Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.
Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.
Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Ambiance paillettes au FIFAM 2022 avec la projection des Derniers Jours du disco de Whit Stillman, en sa présence. Film bavard, vif, ancré dans son époque, soit un monde qui touche à sa fin, rien n'échappe à l'œil de Whit Stillman.
Un couple de jeunes mariés va passer sa lune de miel dans un palace désert sur la plage hivernale d’Ostende. Là, il rencontre la comtesse aux lèvres rouges, une femme vampire magnifiquement incarnée par la beauté glaçante et énigmatique de Delphine Seyrig. Le voyage de noces tourne bientôt au cauchemar. Classique du cinéma fantastique réalisé par le belge Harry Kümel, Les Lèvres rouges (1971) est projeté au FIFAM dans le cadre de la programmation « robe à paillettes ».
Oraison pas funèbre, l’Arras Film Festival ritualisa le deuil pour célébrer la vie. Ensemble et hors salles lorsque le village du festival donnait le coup d’envoi de ses incontournables afters musicaux. À la manière d’une coutume traditionnelle qui honorerait la mémoire des défunts en fêtant le mouvement des vivants.
Objet de cinéma expérimental évoquant à la fois Virginia Woolf, Tod Browning et Fritz Lang, doublé d'un manifeste sur le genre, la difformité du corps, l’interchangeabilité des sexes et leurs représentations dans l’art, Freak Orlando est une monstrueuse parade, une orgie kitsch surréaliste et grotesque menée par deux créatures hors du temps interprétées par Magdalena Montezuma et Delphine Seyrig. Une œuvre excentrique, transgressive, inclassable, dont l’extravagance visuelle déroute le spectateur autant qu’elle ne l’enchante.
Nouveau jour de gloire au FIFAM 2022 : salle comble pour la présentation de Saint Omer en présence d'Alice Diop, sa réalisatrice. Avec une précision documentaire, elle construit un récit bouleversant en inventant notamment le personnage de Rama, une esquisse dont le passé se dessine par petites touches. Empruntant aussi bien à Marguerite Duras qu'à Robert Bresson, Saint Omer est une plongée dans les affres du lien mère-fille, décrit comme une relation à la fois bénie et monstrueuse. C'est le regard des femmes sur une femme qui compte surtout ici. Une œuvre rare et engagée.
Rencontre avec Alice Diop à l’occasion de l’avant-première de Saint Omer, sa première fiction multiprimée et inspirée de l’affaire Kabou, qui met en scène le procès de Laurence Coly, une mère accusée d’infanticide.
Posez votre candidature pour départager les dix premiers films inédits présentés en compétition lors de la prochaine édition du Festival international du Premier film d'Annonay, en Ardèche.
Le FIFAM a projeté en avant-première La Guerre des Lulus, adaptation signée Yann Samuell de la bande dessinée éponyme qui narre les pérégrinations de quatre jeunes garçons au destin bouleversé par le début de la « der des ders ». Rencontre avec les deux auteurs amiénois, le dessinateur Hardoc et le scénariste Régis Hautière, mais aussi Thierry Barle, le producteur du film et Léonard Fauquet, un collégien picard de treize ans qui joue le petit Ludwig.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.