Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
Dans une Australie rurale et religieuse, un rituel censé guérir deux adolescents de leur homosexualité réveille une entité qui prend le visage de celui qu'ils aiment. Chaque élan de tendresse déclenche une violence qui les force à s'éloigner, sous le regard d'une communauté et d'une famille intraitables.
Présenté à Deauville 2026, "L'Invitation" réunit Olivia Wilde, Seth Rogen, Penélope Cruz et Edward Norton dans un huis clos adapté de "Sentimental" de Cesc Gay. Le montage des dialogues fait mouche, mais la mise en scène se montre démonstrative et le cynisme promis s'essouffle trop vite.
Dans "Pressure", Anthony Maras revient sur la planification du débarquement américain. Quelques jours avant le D-Day envisagé, une équipe de météorologues est chargée d'arbitrer sur la date de l'événement en prévoyant les conditions atmosphériques au-dessus de la Normandie. Un sujet exaltant malheureusement réduit à un banal duel d'égos, sans suspense ni tension.
Comment vivre avec un proche qui semble avoir perdu ses facultés mentales ? Comment interpréter sa volonté, jamais verbalisée ? Et comment décider au mieux à sa place ? Ce sont les questions complexes que posent "Queen at Sea", un film abordant la démence à travers le prisme du conflit familial. Une œuvre forte et douloureuse, portée par d’excellents comédiens, dont la lumineuse Juliette Binoche.
Premier long-métrage de Marion Le Corroller, "Sanguine" plonge une jeune interne dans une mutation sanglante née de l'épuisement professionnel. Le body horror "Sanguine" hérite de Ducournau et Fargeat, porté par une Mara Taquin engagée, mais peine à trouver sa propre voix derrière l'énergie et les références.
Un sperme extraterrestre, une grossesse express et un système de santé aveugle. Le duo Thunderlips filme un corps de femme colonisé, malmené, incompris, entre gore assumé et tendresse familiale. Mary affronte médecins sceptiques, voisin fuyant et mère envahissante pour reprendre sa propre chair.
Un faux plan-séquence d'une heure vingt enferme Julia, infirmière à domicile, aux côtés d'Evelyn, patiente dont la démence cache peut-être une possession. Symboles sataniques, prières et totem trouble esquissent une maternité contrariée jamais approfondie. La photo soignée ne suffit pas à faire naître la peur dans "Bury the Devil".
À l'Étrange Festival, Ikatan Darah déploie la fureur chorégraphiée de la maison Iko Uwais. Mega, athlète de pencak silat, riposte contre une mafia locale pour sauver son frère endetté. Antagonistes grotesques, adrénaline continue et un duel à la tondeuse à gazon qui coupe le souffle.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.