Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Un Parfait Inconnu, le biopic de Bob Dylan réalisé par James Mangold. Timothée Chalamet impressionne par sa performance musicale, mais le film, malgré une reconstitution fascinante du New York des années 60, manque d'âme et d'intensité narrative.
Le Jardin zen : Inconnue chez nous malgré déjà 7 longs métrages à son actif, la cinéaste Naoko Ogigami manie un langage aussi sérieux que teinté d’ humour pour dénoncer subtilement certains travers de sa société japonaise bien-aimée.
Le romantisme des écrits de Jane Austen a inspiré la littérature, la télévision et le cinéma anglais, mais surtout l’imaginaire de toute une génération de jeunes femmes qui vivent dans l’attente désespérée d’une histoire d’amour sincère et passionnée. Une vision idéalisée, devenue anachronique dans notre société où flirts et aventures d’un jour se consomment sans modération sur des applis de rencontre. "Jane a gâché ma vie" s’engouffre dans cette dichotomie en s’attachant à une libraire célibataire en quête d’une vie romanesque.
Récompensé du prix SACD et du prix Fondation Gan à la Diffusion lors de la dernière édition de la Semaine de la Critique à Cannes, "Julie se tait", premier film de Leonardo Van Dijl, explore la résilience d'une jeune joueuse de tennis face à la pression, les abus et la quête de son autonomie. Un récit universel sur l’écoute et la guérison, à travers une performance émotive de Tessa Van den Broeck et une ambiance musicale signée Caroline Shaw.
L'énigme cinématographique de Resnais décryptée ! Entre mystère, répétition et surréalisme, "L'Année dernière à Marienbad" se dévoile comme une œuvre cinématographique unique. Découvrez comment Resnais, en collaboration avec Robbe-Grillet, a brisé les conventions narratives pour offrir une expérience inédite et fascinante.
Dans un film libre comme l'air " La voyageuse" , Hong San-Soo embarque Huppert pour la 3eme fois dans un voyage existentiel savoureux, coupant malicieusement avec tous les codes en proposant une héroïne génialement surprenante.
Dans "La Classe ouvrière va au paradis", Elio Petri livre un film politique percutant, loin du dogmatisme militant, en suivant le parcours de Lulù Massa, un ouvrier modèle dont la vie, marquée par la brutalité du travail et l’aliénation, finit par se confronter à la dure réalité sociale et syndicale de l’Italie des années 70. Grâce à une mise en scène expressive, un montage nerveux et la musique envoûtante d'Ennio Morricone, Petri dresse un portrait sans concession du monde ouvrier, de ses rêves et de ses désillusions, tout en interrogeant la lutte des classes et ses limites. Un film intemporel qui résonne encore aujourd’hui.
Après presque quinze ans d'écriture et de tournage, Sergio Leone sort son dernier film en forme de fresque historico-policière, qui reflète surtout le passé et les sentiments du cinéaste.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.