Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
Alors que le Festival de Cannes 2018, que cela soit avec Donbass, Rafiki ou même Leto, exorcise la représentation de la politique dans les œuvres dévoilées, 10 years in Thailand continue à tracer ce sillon. 4 réalisateurs, 4 sketchs, 4 visions du cinéma face à une dictature thaïlandaise grandissante.
Cannes 2018 : Marie Monge présente son premier long métrage Joueurs à la Quinzaine des réalisateurs. Un mélange de lumière, de passion et de destruction, dont les acteurs Tahar Rahim et Stacy Martin ont totalement su s'emparer.
C’est l’histoire d’une vie, voire même de l’amour d’une vie sans que nos deux tourtereaux ne puissent y goûter pleinement. Cold War de Pawel Pawlikowski nous est dévoilé dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2018 et nous fait vivre une romance singulière, élégante et fragmentée par les soubresauts de la guerre froide.
Cannes 2018 : La section Un certain regard a cette année son lot de films engagés dans l'ère du temps. Après l'affaire Weinstein et le mouvement #MeToo, le Festival de Cannes n'est pas resté immobile et décide d'ailleurs de le prouver avec ce très beau film d'Antoine Desrosières. A genoux les gars est un savant mélange de comique et de dramatique pour porter au plus haut deux actrices au futur prometteur.
La sélection officielle de ce Festival de Cannes 2018 nous dévoile Leto de Kirill Serebrennikov, un film qui transpire le rock et sa furie. D'un point de vue plastique c'est un délice esthétique, doté d’un noir et blanc majestueux malgré quelques effets un peu cheaps. Politique, engagé, et miraculeusement profond, Leto reste malgré tout trop concentré sur son visuel de papier glacé malgré la puissance de certains personnages: comme celui du fantomatique Mike.
Comme dans Valley of Love, le personnage de Les confins du monde est à la recherche d'un fantôme initiatique. Guillaume Nicloux sonne le premier électrochoc du festival de Cannes 2018, dans la section de la Quinzaine des réalisateurs avec un film âpre, sec et violent, ponctué d'une imagerie aussi ésotérique que cadenassée. Les confins du monde est un exercice de style assez périlleux, complaisant dirons les plus réfractaires à l’œuvre, mais qui distille sa violence graphique avec une grande maîtrise.
Cannes 2018 : Avec Plaire, aimer et courir vite, Honoré s'attache à traiter du sida alors qu'il aurait pu faire une belle histoire. Il est regrettable pour ce cinéaste de cantonner l'homosexualité au sida quand on peut faire une histoire d'amour profonde.
Le Festival de Cannes 2018, dans sa section Un certain regard, nous présente Donbass de Sergei Loznitsa. Pamphlet politique assez impressionnant par la puissance de son militantisme (voire propagandiste), aussi tétanisant que ricaneur, Donbass est insurrection mais perd en pertinence suite à une mécanique trop lourde et appuyée pour convaincre totalement.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.