Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.
Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.
Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Dans "L’Intérêt d’Adam", Laura Wandel explore avec intensité le tumulte d’un service pédiatrique, entre drames familiaux et tensions médicales. Présenté à la Semaine de la Critique 2025, ce huis clos hospitalier interroge la protection de l’enfance et l’humanité des soignants.
Présenté à l’ACID 2025, « Put Your Soul on Your Hand and Walk » est un film de Sepideh Farsi. À travers la voix d’une jeune photojournaliste de Gaza, il témoigne sur la vie quotidienne sous les bombes, entre espoir, résistance et poésie.
Présenté à la Quinzaine des cinéastes 2025, "La mort n’existe pas" est un film d’animation 2D intense et poétique, où l’écoterrorisme, la culpabilité et la seconde chance s’entrelacent dans un voyage sensoriel au cœur d’une forêt hantée.
Il y a, dans Partir un jour, cette scène où Cécile (Juliette Armanet, lumineuse de vulnérabilité) écoute en silence une chanson de Dalida dans la cuisine du restaurant familial. Pas de dialogue, juste le froissement d’une nappe en papier, le cliquetis des couverts, et cette mélodie qui traverse les années comme un sourire oublié. Amélie Bonnin filme ces instants suspendus où l’émotion se devine plutôt qu’elle ne se montre, où l’amour se cache dans les gestes du quotidien – une main qui effleure une épaule, un regard furtif au-dessus d’un plat de frites.
Dans "Promis le ciel", présenté à Un Certain Regard 2025, la réalisatrice tunisienne Erige Sehiri dresse un portrait poignant de femmes migrantes d’Afrique subsaharienne à Tunis, prises entre espoir, précarité et solidarité. Malgré quelques faiblesses narratives, le film se distingue par son humanité, son regard social lucide et une mise en scène épurée inspirée du réalisme des Dardenne. Un récit de survie et de seconde chance dans une Tunisie en transition.
Dans "L’Aventura", Sophie Letourneur mêle humour, autofiction et chaos familial sur fond de vacances en Sardaigne, entre rires, tensions et souvenirs flous.
Grand gagnant, In a violent Nature se paie le luxe d'allier ces deux tendances en offrant une lecture très abstraite, soustractive, des codes du genre et finalement très sérieuse du slasher tout en y incluant des moments gore savoureux dont le contraste ponctue parfaitement cet OVNI horrifique. Ce moment de grâce en forme de renouveau à confirmer, pour nous, amateurs de films de genre, sera-t-il un feu de paille ou le début d'un nouvel âge d'or ?
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.