimerait si souvent s’insuffler et tombe dans des clichés relativement dépassés quand à sa manière de dépeindre un futur dépravé. Certaines choses arrivent cependant à fonctionner, comme la manière assez fine de construire le mystère autour de la disparition de la petite-amie du héros. Un mystère qui trouve une résolution pas aussi prévisible que le reste. On notera encore la relation très intéressante qui unit les deux chirurgiens que l’on suit en parallèle du personnage principal, deux personnages qui possèdent un récit bien plus maîtrisé et captivant  grâce aussi aux très bonnes performances d’un Justin Theroux méconnaissable mais surtout d’un Paul Rudd habité qui excelle. Ils volent la vedette à Alexander Skarsgård qui confond trop souvent le fait d’être muet avec le fait d’avoir un handicap mental dans une prestation qui sonne fréquemment fausse.

Mute-Justin-TherouxLa réalisation technique connait aussi quelques maladresses notamment avec des effets spéciaux d’un autre temps et des fonds verts bien trop visibles qui peinent à rendre l’univers visuel du film crédible. C’est d’autant plus regrettable que cela amoindrit des idées de mise en scène plutôt bien senties qui donnent un côté halluciné eu récit. Duncan Jones jouant avec les focales pour donner un air disproportionné à son héros qui devient une forme géante qui se balade dans un monde où il n’a pas sa place, une force de la nature muette mais inébranlable. Son handicap est d’ailleurs jusqu’au bout traité comme tel, où dans ce monde futuriste où quasiment tout passe par la voix celui-ci se trouve incapable d’évoluer dans son environnement. Son errance en devient onirique et Jones arrive à travailler une atmosphère vite envoûtante aidé par le score musical planant et inspiré de Clint Mansell. De jolies fulgurances qui viennent souvent faire la différence et qui rendent le visionnage pour le moins agréable malgré ces défauts persistants.

Mute est clairement la preuve que le cinéma de Duncan Jones s’essouffle petit à petit car il signe ici son film le moins réussi. Même s’il arrive à être globalement convenable, spécialement grâce à de vraies fulgurances de mise en scène et d’écriture et par la biais d’ un casting relativement bon, à l’exception d’Alexander Skarsgård plus bancal dans sa performance. Le vrai problème de ce Mute, c’est l’envie de son cinéaste de vouloir surfer sur un succès passé sans pour autant avoir une véritable histoire à raconter autour. Reste donc un récit sympathique mais vain qui tourne en rond plutôt qu’aller de l’avant. Avec cette nouvelle production, Netflix commence un peu à s’imposer comme une plateforme qui peine à asseoir ses propositions de cinéma où, en dehors de trop rares pépites, propose surtout des films calibrés ou des œuvres mineures de cinéastes fatigués.

Mute : Bande annonce

Mute : Fiche technique

Réalisation : Duncan Jones
Scénario : Michael Robert Johnson et Duncan Jones
Casting : Alexander Skarsgård, Paul Rudd, Justin Theroux, Seyneb Saleh, Dominic Monaghan, Robert Sheehan,…
Décors : Sarah Horton, Wolfgang Metschan et David Scheunemann
Costumes : Ruth Myers
Photographie : Gary Shaw
Montage :  Barrett Heathcote et Laura Jennings
Musique : Clint Mansell
Producteurs : Stuart Fenegan
Production : Liberty Films UK et Studios de Babelsberg
Distribution : Netflix
Durée : 126 minutes
Genre : science-fiction
Dates de sortie : 23 février 2018

Angleterre et Allemagne – 2018

Pour plus d’informations sur le film Mute

Concours L’Assemblée de Mariana Otero : Remporte un DVD du film

Concours L’Assemblée : Après sa sortie au cinéma, le film de Mariana Otero débarque en DVD et VOD le 6 mars 2018, remporte ton DVD du long métrage.

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Le 31 mars 2016, place de la République à Paris naît le mouvement Nuit debout. Pendant plus de trois mois, des gens venus de tous horizons s’essayent avec passion à l’invention d’une nouvelle forme de démocratie. Comment parler ensemble sans parler d’une seule voix ?

https://vimeo.com/232241386

Pour les  INROCKS « En tournant sa caméra vers Nuit debout, la documentariste saisit à vif cette tentative inédite de mise en place d’une démocratie directe »

Entretien avec la réalisatrice Mariana Otero
Débats autour du film avec • Loïc Blondiaux, Professeur et chercheur en science politique à la Sorbonne • Frédéric Lordon, Chercheur au Cnrs • Mathilde Larrère, Historienne à l’Université Paris XIII • Monique et Michel Pinçon-Charlot, Sociologues, Philippe Urfalino, Directeur de recherche au Cnrs • Yves Sintomer, Professeur de science politique à l’Université Paris VIII.
Bio-filmographie de la réalisatrice – Galerie photos – Film annonce
Durée film 99’ – Durée totale 156’ – Langue français – Sous-titres anglais, espagnol, version sourds et malentendants – Son stéréo

A gagner : 2 exemplaires du DVD – MODALITÉS DU JEU

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Lady Bird, la petite ritournelle adolescente de Greta Gerwig

Lady Bird, au-delà de sa nomination aux Oscars, est un film plein d’une belle tendresse, d’une certaine extravagance et d’une nostalgie plutôt bien dosée, le tout porté par des comédiens au top, Saoirse Ronan en tête. Greta Gerwig convainc en passant pour la (presque) première fois derrière la caméra.

Mademoiselle

Lady Bird est l’histoire d’une jeune fille de 17 ans qui renie son prénom, tient fortement tête à sa mère (jusqu’à se jeter de la voiture en marche pour la contredire, première séquence – déroutante et hilarante – du film), et surtout cherche son identité. Un peu comme la Frances Ha interprétée par la réalisatrice du film, Greta Gerwig, Lady Bird alias Christine est encore incomplète. Elle ne prend pas de chemin de traverse pour aller vers sa vie d’adulte, mais plutôt des détours. Si l’adolescence était un grand désert à traverser, Lady Bird serait en quête d’une eau plus spéciale que les autres pour se désaltérer, avide de mirages et de fantasmes. Des fantasmes ou autres attendus des films d’adolescence que Greta Gerwig s’attache à détourner. Fantasme de la première fois idéalisée (par Lady Bird surtout qui dira préférer finalement « être pelotée »), fantasme de la sentimentalité des filles adolescentes (il y a autre chose dans la vie de Lady Bird) , fantasme des garçons virils (ils sont ici homosexuels refoulés ou faux « beaux » en quête de douceur), fantasme des amitiés quasi indestructibles et des familles solides (la question de l’argent étant au centre, quand c’est l’amour filial qui compte finalement). Ici, tout est déconstruit, en puzzle, ce qui donne lieu à un joli film choral où chaque acteur peut déployer son jeu, son personnage. Mais ce qui frappe surtout c’est la capacité de Greta Gerwig à distiller du fantasque (qui n’est pas que dans les cheveux rouges de son héroïne), de la sensibilité et de la nostalgie dans un film doux-amer.

« Il faudrait pouvoir se tuer idéalement dans nos têtes pour renaître après »

saorise-ronan-laurie-metcalf-lady-bird-film-critiqueLa grande force du film est de contredire un destin tout tracé. En parlant d’elle à travers une fiction, Greta Gerwig parle d’art, d’émancipation, mais aussi de territoire. Sacramento, la ville soi-disant détestée, est en fait le centre de ce film, son cœur battant. On pense assez souvent à la série Gilmore Girls qui racontait le quotidien d’une mère et de sa fille dans une petite ville de banlieue américaine. Si ici il est plus question du conflit mère-fille, on retrouve les thèmes du désir d’être ailleurs tout en étant attachée aux siens. Ce qui impressionne dans le film, c’est son mouvement permanent alors qu’il s’agit plutôt pour Lady Bird de se recentrer sur elle-même tout en s’ouvrant au monde, comme le dit la réalisatrice elle-même : « Ce double mouvement de l’identité m’a intéressée : pour grandir, on a besoin de s’inventer et de pouvoir revenir ensuite à soi-même ». Lady Bird devient ainsi le metteur en scène de sa propre vie, quitte à la laisser lui échapper pour mieux la reconstruire ensuite. A ce jeu-là, l’actrice Saoirse Ronan s’en sort brillamment, en ajoutant de l’étrangeté à son jeu, par son visage et sa sensibilité. Elle n’est pas que le double (pourtant assumé) de Greta Gerwig, elle est aussi sa propre version d’une adolescence comme un mouvement vers l’avenir, tout en étant ancrage sur ce que l’enfance a fait au corps et à l’esprit. Il y a des moments d’émotion pure dans Lady Bird, mais aussi d’autres beaucoup plus drôles ou en apparence convenus. Au final, c’est une douce petite ritournelle que l’on retient, celle qui déjà faisait danser et courir Frances Ha. Le mouvement de Lady Bird est celui de celle qui s’habille en une autre pour redevenir peu à peu elle-même, sans pour autant s’enfermer. Elle s’envole, mais comme un petit oiseau migrateur, revient toujours au nid pour y retrouver la joie d’être ensemble, même en se tenant tête.

Lady Bird : Bande annonce

Lady Bird : Fiche technique

Réalisatrice : Greta Gerwig
Scénario : Greta Gerwig
Interprètes : Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts,  Lucas Hedges, Timothée Chalamet, Beanie Feldstein, Lois Smith, Stephen Henderson
Photographie : Sam Levy
Montage : Nick Houy
Sociétés de production : IAC Films, A24
Distribution : Universal Pictures  International
Durée : 94 minutes
Genre : comédie dramatique
Date de sortie : 28 février 2018

États-Unis – 2018

Pour plus d’informations sur Lady Bird

 

The 28 Heroes sauvent Moscou, en DVD et Blu-Ray

En mettant en scène l’histoire des hommes de Panfilov, The 28 Heroes, qui vient de sortir en DVD et Blu-Ray aux éditions Rimini, nous plonge en plein cœur d’une bataille décisive de la Seconde Guerre Mondiale.

Synopsis : Novembre 1941. Les Allemands tentent une percée qui les emmènerait jusqu’à Moscou. Un petit groupe de soldats de l’Armée Rouge a pour mission de les stopper le plus longtemps possible.

L’histoire des 28 Hommes du général Panfilov, c’est un peu comme Fort Alamo ou la bataille des Thermopyles, l’histoire d’une poignée d’hommes qui vont, par leur courage et au prix du sacrifice de leur vie, retarder l’avancée d’une armée ennemie infiniment plus nombreuse et mieux préparée. L’histoire idéale pour faire un film, d’autant plus que le film de guerre reprend de la vigueur depuis quelque temps. Que ce soit pour critiquer la guerre et ses conséquences (Démineurs), pour montrer la réalité de conflits contemporains (Afghanistan, Irak) ou simplement pour le spectacle (Dunkirk), le genre connaît un sursaut de popularité. La Russie ne fait pas exception, avec des films comme Résistance (sur la Bataille de Sébastopol) ou Stalingrad.

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Comme tout film visant à faire l’apologie de héros s’étant sacrifiés pour leur nation, The 28 Heroes ne fait pas preuve d’une grande inventivité. Les deux réalisateurs nous déploient tout l’arsenal des procédés auxquels nous sommes déjà habitués : la musique grandiloquente, les contre-jours et les contre-plongées, etc. Mais, à défaut d’être original, le film est solidement réalisé. Les images sont très belles, le scénario est bien construit et l’ensemble donne un rythme rapide, sans le moindre temps mort.

Le film sait prendre son temps pour nous présenter les personnages, puis nous les montrer lors des préparatifs de la bataille. La réalisation nous donne ainsi une image bien précise du décor, qui aura une importance capitale dans le film. Nous voyons les soldats creuser les tranchées, et nous avons le temps de sympathiser avec chacun d’entre eux.

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Puis, l’arrivée des Allemands change toute l’atmosphère. D’autant plus que les réalisateurs appuient fortement sur les différences entre les deux ennemis. D’un côté, les Allemands arrivent avec leurs canons et leurs chars, dans le bruit et la fureur, de nuit. Ils n’ont pas de visage et semblent déchaîner l’enfer sur leur passage. Face à eux, les Soviétiques (parce qu’il n’y a pas que des Russes) sont toujours filmés dans la blancheur de la neige, avec leurs armements de fortune et toute leur humanité. A nouveau, le procédé n’est pas nouveau, mais il est employé avec efficacité.

Le reste, c’est un film de guerre plutôt réussi, un combat spectaculaire qui parvient à être un divertissement solidement réalisé.

A sa sortie, le film avait cependant fait l’objet d’une polémique. Il semblerait que l’histoire des 28 hommes de Panfilov soit une légende forgée de toutes pièces par la propagande soviétique de l’époque, et des journalistes avaient accusé le film d’être un instrument de propagande du gouvernement de Vladimir Poutine. Ce qui est sans doute vrai : The 28 Heroes est financé en partie par le Ministère russe de la Culture lui-même.

Ce qui est intéressant, c’est que le film ne cache pas être une légende, une histoire quasi-mythifiée. Ainsi, les soldats n’arrêtent pas de partager les histoires des exploits légendaires de certains « héros » modernes. Tout le monde sait bien que ces histoires sont montées en épingle par la propagande, personne n’est dupe. C’est un peu la même chose avec cet épisode. On sait bien que, même s’il y a un fond de vérité, les détails relèvent plus de la légende. L’un des soldats dira même « on gonflera les chiffres des pertes allemandes, ce sera bien pour nos petits-enfants ». Et puis, l’essentiel est que le résultat soit un vrai bon film de divertissement, un spectacle qui se laisse voir avec beaucoup de plaisir. Et ici, la mission est accomplie.

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Caractéristiques du DVD :
Durée : 116 minutes
Langues : Français et Russe
Sous-titres Français
Son 2.0 & 5.1
Format 2.35
16/9 compatible 4/3

The 28 Heroes : Bande-annonce