Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.
Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.
Le succès a été instantané au box-office pour le "Mortal Kombat" de Paul W. S. Anderson, dont la bisserie n'a pas fait l'unanimité. Le film n'a pas été épargné par le bras de fer entre le réalisateur et les producteurs, mais continue de fasciner par certaines idées et séquences qui rendent hommage au cinéma d'action hongkongais, tout en composant avec les motifs du jeu vidéo. Le miracle ne s'est pas réalisé deux fois cependant, avec cette "Destruction finale", qui trahit à peu près tout ce qui plaisait dans le premier opus et aux joueurs inconditionnels de la franchise — une promesse brisée, symptôme d'une suite qui n'a jamais su décider ce qu'elle voulait être.
Pur divertissement de son époque, Escape in the Fog constitue l'un des premiers films d'Oskar Boetticher Jr. Une série B artistiquement défaillante néanmoins porteuse d'une bienveillance à l'égard du genre et rétrospectivement passionnante dans la filmographie du réalisateur.
Plus qu'un banal film de prison, Les Démons de la liberté sonne comme un réquisitoire contre la barbarie. Avec Jules Dassin à la réalisation et Burt Lancaster Hume Cronyn au casting, vous avez là un grand film noir.
Quatrième long métrage de Michael Cimino, le premier après le désastre financier de La Porte du Paradis, L'Année du dragon semble, a priori, suivre un chemin différent. Et pourtant, il est facile de retrouver dans ce "néo-noir" sombre et violent les caractéristiques majeures qui avaient assuré la réussite des films précédents de Cimino : rigueur technique, analyse sociale et intérêt porté à des personnages complexes et indéchiffrables.
Après une descente aux enfers entre 1965 et 1975, dans un contexte de transformation de l’industrie cinématographique nippone, Dersou Ouzala, une coproduction soviéto-japonaise, permit de relancer la carrière d'Akira Kurosawa. Le film poussa le metteur en scène à changer d’air et de méthodes en s’en allant tourner dans la taïga sibérienne, à plus de 60 ans. Ce récit humaniste, aujourd’hui quelque peu oublié, est une merveille tout à fait atypique dans le parcours du maître. Il mériterait pourtant de figurer non loin des grands classiques dont ce dernier nous gratifia.
Si Donna Deitch avait une sœur de cinéma contemporaine, ce serait Céline Sciamma. En effet, comme la réalisatrice de Portrait de la jeune file en feu, celle de Desert Hearts filme un amour interdit qu'elle rend possible. Un amour qui s'écrit sous nos yeux, un amour qui sera celui du souvenir ou de l'avenir, rien n'est déterminé à l'avance. Une première pour un film comme Desert Hearts, sorti en 1985.
La fête à Henriette c'est d'abord la fête du cinéma : des clins d'oeil aux films d'avant-guerre, des dialogues savoureux et un scénario malin écrit à quatre mains : Jeanson/Duvivier et leurs alter ego de fiction.
Beauté volée (1996), c'est l'histoire d'une adolescente qui respire la jeunesse et la beauté (la jeune Liv Tyler très touchante) qui arrive en Toscane dans la résidence d'un artiste pour y passer l'été. Tout est prétexte à enchanter le spectateur avide d'art : les peintures sur les murs, les sculptures d'argile qui jalonnent le terrain, les décors italiens, jusqu'aux sujets de conversation... Et pourtant, derrière cette apparence de légèreté, la vie continue de se jouer, impitoyable.
A travers ce remake, Werner Herzog nous offre une véritable déclaration d’amour, non seulement au long-métrage muet de Murnau, mais aussi et surtout au romantisme allemand. Nosferatu n’est pas un film d’horreur. C’est une expérience à la fois poétique et émotionnelle d’une puissance prodigieuse, qui convoque par sa forme unique le tragique de l’amour et la splendeur de la mort.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.