Festivals

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Deauville 2024 : Exhibiting Forgiveness, brisés de père en fils

Premier long-métrage de Titus Kaphar, "Exhibiting Forgiveness" compose un drame familial centré sur les relations pères-fils et la recherche perpétuelle du pardon. Des thématiques classiques traitées sous l’angle un peu plus innovant de la création artistique comme canalisateur d’une souffrance passée dévorante. Malheureusement, la longueur du film et la relative stagnation des personnages, qui évoluent peu émotionnellement, n’impliquent le spectateur que dans la lente attente d’une réconciliation finale.  

Deauville 2024 : Le Passage, la chaîne de l’horreur

Pour son premier long-métrage, Brandt Andersen sacrifie le fond de son sujet éminemment tragique contre une immersion totale dans une course effrénée de réfugiés politiques en lutte pour la survie. Emballé dans un film choral qui ne manque pas d’audace, car assez bien exécuté lorsqu'il ambitionne de nous partager la frayeur des personnages de "Le Passage". Le film perd cependant en tension à force de multiplier des filons narratifs qui auraient mérité plus d’attention.

Deauville 2024 : Sing Sing, Shakespeare in jail

La Compétition du Festival de Deauville 2024 s’est ouverte ce matin avec "Sing Sing", un drame chargé d’émotions mettant en lumière les programmes de réinsertion par l’art. Inspiré d’une histoire vraie, le film expose des détenus qui retrouvent, grâce à des ateliers théâtre, leur humanité à travers l’expression de leurs émotions et le tissage de liens fraternels. Plus œuvre théâtrale que huis clos carcéral, "Sing Sing", très incarné, relève le défi de l’authenticité mais n’échappe pas à quelques lourdeurs en termes de démonstrations affectives.

Cannes 2024 : Clôture et palmarès

Le sable de la plage Macé s'est refroidi, les parasols et les transats sont rangés, les palmiers respirent mieux, les terrasses se sont vidées, les festivaliers ont déserté la Croisette et la 77e édition du festival de Cannes a baissé le rideau ce samedi 25 mai 2024. Clap de fin après une douzaine de jours à rebondir d'une salle à l'autre. Retour sur les nouveaux lauréats d’une sélection éclectique et engagée.

Cannes 2024 : Parthenope, joyau napolitain

Avec "Parthenope", présenté en Compétition au Festival de Cannes, Paolo Sorrentino signe un drame solaire au bord de la côte napolitaine. Dans cet hymne à la vie, l'amour et la jeunesse, au rythme doux comme une brise d'été, le réalisateur italien brosse un tableau sensuel de sa ville natale. En s'attachant au parcours d'une jeune fille à la beauté divine, qui vit avec insouciance là où le vent l'emporte, "Parthenope" compose une ode à liberté dans un cadre féérique.

Cannes 2024 : Emilia Pérez, la voie des femmes

Prix du Jury au Festival de Cannes, "Émilia Pérez" a également été récompensé par quatre Prix d'interprétation féminine. Dans ce film surprenant, mêlant habilement comédie musicale endiablée, thriller noir et tragédie, Jacques Audiard compose, sur le thème du genre, une partition dansante et colorée traitant d'accomplissement et de rédemption. Une pépite à voir et à écouter.

Cannes 2024 : La Plus Précieuse des marchandises, des cœurs qui battent

Surprise, l'unique film d'animation en sélection cannoise est aussi en compétition : "La Plus Précieuse des marchandises", de Michel Hazanavicius. Cela ne s'était pas produit depuis "La Planète sauvage" en 1973. Le cinéaste a mis ses talents de dessinateur à profit pour revenir sur un épisode bouleversant qui aurait pu se produire dans les années 40, à la lisière du camp de concentration d'Auschwitz. Un bébé est miraculeusement sauvé par une pauvre bûcheronne et le reste de l'aventure est à découvrir dans le cœur battant des personnages.

Cannes 2024 : L’Amour ouf, autopsie des cœurs

Fort d’un casting francophone XXL, "L’Amour ouf" est une ode aux premiers amours et à l’amitié. Quand tout va de travers dans la vie, mieux vaut prévenir que guérir. La prescription de Gilles Lellouche est une petite bulle solaire que se partagent deux individus que tout semble opposer, et sur deux époques distinctes. Malheureusement, les ficelles qui animent cette romance empêchent toute envolée lyrique.

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