Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
Entre les rares averses de saison, les biscuits roses, le ratafia et autres spécialités rémoises, nous avons découvert une multitude de films, de la compétition au sang neuf, en passant par une sélection hors compétition qui n'a pas à pâlir. Petit point sur le palmarès de cette 4e édition de Reims Polar, ainsi que dur le film de clôture de Baptiste Debraux, Un homme en fuite.
Un nouveau chapitre s’ouvre les plaines kazakhes, où elles sont particulièrement arrosées du sang de ses citoyens. "Steppenwolf" est un road-movie de vengeance sanglant, porté par un duo atypique qui détourne les codes du western à son avantage. C’est un véritable plaisir de retrouver le cinéma d’Adilkhan Yerzhanov, tirant à balles réelles, dans la continuité des précédentes chroniques apocalyptiques du réalisateur sur son pays.
Étant donné que le cinéma chinois peine parfois à dépasser sa frontière, il convient de chérir ces œuvres qui portent en eux cette force tranquille qui, une fois les turbines lancées, naviguent dans une grâce solennelle. "Only The River Flows" fait partie de ceux-là, de ceux qui cherchent et qui ne trouvent pas toujours un sens aux questions. Et ce film noir ne laisse que des indices en surface, car il invite les spectateurs à remonter une piste inattendue, aux côtés d’un homme qui fusionne peu à peu avec les propres incertitudes.
La Corse, une oasis au milieu de la Méditerranée ou une forteresse aux secrets bien gardés ? Après un procès sous tension dans "La Fille au bracelet", Stéphane Demoustier amarre sur la célèbre île de Beauté afin d’approfondir son étude de l’enfermement. À mi-chemin entre le film policier et le film de prison, "Borgo" oppose la culture des continentaux à celle des insulaires, tout en laissant le mystère planer autour d’une affaire de moralité.
En panne sèche ? Venez déguster la tarte à la rhubarbe de Francis Galluppi en attendant de repartir. "The Last Stop In Yuma County" possède un large choix d’ingrédients tout droit sortis des seventies pour que l’on passe un bon moment en compagnie d’individus, dont il sera compliqué d’anticiper les actions. Ce sur point, le suspense gagne à être au sommet de ses atouts, car le reste du programme sent parfois le réchauffé.
Il n'existe plus vraiment de secrets de nos jours, à l'heure de numérique, notamment sur les plateformes de vente entre particuliers. Il s'agit de la couverture parfaite pour les arnaques... et les meutres. Dark Market nous met ainsi en garde sur l'abus de notre outil du quotidien, le téléphone portable, mais également sur un mode de consommation qui bouleverse les interactions sociales. Nous sommes à un clic des bons plans, mais malheureusement pour les protagonistes de cette intrigue viscérale, ils se révèlent généralement foireux.
Le festival CLap 2024 du Cinéma Latino-Américain de Paris propose 14 films provenant de neuf pays d'Amérique latine : un choix cinématographique exigeant pour la deuxième édition de ce jeune festival remarqué et remarquable !
Quand bien même la condition de la femme en terre israélienne est de moins en moins ambiguë, il reste encore du chemin à parcourir avant de rééquilibrer le rapport de force, toujours dicté par la culture du patriarcat. Maya Dreifuss ne cache donc pas son envie d’en étudier les contours dans ce "Highway 65", une route circulaire, qui ramène les personnages vers ce point de rupture qu’ils ont trop longtemps esquivé.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.