Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
Présenté à la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2019, Viendra le feu d’Oliver Laxe marque un grand coup. Le film est une longue errance dans la campagne espagnole, naturaliste et introspective, qui finira par s’évanouir dans les flammes du monde.
To Live To Sing de Johnny Ma est un film frustrant parce qu'à la fois terriblement ennuyeux mais touché par instants par la grâce de sa mise en scène. Un témoignage charmant de la rupture générationnelle en Chine, de l'urbanisation et de ses conséquences sur l'art et le patrimoine.
Vivarium sera l'une des curiosités de ce Festival de Cannes 2019. En sélection dans la Semaine de la Critique, le film de Lorcan Finnegan est un trip parfois malsain et souvent absurde, ultra efficace en tant que film-concept, mais qui pèche par des limites évidentes et un fond inexistant. Pas terrible, et passionnant à la fois.
Présenté en séance de minuit de la sélection officielle du Festival de Cannes 2019, Lux Æterna de Gaspar Noe est une sucrerie, un crachat sur le monde du cinéma, un essai récréatif qui s’amuse de l’imagerie de la sorcellerie pour suivre Charlotte Gainsbourg et Béatrice Dalle au fin fond d’un tournage chaotique.
Cannes 2019 : Adam, de Maryam Touzani est un premier film efficace et très réussi qui offre de belles émotions sur le fait de devenir mère et de le vouloir, ou non.
Le 72ème Festival de Cannes a commencé à séduire doucement connaissant peu de coups d'éclats mais quelques belles surprises. La deuxième semaine promet de bien belles claques de cinéma, mais en attendant de les découvrir, retour sur quelques films vus par nos rédacteurs. D'une séance spéciale d'Alain Cavalier en faisant un grand détour à la Quinzaine des Réalisateurs avec Alice et le maire ou encore First Love, jusqu'à Liberté d'Albert Serra et Jeanne de Bruno Dumont à Un Certain Regard, voici un pêle-mêle des films qui font Cannes 2019.
Le Festival de Cannes, parfois, peut faire quelques infidélités aux films, et mettre sous les feux des projecteurs une série, surtout quand le réalisateur en question est un habitué cannois : ici, en la personne de Nicolas Winding Refn. Le cinéaste danois vient sur la croisette pour nous dévoiler en exclusivité les prémices de sa nouvelle série tant attendue, Too old to die young. Et le moins que l’on puisse dire, au vu des deux épisodes projetés, c’est que NWR ne s’est pas assagi.
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.
« Johannes de Eyck fuit hic 1434… » « La phrase est doublement ambiguë. Elle ne dit pas que le tableau date de 1434, mais que la scène qu’il représente a eu lieu cette année-là. Et elle se garde bien de nous informer si, de cette scène, Van Eyck fut le témoin ou le protagoniste. Elle place le tableau sous le signe du double sens. »
« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »
Dans "L’Âge des inutiles", David Da Silva croise Donald Trump, la Silicon Valley, l’intelligence artificielle et le cinéma pour poser une question simple mais inquiétante : et si le progrès que nous célébrons préparait déjà notre propre déclassement ? Non pas la grande apocalypse mécanique promise par la science-fiction, mais quelque chose de plus discret et rationnel : un monde où l’humain deviendrait peu à peu l’élément le moins rentable du système.