The Monkey : Gore, burlesque et… grotesque

On a un peu de mal à croire que ce soit la même personne qui a réalisé en si peu de temps l’ambitieux polar fantastique Longlegs cet été et cette série B gore quelque peu poussive et pas bien mémorable. C’est certes une adaptation de Stephen King, maître de la littérature horrifique, mais on sait qu’il y en a eu très peu de réussies. On peut s’amuser au début des délires gores et sanglants découlant de mises à mort très originales mais cela devient vite lassant et le côté (volontairement) comique empêche toute tension, angoisse ou frissons. Et comme l’intrigue à la fois simpliste mais brouillonne tient sur un ticket de métro et que la mise en scène est étrangement anecdotique (un comble pour un cinéaste formaliste comme Perkins !) on finit par s’ennuyer et trouver cela très poussiéreux et oubliable.

Synopsis : Lorsque Bill et Hal, des jumeaux, trouvent dans le grenier un vieux jouet ayant appartenu à leur père, une série de morts atroces commence à se produire autour d’eux…

The Monkey nous proposait un petit programme plus qu’alléchant. D’abord, le cinéaste du petit succès frissons de l’été passé, le clivant mais passionnant Longlegs : Oz Perkins. À cela, on ajoute l’adaptation d’une nouvelle méconnue de Stephen King, le maître du fantastique littéraire dont chaque tentative de transposition sur le grand écran est un challenge. Ensuite, il y a le choix de proposer un mélange de comédie et d’horreur gore, grand écart très difficile à tenir. Et enfin, petite valeur ajoutée que ce dernier ingrédient : un Theo James tout droit sorti du succès de la série de Guy Ritchie The Gentlemen, ici dans un double rôle de jumeau… Voilà qui promettait un cocktail à priori détonnant mais, on ne peut le nier, très risqué. Et le résultat se révèle quelque peu imbuvable et vite écœurant.

Déjà, il faut avouer que les adaptations cinématographiques de Stephen King vraiment réussies sont rares. Pour un immense (et malheureusement un échec en salles) The Mist ou encore Carrie, La Ligne Verte et même Ça (enfin surtout la première partie), combien de ratés ? On ne les listera pas tant ils sont nombreux. Celle-ci va donc s’ajouter à la longue liste de films à zapper tirés des écrits du maître. Pourtant, le début est très réussi. Perkins nous gratifie d’une entame jubilatoire qui donne le la : délicieusement gore, originale et vicieuse. Et même le premier tiers quand les jumeaux sont encore adolescents est plutôt sympathique, les mises à mort sanglantes faisant fortement penser à celles de la saga Destination finale pour leur imprévisibilité et la saga Saw pour leur aspect crade étant vraiment drôles et très sanglantes.

Malheureusement, faute de véritable fil narratif ou d’une intrigue digne de ce nom, The Monkey devient vite un peu répétitif et tourne à vide. Une mise à mort réussie (celle de la tante ou celle de la piscine) vient nous réveiller de temps en temps de notre torpeur mais tout cela manque de peps et de rythme. L’objet maléfique et malveillant incarné par ce singe à la dentition disproportionnée et au petit tambour est original mais il lui manque une aura qui fasse véritablement éprouver de la crainte. Et plus le film avance, notamment lorsqu’un Theo James un peu éteint reprend le flambeau, il y a clairement un manque d’enjeux et de tension en plus d’un montage parfois hasardeux.

On est davantage étonné de voir de la mise en scène de Perkins qui nous avait ébloui par celle ultra stylisée de Longlegs (même s’il n’était pas à la hauteur du buzz), voire même avec celui de son précédent opus Gretel et Hansel. Ici, il nous confectionne une réalisation anecdotique et sans grande prise de risque, presque poussiéreuse. The Monkey est à la limite du vulgaire téléfilm horrifique de seconde partie de soirée par instants. Enfin, le fait de se risquer à mélanger l’horreur et les frissons avec de l’humour, certes noir, annihile toute tentative d’angoisse ou de peur. Il ne reste que le gore et des idées d’exécutions létales très satisfaisantes et amusantes à se mettre sous la dent. Malheureusement, cela n’en fait pas un bon film.

Bande-annonce – The Monkey

Fiche technique – The Monkey

Réalisateur : Osgood Perkins.
Scénaristes : Osgood Perkins d’après l’oeuvre de Stephen King.
Production: Atomik Monster & Automatik Entertainment.
Distribution: Metropolitan Filmexport.
Interprétation : Theo James, Elijah Wood, Tatiana Maslany, …
Genres : Comédie – Horreur.
Date de sortie : 19 février 2025
Durée : 1h38.
Pays : USA.

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2.5

Festival

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