"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Dix ans après, le revoilà derrière la caméra pour son second film, Le Rôle de ma vie. Ce dernier aura mis du temps à voir le jour, et a même dû compter sur le soutien de ses fans via une campagne de crowdfunding sur la plate-forme Kisckstarter.
Bien qu’empruntant la même thématique SF à la fois délirante et terriblement attirante, Limitless et Lucy ne disposaient pas des mêmes attentes, ou des mêmes ambitions.
Winter Sleep est esthétiquement proche de la perfection. Ce qui frappe en premier sont les images splendides, boostées par une nature ultra-généreuse, la Cappadoce magnifiquement filmée en hiver, en plans larges et étourdissants, en légère plongée, et sous la neige.
Film-concept rempli d’idées, Locke de Steven Knight parvient à force de talent à garder le spectateur enfermé pendant 85 minutes dans les 6m2 d’un 4x4 BMW.
Entre tous les blockbusters du mois d’août, Black Storm se cale timidement dans la programmation mais ravira les fans nostalgiques de Twister et Le Jour d’Après.
La trame de Young Ones est classique : la fille aime le mauvais garçon, le père ne veut pas de cette relation, un conflit naît entre eux, qui va au-delà de cette liaison, jusqu'au drame. Le scénario décousu, finit par devenir assommant. Le film en pâtit et devient de moins en moins passionnant.
Nos étoiles contraires est une romance prodigieuse, une Love Story moderne et sublimée, qui procurera assurément au spectateur un rire mêlé de larmes, un instant d’émerveillement.
Nadav Lapid, nouveau venu dans le jeune cinéma israélien, lance un cri d'alerte salvateur et salutaire. Il dénonce un pays sclérosé et archaïque qui s'est trop longtemps conforté dans son rôle réconfortant de sauveur de la Nation juive.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.