Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
A 87 ans, Alejandro Jodorowsky n'en a pas fini de nous faire profiter de son cinéma psychédélique. Trois ans après nous avoir narré son enfance dans La Danza de la Realidad, c'est sur son éveil à l'art poétique qu'il revient dans cette suite tout aussi bariolée. Un retour sur un passé qui nous permet de mieux comprendre son gout pour le surréalisme, et nous fait partager son cri de bataille: « La poésie est un acte! ».
Le second long-métrage de Frédéric Beigbeder est un film qui nous parle de... Frédéric Beigbeder. Il apparait comme évident que, à travers l'évolution rédemptrice de son alter-ego, le réalisateur essaie vainement de justifier tous ses torts. Or, en doublant cette complainte autocentrée par un discours parfaitement hypocrite, il ne fait que confirmer son égocentrisme, sa concupiscence et surtout son manque de talent de cinéaste. Navrant.
Eric Lavaine poursuit dans la voie des comédies intimistes entamée par Barbecue. Toujours maladroit dans la transposition des situations résolument comiques, le réalisateur fait toutefois preuve d'une volonté de sincérité dans la caricature de la vie quotidienne qui rend amusantes, voire même touchantes, certaines scènes de son film.
Adaptation du célèbre jeu vidéo Warcraft par Duncan Jones. Malgré les ambitions derrière le projet, le film peine à convaincre totalement et donne l'impression de voir défiler une cinématique de luxe.
Faut-il compter sur Verhoeven pour réussir, du haut de ses 77 ans, à bousculer le cinéma d'auteur franchouillard comme il a su le faire aux mythes hollywoodiens il y a 30 ans ? Une chose est sûre, il a su offrir à Isabelle Huppert un rôle si dérangeant et sujet à polémique qu'il n'a pas fini de faire couler de l'encre, ne serait-ce qu'en tant que cas d'études psychanalytiques.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.