Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
Kirill Serebrennikov adapte "La Disparition de Josef Mengele" d’Olivier Guez dans un film visuellement marquant mais inégal, entre portrait d’un criminel nazi en fuite, réflexion sur la banalité du mal et devoir de mémoire. Une œuvre austère et ambitieuse, qui divise par ses choix esthétiques mais interroge l’Histoire avec force.
Avec "The Mastermind", Kelly Reichardt signe un film de braquage lent, austère et désincarné, présenté en compétition officielle à Cannes. Annoncé comme son œuvre la plus accessible, le film accumule pourtant longueurs, vide narratif et prétention. Une proposition qui séduira les fidèles de la cinéaste, mais risque d’ennuyer profondément les autres.
"Baise-en-ville" est une comédie française originale et décalée signée Martin Jouvat. Porté par une écriture fine, des personnages hauts en couleur et un humour tendre, ce film singulier bouscule les codes du genre. Un regard drôle et acéré sur la jeunesse et la précarité, à la fois touchant et lumineux.
Jim Jarmusch signe son retour avec "Father Mother Sister Brother", un film en trois segments sur les liens familiaux. Entre minimalisme, casting prestigieux et motifs récurrents, le cinéaste propose une œuvre modeste mais intrigante, récompensée à la Mostra de Venise. Une critique nuancée d’un long-métrage à la fois plaisant et étonnamment anodin.
Avec "La Grazia", Paolo Sorrentino signe un retour magistral au sommet du cinéma italien. Porté par un Toni Servillo bouleversant, ce drame politique mêle grâce visuelle, profondeur morale et mélancolie envoûtante. Un chef-d'œuvre baroque et engagé, entre foi, pouvoir et vérité, qui rappelle la puissance de "La Grande Bellezza".
Fatih Akin revient à ses meilleures intuitions. Sur l’île d’Amrum, en 1945, un enfant cherche à discerner le bien du mal, entre guerre, conte et quête de miel. Une fable nuancée, portée par la lumière grise de la mer du Nord et les silences d’un monde en ruine.
Santino a 11 ans. Il vit, apprend, s’attache et se détache sous un chapiteau itinérant. Dans L’Enfant du cirque, Julia Lemke et Anna Koch filment son quotidien nomade, entre bêtes, famille et école éphémère. Un documentaire sensible sur les cercles qui protègent et les liens qui voyagent.
En 1992, trois femmes turques périssent dans un incendie criminel à Moelln. Des lettres de soutien affluent, mais ne seront jamais remises. Martina Priessner suit la quête des survivants, entre mémoire confisquée et vérité entravée. Un documentaire d’archives et de silences, où le cinéma devient acte de justice.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.