Cinéma

Les Cloches des profondeurs (1993) de Werner Herzog : la foi dans tous ses états

Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.

La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (1974) de Werner Herzog : le temps suspendu

A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat (1995) : la noblesse du kitsch

Il faut sans doute accepter "Mortal Kombat" pour ce qu'il est — et surtout pour ce qu'il n'a jamais prétendu être. Film inclassable, maladroit et souvent pauvre dans sa construction scénaristique comme dans sa mise en scène, l'œuvre de Paul W. S. Anderson accumule plus de défauts que de qualités objectives. Et pourtant, trente ans plus tard, elle résiste. Non par excellence, mais par singularité.

Love on Trial : une douleur disciplinée

Il y a dans "Love on Trial" une image qui résume tout : une idole en disgrâce, face à ses fans sur les réseaux sociaux, qui s'excuse. Pas d'avoir aimé, mais d'avoir été prise. Le visage figé dans cette expression japonaise si particulière, celle qui n'est pas du tout de la neutralité mais une douleur parfaitement disciplinée, calibrée pour la consommation publique. Elle s'incline. On ne sait pas très bien si c'est une punition ou un rituel — et c'est précisément là que le film touche juste, brièvement, avant de reculer.

Allah n’est pas obligé : une tragicomédie qui vous frappe de plein fouet

Le film prend la forme d’une tragicomédie et suit Birahima, un enfant plongé malgré lui dans les guerres civiles qui ravagent l’Afrique de l’Ouest (Guinée, Libéria, Sierra Leone). Entre récit personnel, récit de guerre et ancrage historique, il raconte son histoire sans filtre, avec un mélange d’ironie et d'authenticité qui met parfois mal à l’aise.

Peaky Blinders, l’immortel : une fin prévisible

Au final, cette conclusion laisse un goût un peu amer. Pas forcément ratée, mais pas totalement à la hauteur de ce que la série nous avait habitués à voir. Reste une question : est-ce que l’esprit de Tommy Shelby continuera à habiter les Peaky Blinders ? Sans aucun doute... par ordre des Peaky Blinders. 

L’île de la demoiselle : Au temps du navigateur Jacques Cartier

Malgré la belle tenue portée par Salomé Dewaels sur l'affiche, l'aspect esthétique agréable à l'œil que nous vaut "L'île de la demoiselle" se limite à quelques séquences qui servent plus ou moins de prétexte. En effet, l'essentiel du métrage consiste à présenter les difficiles relations d'un trio de circonstances qui tente de s'organiser sur une île déserte. La silhouette de Salomé Dewaels qui se découpe devant l'immensité de l'océan donne une bonne idée de la situation de son personnage.

La Danse des Renards : Violentes Jeunesses

Pour son premier long-métrage "La Danse des Renards", Valéry Carnoy signe un film d'initiation vif et sensible où le trauma devient le seuil d'une autre vérité. Le réalisateur explore avec finesse ces états psychiques labiles, ces glissements imperceptibles qui, à l’adolescence, font vaciller le corps et renaître l’âme.

Leçons de ténèbres (1992) de Werner Herzog : la planète de l’or noir

Fresque cosmique, le film prend de la distance afin de présenter les paysages dévastés, fruit de la folie des hommes, comme une planète hostile colonisée par une civilisation étrange. Loin d’entretenir une vision insensible du malheur des hommes, Werner Herzog s’attarde sur sa cruauté et sa folie, renouant ainsi avec les principes du lointain romantisme allemand.

Projet Dernière Chance : critique d’un quasi chef-d’œuvre

Vous souvenez-vous de l'incroyable "Seul au monde" sorti en 2000 ? Non ? Dommage, vous avez raté l'occasion de pleurer pour un ballon (et je ne parle pas de la Coupe du monde). Vous vous souviendrez peut-être du plus récent "Premier Contact", de Denis Villeneuve ? C'est peut-être l'écriture et la façon de filmer des extra-terrestres la plus intelligente qu'on ait eue au cinéma. En revanche, difficile de croire que vous avez oublié le sacro-saint "Interstellar", immense chef-d'œuvre intemporel qui a éclipsé la quasi-intégralité des films de science-fiction spatiaux depuis sa sortie. Prenez un peu de ces trois monuments du 7ᵉ Art, prenez un Ryan Gosling au top de sa forme. Bravo, vous venez d'obtenir "Projet Dernière Chance".

Newsletter

À ne pas manquer

« Le vent dans les saules » : suspendre le temps

Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.

« Monet en quête de lumière » : la vie intime d’un génie pictural

Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.

« Censure & cinéma » : une collection mise à l’honneur

De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.

« Les Saiyans (Full Color, Tome 2) » : le moment où tout bascule

Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.

« Mortépi » : autopsie d’un artiste qui voulait exister

Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.