Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
"Fragment", de Kim Sung-yoon, plonge dans les blessures invisibles laissées par un drame familial. À travers deux adolescents liés par un meurtre, le film explore solitude, honte et culpabilité dans une société indifférente, où les cicatrices du passé façonnent le quotidien et révèlent la force silencieuse de l’enfance confrontée à l’injustice.
"Mal-Mo-E : The Secret Mission", d’Eom Yuna, est un film historique coréen émouvant sur la création clandestine du premier dictionnaire sous l’occupation japonaise. Entre résistance culturelle, transmission de la langue et alliance entre un père illettré et un intellectuel passionné, le film célèbre la puissance des mots comme arme silencieuse et héritage d’un peuple.
"My Daughter is a Zombie", comédie coréenne en ouverture du FFCP 2025, mêle humour potache et émotion. Pil Gam-sung raconte l’histoire d’un père aidant sa fille zombie à réapprendre à vivre, dans un village baigné de tendresse et de solidarité. Entre rires, gestes du quotidien et fantastique, le film explore la maladie, l’amour familial et la résilience, offrant un regard doux-amer sur l’humanité.
Summer's Camera de Divine Sung explore avec une sensibilité rare les liens entre mémoire et photographie. Lorsque Summer hérite de l'appareil photo de son père disparu, cet objet devient le témoin d'une quête identitaire et amoureuse. Entre héritage familial et secrets enfouis, le film dépeint l'adolescence avec une justesse remarquable, où chaque image capture l'essence des souvenirs.
Avec "3670", le réalisateur coréen Park Joon-ho livre un premier long-métrage sobre et émouvant sur la double marginalité d’un réfugié nord-coréen homosexuel à Séoul. Entre déracinement, quête d’identité et désir de reconnaissance, le film explore avec pudeur les frontières invisibles d’une société qui peine encore à accueillir l’altérité.
Au cœur des usines coréennes, The Final Semester lève le voile sur le destin brisé d'une génération. Ce film poignant révèle comment les stagiaires sont broyés par un système implacable, entre précarité financière et aliénation professionnelle. Une œuvre essentielle.
En mêlant thriller politique et drame historique, "1987 : When the Day Comes" plonge au cœur de la Corée du Sud des années 1980, où la mort d’un étudiant torturé déclenche une révolte nationale. Jang Joon-hwan signe une fresque puissante sur la résistance collective, la quête de vérité et le courage des anonymes face à la répression d’un régime autoritaire.
Dans "The Truth Beneath", Son Ye-jin livre une performance magistrale dans un thriller coréen signé Lee Kyoung-mi. Entre hypocrisie politique, drame familial et quête obsessionnelle de vérité, le film explore avec intensité la frontière fragile entre vengeance et folie, mensonge et identité, dans une mise en scène d’une précision vertigineuse.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.