Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
David Fincher retrouve pour la 3ème fois Brad Pitt avec L'étrange histoire de Benjamin Button. Avec l'adaptation de la nouvelle de F. Scott Fitzgerald, Fincher continue son ascension à travers une mise en scène, mais surtout une technique irréprochable lui permettant d'obtenir pas moins de trois oscars en 2009.
Se faisant l'écho de l'incroyable traque faite autour du tueur du Zodiac, le film de David Fincher ressemble davantage à l'auscultation d'un monde malade que d'une vraie enquête. Et en cela, son propos en devient terriblement intéressant. Suffisamment en tout cas pour captiver pendant 2h30 et ressentir le frisson caractéristique des grands films.
Colin Firth et Jude Law prêtent leur traits à deux hommes à l'origine d'un ouvrage de référence : Son auteur et son éditeur. La relation professionnelle entre les deux est bien exploitée par le scénario... mais celui-ci voudrait se focaliser sur leur relation personnelle. Résultat: Ni la mise en scène, ni le montage, et moins encore le casting ne parviennent à empêcher au film de passer à coté de son sujet.
Film de commande issu de la Columbia, Panic Room reste affublé du libellé de film mineur dans la filmographie de David Fincher. Néanmoins, usant du travail des angles et des décors cloîtrés, tout en mêlant différentes techniques de mouvement caméra, du ralenti au plan séquence labyrinthique, David Fincher fait honneur à son style et réussi à marquer de son empreinte le cinéma contemporain hollywoodien.
Retour sur Fight Club qui, malgré un flop au box office, est aujourd'hui considéré comme un objet de culte par beaucoup de spectateurs. Le film est-il véritablement une réflexion anarchiste ou un simple coup de gueule passager?
Beaucoup le voient comme une oeuvre subversive et visionnaire, d'autres comme l'expression d'une pure hypocrisie mercantile et tape-à-l’œil. Mais c'est parce qu'il ne donne pas aux spectateurs les clefs pour prendre partie face au regard désenchanté qu'il porte sur le monde que Fight Club s'est assuré de diviser son public. Un choix audacieux mais une réussite incontestable.
Tout le monde connaît Yoon Ji-wook, flic à la peau dure couvertes de cicatrices et aux méthodes sans précédents. Heo-gon, chef mafieux, en a après lui. Mais Yoon a autre chose en tête, un secret dont il ne peut parler à personne. Plongée au cœur d'un récit aussi sombre que décapant.
Même s'il ne fait pas l'unanimité, The Game, le troisième film de David Fincher, est un film à replacer dans une oeuvre complexe. A revoir et à réévaluer.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.