Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Tony Scott était un cinéaste de l’âge d’or de Hollywood, dont l’estime de soi serait restée imperméable à la théorie des auteurs et aux révolutions des 60-70's. Un artisan qui prenait du temps à faire le produit et demander plus cher que le voisin, mais mettait son honneur dans le résultat final.
Heat contient en lui un feu, celui qui se nourrit de l’onirisme des émotions, de la passion épique pour le risque et de la puissance de la violence urbaine. Il serait aisé de confiner le long métrage à sa simple image de grand polar moderne qui s’accompagne de sa fameuse confrontation entre deux acteurs à leur apogée : Robert De Niro et Al Pacino. Mais le film ne se contente pas seulement de jouer avec les codes du genre mais décide de les amadouer pour les rendre plus venimeux.
A partir d'aujourd'hui, Le Magduciné vous propose un nouveau rendez vous : celui des "cinéphiles du dimanche". Une fois par mois, quelques uns de nos rédacteurs vont se réunir pour disserter, analyser et vous faire part d'une petite sélection de films vus ou revus dernièrement. Pour ce mois d'aout, entre canicule et petite pluie bienveillante, on vous parle de joyeusetés comme Les Dents de la mer, la trilogie Fantômas ou même de Témoin à charge. Bonne lecture à tous.
Depuis plusieurs décennies déjà, le cinéma aborde la thématique des jeux de hasard et d’argent. Les films qui se déroulent dans des casinos, ou dans des environnements similaires, ou encore ayant un thème lié aux casinos sont disponibles par milliers. On pourrait même créer une catégorie de films de casino tellement ils ont du succès.
Avant d'être un bon petit délire dont Quentin Tarantino a le secret, Once Upon a Time... in Hollywood est avant toute chose une déclaration d'amour du cinéaste pour le cinéma. À son histoire, à son fonctionnement et à ses techniques, auxquels le papa de Pulp Fiction vient apporter sa patte, son respect et surtout son savoir-faire qui ne sont plus à démontrer. L'ensemble pourra en dérouter certains, mais la réussite est bien là !
Quoi de mieux en ces temps caniculaires que la fraîcheur d'une douce romance ?
Vacances Romaines de William Wyler agit comme un pansement : un moment de douceur qui marque l'éclosion d'une légende naissante... une certaine Audrey Hepburn.
Phil Lord et Chris Miller avaient mis la barre très haut avec La Grande Aventure LEGO en livrant un film d'une très grande intelligence. Playmobil, le Film est l'exact contraire, la gamme de jouets allemande s'offrant une adaptation cruellement fainéante et enfantine au possible.
Hobbs & Shaw a beau vouloir s'éloigner de la saga principale, il reste un film Fast & Furious avant toute chose : un blockbuster assurément débile et efficace. Mais qui confirme la fainéantise d'une franchise restant désespérément au point mort depuis bien des années.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.