"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Avec Sublime, son premier long-métrage, Mariano Biasin réalise le beau parcours de sentiments adolescents, tissés dans une infinie délicatesse. Loin de l'événement et du grand spectacle, des histoires simples se dessinent, bien plus grandes que les autres.
Loin de Cinquante Nuances de Grey, After et consorts, 99 Moons n'est pas non plus le sublime drame romantique auquel il prétendait correspondre. Car malgré une plastique irréprochable et les intentions thématiques du réalisateur, le film se perd dans des artifices intimes et scénaristiques inutiles.
Les studios Disney poursuivent le sacage de leur patrimoine d'animation avec ce Peter Pan & Wendy. Enième adaptation creuse et sans intérêt d'un de leurs dessins-animés, que même le réalisateur David Lowery n'a pas su tirer vers le haut.
Avec Prison 77, Alberto Rodríguez, le réalisateur de La Isla mínima, se tourne vers le film de prison, en s’inspirant de faits réels et de la période charnière qui suivit, en Espagne, la mort du dictateur Franco, à la fin des années soixante-dix.
Sorti en 2023, Air, est le premier projet réalisé et abouti du studio Artists Equity cofondé par les acteurs et amis de longue date, Matt Damon et Ben Affleck. Le film est attendu sur la plateforme Amazon Prime et est, depuis sa sortie, diffusé en salle dans quelques pays privilégiés. Il raconte l'histoire de la création de la chaussure AIR Jordan, née de la collaboration entre Nike et le joueur de basketball, Michael Jordan.
Le Wuxia peut espérer renaître sur nos écrans. Sakra en démontre ses qualités et ses limites, en dépit de séquences d’action magistrales et acrobatiques, où Donnie Yen se donne à cœur joie de frapper avec la paume ouverte. Telle est la voie du guerrier.
Sages-femmes de Léa Fehner suit le quotidien de deux sages-femmes nouvellement arrivées et surtout du service dans lequel elles évoluent. Un quotidien très rythmé, où le temps est l'ennemi, où le sens est à retrouver. Une fiction quasi documentaire portée par de jeunes comédiens du Conservatoire national supérieur de Paris. Le film est diffusé sur Arte.tv jusqu'au 10 août 2023.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.