Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.
"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.
L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.
Après Tobe Hooper et George Romero, un autre grand nom du cinéma d'horreur s'attaque à l'oeuvre de Stephen King. David Cronenberg nous offre avec The Dead Zone, une plongée dans la vie d'un enseignant possédant un certain don avec lequel va arriver de grandes responsabilités.
Après la réussite de Carrie au bal du Diable de Brian de Palma et le succès plus modéré des Vampires de Salem de Tobe Hopper, c'est au tour de Stanley Kubrick de s'attaquer à une adaptation du maître de l'horreur moderne : Stephen King. Si le long métrage est un chef d’œuvre cinématographique, il reste néanmoins peu fidèle au roman originel, prouvant la difficulté d'adapter un auteur aussi fantasque que Stephen King.
Adaptation de Salem, deuxième roman de Stephen King réalisé par Tobe Hooper. Un film fidèle au roman d'origine qui peine cependant à en restituer toute la dramaturgie.
Carrie est la première adaptation d'un roman de Stephen King, elle est de ses romans qui ont eu la chance de trouver un grand cinéaste, de ces cinéastes qui pensent au livre pour penser à leur film. Chef-d'oeuvre.
Après Clint Eastwood, Ewan McGregor se lance-t-il dans une carrière de réalisateur ? L'essai est peu concluant avec cette adaptation trop littérale d'American Pastoral, roman de Philip Roth qui a reçu le prix Pulitzer à la fin des années 90. Un drame historique sur fond de crise familial dans lequel seuls les seconds rôles crèvent l'écran...
Critique du film Passengers, un blockbuster signé Morten Tyldum dans lequel le couple Chris Pratt/Jennifer Lawrence se livre à une romance certes classique mais fort sympathique... avant de se retrouver dans capharnaüm de clichés hollywoodiens.
Un film qui nous propose de découvrir comment un stand de sandwichs dans un petit village californien est devenu en moins de 20 ans le leader mondial sur le marché de la restauration rapide. Ce modèle de réussite capitaliste qu'est la franchise McDonald's est une pure incarnation du rêve américain et, par extension, une occasion de vanter les mérites de l'affairisme le plus cynique.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »