Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.
Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.
Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
"The Burglars", premier long-métrage de Kim Tae-hwi, suit la rencontre de deux vieillards solitaires sur les routes rurales de Corée. Entre gestes quotidiens et silences contemplatifs, le film transforme la solitude en poésie, explorant tendresse, errance et rédemption dans un road-movie intimiste, doux-amer et profondément humain.
"Citizen of a Kind", la comédie d’action féministe de Park Young-ju, raconte l’histoire vraie d’une mère flouée qui décide de se venger. Entre humour grinçant, tension et solidarité, ce film coréen mêle drame social et vengeance jubilatoire, offrant un portrait humain et puissant de la résistance face à la fraude et à l’injustice.
"Peafowl", premier long-métrage de Byun Sung-bin, suit Myung, danseuse transgenre, de son retour dans son village natal à la confrontation avec une famille conservatrice. Entre deuil, colère et réconciliation, la danse devient son langage, son exutoire et son acte de liberté, offrant un portrait sensible et lumineux d’une société coréenne face aux questions d’identité et de genre.
Avec "Miracle : Letters to the President", Lee Jang-hoon signe un drame coréen plein de tendresse, mêlant deuil, humour et romance. Porté par des personnages attachants, le film explore la résilience, la solidarité et la foi en la bonté humaine. Entre émotion sincère et nostalgie douce, ce récit lumineux célèbre la beauté des gestes ordinaires.
Harbin retrace l’assassinat d’Itō Hirobumi par Ahn Jung-geun dans un thriller historique coréen signé Woo Min-ho. Entre espionnage, tension politique et paysages glacés, le film explore les enjeux de la résistance coréenne face à l’occupation japonaise en 1909.
Adapté du webtoon culte, Omniscient Reader : The Prophecy transpose l’univers de Kim Dok-ja dans un blockbuster coréen visuellement ambitieux mais narrativement affaibli. Entre apocalypse numérique, dérives du streaming et trahison du personnage original, Kim Byung-woo signe une relecture spectaculaire mais désincarnée du mythe de Sing Shong.
"Fragment", de Kim Sung-yoon, plonge dans les blessures invisibles laissées par un drame familial. À travers deux adolescents liés par un meurtre, le film explore solitude, honte et culpabilité dans une société indifférente, où les cicatrices du passé façonnent le quotidien et révèlent la force silencieuse de l’enfance confrontée à l’injustice.
"Mal-Mo-E : The Secret Mission", d’Eom Yuna, est un film historique coréen émouvant sur la création clandestine du premier dictionnaire sous l’occupation japonaise. Entre résistance culturelle, transmission de la langue et alliance entre un père illettré et un intellectuel passionné, le film célèbre la puissance des mots comme arme silencieuse et héritage d’un peuple.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
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Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.