Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.
"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.
L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.
Brie Larson est la singularité incarnée de l'année 2016. Malgré une carrière bien rempli et un Oscar en poche à 26 ans, elle résiste encore à la reconnaissabilité qui s'y attache. Mystère ou anomalie?
De nombreux fans d’horreur risquent d’être déçus. Le grand retour des Contes de la crypte annoncé depuis avril 2016 pourrait être compromis. M. Night Shyamalan orchestre depuis de nombreux mois le développement d’une nouvelle saison de la série horrifique culte des années 1990. Une nouvelle série de dix épisodes devait voir le jour à la fin de l’année 2017 sur la chaîne câblée TNT. D’après des informations officieuses de Bloody Disgusting, des problèmes budgétaires auraient interrompu le développement de la série.
Une tête d'affiche, un Oscar et l'âme toujours généreuse, Leonardo Dicaprio fait partie de ces personnalités qui ont fait de 2016 une année riche en émotions. Portrait d'un homme aussi entier que l'acteur qu'il s'est toujours efforcé d'être.
Hedi est à l'image du printemps arabe tunisien : une révolution enthousiaste mais difficile à mener jusqu'au bout. Coutumes et peur de se lancer dans la vie maintiennent longtemps Hedi, trentenaire chamboulé, au sol, les ailes comme coupées. Il croise des femmes, toutes différentes, qui ont une influence très pesante ou sont un vent de liberté sur son existence. Un film intéressant , mais pas complètement abouti, de Mohamed Ben Attia à découvrir en salles le 28 décembre.
Rami Malek, quasiment inconnu du grand public jusqu'à cette année, a enfin explosé grâce à son rôle dans Mr. Robot, qui lui a valu un Emmy Award. Retour sur cet acteur discret et surprenant qui a su creuser son trou à Hollywood, lentement mais sûrement.
Ballerina, joli film d'animation, ravira toute la famille grâce à ses personnages drôles et attachants, son histoire bien ficelée, son univers atypique et son message intelligent. Une belle réussite qui allie efficacement divertissement, humour, légèreté, aventure et culture.
Jim Jarmusch nous revient avec une oeuvre qui signe un retour à l'esprit de béatitude artistique qui marquait ses premières réalisations indépendantes au début des années 80. Parfaitement maîtrisé de bout en bout, Paterson apparaît comme l'aboutissement du travail d'un cinéaste qui n'a jamais voulu faire comme les autres. Que du bonheur.
Ubisoft tient à s'assurer de la pérennité de leurs adaptations en chapeautant eux-mêmes la production de cet Assassin's Creed. Que peut-on donc espérer d'un tel projet ? Un film visuellement fou et en accord avec les jeux ou un produit mercantile destiné simplement à vendre et à étendre une marque ?
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »